Les dirigeants
des entreprises du territoire marseillais sont appelés à élire leurs nouveaux
représentants consulaires du
25 novembre au 8 décembre. Deux exécutifs sont en fait renouvelés :
celui de la Chambre de commerce et d’industrie de Marseille-Provence (CCIMP) et celui de la Chambre de commerce et de
l’industrire de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur(CCIR).
Aucune surprise attendue à Marseille : le Président sortant, Jacques
Pfister, conduira la
seule liste en lice. Elle est renouvelée à près de 70% par rapport à celle
qu’il avait conduit en 2004. Cette élection n’est cependant pas sans enjeu dans
la perspective des politiques locales internationales.
Le contexte national de la réforme des Chambres consulaires :
la régionalisation
C’est la première élection consulaire depuis l’adoption de la réforme
des CCI voté en juin dernier. Le point central de cette loi a consisté en
un renforcement de la dimension régionale du dispositif consulaire en
établissant un lien hiérarchique entre la Chambre régionale et la Chambre
territoriale. La réforme a ainsi suscité de violentes contestations
de la part des dirigeants des CCI saisissant l’enjeu de leadership
posé par la loi. La CCI est en effet une organisation qui revendique la
représentation et la défense des intérêts des acteurs économiques de dimension
territoriale.
La définition des limites du territoire est ainsi un enjeu de pouvoir
essentiel dans la revendication de la représentation consulaire. A
contrario, les
promoteurs de la réforme jugeaient indispensable la mutualisation régionale
et la mise en cohérence d’un outil institutionnel destiné aux entreprises avec
l’émergence de l’échelon régional dans la compétition économique
mondiale.
La place de la CCIMP dans le système local : un lieu de
pouvoir
À Marseille, la Chambre, la plus vieille de France, crée en 1559 par Henri
IV, est présidée par Jacques Pfister depuis 2004. Elle est historiquement non
seulement un lieu d’intégration et de socialisation des élites économiques mais
aussi un espace privilégié du pouvoir local. La description établie par
Pierre-Paul Zalio de l’industrie marseillaise à partir d’une série de
portraits de chefs d’entreprises et de familles qui dominent la scène
économique entre 1880 et 1950 a montré dans quelle mesure la Chambre de
commerce constitue le siège du pouvoir économique :
« Être présent à l’assemblée consulaire, directement ou par l’intermédiaire d’un membre de sa famille, c’est appartenir à l’aristocratie des affaires, avec tout ce que cela suppose de statut et de barrière distinctive. C’est à la fois le signe d’une réussite économique et d’un parcours sans faute dans le syndicalisme professionnel et un passeport d’entrée dans l’espace relationnel de la bourgeoisie d’affaires. »
Élection et ambitions de Jacques Pfister : du Club Top 20 à MP
2013
En novembre 2004, une nouvelle équipe dirigeante, menée par Jacques Pfister,
accède à la direction de la CCIMP sur la base d’un programme volontariste
visant à enrayer un déclin diagnostiqué de Marseille et à prendre pied dans la
compétition mondiale des territoires.
Au moment de son élection, Jacques Pfister dirige le groupe
Orangina-Schweppes, né de la fusion de ces deux filiales de Pernod-Ricard, dont
le siège est à Aix-en-Provence tandis que son ancrage à Marseille lui est
assuré par la présidence du conseil d’administration de l’école de commerce,
Euromed, lieu de formation de nombreux chefs d’entreprise de la
région.
S’appuyant sur une étude de la
DATAR plaçant Marseille en 23ème position dans la hiérarchie des métropoles
européennes, le nouveau Président engage une réflexion sur les possibilités de
progresser dans le classement. Il fait reposer sa candidature sur un
programme : l’ambition Top 20, c'est-à-dire
gagner trois places dans « le championnat d’Europe des
métropoles » et faire partie des vingt premières villes
européennes.
Ce discours fait écho aux revendication d’experts et d’universitaires qui
militent pour la constitution d’un espace politique ajusté aux déterminants
économiques. Le programme de Jacques Pfister cimente le consensus entre experts
et monde économique relatif à la faible intégration métropolitaine de la région
urbaine marseillaise. L’objectif partagé est alors de rompre avec
l’archipèlisation des dynamiques métropolitaines.
L’un des premiers éléments de matérialisation de cette Ambition Top 20
consistera en la création d’un
Club éponyme qui rassemble, à titre personnel, des chefs d’entreprise. Ce
Club, on a eu l’occasion de le rappeler dans ces pages, fut ainsi en première
ligne dans la candidature victorieuse de Marseille-Povence à la Capitale européenne de la culture,
dont Jacques Pfister assure la Présidence de l’association qui la
pilote.
Les enjeux territoriaux multi-niveaux de la représentation
consulaire
Au cours d’un entretien accordé à Christian Apothéloz dans le cadre de
l’émission Futurs composés
diffusés sur Radio Dialogue en avril 2007, Jacques Pfister confiait sa
conception du rôle de la CCIMP. Celle-ci renvoie aux enjeux multi-scalaires
déterminés simultanément par la réforme législative, les conditions globales de
production de la richesse économique et la régulation des échanges
locaux.
Selon lui l’espace pertinent du développement économique local dans le
contexte de la mondialisation est l’échelle régionale. Les relations entre les
filières économiques et les collectivités locales sont davantage régulées par
le Conseil régional que par le département ou la commune. Or, la CCI présente
une structure territoriale plutôt faible si bien que se pose la question de la
justification économique de certaines CCI. La consécration de l’échelle
régionale dans la loi de juin 2010 pose la question de l’inadéquation des
échelles entre institutions locales et contextes mondiaux.
