Ce
vendredi aura lieu la présentation (définitive ?) du
programme (définitif
?) de Marseille-Provence 2013 en présence du Ministre de la Culture (et du
maire cette fois ?). Deux mois avant le lancement de l’année Capitale, les
derniers doutes devraient être levés sur les événements et la livraison des
équipements. Tout ou presque est déjà connu et visible sur le site de MP2013, (actuellement en maintenance) mais
sait-on jamais ?, la réunion pourrait donner lieu à des surprises - depuis
janvier 2006 et l’annonce officielle de la candidature, le projet en a
tellement regorgé qu’il serait dommage et étonnant que tout se passe comme
prévu.
Les détails concernant la soirée d’ouverture constituent l’un des moments
les plus attendus de la conférence de presse de vendredi. Sur les 150 personnes
environ qui travaillent désormais à la Maison Diamanté (contre moins de 60 il y
a un an), une équipe de 6 personnes est entièrement dévouée à ce week-end du
12-13 janvier 2013, sous la direction de Bernard Souroque, le directeur
artistique du Festival de jazz
des cinq continents.
Cette ouverture se déroulera en 4 actes. Le premier, à Aix-en-Provence
autour d’un « parcours d’art contemporain » et d’un survol de la
ville par la patrouille de France ; le deuxième à Marseille, on y
vient ; le troisième entre Istres et La Ciotat, Salon-de-Provence et
Gardanne, pour une chasse au trésor ; le quatrième, enfin, à Arles, pour
un spectacle pyrotechnique au bord du Rhône.
Le deuxième acte qui aura donc lieu à Marseille est décrit ainsi par la
plaquette programmatique :
« Une grande clameur s’élève de Marseille à la tombée de la nuit, une vague sonore pour embraser le littoral du nord au sud, ouvrir une grande soirée de fête. Lancée par les cornes de brume des bateaux, suivie par les sirènes urbaines et les cloches des églises, la clameur des “sons de ville” est reprise par les “bouquets de clameurs” sonores et théâtralisés du public. Cet embrasement sonore fera-t-il disjoncter la ville ? »>
Le soir, donc, les habitants et les visiteurs venus pour l’occasion seront
invités à se faire entendre. Je suis déjà curieux d’en savoir un peu plus sur
la manière dont cette « invitation » sera formulée. Comment organiser
la spontanéité, agencer de l’informel, normaliser l’exubérance, composer
« l’excellence populaire » ? Comme un condensé des intentions
contradictoires des entrepreneurs culturels et des managers de la
fête.
Les publics seront rassemblés à trois endroits de la ville : les
quartiers nord (le centre commercial du Grand littoral ?), le centre
(Vieux-Port-Canebière), le Sud (les plages du Prado ?), ce qui donne une idée
de l’appropriation de la division socio-spatiale, pourtant l’un des facteurs et
l’un des produits de la fabrique des inégalités made in Marseille, dans les
opérations visant les réduire.
Puis, la ville disjoncte. Concrètement, il se pourrait que le courant des
éclairages publics soit coupé. Au sens figuré, bien sûr, disjoncter, c’est
sauter les plombs, devenir fou, perdre la tête.
Pendant 10 minutes, la ville deviendra tout à la fois plongée dans le noir
et appelée à devenir folle. 10 minutes d’obscurité pour 10 minutes de folie.
Une folie comme parenthèse.
Curieux d’imaginer ce qui pourra se passer pour ceux, personnages ou réels
fictifs, passés ou présents de Marseille pendant ces 10 minutes de
coupure.
Est-ce que le juge Duchaîne s’accordera une pause ? Le décompte des
règlements de compte sera-t-il déjà lancé douze jours après le réveillon ?
En saura-t-on déjà plus sur les intentions des uns et des autres sur leur
échéance Capitale, un dimanche de mars 2014 ? Quel sera le taux
d’occupation des appartements de la Rue de la République ? Dix minutes de
recueillement, peut-être, comme un bilan de « l’Histoire
universelle de Marseille » avant d’engager ce fameux saut de 10 ans
« de développement économique et culturel ». À la retombée de ce saut, que
retenir des « retombées » promises ? Croient-ils vraiment à la
nouvelle image après un clignement d’oeil ?
Pensées enfin à Fabio Montale dans son cabanon, une bouteille de Lagavulin à
la main ; pensées aux Petits
frères - leur sera-t-il possible de chouffer et de charbonner pendant ces
10 minutes ? Et Depé, l’entendra-t-on chanter une nouvelle fois ? Et
Charly Bauer ? Et Louise Michel ? Et Barthélémy Guérini ? Et les
autres bien sûr.
Puis, le courant sera rétabli et une nouvelle lumière devrait embraser la
ville. Un courant rétabli partout ? Même là où les ascenseurs sont en
panne depuis plusieurs mois ? La lumière sera faite. Même dans les
dossiers où subsistent des zones d’ombres ? IAM se demandait comment les
ombres devenaient lumière. À l’époque, on entendait :
« Vient le chaos puis le calme puis la lueur jaillit avec la pureté d'une étoffe versane Pouvoir et chimère, Argent et pierre, Pourquoi mystère, Ombre et lumière.»
Pour l’écho, on se rendra le 12 janvier prochain.
