MUCEM, le recours
Par Nicolas Maisetti le lundi 26 janvier 2009, 10:04 - Lien permanent
A l'occasion de la visite de la Ministre de la Culture à Marseille vendredi
dernier, le maire a souhaité faire le point sur l'avancée des travaux du Musée
des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (MUCEM). En image
ici.
Visiblement énervé, le visage fermé, il ne déplore pas seulement la lenteur
avec laquelle le projet a pris forme mais peste également a l'encontre des
recours déposés au Tribunal administratif contre le permis de construire. Le
commentaire de LCM nous rappelle que cette "embûche administrative" apparaît
alors que "le planning a déjà pris du retard, les études techniques vont
seulement commencer". Ainsi, les travaux ne devraient pas débuter avant
"l'horizon 2010" selon la formule de l'architecte Rudy Ricciotti après la
désignation des entrepreneurs. L'échéance étant évidement le deuxième semestre
2012 : personne n'imagine un MUCEM en travaux au moment du lancement des
festivités de Marseille-Provence 2013.
Au-delà de la détermination des élus locaux et nationaux, jusqu'au
premier d'entre eux, on peut se demander ce qui pousse des personnes à
s'opposer à un projet si consensuel. S'agit d'un comité d'intérêt de
quartier ? D'initiatives individuelles ? L'attaque contre le MUCEM
serait-elle une tentative pour plomber Marseille 2013 ?
Cette obstacle n'est il que purement administratif ou est il le fait d'une
mobilisation collective naissante ? L'unanimité qui a accompagné la
candidature est elle déjà en train de se fissurer ? Cette pression est
exercée sur l'État et les responsables locaux alors que le premier a confirmé
son engagement financier malgré la crise. L'État se serait engagé sur une
participation à hauteur de 70% des 175 millions d'euros de budget. Celui-ci
bénéficiera par ailleurs de 5 millions d"euros supplémentaires grâce au Plan de
Relance. Suffisant pour tenir les délais ?
Commentaires
Le problème ne vient-il pas d'une pratique politique "défaillante" à Marseille ?
L'article dont vous trouverez ci-dessous le lien* évoque effectivement l'intervention des CIQ et de "l'association pour les jardins portuaires".
Il reprend également la réaction de Guy Tessier qui parle des "snipers (...) qui flinguent à tout va les projets de développement de Marseille". Et annonce la "création d'Etats généraux d'Euroméditerranée dont le but sera justement de créer un dialogue avec tous les acteurs (CIQ, élus, commerçants..)".
Pourquoi cette démarche n'a-t-elle pas été lancée bien plus en amont ?
Comment est-il possible que le terrain n'ait pas été "déminé" auparavant ? Par l'EPAEM, par MPM, ou par tout autre acteur impliqué dans la réalisation de cette opération.
Il est assez aberrant qu'une ville, une métropole telle que Marseille Provence, ne prenne pas le soin dans le cadre de la réalisation d'un tel projet de réaliser une cartographie de toutes les "parties prenantes" afin d'anticiper ce type de blocage et de désamorcer les tensions potentielles.
Ou peut-être cela a-t-il été fait ? Mal fait ?
Avez-vous des éclairages sur le sujet ?
* http://www.econostrum.info/Le-Mucem...
Merci beaucoup pour l'article d'Econostrum qui m'avait échappé et qui illustre bien le modèle de gouvernance à Marseille (et que l'on retrouve ailleurs). En clair, le dialogue entre les aménageurs et les aménagés (espaces, populations) semble tout autant impossible qu'indispensable. Impossible car les "parties prenantes" (entreprises et autorités politiques, d'une part, habitants et comités de quartiers d'autre part) s'inscrivent dans des registres d'actions et des logiques d'intérêts divergents (à ce titre ces registres et ces intérêts ne sont pas réductibles au clivage transformation versus conservation). Indispensable, car comme vous le signalez justement, un dialogue avec les habitants organisés devraient permettre de contourner ou de prévoir des difficultés qui ne peuvent que se poser quand on change physiquement un existant (architectural mais aussi social et culturel). A ce sujet, les Etats généraux de l'EM semblent effectivement intervenir un peu tard...