La
nomination de Laurent Théry au poste de « Préfet hors cadre chargé du
projet de l'agglomération Marseille-Provence » modifie-t-elle les termes
du débat sur la construction de la métropole marseillaise, serpent de mer de la
politique locale depuis... les années 1920 ?
Son parcours professionnel nous est rappelé par
Marsactu. Économiste de formation, il entre dans l’administration des
collectivités locales en 1985 à Saint-Nazaire, port industriel dont l’économie
dépend de la construction navale, secteur durement et durablement frappé par la
crise. Chargé des questions de développement, il reste 10 ans auprès du maire
(PS) avant de rejoindre Jean-Marc Ayrault à Nantes où il est nommé Président du
District de l’agglomération nantaise, embryon de la Communauté urbaine de
Nantes créée en 2001, au sein de laquelle Théry occupe le poste de Directeur
général jusqu’en 2003.
D’administrateur de communautés urbaines, nouvelles entités de la
coopération intercommunale instaurées par la
Loi Chevènement de 1999, Théry devient gestionnaire de projets urbains. Il
dirige en effet entre 2004 et 2010, la Société d'aménagement de la métropole
Ouest Atlantique qui assure la maîtrise d’ouvrage du projet de l’île de Nantes (sortes d’Euroméditerranée
version nantaise, et toute chose égale par ailleurs) avant de prendre les
reines du projet Eurallille.
Cette trajectoire témoigne de certaines propriétés sociales qui dessinent
les contours d'une nouvelle identité professionnelle, celle d'entrepreneur de
la métropolisation et qui combine des compétences et des savoir-faire au sein
des collectivités locales et des établissements public d'aménagement et
d'urbanisme. Elles ne sont pas sans rappeler, par ailleurs, celles d’autres
personnalités qui animent la fabrique des politiques locales à
Marseille.
Premièrement, Laurent Théry n’est pas originaire de la région (né à Roanne,
dans la Loire, il fait presque figure idéal-typique de « Monsieur Brun »).
On retrouve cet appel à des hommes et des femmes extraits du contexte politique
local, dans le cas de Bernard Latarjet, ou de certains hauts-fonctionnaires
territoriaux (responsable de services ou de directions dans les collectivités
locales). Cette démarseillisation est justifiée par ceux qui la mettent en
œuvre (les responsables politiques et économiques locaux, ou, dans ce cas,
l’État) comme un instrument de dépolitisation.
Recourir à un homme neuf, c’est neutraliser les critiques qui contesteraient
son affiliation partisane ou son allégeance à une collectivité locale. Notons
que cette non-appartenance ne signifie pas l’absence de rapport à la ville.
Laurent Théry a vécu à Marseille dans sa jeunesse et a failli rejoindre la
communauté urbaine de Marseille-Provence Métropole (MPM) lors des réflexions
sur la rénovation du Vieux-Port.
Cette propriété est corrélée avec la notoriété technique dont il jouit.
Lauréat du
Grand Prix de l'urbanisme en 2010, Laurent Théry bénéficie d'une large
reconnaissance dans son domaine de compétence. Jean-Marc Ayrault et Martine
Aubry lui reconnaissent sa capacité à établir le dialogue entre élus dans un
environnement fragmenté et conflictuel. À cette ressemblance entre les
contextes politiques nantais, lillois et marseillais, s’ajoute celle entre les
contextes économiques marqués par un déclin industrialo-portuaire.
Enfin, dernière propriété du consensus : Théry, comme Latarjet, est
présumé un « homme de gauche ». Cette identité n’est pas un
inconvénient dans un territoire politiquement morcelé où les villes-centres
(Marseille et Aix) sont à droite, mais où les Conseils généraux et régionaux,
ainsi que MPM, la communauté d'agglomération du Pays d'Aubagne et de l'Etoile,
du Pays de Martigues, de l’agglopole Salon Etang de Berre et Syndicat
d'Agglomérations Nouvelles Ouest-Provence-Istres sont présidés par des
socialistes.
En dépit de ces qualités, la tâche de Théry, chacun le reconnaît, s’avère
délicate. Chargé de réconcilier les vues des élus locaux sur l’adoption d’une
« métropole » telle qu’elle est définit par la loi, ceux-ci
sont tous d’accord pour rejeter cette perspective.
