Pendant la campagne, l'UpM a trouvé un siège
Par Nicolas Maisetti le jeudi 11 mars 2010, 11:18 - Lien permanent
Si l’agitation politique
qui règne pendant une campagne électorale est peu propice à l’avancée des
projets, elle est encore moins propice à leur observation. Difficile en effet
d’évoquer les politiques locales au-delà du tumulte entretenu par les petites
phrases, les promesses et les postures.
Tout est-il «gelé» pendant la campagne ? Non, bien sûr : à la
faveur des recompositions induites par la compétition électorale, des
enseignements sont sans doute à tirer en matière de gouvernance territoriale.
Je ne saurais que trop recommander le blog de Rémi Leroux qui analyse au
quotidien le déroulement des affrontements en cours et à venir.
Avec l’imbrication des échelles de prise de décision de l’action publique
locale, la campagne électorale n’a cependant pas enrayé le mouvement des
politiques locales internationales. En d’autres termes, le temps des
affrontements électoraux n’empêche pas le monde de continuer à
tourner.
Au début du mois de février, nous avions évoqué
la création de l’Assemblée régionale et locale euroméditerranéenne (ARLEM),
sorte de Comité des régions de l’Union pour la Méditerranée (UpM).
Complétant le dispositif institutionnel, le 4 mars dernier, les chefs de la
diplomatie française et espagnols, accompagnés des Ministres égyptiens et
jordaniens des Affaires étrangères, Abul Gheith et Nasser Judeh, du Commissaire
européen en charge de l'élargissement et de la politique européenne de
voisinage, Štefan Füle, et du secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa,
ont officiellement installé le Secrétariat général, sorte de Commission
européenne de l’UpM.
À cette occasion, la prise de parole du nouveau Secrétaire général de l’UpM,
Ahmed Massadeh était attendue. Il a tenté de donner des gages à ceux qui
redoutent que l’UpM n’apporte de la confusion face aux initiatives
communautaires existantes, en particulier celles prévues par la Politique de
Voisinage, ainsi qu’à ceux qui doutent sur le fond de la pertinence du projet.
«Nous essaierons de faire face aux divergences de façon à ce que chaque
membre de l’Union devienne partie prenante à cet effort» a-t-il
déclaré.
Ce voeux risque de se transformer en feuille de route pour l’institution barcelonaise tant le scepticisme semble désormais bien installé dans les chancelleries de la rive sud, en écho aux indifférences des opinions publiques, et aux railleries de certains États européens contre cette «politique sans financement» ou cette «im/posture diplomatique». Il n’y a qu’à lire l’article d’El Watan sur le sujet pour se rendre compte des difficultés qui se dresseront dans la perspective de la préparation du deuxième Sommet de l’UpM, prévu à Barcelone en juin prochain.