Élections du Parlement européen : les élus de la circonscription Sud-Est
Par Nicolas Maisetti le mardi 9 juin 2009, 09:17 - Lien permanent
Les élections du Parlement européen qui se sont tenues dimanche n'ont pas été
déterminées, en France comme ailleurs, par les enjeux européens ou par les
enjeux locaux - voire par la combinaison des deux, c'est-à-dire la capacité des
programmes et des candidats à faire valoir des intérêts locaux et régionaux sur
la scène européenne. Pourtant, la récente polémique sur
le vin rosé et la mobilisation victorieuse des appellations de Provence
rappelle l'une des fonctions des parlementaires européens : le relais
entre des espaces politiques d'échelles différentes.
Des collaborateurs de député m'ont confié en ces termes les contours de
cette articulation : "Si le commissaire européen en charge des
Transports, qui est par exemple Français, comme c’est le cas avec Jacques
Barrot, que le député européen est en commission Transport, cela peut faciliter
la discussion en disant « voilà, ce qu’il serait intéressant pour une
ville comme Marseille, quels sont les programmes européens qui permettraient
de… ». Donc, on crée une relation de travail mais à partir des programmes
européens." Pour un député réélu dimanche : "une des choses dont
je vais beaucoup plus m’occuper au cours de mon second mandat sera de voir
quelles sont les liaisons à mettre en place entre le local, mais extensible,
eurorégional, de l’ensemble des départements sur lesquels je suis élu ; et
le niveau européen. C’est-à-dire quelle aide je peux apporter en tant que
parlementaire européen ? Parce que pour l’instant je n’ai pas eu le temps
de faire cela. L’élu local qui a du pouvoir dans les relations internationales,
c’est le Maire, le Président du Conseil général, le Président de
l’intercommunalité, le Président du Conseil régional. En ce qui nous
concerne..."
Pour autant, le rôle des élus locaux et régionaux n'échappe pas à la
bruxellisation comme en témoigne ce diplomate, spécialiste des affaires
européennes : "les élus, eux-mêmes, ont une action de lobbying. Il est
de plus en plus fréquent, et d’ailleurs à Paris cela énerve des ministères, de
voir des Présidents de Conseils régionaux se déplacer à Bruxelles et aller
rencontrer les Commissaires en charge de tel ou tel dossier, et d’aller plaider
en direct leurs dossiers. C’est quelque chose d’assez nouveau puisque
traditionnellement le domaine des organisations internationales, ce n’est pas
la chasse gardée, mais c’est essentiellement l’Etat". Certes, il n'est pas
question ici des parlementaires européens, mais ceux-ci peuvent être sollicités
dans le cadre de la défense de projets spécifiques de dimension européenne,
comme cela a été le cas avec la candidature de Marseille-Provence
2013.
Qui sont donc les élus qui seront chargés de promouvoir ces enjeux locaux à
Strasbourg (et à Bruxelles) ?
Petit tour d'horizon qui se limitera aux 13 élus de la grande
circonscription sud-est qui comprend la Corse, Paca et Rhône-Alpes.
Le grand vainqueur reste ici comme ailleurs, l'abstention, puisqu'avec un
taux de participation de 39,63 %, la circonscription a moins voté que
l'ensemble du pays avec un taux de 43,01 % et moins que l'ensemble des 27 avec
un taux de 42,94 %.
