AC'est aujourd'hui que la ligne de TER reliant, en une demi-heure, Aix-en-Provence à Marseille devait être inaugurée.
La ligne avait fermé ses voies le 10 décembre 2006. La cause ? Les 3 500 voyageurs quotidiens qui empruntaient quotidiennement la ligne étaient insuffisants pour rentabiliser l'exploitation. La SNCF décidait d'entamer d'importants travaux de rénovation dont le coût est estimé à 160,5 millions d'euros, cofinancée par l'État (31,65%), la Région (31,65%), le Conseil général (31,65%) et le Réseau Ferré de France (5,05%). La desserte est ainsi passé de 47 à 97 trains quotidiens. Trois nouvelles gares ont été construites au nord de Marseille (St-Antoine, St-Joseph et Picon-Busserine).

Cette ouverture qui devait se placer sous le signe de la modernité, du service à la personne au site internet (avec blog,) est perturbée par une grève des agents de conduite à l'appel de Sud-Rail, de la CGT et de FO. La mise en place du cadencement en matière de TER et l'ouverture de la ligne Marseille-Aix sont à l'origine de ce mouvement.
Ce mouvement est à l'origine d'une polémique entre Michel Vauzelle, le président de la Région et Guillaume Pépy, le PDG de la SNCF. Selon M. Vauzelle : "Lors de la table ronde que j'ai organisée le 7 novembre, les responsables nationaux et régionaux de la SNCF avaient pris l'engagement de ne pas faire de la ligne Aix-Marseille un enjeu de productivité, afin de garantir la réussite de cette réouverture tant attendue. Or, il semble aujourd'hui que ces mêmes responsables soient revenus sur leur engagement et aient proposé aux agents de conduite une organisation du travail extrêmement tendue. Dans ces conditions, je ne peux qu'exprimer mon mécontentement, mon immense déception et mon incompréhension".

Réponse de M.Pépy : " M. Vauzelle est élu et c'est la collectivité qu'il préside qui a aujourd'hui autorité pour organiser les transports ferroviaires dans l'espace régional. A ce titre, je suis son fournisseur et il est mon client. En tant que chef d'entreprise, je n'ai pas pour habitude de répliquer aux critiques de mes clients et de polémiquer. La seule chose que je peux dire, c'est que les efforts que nous faisons en PACA sont réels. On a des cheminots extrêmement mobilisés dans la région. Ils sont tout sauf négligents, tout sauf désengagés, tous sauf indifférents à la qualité du service. Mais j'observe simplement qu'en PACA, l'exploitation est particulièrement difficile, avec une ligne côtière à voie unique très engorgée et des gares saturées. Nous payons donc cash le moindre incident technique. L'objectif, ce n'est pas de supprimer ces incidents - je mentirais si je m'engageais là dessus -, mais d'en limiter le nombre et, surtout, leurs conséquences sur l'ensemble du trafic et pour nos clients."

Au-delà de la polémique, la question posée par l'ouverture de la ligne Aix-Marseille pose la question de la métropolisation de la région urbaine marseillaise car comme le souligne M. Pépy (avec ses préoccupations propres) : "iI était aberrant d'avoir une ligne en si mauvais état entre les deux plus grandes villes des Bouches-du-Rhône dont l'attractivité n'est plus à démontrer. Du point de vue de la SNCF aussi, c'était une anomalie. Elle est désormais réparée."

Si la construction d’un ensemble métropolitain semble s’imposer c'est parce qu'il constitue la « ville réelle » en terme de gestion des politiques publiques. L’accélération des transferts de compétence à l’échelon métropolitain dessine les contours d’un nouveau régime urbain. Or, à Marseille, le découplage entre la « ville réelle » et la « cité centrale » rend – pour le moment – improbable la construction métropolitaine comme l'atteste la difficulté de relier les deux pôles les plus importants d'une agglomération en archipel.

A ce titre, je renvoie le lecteur vers les travaux et réflexions du Club de Réflexion de l'Aire métrpopolitaine marseillaise, "né du constat de l'absence d'une réflexion approfondie et partagée sur les questions d'aménagement, de développement économique, social, culturel à des échelles pertinentes' et aux deux ouvrages dont sont issus ces débats : La Métropole inachevée sous la direction de Jean Viard (1994) et Aire métropolitaine marseillaise, encore un effort dirigé par Paul Langevin et Edith Chouraqui en 2000. Si ces travaux datent un peu, ils restent d'actualité pour souligner la faiblesse de l'intégration métropolitaine et la gestion en archipels des problèmes.