La Fête est-elle déjà finie pour 2013 ?
Par Nicolas Maisetti le vendredi 24 juillet 2009, 10:05 - Lien permanent
On
s'attendait à ce que la désignation de Marseille au titre de Capitale
européenne de la culture en 2013 provoque des tensions parmi les élus qui
souhaitent retirer les dividendes politiques du succès. C'est
arrivé avec la polémique autour de la possible création d'un "guichet
unique" qui, à la mairie et non au sein de l'association Marseille-Provence
2013, déciderait de l'attribution du label et de l'allocation des financements.
Les choses se sont (pour l'instant) éclaircies avec la mise au point de
Latarjet, directeur général de l'association. lors du
dernier conseil d'administration de Marseille-Provence, au printemps :
"On a perdu six mois, il est temps de se mettre au travail" avait-il
déclaré.
Le travail risque cependant d'être perturbé par l'acte 2 de la contestation.
Celle-ce ne provient pas des élus mais du monde associatif local. Nous avons
largement évoqué les difficultés du tissu associatif local, tiers-secteur pris
en tenaille entre la dynamique manageriale du projet culturel et les rapports
traditionnels entretenus avec le politique. Si certaines associations de la
Friche ont limité leur engagement dans la candidature à la participation aux
réunions préparatoires, la plupart se sont tenues à l'écart ou ont été tenues à
l'écart, attendant les contours concrets du dossier et les conditions d'accès
aux diverses subventions. D'autres enfin ont été tentées de rejoindre
l'initiative lilloise de la Fête est
finie impulsée par les déçus de la capitale européenne de la culture
nordiste en 2004. (l'illustration de ce billet est la couverture graphique de
leur initiative)
Au début du mois de juillet, le conseil municipal qui a donné le feu au
poudre.
Une baisse générale de 15% des subventions culturelles a en effet été votée
dans une relative indifférente. Le motif ? Le rééquilibrage des
subventions. Comprenez : donnez plus aux associations "performantes" et
moins aux autres. Aux dires de M. Daniel Herman, adjoint à la culture qui a
succédé à Serge Botey à l'issue des dernières élections municipales (il n'a
donc pas participé à l'aventure de la candidature), ce rééquilibrage
s'effectuera en deux temps. En juillet, baisse générale ; en octobre,
ré-injection. Les montants, bien sûr, n'ont pas encore été dévoilé, ni bien
évidemment les critères d'une association culturelle "performante". Ce décalage
dans le temps s'explique par une erreur technique : les dossiers n'ayant
pas pu être présentés à temps. Cet épisode illustre-il l'amateurisme de
l'équipe municipale qui trancherait avec le professionnalisme de la Chambre de
commerce (son Président, Jacques Pfister, faut-il le rappeler, est à la tête de
l'association Marseille-Provence 2013) ? Au contraire, est-il le signe
d'une recomposition, par le haut, d'une clientèle culturelle ?
À ce stade, rien n'est moins sûr tant les relations entre les trois cercles
de la politique culturelle à Marseille semble s'autonomiser. Le cercle
politique est engagé dans une stratégie visant à capitaliser les ressources
proprement politiques de la victoire. L'objectif est d'occuper l'espace
médiatique pour apparaître comme le porteur véritable du projet. Renaud
Muselier joue ici le premier rôle mais Daniel Herman pourrait contribuer à sa
réussite. Reste à savoir comment les autres collectivités locales vont réagir.
On pense principalement aux villes d'Aix et de Toulon et aux Conseils généraux,
mais il ne faudrait pas oublier les petites collectivités locales qui ont
montré à M. Muselier la réalité de leur pouvoir de nuisance quand Marseille
souhaité imposer ses conditions. À ce titre, les modalités de la gouvernance de
l'association Marseille-Provence 2013 où chaque collectivité locale dispose
d'un droit de vote égal sont un rappel permanent aux désirs de la
ville-centre.
Du côté de l'association Marseille-Provence, justement, la polémique lancée par le Ravi sur le licenciement des chargés de mission dès le lendemain de l'annonce de la victoire a laissé des traces. S'il s'est avéré finalement que seulement deux contrats "de petites mains" n'avaient pas été renouvelés, le fantasme d'un projet de "parisiens" pilotés par des technocrates extérieurs aux réalités locales est tenace. Il isole un peu plus Latarjet et son équipe du tissu associatif local. Une partie de celui-ci, réagissant à la coupe des 15%, a ainsi lancé une pétition en ligne qui s'interroge : "Est-ce ainsi que la ville de Marseille relève le défi de 2013 ?"
Commentaires
bonjour - est ce que vous confirmez l'info du départ de P Hivernat ? Je n'ai vu cette nouvelle nulle part ailleurs ???