t-temime_emile.jpgEmile Temime est mort le 18 novembre. MM. Gaudin et Vauzelle ont salué selon la Provence, "un historien de qualité". Le communiqué de la mairie déplore la perte d'un "grand nom du patrimoine culturel et social" marseillais et rappelle qu' "en grand visionnaire, son ouvrage publié en 2002, "Un rêve méditerranéen" sur une utopie conduisant à l'unité de la Méditerranée a jeté les bases de l'Union pour la Méditerranée où la cité phocéenne a joué un rôle clé." Michel Vauzelle a quant à lui rappelé que « l’un de ses plus grands apports a été son travail de recherche sur la décolonisation et les migrations internationales. Historien de grande qualité, il était aussi un homme de conviction et de combat. Nous partagions les mêmes valeurs.»,

Sur ce blog consacré aux Histoires Marseillaises, on pourra écouter un entretien avec l'historien des "migrances" intitulé "Marseille et ses migrations" et réalisé par Xavier Thomas.

On pourra aussi consulter cet article intitulé Repenser l’espace méditerranéen et qui interroge les visions et les positions méditerranéennes dans les années 30, en particulier au sein de la revue des Cahiers du Sud. L'article se termine par un extrait de Jeunesse de la Méditerranée de Gabriel Audisio :
" Je sais et je répète que les pays de la Méditerranée ont toujours été faits pour s’agréger l’un à l’autre aussi naturellement que la vigne à l’olivier se marie. Il a fallu notre sens moderne des nationalités et sa folle exaltation contemporaine, pour rompre en apparence cet enchantement. Ne pas confondre patrie et nationalisme. Je proteste contre la mar nostre des Provençaux, contre il mare nostro des Italiens, mauvais héritage du mare nostrum des Latins. A chacun la sienne, c’est-à-dire y compris celle des autres ? Non, il n’y a qu’une Méditerranée. Et je protesterais aussi fort contre ceux qui chercheraient, de ce sentiment de race, à tirer un autre racisme. Je ne veux retenir de la race que le rassemblement fraternel et non l’opposition. (…) Il y a déjà plus que des liens de chair et de sang entre ceux de mon peuple (...) Imagine-t-on qu’une folie meurtrière les puisse jeter les uns contre les autres ? On en frémit (...), et déjà l’on voit la terre des nécropoles plus vite soulevée par la protestation des morts que par les fratricides engins des vivants insensés. Non. Il n’y a qu’une Méditerranée, maternelle à tous les siens. Et rien ne m’empêchera d’avoir toujours les yeux du coeur fixés sur le phare le plus émouvant que mes frères aient allumé : le monument que les Génois élevèrent en leur ville al mare amico, symbole de la race bleue d’où je suis issu, la mer amie, notre amie, Notre Mère la Mer, aux pieds de qui je prononce mon credo : si la France est ma nation, si Marseille est ma cité, ma patrie, c’est la mer, la Méditerranée, de bout en bout."