La crise
qui secoue l'OM suite à la démission-révocation de son Président, Pape Diouf
est l'occasion d'une prise de parole insolite de la part des élites
municipales.
Extrait :
Eugène Caselli, président de MPM (PS) : "Je salue le très grand dirigeant sportif, qui a été toujours exemplaire. Je regrette son départ."
- Jean-Noel Guérini, président du Conseil Général (PS) "Au terme d’une belle saison qui a permis à l’OM de retrouver pour la troisième saison consécutive la Ligue des champions, Robert Louis-Dreyfus, actionnaire principal, et Pape Diouf, président emblématique, n’ont pas donné suite à ce qui restera "une belle aventure". Le supporter que je suis le regrette, comme il a regretté le départ d’Eric Gerets. Alors que le club a retrouvé une stabilité financière et une crédibilité sportive, grâce au travail de Pape Diouf, j’espère que le climat de défiance qui s’est installé au cours de ces jours derniers ne se prolongera pas. Pour l’avenir de l’OM, par respect pour tous ceux qui s’enthousiasment pour un club unique en France, profondément ancré dans la vie quotidienne de tous les Marseillais et de tous habitants des Bouches-du-Rhône, il est vital que les enjeux sportifs ne passent pas au second plan. Tout en étant conscient des difficultés, j’espère que tout sera mis en œuvre pour conforter la place de l’OM au sommet de la hiérarchie du football français et européen en balayant toutes les suspicions qui nourrissent des réflexes d’un autre temps. Pour moi, l’OM doit atteindre cet objectif, au cœur d’un stade Vélodrome modernisé, qui appartient à tous les Marseillais."
- Richard Miron, adjoint aux sports (UMP) : "Cela fait partie de la vie d'une entreprise que de choisir avec qui l'on travaille. Je le remercie pour tout ce qu'il a fait. Je suis certain que son successeur saura trouver l'équilibre nécessaire pour ce club car l'OM représente l'image de Marseille."
- Jacques Pfister, président de la Chambre de commerce : "On est très attaché à l'OM car c'est le seul objet connu du monde entier que nous ayons. Quand vous allez en Afrique, en Chine, on vous en parle. C'est un capital qu'il faut préserver et qui doit retrouver de la stabilité et des résultats sportifs."
- Jacques Dallest, procureur de la République de Marseille : "C'est la continuité qui prime, que l'on soit Marseillais de souche ou d'adoption. Je souhaite que l'OM aille le plus loin possible dans le parfait respect de la déontologie, de la morale et de l'éthique sportive, avec des résultats positifs."
- Dominique Mattei, bâtonnier de Marseille : "J'espère que ce départ n'affectera pas le club de turbulences. Il est dommage que l'image de sérénité qui se dégageait de l'OM soit troublée par ce départ."
Jean-Claude Gaudin n'est pas en reste. Après un communiqué hier, il tenait une conférence de presse ce jour à l'occasion de la tournée des stades susceptibles d'accueillir l'Euro en 2016 organisée par les dirigeant du football français. L'occasion lui a été donnée de confirmer le fait "que le Vélodrome restera la propriété de la ville, tout comme la Commanderie". Façon de mettre fin, à l'hypothèse du naming et de réaffirmer le projet de partenariat public-privé (on évoque 160 millions d'euros) qui consiste à moderniser le stade, porter sa capacité à 70 000 places et couvrir l'enceinte. Visiblement excédé, il déclare n'avoir pas été informé de la décision de l'actionnaire majoritaire, Robert Louis-Dreyfus et se déclare "étonné que l'on s'en prenne à Monsieur Pape Diouf, dont nous avions le sentiment qu'il avait bien accompli les choses. Mais vous savez que sous la municipalité Gaudin, on ne mélange pas la politique et le football, c'était d'autres époques. Nous ne faisons pas cela.". Le maire rappelle alors un principe qui contraste avec la situation : "Je n'ai pas de commentaire à faire, je l'ai fait dans un communiqué (sic). On ne m'a pas donné un coup de fil, ni rien, on aurait pu le faire. On ne l'a pas fait, on ne l'a pas fait. Ne m'en faites pas dire plus".
Il en a dit pourtant davantage. L'Olympique de Marseille serait bien un
enjeu du pouvoir municipal. La fonction d'intégration sociale est largement
évoquée par les études sur
le supporterisme à Marseille. La fonction politique l'est moins. Gaston
Defferre avait l'habitude de revendiquer le titre de "Maire de l'OM" et
l'arrivée de Bernard Tapie à la tête du club en 1986 est avant tout une
décision politique inscrite dans l'exercice du pouvoir municipal. Cette
vidéo disponible sur le site de l'INA est avec le recul édifiante. Le
discours relatif à l'instrumentalisation du club comme vecteur de promotion de
la ville est identique en tout point avec celui d'aujourd'hui. La municipalité
a d'ailleurs exercé la présidence par intérim lors du dépôt de bilan soldant
les années Tapie. Ce matin, sur les antennes de RMC, Renaud Muselier, longtemps
dauphin de Jean-Claude Gaudin, a du décliner l'hypothèse de son arrivée à la
tête du club évoquée par
Le Parisien avançant l'idée que "cette activité était incompatible avec
son engagement politique".
L'hypothèse de l'usage clientéliste de l'OM semble séduisante, mais un peu facile. Les spécificités locales ne suffisent pas à faire du football, une ressource clientélaire échangeable politiquement. Il est indéniable que la réputation de l'OM véhiculée par ses performances et par la notoriété de ses supporters (la fameuse ambiance du Vélodrome) est un atout dans la compétition territoriale offrant l'image d'une ville unifiée et bouillonnante et pouvant renforcer son attractivité. Il y a peut-être également aussi un peu de l'identification du club à la ville et du sentiment d'appartenance de ses habitants avec l'OM (on se souvient que lors du procès des comptes de l'OM en 2007, le procureur avait déclaré prendre en compte la spécificité de "l'institution sociale OM" dans son attitude dans les débats). La colère qui semble monter contre l'actionnaire majoritaire "suisse" et son conseil de surveillance "parisien" illustre moins un phénomène de xénophobie, qu'un patriotisme municipal exacerbé par un sentiment de dépossession du destin de la ville que l'on pourrait comparer avec les résistances qui commencent à émerger sur la transformation physique de la ville (port, Euroméditerranée) et le manque d'ancrage social des grands projets urbains. Les clubs de supporters - dont le pouvoir d'influence dans la gouvernance du club est comparable à celui des CIQ, par analogie, dans la municipalité - s'apprêtent à publier un communiqué commun où l'on sera attentif à l'expression de ce sentiment de dépossession. Qui pourrait aussi en dire davantage.
La

De retour
de terrain, il est temps de reprendre le fil du blog et de faire le point sur
mes cercles des politiques locales internationales.
La
Une comparaison rapide entre les
dernières séances du