Commission méditerranée CGLUDurant la Semaine économique de la Méditerranée, j'ai pu assister à une rencontre-débat organisée par la Commission Méditerranée de Cités et Gouvernements Locaux Unis relative à la place des collectivités locales au sein de l'Union pour la Méditerranée (UpM).

Pour l'économiste Larbi Jaidi, chargé d'animer cette rencontre placée d'emblée par un élu sous le signe de "l'échange institutionnel, politique, économique, culturel au croisement du concret, de l'efficace, de l'amical et du sentimental", l'UpM est "une grande ambition mais mérite un débat avec le sud en vue d'une plus grande appropriation". Comme l'ensemble des orateurs représentants des collectivités locales des rives nord, sud et est qui vont suivre, M. Jaidi insiste sur la pertinence des acteurs territoriaux dans les enjeux de politique publique et de citoyenneté.

Le problème ne réside-t-il pas justement dans la capacité d'un projet diplomatique et bruxellois comme l'UpM à pénétrer des logiques proprement territoriales ? En d'autres termes, il semblerait qu'il existe un hiatus entre un dessein porté par des Etats et dont les règles du jeu sont définies en grande partie par la Commission - en particulier en matière de financement des projets- d'une part, et un paradigme proprement territorial avec un agenda, des intérêts, des façons de faire spécifiques aux acteurs locaux, d'autre part. C'est ce hiatus qui sera décliné tout au long de la conférence.

D'autres ambiguités traverseront évidémment cet après-midi : rapports nord-sud, hétérogénéité des situations au sud notamment en matière de décentralisation ainsi que lisibilié des instruments financiers. C'est toutefois ce rapport entre initiatives diplomatiques et appropriations territoriales qui est apparu le plus évident lors des interventions de Pierre Deusy, fonctionnaire à la Commission européenne DG Relex, et des réactions à ces interventions.

Le message de M. Deusy, représentant l'institution communautaire, se voulait être clair : L'Europe ne peut pas tout. Si les attentes sont nombreuses, les moyens sont limités par les Traités et par les Etats-membres. Au final, seulement 40 à 50 Milliards d'euros seront disponibles pour financer les projets de l'Upm qui concernent la dépollution de la Méditerranée, les autoroutes maritimes et terrestres, la protection civile pour répondre aux catastrophes naturelles, une université euro-méditerranéenne, l’énergie solaire et une initiative méditerranéenne de développement des affaires. Le message de la Commission entend mobiliser les acteurs locaux pour enclencher une dynamique d'appropriation.

Les représentants des collectivités du nord et du sud ont déploré cette absence de moyens qui ne seraient pas à la hauteur des enjeux et ont plaidé pour une inscription centrale de l'échelon local dans le projet, en particulier à travers de la future d'Assemblée Régionale et Locale Euro Méditerranéenne (ARLEM). La question de l'institutionnalisation de la représentation des autorités locales dans le dispositif institutionnel semble ainsi être une préoccupation aussi importante que celle des moyens comme en témoigne le vif échange entre Bertrand Gallet (directeur de Cités Unies France) et Pierre Deusy.