« Je fais de la diplomatie
participative quand je dis à l’État "nous ne nous occupons pas des questions
sensibles, nous vous les laissons : Palestine, Israël, Algérie, Sahara…
Nous nous occupons des petites choses comme l’eau, les forêts…" Nous tissons
graduellement des liens entre le monde des affaires, les universitaires, les
étudiants, les jeunes, les athlètes, les techniciens » Michel
Vauzelle (La pensée de Midi, avril
2007).
La diplomatie décentralisée constituerait une nouvelle forme de pratiques
diplomatiques, c'est à dire de prises de positions politiques visant la
réduction des risques de conflits internationaux par l'usage des outils de
négociation. Nouvelle forme car nouveaux acteurs : les édiles (élus locaux
et régionaux soutenus par des administrations) interviennent de plus en plus
dans des enjeux globaux non pas pour empêcher la guerre mais pour maintenir le
dialogue dans des zones instables, en particulier par la coopération technique
et l'usage de l'amitié.
L'année 2008 fut riche pour les institutions marseillaises engagées dans la
diplomatie : les discussions qui ont conduit à l’adoption du Processus de
Barcelone : Union pour la Méditerranée (UpM) en juillet dernier sont
un terrain d’analyse privilégié dans l’étude du « nouvel étage
diplomatique ». Les orientations stratégiques récentes conduites par la
municipalité marseillaise (dominé par les élus UMP) et le Conseil régional (où
le PS est majoritaire) ont soutenu les initiatives méditerranéennes du
Président de la République. Dans le cadre de la préparation de la
Conférence de Paris qui a réuni les chefs d’État et de gouvernement de
l’Europe et des trois rives de la Méditerranée, la présidence française de l'UE
a créé une structure diplomatique et interministérielle dirigé
opérationnellement par une ambassadeur, Alain Le Roy, et politiquement par
Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy. Un pôle ‘autorités
locales’ y fut institué afin de relier les débats qui agitaient les
négociations intergouvernementales et leurs implications locales.
Les 22 et 23 juin 2008, la ville de Marseille et la région PACA accueillaient
le Forum
des Autorités Locales et Régionales de la Méditerranée. Celui-ci réunissait
les élus et des fonctionnaires des collectivités locales des rives européenne,
nord-africaine et balkanique de la Méditerranée ainsi que les membres des
réseaux de ville, des délégations gouvernementales et du Comité des Régions. Ce
Forum a fonctionné comme plateforme diplomatique décentralisée, c'est-à-dire
comme espace d’apprentissage des codes diplomatiques pour des autorités
politiques locales et régionales. Les élus y ont adopté une déclaration
politique incitant les Etats à accroître leur engagement et leur aide publique
dans la zone. Cette manifestation constitue un exemple significatif de
l’inclusion collaboratif entre la voie officielle de la diplomatie et la
diplomatie décentralisée.
La conférence était organisée par la
commission méditerranéenne du réseau Cités et
Gouvernements Locaux Unis (CGLU) et la région PACA. La ville de Marseille a
accueilli l’évènement au sein du prestigieux site du Palais du Pharo, qui
appartient à la mairie, pour la première journée et au sein de l’hémicycle du
Conseil régional pour la deuxième journée. Jean-Claude Gaudin, maire de
Marseille, propose aux participants, dans son allocution d’ouverture,
d’« apporter leur pierre à l’édifice de la paix en Méditerranée ». Il
déclare vouloir imposer les collectivités locales aux Etats comme
« acteurs incontournables » de l’UpM. Enfin, l’improvisation
du soliste le conduit à nuancer la volonté pourtant affichée tout au long du
discours de se substituer aux Etats pour conclure : « encore que
nous ne ferions pas plus mal ». Michel Vauzelle, Président de la région
PACA prend soin de rendre hommage à M. Gaudin, avec qui, assure t-il, il
entretient des relations excellentes quand il s’agit de « l’intérêt
supérieur de Marseille ».
Cette façade semble illustrer le consensus qui prévaudrait sur les enjeux
internationaux entre les acteurs politiques du territoire. La conclusion est
laissée au soin des représentants de l’Etat, avec une intervention d’un membre
du Quai d’Orsay et du préfet afin de montrer la continuité des initiatives
diplomatiques étatiques et locales. Les autorités locales revendiquent
désormais le statut de Tiers-acteurs diplomatique : qu’ont-t-ils été
jusqu’à présent dans l’ordre international ? Rien. Que
demandent-t-ils ? A être quelque chose.
