AL'année 2009 devrait être une année décisive pour l'opération d'aménagement urbain et de développement économique Euroméditerranée. Lancé à la fin de l'année 1995, le projet visait "à faire de Marseille une métropole de premier plan au sein de la 'zone de prospérité partagée' décidée par l'Union Européenne et 12 pays méditerranéens dans le cadre du processus de Barcelone". Les objectifs poursuivis par l'Etablissement Public d'Aménagement (EPA), restés jusqu'alors sta(tis)tiques, tendaient à faire d'Euroméditerranée une initiative agrégeant diverses politiques publiques : attirer des populations nouvelles (10 000), créer et réhabiliter des logements (10 000), créer des emplois (20 000), attirer des entreprises par la construction de bureaux, de commerces et d'équipements publics. En clair, des logements et des emplois nouveaux pour transformer un hyper-centre, renouveler le tissu de population et d'entreprises implantées sur le site et ainsi changer l'image de la ville, la rendre plus attractive et "contribuer au rayonnement international de la métropole marseillaise en créant les équipements nécessaires dans le domaine de la culture, de l’économie et de la formation, et en veillant à la qualité urbaine et architecturale des nouveaux quartiers".

Toutefois, les promoteurs de l'opération prennent conscience des difficultés propres à des entreprises qui agissent sur l'existant urbain : des chantiers matériels et sociaux qui n'avancent pas comme prévu, des résistances insoupçonnées à la "modernité". L'EPAEM organise ainsi depuis trois ans des "journées découvertes" : "au menu de ces journées découvertes un parcours d’environ 1h30 avec une visite en bus du périmètre complétée par une présentation autour de la maquette, une exposition au Centre d’Information des Docks, et la diffusion d’un film. Les parcours et commentaires sont assurés par les cadres de l’Etablissement Public". L'année 2009 devrait voir se multiplier cette initiative qui avait trouvé son public (2 000 tickets vendus). Enfin, selon la Marseillaise, "des rencontres avec les acteurs associatifs de ces secteurs socialement et économiquement très fragiles seront entamées dès janvier 2009. Une période de concertation avec les habitants sera engagée à partir de janvier 2010, avant le lancement des travaux de la première ZAC, prévus en 2012."

Outre l'enjeu de l'appropriation populaire de l'opération, Euroméditerranée sera engagée, au cours de l'année, dans l'ouverture ou la livraison de chantiers majeurs. Citons pour l'ouverture, le Musée des Civilisations et de la Méditerranée qui a reçu les crédits suffisants du Ministère de la Culture et dont le titre de Capitale européenne de la culture 2013 a conforté ; le Centre Régional de la Méditerranée dont la maquette architecturale vaut le détour ; la passerelle de l'autoroute du littoral devrait -en fonction des retards- quant à elle être détruite pour céder la place à un tunnel, la Joliette devenant une esplanade ; la Tour CMA-CGM, tête de pont du nouveau waterfront, devrait être livrée à la fin de l'année ; enfin, la gare Saint Charles et ses alentours devraient voir leur rénovation -enfin- achevée.

Au rayon des départs de chantiers, l'année 2009 était prévu comme un accélérateur. On peut se demander cependant dans quelle mesure la crise économique remettra en cause les projets. Selon François Jaliot, directeur général de l'EPAEM, "certains gros paquebots, comme Euromed Center ou la tour Jean Nouvel perdent du temps, notamment à cause des recours déposés sur les permis de construire. Des retards préoccupants, car ils vont entraîner une panne d’offres, préjudiciable à l’emploi." Outre les bâtiments évoqués, les chantiers de SAS Suède (projet Constructa), l'hôpital Euroméditerranée et les logements de lîlot Bernard Dubois risquent de subir des retards.

Enfin, 2009 sera l'occasion de mettre en œuvre le projet d'extension -170 nouveaux hectares délimités au nord par Cap Pinède et les Arnavaux, au sud par le village du Canet et à l’est par Bougainville- décidé à la fin de l'année 2007 par le Premier Ministre. On connaît depuis quelques semaines le nom des cabinets d'urbanistes lauréats. Il s'agit de trois tandems. Le premier est constitué par A/NM/A dirigé par Nicolas Michelon qui a réalisé le quartier de l'Amphithéâtre à Metz ; ce cabinet sera épaulé par Laurent Hodebert, architecte-urbaniste marseillais et par le paysagiste Michel Corajoud (Grand Prix de l'Urbanisme. Grand Prix du Paysage). Le deuxième est constitué par Bruno Fortier et TN+ (Bruno Tanant et Jean-Christophe Nani) qui s'occupent actuellement du réaménagement du zoo de Vincennes. François Leclerq, accompagné par Rémy Marciano et Jacques Sbriglio formeront la troisième équipe (à leur actif, Lyon Confluence II et le Parc de la Reina Cristina à San Sebastian).
En 2009, l'EPAEM disposera d'un budget de 54 M€. Un plan d’investissement quadriennal prévoit, par ailleurs, 240 M€ d’investissements en travaux d’aménagement auxquels s’ajoutent 300 M€ d’équipements publics et 1 Md€ d’investissements privés.