Le collègue Lagachon consacre son billet cette semaine à ces « 10 minutes de blackout »
La ville
de Marseille a fait l’objet en fin de semaine dernière d’un article élogieux
dans le
Comme
dans toutes les bonnes séries, l’organisation de la Capitale européenne de la
culture apporte chaque semaine son lot de rebondissements. Après la démission
de Bernard Latarjet, on apprend dans
Rudy
Rucciotti a donc remporté son pari. Durant l’émission des
Dans deux
jours, ce jeudi 18 novembre, l’association Marseille-Provence 2013 tiendra un
Conseil d’administration très attendu par les artistes, les élus et les
observateurs du projet Capitale européenne de la culture, en particulier dans
le domaine de la programmation artistique. Deux ans après avoir été désigné par
le jury et à deux ans de l’échéance, les acteurs et le territoire de
Marseille-Provence 2013 font face à de nombreux tournants qui pourraient
précipiter ambitions et ambitieux hors de la route.
La 12ème
édition du
Un lieu
comme il en existe dans toute l’Europe du Nord depuis les années 1980, et qui
organisés derrière les
Les réactions des élus ont été directes. « ils ont fait peur aux
gens » (Eliane Zayan, conseillère municipale, déléguée aux arts de la
rue), « ils ont mis le feu dans le quartier. Un feu
thermonucléaire » (Bruno Gilles, maire des 4ème et 5ème
arrondissements ). L’édile interprète cet épisode comme le produit d’une
« inadéquation entre le quartier et le travail proposé » par
les artistes. Le CIQ de Vallier, Cinq-Avenue, Sébastopol le rejoint dans cette
analyse : « les gens ne sont pas encore tous prêts, à une époque
où les goûts sont quand même très standardisés. On souhaite pourtant animer le
quartier, créer des manifestations qui donnent l'occasion aux gens de se
rencontrer. On va d'ailleurs organiser le 9 octobre prochain, un grand marché
artisanal. »
Après une pause due à la campagne, ce blog reprend un peu d’activités. Et en
guise de reprise, un point sur les dernières évolutions et perspectives de la
Capitale européenne de la culture 2013.
Tout se
passe comme si nous ne
La hantise des VRP
d’Euroméditerranée chargés de « vendre » la ville aux
investisseurs qui semblait être assoupi a refait surface : la grève sur le
port. On se
Hugues
de Cibon a-t-il accepté une mission impossible en quittant son poste de
Directeur marketing d’Euromediterranée pour rejoindre l’équipe de Bernard
Latarjet et convaincre les entreprises de se « mobiliser
financièrement » derrière 2013 ? Rappelons qu’il s’agit de
trouver 15 à 20 % du financement global (évalué à 98 millions d’euros). Le
nouveau Directeur du mécénat et des relations avec le monde économique a
imaginé un
Au début de cette année, nous
écrivions
En cette
rentrée si calme que les
On
s'attendait à ce que la désignation de Marseille au titre de Capitale
européenne de la culture en 2013 provoque des tensions parmi les élus qui
souhaitent retirer les dividendes politiques du succès. C'est
Jean-Claude Gaudin a ouvert dimanche
dernier le premier évènement labellisé Capitale européenne de la culturel.
L'association Marseille-Provence 2013 avait choisi de soutenir la 6ème édition
du
On peut
tout de même se demander si, malgré les louables intentions de ses pères
fondateurs, Marseille Espérance serait autre chose qu'un outil politique au
service de la gestion clientélaire des communautés. "L'avenir de Marseille,
son dynamisme et sa prospérité, le bien-être de chacun, dépendent de la
revitalisation de l'économie, mais en même temps de la qualité des rapports
entre les communautés" déclare M. Vigouroux lors de la réunion inaugurale.
Élargi progressivement à d'autres cultes (jusqu'au Grand vénérable de la Pagode
de la Savine), Marseille Espérance déclare dans sa charte sa conviction dans
l'instauration "d'un dialogue et d'une meilleure compréhension entre tous
les Marseillais". À son arrivée à la mairie, Jean-Claude Gaudin décide de
continuer l'expérience qui se signale par des prises de position mises en scène
de manière spectaculaire : en 1996, le meurtre d'un jeune par un homme
d'origine maghrébine suscitant une violente campagne raciste de la part du
Front national ou les attentats du 11 septembre sont l'occasion pour Marseille
Espérance d'exprimer un "œcuménisme politique" selon l'expression de Samson et
Péraldi.
La

La série
télévisée Plus Belle la Vie (PBLV) diffusée sur France 3 tous les soirs de la
semaine réalise une audience supérieure au Journal télévisé de France 2 (selon
La
Crise est devenue depuis l'automne l'épicentre des discours politiques et
médiatiques. Elle est à la fois un contexte et un programme, une contrainte et
une ressource pour les politiques publiques et les luttes partisanes. Elle
permet de déverser des flots ininterrompus de commentaires et d'analyses, le
plus souvent évidemment contradictoires et prospectifs sur le mode de la
"faute" à qui et dans quand/comment/pourquoi on en "sort".
A l'occasion de la visite de la Ministre de la Culture à Marseille vendredi
dernier, le maire a souhaité faire le point sur l'avancée des travaux du Musée
des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (MUCEM). En image
Cette
semaine un regard rapide sur l'actualité marseillaise internationalisée est
révélatrice des mouvements à 360° de ces activités.