Le lendemain, les participants sont attendus au Conseil Régional de PACA. La
symbolique n’est pas neutre. Si Marseille accueille le Forum, c’est la région
et son Président qui investissent cet espace laissé libre par le maire pendant
la campagne électorale qui ont fragilisé un leadership déjà contesté dans
l’arène politique marseillaise. Le consensus s’accommode d’une compétition
interne pour détenir la parole internationalisée de la ville. C’est dans cette
perspective que l’on peut interpréter la pluralité des initiatives
internationales des différents échelons des collectivités locales dont les
compétences en la matière s’entrecroisent.
Un invariant se détache au-delà de la
disparité. Les acteurs politiques locaux partagent la recherche d’un leadership
sur le bassin méditerranéen. Le flou de la notion de leadership, corollaire de
la notion de « rayonnement » favorise la convergence d’une
direction pourtant construites d’intérêts divers, parfois redondants et qui
peuvent être contradictoires. Elle se manifeste par la permanence d’un discours
sur la « capitale » que devrait constituer Marseille en Méditerranée
sans que l’on sache ce que recouvre réellement cette fonction (commandement,
rayonnement, centralité ?). Ce débat est réouvert au sein du projet de l’UpM.
La question de savoir
où se situera le siège du Secrétariat technique de la nouvelle institution
internationale masque en fait une volonté d’apparaître comme la capitale d’un
territoire transnational. Une déclaration commune des responsables des
collectivités locales marseillaises proclame que « Marseille est un
partenaire privilégié de la rive Sud de la Méditerranée et c’est ce qui fait sa
véritable particularité. En effet, ses atouts historiques, identitaires et
géographiques la placent comme un des acteurs majeurs dans la dynamique des
échanges entre le Nord et le Sud. Marseille et le territoire régional ont la
légitimité sociale et la sensibilité pour porter dans un projet européen le
"drapeau méditerranéen" ». Pour Marie-Arlette Carlotti, députée européenne
(PSE), « Marseille dispose de tous les atouts pour devenir cette capitale
de la Méditerranée. C'est la vocation de notre ville depuis 2600 ans, c'est
notre histoire et c'est notre avenir ». Ce discours est par ailleurs
relayé par les autorités politiques nationales. M. Sarkozy intervient en effet
dans le débat pour déclarer que la « capitale française de l'Union
pour la Méditerranée s'appellerait Marseille ».
Ainsi le premier conseil des Ministres des pays membres de l’UpM (les pays de
l’UE et les pays tiers méditerranéens) a-t-il lieu
à Marseille les 3 et 4 novembre 2008 dans le cadre de la Présidence
française de l’UE. Au cours de ce sommet, les Ministres confient cependant à
Barcelone l’opportunité d’accueillir ce Secrétariat technique.
Cette déception des acteurs politiques n’est pas complètement consolée par la
perspective de devenir capitale européenne de la culture en 2013 puisque, dès
cette annonce, les autorités locales annoncent, dans un même élan d’unanimité,
la volonté de un pôle d’expertise économique et de développement durable de
l’UpM dans le cadre du Facilité euro-méditerranéenne d’investissement et de
partenaire, instrument financier régional de la Banque européenne
d’investissement. Si Bruxelles sera la capitale politique de l’UpM et
Barcelone, sa capitale technique, Marseille veut en être la capitale
opérationnelle, "le Strasbourg" de l'Upm,
selon M. Gaudin, en s’appuyant sur le créneau de l’ingénierie
financière.