Rappelons que la réforme des
collectivités territoriales de décembre 2010 prévoient deux statuts aux
grandes communes : les « métropoles » réservées aux espaces
comprenant plus de 450 000 habitants, soit les territoires de Lyon, Lille,
Marseille, Bordeaux, Toulouse, Nantes, Nice et Strasbourg ; et les
« pôles métropolitains ». Ces derniers disposent d’une gestion plus souple
et limitent les compétences partagées. Comme le rappelle Jacques Boulesteix,
les premières sont, en revanche, davantage un « outil
d’intégration ». Et c’est cette perspective qui suscite le refus parmi
l’ensemble des responsables des intercommunalités, exceptés MPM.
La revendication d’une autonomie de la part des communes périphériques, par
rapport à ce qui est ressentie comme une ambition hégémonique de la part de
Marseille fonctionne comme une dépendance à un sentier institutionnel historiquement
ancré et périodiquement réactivée. Par ailleurs, ces élus s’étonnent du
lien établi entre le manque de coopération et d’intégration intercommunale et
les difficultés subies par Marseille, objet de la visite
ministérielle.
« En quoi l'intégration forcée d'Aix, Martigues, Aubagne, Salon ou Ouest-Provence dans une grande métropole ferait reculer la misère ou l'insécurité à Marseille ? » s’étonnent-ils.
Ce lien est soulevé par un échange sur twitter avec Renaud Epstein,
sociologue et maître de conférence en science politique à l’Université de
Nantes, spécialiste des questions de la politique de la ville et de la
rénovation urbaine :
renaud epstein @renaud_epstein
L. Théry préfet de l'agglo Marseille http://bit.ly/QnVKnp ou le pari de la résolution des pbs politiques & sécurité par le projet urbainNicolas Maisetti @nmaisetti
@renaud_epstein Pas sûr que Théry traitera de la sécurité, ce sera plutôt le rôle du nveau préfet de police, Bonnetain, non ? #MétropoleMarsrenaud epstein @renaud_epstein
@nmaisetti Oui & non. Ds contexte rabattement de la prévention délinq sur prev. situationnelle, le projet urbain est paré de vertus magiques
Quelles sont donc les « vertus magiques » du projet urbain
évoquées par Renaud Esptein ? Les projets urbains sont en effet autre
chose qu’un assemblage de programmes de construction immobilière, d’opérations
financières ou d’incitations fiscales destinées à favoriser l’implantation
d’entreprises. Non seulement, ils jouent sur la transformation de l’image d’un
territoire, de son identité économique, comme fondement de l’amélioration de
ses performances, mais ils fonctionnent, plus largement, comme des
« instruments de l’action publique, autrement dit, des modes
d’action » pour reprendre les
termes de Gilles Pinson.
Aussi, le projet urbain n’est pas qu’affaire de requalification d’un
quartier, il est surtout une instance de création d’une capacité
d’action collective à l’échelle d’une agglomération. Il intègre et
contribue à densifier des réseaux de coopération (qui dans le cas de Marseille
s’avèrent pour le moins limités). Les travaux scientifiques sur la gouvernance
urbaine tendent à conclure ainsi à l’existence d’acteurs collectifs ou de
villes-acteurs permises par le projet urbain.
À Marseille, ce serait donc l’absence de dynamique collective du projet
urbain qui expliquerait et alimenterait les logiques de fragmentation
politique, de décrochage économique, nourrissant les conditions sociales de la
délinquance. Cette hypothèse, au fondement de la nomination de Théry, témoigne
en creux de l’ampleur de l’échec, aux yeux de l’État, du projet
Euroméditerranée, pensé comme étant un « accélérateur
de métropole ».
Le Premier ministre répond ainsi à ceux qui voient dans le projet de
« métropole » un outil inadapté à la crise de Marseille, son
insécurité et son chômage : nommer un spécialiste du dialogue
inter-communal pour enrayer une situation de « très
grande perdition » participerait, au contraire, à la lutte contre les
« inerties, les conservatismes, les blocages ». Et de citer invariablement
le cas de l’absence de réseau des transports publics sur les axes de
l’agglomération.
