A Le 7 juin prochain se tiendra l'élection du Parlement européen. Depuis les élections de 2004, le scrutin s'organise au sein de 8 circonscriptions interrégionales (Nord-Ouest, Ouest, Est, Sud-Ouest, Sud-Est, Massif central-Centre, Ile-de-France, Outre-Mer). A l'issue du tour unique, les sièges à pourvoir sont répartis entre les circonscriptions proportionnellement à leur population.

Les régles du jeu

Le nombre de candidats par circonscription est égal au double du nombre de sièges à pourvoir dans la circonscription. La liste est composée alternativement d’un candidat de chaque sexe. Est éligible tout citoyen de l’Union européenne âgé de 23 ans révolus. Les ressortissants communautaires autres que Français doivent avoir leur domicile réel en France ou y résider de façon continue depuis au moins six mois. Dans la circonscription du Sud-est, le finlandais Ari Vatanen est dans ce cas. Hormis pour les européennes de 1994 (dans le sillage des débats relatifs au Traité de Maastricht), la participation nationale baisse continûment depuis la première élection du Parlement européen au suffrage universel direct : 60,7% en 1979 ; 56,7% en 1984 ; 48,7% en 1989 ; 52,7 % en 1994 ; 46,8 % en 1999 ; et 43,1% en 2004.

Les sortants

Pour mémoire, voici la liste des députés européens sortants de la circonscription Sud-est :

Jean-Luc Bennahmias MODEM Verts-ALE

Guy Bono Parti Socialiste PSE

Marie-Arlette Carlotti Parti Socialiste PSE

Thierry Cornillet MODEM ADLE

Claire Gibault UDF ADLE

Françoise Grossetête UMP PPE

Jean-Maris Le Pen Front national Non-Inscrits

Patrick Louis MPF Indépendance/Démocratie

Michel Rocard Parti Socialiste PSE

Martine Roure Parti Socialiste PSE

Lydia Schénardi Front national Non-Inscrits

Ari Vatanen UMP PPE

Dominique Vlasto UMP PPE

L'ancrage marseillais est inégal en fonction des élus. La circonscription Sud-est est en fait dominée par des élus des pôles lyonnais et marseillais. Ainsi, on ne peut considérer M. Cornillet (conseil régional Rhône Alpes), Mme Grossetête (adjointe au maire de Saint Etienne), M. Louis (conseiller communautaire du Grand Lyon) ou Mme Roure (conseillère municipale de Lyon) comme étant parties du paysage politique local.

Les enjeux locaux

Au-delà des enjeux traditionnels que posent ce type d'élection en terme de participation électorale et d'évaluation du Front national, l'élection du Parlement européen pourra se lire dans une perspective locale. Un an après les municipales et quelques mois après les sénatoriales, les élections européennes seront l'occasion de mesurer l'état des forces politiques locales. Si les deux leaders ne s'affronteront pas frontalement, la liste UMP dans la circonscription du Sud-Est devrait être conduite par un proche du Président de la République, M. Michel Barnier, ancien Commissaire européen et actuel Ministre de l'Agriculture La figure bruxelloise de la majorité municipale. A l'issue d'une audition des députés européens de la majorité municipale, Mme Dominique Vlasto, aurait acquis le droit de figurer en deuxième position. A gauche, c'est Patrick Mennucci qui devrait mener la liste et remplacerait Michel Rocard qui ne se représentera pas. Les Verts ne disposeront pas de liste autonome mais se rangeront derrière celle du rassemblement Europe Ecologie menée par Daniel Cohen-Bendit. Dans le sud-est c'est toutefois l'adjointe Verte au maire de Valence, Michèle Ravasi qui conduirait la liste. Au centre, enfin, sans surprise M. Bennhamias sera en tête de la liste du Mouvement démocrate. L'ensemble des candidats seront connus à la fin du mois.