Le Président Pfister ne s’arrête cependant pas à l’échelon régional. Il se
présente à la fois comme partisan des relations de proximité - rappelant que
les TPE constituent l’essentiel des entreprises du territoire Marseille
Provence (60 000 sur 70 000 environ) et de l’échelon européen comme le suggère
les discours volontaristes sur la place du territoire dans le classement de la
DATAR.
Pour conclure, citons-le au micro de Radio Dialogue :
« Je pense qu’il y a trois échelons pertinents sur lesquels il faut travailler. L’échelon métropolitain, d’abord, c’est-à-dire qu’une grande région doit pouvoir s’adosser sur une grande métropole, une sorte de capitale. Et la métropole du territoire, c’est clairement Marseille et son environnement immédiat. Ce n’est ni la commune intramuros, ni la Commune urbaine, mais une aire métropolitaine plus large. Ensuite, nous avons la Région. Savoir si elle est bien découpée est un autre débat, mais nous sommes pour le pouvoir régional. Au regard des dossiers que s’emparent la CCI, on se rend compte que le niveau régional revêt un sens beaucoup plus fort. L’internationalisation du territoire s’inscrit au niveau régional et si l’organisation institutionnelle était davantage en phase avec cette échelle, on aurait de fortes potentialités de valeur ajoutée. Les interlocuteurs du développement économiques sont de plus en plus de taille régionale : les collectivités locales, les entreprises, les syndicats, les projets, les affaires... Enfin, c’est l’échelon européen. En utilisant, en somme, la trilogie Europe - Région - Métropole, nous deviendrons beaucoup plus efficace et nous aurions beaucoup à gagner.
L’enjeu est d’articuler les trois échelles qui ne sont pas contradictoires. Comme la proximité n’empêche pas la projection régionale, l’espace métropolitain est essentiel dans cette perspective et doit être intégré à la volonté collective. Ce territoire métropolitain ne se résume pas à Marseille. Il va de Salon à Aubagne et peut même aller jusqu’à Toulon. C’est là où les gens vivent, travaillent, que la famille s’éduque, se distrait. Et on voit très vite qu’on est dans une dimension métropolitaine. La métropole a un pouvoir d’attraction qui est plus fort qu’une ville comme Marseille ou qu’une région. C’est Barcelone et la Catalogne, si vous voulez, Milan et la Toscane.»
Le 6
octobre dernier, un jury composé autour de la ville de Marseille et de la
Communauté urbaine Marseille-Provence Métropole (MPM) devait rendre sa décision
concernant le concours de la semi-piétonnisation du Vieux-Port. Quatre équipes
d’urbanistes-architectes étaient appelés à proposer un plan-guide de 400
hectares sur le centre-ville, comprenant une première tranche de travaux de 45
hectares supposés recomposer le Vieux-Port autour d’un aire piétonne.
À
l’heure du Grand Paris et de la réforme des collectivités territoriales, l’idée
de la morphologie métropolitaine de Marseille refait l’objet de débats au sein
des acteurs politiques et économiques locaux.
Le Chef de l’État a donc
Hier, un
Au-delà du
cas du Stade Vélodrome, cette délibération pose la question du financement des
équipements métropolitains dans une agglomération peu intégrée et
singulièrement dans une ville-centre pauvre sur laquelle pèse la majeure partie
du fardeau pour des charges qui dépassent l’usage strictement communal. Au
cours des débats, Eugène Caselli a justement pointé le « manque de
clarté sur le montant de la participation financière des collectivités
locales ». Mais en tant que Président de la Communauté urbaine, ne
pourrait on pas lui rétorquer que c’est à son institution de porter (au moins
autant) le financement de grands équipements urbains de dimension
métropolitaine ? Certes, ces infrastructures revêtent souvent une
dimension symbolique pour la ville. Que l’on songe au Stade, à l’Opéra, aux
parcs, aux bâtiments publics historiques, le patrimoine historique de la ville
est en jeu et la volonté de la mairie de préserver ce lien d’appartenance se
justifie.
Ce
constat repose sur quatre chiffres : l’agglomération Ouest Étang de Berre,
90 000 habitants pour 115 millions d’euros de recettes de taxe professionnelle
(TP) ; Marseille-Provence-Métropole, 1 million d’habitants pour 250
millions d’euros de recettes de TP. Un rapport démographique de 1 à 10 contre
un rapport fiscal de 1 à 2.
Les opposants à la
construction même du prolongement de la ligne
Les partisans du tracé nord à travers le Haut Var
Les partisans du tracé des métropoles
Certaines villes n'ont pas besoin de label pour s'imposer dans la compétition
des territoires. Leurs ressources et leur capacité de commandement suffisent à
faire d'elles des places dominantes, des "villes globales" : New York (on
se souvient toutefois du logo "
C'est le 3 mars
qu'Édouard Balladur remettra les conclusions du 
De retour
de terrain, il est temps de reprendre le fil du blog et de faire le point sur
mes cercles des politiques locales internationales.
La
Crise est devenue depuis l'automne l'épicentre des discours politiques et
médiatiques. Elle est à la fois un contexte et un programme, une contrainte et
une ressource pour les politiques publiques et les luttes partisanes. Elle
permet de déverser des flots ininterrompus de commentaires et d'analyses, le
plus souvent évidemment contradictoires et prospectifs sur le mode de la
"faute" à qui et dans quand/comment/pourquoi on en "sort".
C'est aujourd'hui que la ligne de TER
reliant, en une demi-heure, Aix-en-Provence à Marseille