Pour la quatrième année consécutive, la Semaine économique de la Méditerranée
réunira du 29 novembre au 4 décembre à Marseille, les décideurs économiques des
deux rives.
Les thèmes des dernières années consacrées à l’innovation, au financement et
à l’entreprise s’inscrivaient dans un contexte favorable de progression des
Investissements directs à l’étranger au Maghreb et de relance du partenariat
euro-méditerranée. Crise économique oblige et essoufflement de la dynamique UpM
contrainte, le programme de cette année est placée sous le signe du
développement durable.
Rappelons que la Semaine économique de la Méditerranée est née de
l’initiative de l’établissement public Euroméditerranée (EPAEM) et d’ANIMA - association gérant le programme européen
Invest In Med - qui souhaitaient
donner de la cohérence et de la visibilité à un conglomérat d’événements
économiques internationaux organisés à Marseille.
Soutenu et financé par la ville et le Conseil régional, ce rendez-vous
participe à la construction de Marseille comme plateforme d’ingénierie
économique et financière en Méditerranée. Surtout, elle s’inscrit dans le cadre
de la compétition entre les territoires pour devenir le centre d’impulsion de
l’expertise dans cet espace en construction. Aussi Barcelone a-t-elle sa propre
Semaine économique de la Méditerranée - la Semaine méditerranéenne des leaders
économiques.
Dès 2007, autour de 30 partenaires, 22 événements étaient organisés sur
différentes sites de la ville. Cette première édition souffrait d’un
éparpillement géographique, mais pouvait se vanter d’avoir su convaincre le
prestigieux Institut Aspen ou
l’hebdomadaire britannique The Economist d’organiser une conférence à
côté de petits ateliers consacrés à des enjeux spécifiques.
En 2008, la CCI et le Bureau de représentation
marseillais de la Commission européenne rejoignent Anima et l’EAPEM dans le
Comité de pilotage de l’organisation et densifient le programme. L’année
dernière, enfin, la Communauté urbaine Marseille-Provence-Métropole s’est
impliquée davantage. À l’occasion de l’édition 2010, c’est la Commission Méditerranée de
CGLU - qui organisait déjà chaque année sa propre rencontre durant la
Semaine - qui succède à ANIMA en tant que coordinatrice de
l'opération.
Alors que la Semaine était fortement marquée au cours des premières années
par l’empreinte politico-institutionnelle, son programme a évolué pour laisser
une place croissante aux mondes de l’entreprise (leur présence est passé de 200
participants en 2007 à plus de 500 l’année dernière).
L’une des ambitions de la Semaine économique de la Méditerranée est commune
à de multiples initiatives locales internationales : il s’agit de
regrouper autour d’une même table responsables politiques et opérateurs
économiques du territoire. L’internationalisation des territoires - en
l’espèce, dans sa fonction d’accueil des événements internationaux, mais un
constat similaire pourrait être adressé dans sa fonction de projection - exerce
une pression à la mutualisation des ressources publiques et privées afin
qu’elles soient mises au service d’un projet incubateur d’initiatives
stratégiques - positionnement, affichage, mais également lancements
d’initiatives opérationnelles comme en témoigne le lancement de la plateforme
MedBusiness Network autour des chambres de commerce euro-méditerranéennes
l’an passé.
L’une des limites à cette invention de l’ambition stratégique à l’échelle du
territoire marseillais est sans surprise sa fragmentation politique. L’absence
d’un portage politique nuit à la visibilité de l’événement si bien que
l’opération reste peu incarnée. Pour y remédier, les organisateurs ont fait
appel, au cours des éditions précédentes, à des grands témoins qui suivaient et
participaient à plusieurs rencontres de la Semaine et contribuaient à lui
donner une unité et une relative cohérence. En 2008, le rôle fut assigné à
Pierre Deusy, fonctionnaire de la Commission européenne - DG RELEX -
responsable des questions économiques du partenariat euro-méditerranéen. En
2009, Philippe de Fontaine-Vice - vice-Président de la Banque européenne
d’investissement - avait rempli cette tâche.
Dans les deux cas, il s’agissait de personnalités extérieures au contexte
économique et politique local. Certes, Philippe de Fontaine-Vice n’a pas caché
ses ambitions en se présentant sur la liste de Jean Roatta aux dernières
élections municipales défait par Patrick Mennuci dans le 1er
arrondissement : le score de la majorité municipale dans ce secteur n’a
pas permis à Philippe de Fontaine-Vive, 9ème sur la liste, de faire son entrée
au conseil municipal.
En 2009, la Semaine s’était choisie pour sous-titre « plateforme
opérationnelle pour la Méditerranée » avec comme mot d’ordre
« business, gouvernance, financement ». Cette année, on assiste à un
retour à la modestie et à l'air du temps avec le slogan « ensemble, pour
des projets économiques durables ». Le programme provisoire contient les
événements désormais pérennes et dont l’origine précède la création de la
Semaine économique : les
Rendez-vous économiques de la Méditerranée (6ème édition) et la Rencontre de la Cité Euro-méditerranéenne de la
Mode.
