Frémissements sur le front des politiques locales internationales ?
Par Nicolas Maisetti le jeudi 14 janvier 2010, 12:56 - Lien permanent
Ce début d’année est déjà riche en actualités dans le domaine des politiques
locales internationales marseillaises. L’occasion de faire un point sur les
récents développements et les perspectives des principaux dossiers.
Compétition politique : tous en place pour les
régionales ?
Presque... Du côté du duel attendu
Mariani/Vauzelle, la campagne semble s’être accélérée - avant même d’avoir
vraiment commencé... -sur le thème de la sécurité et de l’emploi. Comme nous le
décrit
Rémi Leroux, « la droite a attaqué bille en tête. La gauche a
répliqué du tac au tac. La campagne est lancée » sur des enjeux aussi
peu régionaux, que politiques - c’est-à-dire facilement convertibles en clivage
droite / gauche. Au-delà de la passe d’arme Marianni / Menucci sur la
vidéo-surveillance ou la teneur du Plan de relance de la Région, l’un des
effets attendus de cette agitation est de « réduire (la campagne) à un
affrontement UMP / PS » d’autant plus que les autres forces
partisanes peinent à s’organiser.
On apprend aujourd’hui dans
La Provence que Catherine Levraud a finalement été désignée pour diriger la
liste Modem après le retrait de François-Xavier De Peretti. Cette désignation
clôt la phase d’incertitude au sein du mouvement de François Bayrou. Enfin, pas
vraiment selon M. De Peretti qui rappelle justement : « nous
n'avons que la tête de liste, il reste 136 noms à trouver. Quant au programme,
nous sommes la région la plus en retard. Il faut s'y mettre dans
l'urgence.»
Du côté du Front de Gauche, les choses ne sont pas mieux engagées. Le
ralliement de Joël Canapa, Vice-Président communiste du Conseil régional, à
la liste PS dans le Var, repose la question de la stratégie du Parti communiste
de faire liste commune avec le parti de Jean-Luc Mélanchon. D’autre part,
le refus de la
Fédération pour une alternative sociale et écologique de rejoindre le Front de
Gauche compromet un peu plus ses chances d’apparaître comme une liste élargie
de la gauche de la gauche.
Union pour la Méditerranée : des accords,
enfin
Le volontarisme diplomatique de ces
dernières semaines semblent avoir enfin porté leurs fruits. À moins que les
récents développements de l’Union pour la Méditerranée ne soient du aux effets
de lassitude d’un blocage qui persiste depuis plus d’un an. Après l’annulation
de la réunion d’Istanbul, certaines chancelleries désespéraient de trouver
une issue à l’épineuse question de l’identité (et de la nationalité) du futur
Secrétaire général de l’UpM. À Barcelone, au palais de Peladbres pourtant,
tout est pourtant
prêt pour l’accueillir.
Le 5 janvier, le chef de la diplomatie française s’est rendu au Caire pour
exhorter ses collègues à «réveiller »
le projet. Au moment de rencontrer ses homologues égyptiens, espagnols,
tunisiens et jordaniens, Bernard Kouchner
a reconnu « qu’il reste de petits problèmes entre certains
ministres des Affaires étrangères (...). Pour des raisons politiques, nous ne
sommes pas tous les jours d'accord »
Pourtant,
la réunion du Caire a été l’occasion de percées inédites. Premièrement, les
« financements se précisent ».
Les Echos croit savoir, en effet, qu’ « au premier rang des
investisseurs se trouvent la banque allemande de développement KFW, l'Agence
française de développement (AFD), la Banque européenne d'investissement (BEI)
et la Banque mondiale, auxquels s'ajoute le fonds InfraMed mis en oeuvre par la
Caisse française des Dépôts et Consignations (CDC), la Cassa Depositi e
Prestiti d'Italie, EFG Hermès (Egypte) et la Caisse de Dépôt et de Gestion du
Maroc». Au final, ces investissements sont estimés entre 8 et 10 milliards
d’euros. C’est l’une des premières fois qu’est exprimée une évaluation des
moyens mobilisables par l’UpM.
Deuxièmement, un consensus s’est dessiné autour de la candidature de Ahmad
Massa’deh
,
ambassadeur de la Jordanie auprès de l’Union européenne et de l’OTAN, au poste
de Secrétaire général. Son nom proposé par les « 5 du Caire »
a été accepté par les hauts fonctionnaires de l’UpM le 12 janvier. Pour
être effective, la désignation devra être entérinée par les Ministres des
Affaires étrangères des pays membres. La date de la mi-février est évoquée,
mais l’essentiel semble être acquis pour que le Secrétariat technique puisse
commencer à travailler - c’est-dire examiner les projets à financer. Le
Secrétaire général sera assisté par des adjoints palestinien, israélien, turc,
ainsi que représentant la Ligue arabe.
À suivre, « Euroméditerranée ; le Port ; et 2013 »'