A La rénovation du centre-ville de Marseille était à l’ordre du jour du conseil municipal du 21 juin dernier. À la lecture rapide des compte-rendus médiatiques du conseil apparaît quelques contradictions relatives à l’ambiance qui y résidait.

Pour La Provence, « Conseil municipal relativement calme ce matin à Marseille, pour évoquer notamment les marchés de restauration scolaire, le compte administratif ou enccore un projet immobilier à la place du Capitole sur la Canebière. C'est plutôt sur des sujets a priori consensuels ou hors ordre du jour que les piques ont fusé. De la simple vanne au règlement de compte bien senti.» En somme, «une ambiance de cour de récré» comme le titre de l’article l’annonce.

La Marseillaise propose un angle relatif au débat sur «l’accès à l’école des plus jeunes» et revient sur la passe d’armes opposant Samia Ghali et Patrick Mennucci, d’un côté et Danièle Casanova et Jean-Claude Gaudin, de l’autre.

Pour Masactu, dont l’intervention dans le débat public local ne correspond pas avec celles des médias traditionnels, le Conseil municipal aurait été «enflammé» par la question du logement dans le centre-ville.

La question est évidemment aussi ancienne que sujette à polémique. En jeu, la réhabilitation des quartiers du centre-ville soumis aux ambitions des promoteurs immobiliers souhaitant profiter de l’Opération Euroméditerranée pour accroître leurs bénéfices et à celles des élus de la majorité municipale souhaitant attirer des populations nouvelles et des électeurs - la fameuse et non moins introuvable gentrification. Face à eux, des collectifs d’habitants se sont mobilisés, en particulier l’association, recueillant la parole des locataires menacés d’expulsion par des «médiateurs» peu scrupuleux.

Il faut lire l’ouvrage de Jean-Stéphane Borja, Martine Derain et Véronique Manry, il faut écouter le documentaire sonore de création de Caroline Galmo accompagnant cet ouvrage - Attention à la fermeture des portes- transformations urbaines et mobilisation populaire : l’expérience de la rue de la République à Marseille, il faut voir enfin le chapitre du film de Denis Gheerbran - La République Marseille - consacré à la mobilisation contre l’opération de rénovation urbaine, pour saisir - un peu - ce qui se joue dans ces «politiques de déménagement des populations pauvres» (Marsactu), et dans ces révoltes parfois silencieuses, contre la brutalité de la rénovation immobilière.

Au cours de la séance du Conseil municipal, le Président du groupe majoritaire se défend « machine à déménager la population non. Machine à attirer les nouveaux habitants oui.» Avouons que la ligne de démarcation est ténue. En attendant les résultats des mesures annoncées en matière de logement social, l’un des effets les plus visibles de la mobilisation - outre les procès gagnés contre les promoteurs immobiliers dont certaines méthodes ont été invalidés par la justice - fut de donner la parole à cette frange des habitants le plus souvent considérés comme exclus - du débat public, des statistiques, des bureaux de vote, de l’accès aux diplômes et au marché de l’emploi.