On constate l’absence du Colloque
Medinnov qui en était à sa cinquième édition l’an dernier et la présence du
nouveau venu dans le paysage institutionnel local international marseillais, le
Centre de Marseille pour
l’intégration en Méditerranée. Il organiserait trois « Rencontres
Transports urbains durables» en partenariat avec l’AFD et des «Ateliers
stratégiques» avec l’ISI@MED
(Initiative Société de l'information pour la Méditerranée) produit du
partenariat conclu entre le bureau du PNUD à Genève et feu le bureau de la
Banque mondiale à Marseille. Enfin, la thématique développement durable est
représenté par les Forum EcoCités de la fin de la Semaine.
Le contenu de ces manifestations reste à définir, mais on sait d’ores et déjà que deux sites sont privilégiés pour leur tenue : comme pour l’année dernier, le Palais du Pharo et le Palais de la Bourse permettront une meilleure polarisation spatiale des événements placés sous le signe de l’économie verte.
La rénovation
du centre-ville de Marseille était à l’ordre du jour du
Tout se
passe comme si nous ne
La hantise des VRP
d’Euroméditerranée chargés de « vendre » la ville aux
investisseurs qui semblait être assoupi a refait surface : la grève sur le
port. On se
Hugues
de Cibon a-t-il accepté une mission impossible en quittant son poste de
Directeur marketing d’Euromediterranée pour rejoindre l’équipe de Bernard
Latarjet et convaincre les entreprises de se « mobiliser
financièrement » derrière 2013 ? Rappelons qu’il s’agit de
trouver 15 à 20 % du financement global (évalué à 98 millions d’euros). Le
nouveau Directeur du mécénat et des relations avec le monde économique a
imaginé un
Au début de cette année, nous
écrivions
On pourrait à l’envi
tenter d’objectiver la rivalité entre Barcelone et Marseille, la Catalogne et
la Provence, l’Espagne et la France engagées dans une compétition pour
l’exercice du leadership institutionnel dans l’espace méditerranéen et dans le
contrôle des flux économiques maritimes. On pourrait au contraire montrer les
effets performatifs d’une concurrence qui relève davantage du marketing urbain
que d’une réalité économique. On pourrait, par ailleurs, tenter de décrire les
limites, voire les dangers, des termes d’une compétition territoriale pour les
équilibres sociaux internes et son non-sens alors que les territoires sont
engagés dans des dynamiques croissantes de coopération. On pourrait enfin
signaler la différence entre les échelles d’intervention des deux pôles dûe à
des assises politiques et économiques qui n’appartiennent pas aux mêmes unités
de grandeur au profit de la capitale catalane.
Opération de requalification urbaine, outil de développement économique, levier
de rayonnement international, vitrine de la métropolisation, alibi de la
gentrification… Quel que soit le label apposé à
L'Union pour
la Méditerranée (UpM) fêtera les 13 et 14 juillet le premier anniversaire du
Sommet de l'Élysée qui a relancé la politique méditerranéenne de l'Union
européenne (UE). Il est évidemment tôt pour dresser un bilan, ou même mesurer
sa portée. Mais cette année écoulée a contribué à éclaircir les attentes portée
dans ce projet politique. À en montrer les facteurs de blocage
également.
Surtout, le 27 décembre 2008, l'armée israélienne déclenche une offensive sur
Gaza et bloque, jusqu'à ce jour, toutes nouvelles négociations dans le cadre
d'une UpM qui se vantait de réunir autour d'une même table, Israéliens et
Palestiniens. Dernier épisode en date, le gouvernement israélien fraîchement
élu semble remettre en cause les précédents accords diplomatiques conclus par
son prédécesseur.
Le
thème de la gouvernance urbaine a connu un fort engouement académique depuis le
milieu des années 1990, en particulier dans le sillage des travaux de Patrick
Le Galès. Gilles Pinson inscrit son
A l'occasion de la visite de la Ministre de la Culture à Marseille vendredi
dernier, le maire a souhaité faire le point sur l'avancée des travaux du Musée
des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (MUCEM). En image
L'année
2009 devrait être une année
Hambourg :
Le projet
Liverpool : Avant le
lancement en octobre dernier du projet
Bilbao :
L'équipement emblématique de la rénovation urbaine de Bilbao est le
Le
Havre : Plus modeste, Le Havre a lancé en 2006 un projet de
relance de ses chantiers maritimes, appelé
Alors que les cabinets d'urbanistes ont enfin été désignés dans le cadre de
Cette
semaine un regard rapide sur l'actualité marseillaise internationalisée est
révélatrice des mouvements à 360° de ces activités.