Deuxième volet de notre tour d’horizon des récents développements des
politiques locales internationales marseillaises qui ne montrent pas que des
signes de déblocage.
Euroméditerranée : de nouveaux tournants
Tout se
passe comme si nous ne
cessions de décrire le lancement de la matérialisation de l’opération. Pour
l’Établissement public, 2010 est une année charnière. Une autre. Au cours de
l’année, en effet, un certain nombre de chantiers devraient être entamés et
divers équipements livrés.
Citons la salle de spectacle (2 000 places) du Silo ; le Centre
régional de la Méditerranée - surnommé par certaines mauvaises langues, la
« Villa Vauzélia »; les travaux d’enfouissement de la passerelle
sur le J4 et la réalisation de la Place de la Méditerranée qui fera la jonction
entre les Docks et l’Euromed Center ; enfin, les désormais
consensuelles Terrasses du Ports.
Ajoutons au tableau, l’extension du périmètre d’‘Euromediterranée qui marque
autant la pérennisation du projet que la fin d’une phase. À ce titre, un bilan
pourrait prochainement être tiré. Or, si le taux de remplissage qui reste
satisfaisant et si le nombre de bureaux prévus n’est que légèrement en deça des
attentes (360 000 m2 contre 500 000 attendus), il est difficile de mesurer
l’impact direct de l’opération en terme de création d’emplois, et
d'attractivité économique.
Quant à l’aménagement du territoire, le projet s’est pour l’instant « cantonné » à l’édification d’une grande tour, mais on cherche « l’architecture du quotidien » ou les « espaces publics de proximité » promis par le cahier des charges discursif de l’Établissement public.
La crise, certes, a « impacté », comme les économistes disent,
le projet. Toutefois, elle a pu avoir quelques effets bénéfiques pour les pôles
secondaires de l’économie-mondiale. Ainsi, certaines entreprises en difficultés
se trouvent contraintes de délocaliser leurs sièges hors des grandes places.
Marseille peut fournir de base de repli pour ces firmes qui souhaitent
bénéficier de loyers moins onéreux.
Reprise des tensions sur le port
La hantise des VRP
d’Euroméditerranée chargés de « vendre » la ville aux
investisseurs qui semblait être assoupi a refait surface : la grève sur le
port. On se souvent
de la tension survenue suite à la décision du groupe espagnol Boluda de retirer
sa participation dans l’Union nationale marseillaise, entraînant la liquidation
judiciaire de l’entreprise et la fin des activités de réparation navale sur le
Port (Photo : S. Pagano / 20 Minutes).
Cette tension s’inscrivait dans le cadre de la réforme des Ports autonomes
refusée par la CGT marseillaise jusqu’à la fin de l’été. L’accord
signé entre dirigeants de la CGT et le nouveau Grand Port Maritime a pu faire
croire, un temps, à la fin des hostilités et le début de la transposition de la
nouvelle organisation des activités portuaires dans le bastion
marseillais.
Toutefois, la situation sur le port s’est tendu sur un autre front au plein
coeur de l’été : la décision
protectionniste du gouvernement algérien de taxer les importations sur certain
secteurs liés aux activités portuaires a mis à genoux l’économie marseillaise
du commerce des engins de travaux publics d’occasion.
Six mois plus tard, alors que l’on croyait le contexte marseillaise isolé,
c’est un mouvement national qui va perturber les activités du port. Le 4
janvier dernier, la Fédération nationale des Ports et docks (FNDP) a lancé un
mot d’ordre de grève concernant les salariés des Grands Ports Maritimes. Cette
grève a été particulièrement suivi, notamment à Marseille où aucune marchandise
n’a été déchargée, même si, selon
Reuters, « aucune incidence n’a pu être observé sur le trafic
pétrolier des bassins de Fos et de Lavera ou sur la circulation des
voyageurs ».
Les syndicats protestent contre l’application de la réforme :
« alors que 30 000 emplois devaient être créés, nous sommes touchés
par le chômage partiel et des départs non remplacés. Sur les investissements
promis, nous ne voyons rien venir » a déclaré le secrétaire général
de la CGT marseillaise. Cette action spectaculaire,
renouvelé le 11 janvier, fait suite aux grèves, plus discrètes, du mois de
novembre, mais tend à montrer une radicalisation du mouvement.
2013 : la Poste, premier sponsor
Hugues
de Cibon a-t-il accepté une mission impossible en quittant son poste de
Directeur marketing d’Euromediterranée pour rejoindre l’équipe de Bernard
Latarjet et convaincre les entreprises de se « mobiliser
financièrement » derrière 2013 ? Rappelons qu’il s’agit de
trouver 15 à 20 % du financement global (évalué à 98 millions d’euros). Le
nouveau Directeur du mécénat et des relations avec le monde économique a
imaginé un
système permettant un engagement différencié des entreprises dans la
Capitale européenne de la culture.
Le premier étage est composé du « Club des entreprises de
Marseille-Provence 2013 » dont les membres participent à hauteur de 1 000
euros. Le deuxième regroupe les « Supporters » qui apportent une
contribution supérieure. Enfin, les « Partenaires» concernent les
donateurs les plus généreux. Cet étage distingue dans l’ordre croissant les
« Partenaire projet», « Partenaire grands projets » et
«Partenaire officiels ».
Or, l’association a inscrit à son tableau de chasse le premier des
Partenaires officiels, happy few des événements culturels de 2013. Le
Groupe La Poste, qui devient habitué des Capitales européennes de la culture
françaises, puisque déjà présent à Lille en 2004, a déboursé les 1,5 Millions
d’euros nécessaires pour faire partie des privilégiés. À la clé, une mise en
avant de la marque dans les principaux supports de communication, une présence
dans les manifestations et la possibilité d’utiliser le logo dans ses
opérations publicitaires.
Pour Jacques Pfister, le Président de l’association et de la Chambre de commerce, cette signature « en annonce d’autres ». Il ne manque plus que l’engagement définitif de François Pinault qui aurait promis au maire de mettre à disposition une partie de ses collections pour mettre 2013 sur les bons rails managériaux. Pour la programmation artistique on attendra encore un peu.
Une récente décision du
gouvernement algérien relative à l'organisation du trafic portuaire provoque
des effets en chaîne sur l'économie méditerranéenne. L'observation de ce
phénomène classique est l'occasion de revenir sur la nature des
interdépendances entre les acteurs d'un système de plus en plus intégré.
Cette fois, c'est fini. Hier, mardi
10 mars, le Tribunal de commerce a prononcé la liquidation judiciaire de la
société Union Navale Marseille (UNM). Le Juge a refusé la solution du
redressement judiciaire proposée par les syndicats qui s'appuyaient sur
l'épaisseur du carnet de commande (2 millions d'euros, selon les avocats des
salariés) de l'entreprise de réparation navale (140 salariés). Retour sur un
conflit qui revêt à Marseille une dimension fortement symbolique et identitaire
au-delà des enjeux économiques.
A l'occasion de la visite de la Ministre de la Culture à Marseille vendredi
dernier, le maire a souhaité faire le point sur l'avancée des travaux du Musée
des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (MUCEM). En image
Hambourg :
Le projet
Liverpool : Avant le
lancement en octobre dernier du projet
Bilbao :
L'équipement emblématique de la rénovation urbaine de Bilbao est le
Le
Havre : Plus modeste, Le Havre a lancé en 2006 un projet de
relance de ses chantiers maritimes, appelé
Alors que les cabinets d'urbanistes ont enfin été désignés dans le cadre de