vendredi 9 janvier 2009
Enjeux locaux internationaux (3) : la diplomatie décentralisée
Par Nicolas Maisetti le vendredi 9 janvier 2009, 14:21
mardi 6 janvier 2009
Enjeux locaux internationaux 2009 (2) : Euroméditerranée
Par Nicolas Maisetti le mardi 6 janvier 2009, 10:52
L'année
2009 devrait être une année
décisive pour l'opération d'aménagement urbain et de développement
économique Euroméditerranée. Lancé à la fin de l'année 1995, le projet visait
"à faire de Marseille une métropole de premier plan au sein de la 'zone de
prospérité partagée' décidée par l'Union Européenne et 12 pays méditerranéens
dans le cadre du processus de Barcelone". Les objectifs poursuivis par
l'Etablissement Public d'Aménagement (EPA), restés jusqu'alors sta(tis)tiques,
tendaient à faire d'Euroméditerranée une initiative agrégeant diverses
politiques publiques : attirer des populations nouvelles (10 000), créer
et réhabiliter des logements (10 000), créer des emplois (20 000), attirer des
entreprises par la construction de bureaux, de commerces et d'équipements
publics. En clair, des logements et des emplois nouveaux pour transformer un
hyper-centre, renouveler le tissu de population et d'entreprises implantées sur
le site et ainsi changer l'image de la ville, la rendre plus attractive et
"contribuer au rayonnement international de la métropole marseillaise en
créant les équipements nécessaires dans le domaine de la culture, de l’économie
et de la formation, et en veillant à la qualité urbaine et architecturale des
nouveaux quartiers".
Toutefois, les promoteurs de l'opération prennent conscience des difficultés
propres à des entreprises qui agissent sur l'existant urbain : des
chantiers matériels et sociaux qui n'avancent pas comme prévu, des résistances
insoupçonnées à la "modernité". L'EPAEM organise ainsi depuis trois ans des
"journées
découvertes" : "au menu de ces journées découvertes un parcours
d’environ 1h30 avec une visite en bus du périmètre complétée par une
présentation autour de la maquette, une exposition au Centre d’Information des
Docks, et la diffusion d’un film. Les parcours et commentaires sont assurés par
les cadres de l’Etablissement Public". L'année 2009 devrait voir se
multiplier cette initiative qui avait trouvé son public (2 000 tickets vendus).
Enfin, selon
la Marseillaise, "des rencontres avec les acteurs associatifs de ces
secteurs socialement et économiquement très fragiles seront entamées dès
janvier 2009. Une période de concertation avec les habitants sera engagée à
partir de janvier 2010, avant le lancement des travaux de la première ZAC,
prévus en 2012."
Outre l'enjeu de l'appropriation populaire de l'opération, Euroméditerranée
sera engagée, au cours de l'année, dans l'ouverture ou la livraison de
chantiers majeurs. Citons pour l'ouverture, le Musée des Civilisations et de la
Méditerranée qui a reçu les crédits suffisants du Ministère de la Culture
et dont le titre de Capitale européenne de la culture 2013 a conforté ; le
Centre Régional de la
Méditerranée dont la maquette architecturale vaut le détour ; la
passerelle de l'autoroute du littoral devrait -en
fonction des retards- quant à elle être détruite pour céder la place à un
tunnel, la Joliette devenant une esplanade ;
la Tour CMA-CGM, tête de pont du nouveau waterfront, devrait être livrée à
la fin de l'année ; enfin, la gare Saint Charles et ses alentours
devraient voir leur rénovation -enfin- achevée.
Au rayon des départs de chantiers, l'année 2009 était prévu comme un
accélérateur. On peut se demander cependant dans quelle mesure la crise
économique remettra en cause les projets.
Selon François Jaliot, directeur général de l'EPAEM, "certains gros
paquebots, comme Euromed Center ou la tour Jean Nouvel perdent du temps,
notamment à cause des recours déposés sur les permis de construire. Des retards
préoccupants, car ils vont entraîner une panne d’offres, préjudiciable à
l’emploi." Outre les bâtiments évoqués, les chantiers de SAS Suède (projet
Constructa), l'hôpital Euroméditerranée et les logements de lîlot Bernard
Dubois risquent de subir des retards.
Enfin, 2009 sera l'occasion de mettre en œuvre
le projet d'extension -170 nouveaux hectares délimités au nord par Cap
Pinède et les Arnavaux, au sud par le village du Canet et à l’est par
Bougainville- décidé à la fin de l'année 2007 par le Premier Ministre. On
connaît depuis quelques semaines le nom des cabinets d'urbanistes lauréats. Il
s'agit de trois tandems. Le premier est constitué par A/NM/A dirigé par Nicolas
Michelon qui a réalisé le quartier de
l'Amphithéâtre à Metz ; ce cabinet sera épaulé par Laurent Hodebert,
architecte-urbaniste marseillais et par le paysagiste Michel Corajoud (Grand
Prix de l'Urbanisme. Grand Prix du Paysage). Le deuxième est constitué par
Bruno Fortier et TN+ (Bruno Tanant et Jean-Christophe Nani) qui s'occupent
actuellement du réaménagement du zoo de Vincennes. François Leclerq, accompagné
par Rémy Marciano et Jacques Sbriglio formeront la troisième équipe (à leur
actif,
Lyon Confluence II et le Parc de la Reina Cristina à San Sebastian).
