A La fin de l'année approche, il est temps de sacrifier à l'exercice rituel des bilans. Au début de l'année, j'avais proposé sur ces pages un rapide tour d'horizon des enjeux locaux internationaux de l'année 2009. Premier volet, les élections. Retour en arrière, donc, sur la compétition électorale marquée par le scrutin européen de juin.

Résultats

Avec 36,93% de participation, on a moins voté dans la circonscription du Sud-Est que dans le reste de la France (crédité de 40,48%) et même que dans l'ensemble de l'Union (en moyenne, 42,94%). On a même moins voté que lors du scrutin de 2004 (40,37% pour la circonscription du Sud-Est).

La liste UMP conduite par Françoise Grossetête arrive en tête avec 29,34% des voix. 5 députés UMP sont élus dans la circonscription : Françoise Grosstête, donc, et Dominique Vlasto, députées sortantes, sont accompagnées de Damien Abad, Gaston Franco et Michel Dantin, qui font leur entrée au Parlement européen.

La surprise provient de la liste Europe-Écologie qui, avec 18,27% des suffrages, devance la liste PS de presque 4 points et compte un élu de plus que les socialistes. Michèle Rivasi, François Alfonsi et Malika Benarab-Attou gonfleront la présence des Verts à Strasbourg, tandis que Vincent Peillon échoue dans son pari et n'emmène qu'une seule élue, Sylvie Guillaume, avec lui. En 2004, la liste PS, emmenée par Michel Rocard, avait réalisé le score de 28,62%, contre 17,62 à l'UMP.

Pour le reste, Jean-Luc Benhamias conserve son siège, cette fois pour le MODEM - il était élu Vert en 2004 - en recueillant 7,37% des voix. Une attention particulière s'était portée sur la liste du Front national. Jean-Marie Le Pen conserve son siège avec 8,49%, mais perd 4 points par rapport à 2004 et poursuit son tassement observable au niveau national où le FN ne recueille que 6,9%. Il fait cependant mieux, sur la scène locale, que les centristes.

Enfin, le Front de Gauche, le NPA et Libertas arrivent dans cet ordre mais ne rassemblent chacun qu'entre 4 et 6 % des voix.

Enseignements

Si l'on compare avec ce qui avait été dit sur ces pages en janvier dernier, on s'aperçoit que les têtes de liste n'ont pas été celle prévues. Alors que l'on attendait Michèle Barnier à droite et Patrick Mennuci à gauche, c'est le contraire qui s'est produit avec une élue implantée localement comme tête de liste de l'UMP et un parachuté pour le PS, désigné en fonction des luttes internes au PS. Ségolène Royal avait, en effet, obtenu deux têtes de liste pour ses "proches", Bernadette Vergniaud pour l'Ouest et Vincent Peillon pour le Sud-Est. C'était avant la rupture.

Les enjeux locaux ont été particulièrement absents de ce scrutin, toutefois, on peut se demander si l'expérience et le succès d'Europe-Écologie peuvent se traduire dans un scrutin régional et sur un terme plus long.

Le PS local est-il si durablement affaibli qu'il n'apparaît plus que comme la troisième force politique de la région ? Conclusion bien évidemment hâtive, mais comme le système politique national de la Vème République est tout entier tourné vers l'élection présidentielle, le système politique local se structure autour de la conquête de la mairie de la ville-centre. Or, le leader du PS marseillais, Jean-Noël Guérini concentre toutes ses forces et ses troupes vers la bataille déjà annoncée de 2014, délaissant les scrutins intermédiaires ou les utilisant dans l'optique des municipales.

Apparaît-là l'un des grands paradoxes de la vie politique locale : la mairie conserve aux yeux des acteurs politiques et des citoyens, la primauté en terme de légitimité politique, alors même que cet échelon n'a jamais été aussi faible en terme de capacité d'action et de compétences politiques.

Cette contradiction produit des effets de turbulences sur les autres scrutins et enjeux politiques locaux - intermédiaire dans le cadre de la lutte partisane, essentiel dans la production des politiques publiques. Les Verts d'Europe-Écologie ont profité de ce brouillage au moment des Européennes (mais pas seulement : la confusion qui continue de régner au sein du PS au niveau national, ainsi que le relais positif dont bénéficie la question écologique dans l'opinion ne doivent pas être négligés). Qui en profitera en mars prochain pour les Régionales?