a C'est donc aujourd'hui qu'a débuté la troisième édition de la Semaine économique de la Méditerranée (SEM). Chefs d'entreprises et experts du milieu euro-méditerranéen se sont retrouvés ce matin à la Chambre de commerce et d'industrie de Marseille-Provence (CCIMP).

Med Village et B2B

L'idée des organisateurs de la SEM de créer un espace de rencontres entre ces décideurs se concrétise dans la mise à disposition au premier étage de salles consacrées aux rendez-vous entre partenaires. À l'accueil, un dossier est remis aux participants dans lequel est consigné les quelques 200 entreprises présentes. Sur les tables, des numéros qui correspondent à ces entreprises facilitent le repérage. On parle affaires, "contrats", "investissements directs étrangers", "cadres législatifs" ; on s'échange aussi les dernières nouvelles de la famille et des amis. Visiblement, on se connaît, mais on apprécie les facilités avec lesquelles on peut se rencontrer dans une unité de lieu et de temps.

Dans les couloirs attenants, le Med Village aligne les uns après les autres les partenaires-organisateurs de l'évènement. Des plaquettes de présentation sont mises à disposition. Des discussions peuvent s'engager avec les responsables, présentations powerpoint à l'appui. Bref, la SEM, c'est du Business To Business (B2B pour les initiés) et de la socialisation d'élites.

Les Atelier d'affaire

Au total, dans la journée, huit ateliers sont organisés dans les différentes salles du Palais de la Bourse : exploration des réseaux commerciaux transméditerranéens ; lutte contre le changement climatique ; l'export face au changement du cadre législatif algérien ; la Commission UpM du commerce extérieur français ; le partenariat d'entreprises Paca/Maghreb dans les secteurs de l'environnement et de l'énergie ; la mobilité du travail dans l'espace euromediterranéen ; les opportunités d'affaire en Tunisie ; et le trafic maritime en Méditerranée.

Ces réunions organisées par des institutions différentes (Top 20, CCI et réseaux de CCI, association Champs de Traverse, ONUDI, Invest in Med, Adeci, Ubifrance...) visent à renforcer la connaissance entre les acteurs et les contextes locaux pour créer de la confiance et ainsi favoriser les affaires dans un espace partagé.

Lancement de Med Business Network

C'est également cet esprit qui a présidé à la réunion de lancement de Med Business Network (MBN). Louis Allocio, vice-président de la CCIMP, assisté de Bernard Digoit, président de la Chambre française de commerce et d'industrie au Maroc, Foued Lakhoua, président de la Chambre tuniso-fraçaise de commerce et d'industrie, et jean-François Heugas, président de la Chambre française de commerce et d'industrie en Algérie ont présenté les grandes lignes de cette initiative.

Pour Marseille, le MBN vise à accompagner les entreprises locales dans leurs stratégies d'implantation des marchés du sud de la Méditerranée et à créer ainsi les conditions pour dynamiser les échanges commerciaux et industriels Nord / Sud, Sud / Nord et Sud / Sud. Surtout, il s'agit de susciter des synergies parmi des efforts éparpillés.

La volonté de coordonner des réseaux existants autour de logiques mutualistes rythmera, comme nous le verrons dans les prochains jours avec le CMIM, les discours des acteurs de cette édition de la SEM. La multiplication de ces efforts de coordination brouille, de ce fait, les ambitions initiales des uns et des autres. Et si ces "plateformes" ou autres "réseaux de réseaux" ne se situent pas exactement sur les mêmes champs, cette profusion d'agences coordinatrices ne contribue pas à clarifier les logiques d'internationalisation des acteurs économiques locaux. Les réseaux mis en place supposés clarifier et rendre plus lisibles l'espace méditerranéen intensifient la compétition entre les acteurs et les processus.

On peut se demander si cette concurrence permettra effectivement une relance des échanges dans un contexte de crise (thème qui sera au cœur des discussions ce samedi lors des Rendez-vous de la Méditerranée).