L'UMP arrive en tête au niveau de la circonscription avec 29,5 % des
suffrages (en progression de 12 points par rapport aux élections européennes de
2004). Dans les Bouches-du-Rhône, le résultat est un peu en-deçà pour la liste
de la stéphanoise Françoise Grossetête qui réalise un score de 26,9 %. La liste
UMP parvient à envoyer cinq élus (3 femmes, 2 hommes). Françoise
Grossetête est une ancienne adjointe du maire de Saint-Étienne, Michel
Thiollière battu aux dernières municipales. Députée européen depuis depuis 1994
et Vice-présidente du groupe du Parti populaire européen depuis 1999, elle
vient d'être nommée par son parti pour conduire la liste UMP aux prochaines
élections régionales. Damien Abad sera le benjamin du
Parlement européen à 29 ans. Président des Jeunes Centristes (Nouveau Centre) à
sa sortie de Sciences Po., il est conseiller municipal de Vauvert dans le Gard,
son département de naissance. Dominique Vlasto est réélue sans
surprise. L'adjointe au maire de Marseille chargée du Tourisme et des Congrès
rempliera un troisième mandat. Gaston Franco, ancien député,
proche de Christian Estrosi, est maire du village de Saint-Martin-Vésubie à
côté de Nice. Il ira siéger pour la première fois au Parlement européen à
Strasbourg le 14 juillet. Enfin, Nora Berra, médecin, membre
du Mouvement des musulmans laïcs de France et conseillère municipale de
Neuville-sur-Saône, fut tête de liste
Perben dans le 8ème arrondissement de Lyon lors des dernières municipales.
Finalement, sur les 5 élus, on compte une Stéphanoise, une Lyonnaise, un
Nîmois, un Niçois et une Marseillaise ; une élus issue de la diversité et
de la société civile ; un très jeune ; et deux professionnelles de la
politique européenne.
Surprise, en deuxième position, on trouve la liste d'Europe-Écologie qui,
avec 18,27 % remporte trois sièges. En 2004, les Verts conduits par Jean-Luc
Benhamias avaient réalisé un score de 12%. Michèle Rivasi,
normalienne et biologiste, ancienne députée de la majorité plurielle de Lionel
Jospin est depuis mars 2008, adjointe au maire de Valence et Vice-présidente du
Conseil général de la Drôme pour les Verts. François Alfonsi
est le porte-parole du Parti de la Nation Corse, membre de la Fédération des Partis
Politiques Régionalistes et Autonomistes. Enfin, Malika
Benarab-Attou est une
militante des Verts à Chambéry, cadre à la Sécurité Sociale. Bilan pour les
Verts d'Europe-Écologie, deux femmes, un homme, une Drômoise, un Corse, une
Savoyarde. Au-delà de la sensibilité écolo, ces élus viendront à Strasbourg
pour porter des revendications - sinon, des intérêts - de lieux à forte
identité culturelle.
Cruelle déception pour le PS et son leader dans le Sud-Est, Vincent
Peillon, qui avec 14,49 % des suffrages, ne qualifient que deux
candidats - contre 5 lors de la mandature précédente. Il siégera au Parlement
européen pour un deuxième mandat avec Sylvie Guillaume,
adjointe de Gérard Colomb à Lyon aux affaires sociales.
Jean-Luc Benhamias avec 7,37 % des voix sauve son siège
pour le MODEM ; tout comme Jean-Marie Le Pen, dont la
liste réalise 8,49% (en recul de 4 points par rapport à 2004) et qui devient le
doyen du Parlement européen. Enfin, Marie-Christine Vergiat,
militante de la Ligue des Droits de l'Homme, fait son entrée à Strasbourg sur
la liste du Front de Gauche qui réalise 5,90%.
Les autres listes ne disposeront pas d'élus. On trouve dans l'ordre NPA avec
4,33%, MPF-CPN avec 4,29%, Alliance Écologie menée par Francis Lalanne, 3,75%
et Debout la République avec 1,99%. 11 autres listes réalisent moins de 1% des
suffrages.
Une élection se clôt et déjà des projections se réalisent sur les élections régionales qui auront lieu le printemps prochain et au cours de laquelle, la domination du Parti socialiste risque d'être ébranlée si l'on s'en tient à la photographie du paysage local et régional actuelle. En politique, comme ailleurs, la vérité du jour...
Commentaires
People in every country receive the loans from different banks, because it is simple.