Jean-Marc Ayrault a néanmoins prévenu : si la « magie » ne
prend pas, le Parlement se saisira de la question. Pour une nouvelle étape de
la mise sous tutelle de la ville ? ou de la construction de l’impossible
métropole marseillaise ?
Crédit Photo : Ouest-France
Après plusieurs années de discussions et d’études, l’Agence française des
villes et territoires méditerranéens durables va voir le jour. Une convention
constitutive du Groupement d’intérêt public (GIP) est signée le 21 octobre
dernier nous apprend
En attendant
un mois de novembre chargé pour les politiques locales internationales
marseillaises -
Un
simple entrefilet dans La Provence de ce jour, mais un événement important pour
l’évolution de la politique internationale de Marseille :
À
l’heure du Grand Paris et de la réforme des collectivités territoriales, l’idée
de la morphologie métropolitaine de Marseille refait l’objet de débats au sein
des acteurs politiques et économiques locaux.
Se rendre
à Barcelone avec à l’esprit les comparaisons établies par les élites
marseillaises est aux premiers abords un peu déroutant.
À moins
d’un mois des élections régionales, les enjeux de la campagne s’éclaircissent
un peu. Selon les observateurs et les acteurs politiques, ils sont nationaux -
qui de l’UMP ou du PS sortira en tête ? Le Président Sarkozy sera-t-il
affaibli par le scrutin ? Quid de l’état du Front national ? de la
recomposition de l’extrême-gauche ?.... - ou locaux - quelle sera l’identité de
celui qui prendra la tête de la région ?
Lors du
conseil municipal de Marseille du 14 décembre dernier, entre l’adoption d’une
mesure relative aux «baux emphytéotiques pour la réalisation d'un hôtel et d'un
immeuble de bureaux sur le périmètre du parc Chanot» et de celle approuvant la
conclusion d’une « convention pluriannuelle d'objectifs avec la Cité des
Métiers de Marseille et PACA », les élus ont voté la délibération
n°09/1340/FEAM portant sur la « réorganisation des services de la
Ville de Marseille. »
Le processus de réformes des collectivités territoriales est entré dans une
nouvelle phase avec la discussion au Parlement du volet consacré à
l’organisation de la nouvelle architecture institutionnelle.
Avec la
Le Chef de l’État a donc
187 voix d'écart. Maryse Joissains
reste maire d'Aix-en-Provence à l'issue d'une séquence électorale municipale
confuse, violente mais finalement sans surprise. Au cours de l'élection
municipale partielle qui s'est achevée hier soir, il aura été beaucoup
questions de la personnalité de la maire sortante, du Conseil d'État, des
alliances de la gauche locale et de sa recomposition en vue des régionales de
l'année prochaine, de Marseille aussi, peu d'Aix et de son avenir
finalement.
Hier, un
Au-delà du
cas du Stade Vélodrome, cette délibération pose la question du financement des
équipements métropolitains dans une agglomération peu intégrée et
singulièrement dans une ville-centre pauvre sur laquelle pèse la majeure partie
du fardeau pour des charges qui dépassent l’usage strictement communal. Au
cours des débats, Eugène Caselli a justement pointé le « manque de
clarté sur le montant de la participation financière des collectivités
locales ». Mais en tant que Président de la Communauté urbaine, ne
pourrait on pas lui rétorquer que c’est à son institution de porter (au moins
autant) le financement de grands équipements urbains de dimension
métropolitaine ? Certes, ces infrastructures revêtent souvent une
dimension symbolique pour la ville. Que l’on songe au Stade, à l’Opéra, aux
parcs, aux bâtiments publics historiques, le patrimoine historique de la ville
est en jeu et la volonté de la mairie de préserver ce lien d’appartenance se
justifie.
Ce
constat repose sur quatre chiffres : l’agglomération Ouest Étang de Berre,
90 000 habitants pour 115 millions d’euros de recettes de taxe professionnelle
(TP) ; Marseille-Provence-Métropole, 1 million d’habitants pour 250
millions d’euros de recettes de TP. Un rapport démographique de 1 à 10 contre
un rapport fiscal de 1 à 2.
Les opposants à la
construction même du prolongement de la ligne
Les partisans du tracé nord à travers le Haut Var
Les partisans du tracé des métropoles
C'est le 3 mars
qu'Édouard Balladur remettra les conclusions du 