En 2009, l'EPAEM disposera d'un budget de 54 M€. Un plan d’investissement
quadriennal prévoit, par ailleurs, 240 M€ d’investissements en travaux
d’aménagement auxquels s’ajoutent 300 M€ d’équipements publics et 1 Md€
d’investissements privés.
vendredi 2 janvier 2009
Enjeux locaux internationaux 2009 (1) : Les élections européennes
Par Nicolas Maisetti le vendredi 2 janvier 2009, 10:14
Le 7 juin
prochain se tiendra l'élection du Parlement
européen. Depuis les élections de 2004, le scrutin s'organise au sein de 8
circonscriptions interrégionales (Nord-Ouest, Ouest, Est, Sud-Ouest, Sud-Est,
Massif central-Centre, Ile-de-France, Outre-Mer). A l'issue du tour unique, les
sièges à pourvoir sont répartis entre les circonscriptions proportionnellement
à leur population.
Les régles du jeu
Le nombre de candidats par circonscription est égal au double du nombre de
sièges à pourvoir dans la circonscription. La liste est composée
alternativement d’un candidat de chaque sexe. Est éligible tout citoyen de
l’Union européenne âgé de 23 ans révolus. Les ressortissants communautaires
autres que Français doivent avoir leur domicile réel en France ou y résider de
façon continue depuis au moins six mois. Dans la circonscription du Sud-est, le
finlandais Ari Vatanen est dans ce cas. Hormis pour les européennes de 1994
(dans le sillage des débats relatifs au Traité de Maastricht), la participation
nationale baisse continûment depuis la première élection du Parlement européen
au suffrage universel direct : 60,7% en 1979 ; 56,7% en 1984 ;
48,7% en 1989 ; 52,7 % en 1994 ; 46,8 % en 1999 ; et 43,1% en
2004.
Les sortants
Pour mémoire, voici la liste des députés européens sortants de la
circonscription Sud-est :
• Jean-Luc Bennahmias MODEM
Verts-ALE
• Guy Bono Parti Socialiste
PSE
• Marie-Arlette Carlotti Parti
Socialiste PSE
• Thierry Cornillet MODEM
ADLE
• Claire Gibault UDF
ADLE
• Françoise Grossetête UMP
PPE
• Jean-Maris Le Pen Front
national Non-Inscrits
• Patrick Louis MPF
Indépendance/Démocratie
•
Michel Rocard Parti Socialiste PSE
• Martine Roure Parti
Socialiste PSE
• Lydia
Schénardi Front national Non-Inscrits
• Ari Vatanen
UMP PPE
• Dominique
Vlasto UMP PPE
L'ancrage marseillais est inégal en fonction des élus. La circonscription
Sud-est est en fait dominée par des élus des pôles lyonnais et marseillais.
Ainsi, on ne peut considérer M. Cornillet (conseil régional Rhône Alpes), Mme
Grossetête (adjointe au maire de Saint Etienne), M. Louis (conseiller
communautaire du Grand Lyon) ou Mme Roure (conseillère municipale de Lyon)
comme étant parties du paysage politique local.
Les enjeux locaux
Au-delà des enjeux traditionnels que posent ce type d'élection en terme de participation électorale et d'évaluation du Front national, l'élection du Parlement européen pourra se lire dans une perspective locale. Un an après les municipales et quelques mois après les sénatoriales, les élections européennes seront l'occasion de mesurer l'état des forces politiques locales. Si les deux leaders ne s'affronteront pas frontalement, la liste UMP dans la circonscription du Sud-Est devrait être conduite par un proche du Président de la République, M. Michel Barnier, ancien Commissaire européen et actuel Ministre de l'Agriculture La figure bruxelloise de la majorité municipale. A l'issue d'une audition des députés européens de la majorité municipale, Mme Dominique Vlasto, aurait acquis le droit de figurer en deuxième position. A gauche, c'est Patrick Mennucci qui devrait mener la liste et remplacerait Michel Rocard qui ne se représentera pas. Les Verts ne disposeront pas de liste autonome mais se rangeront derrière celle du rassemblement Europe Ecologie menée par Daniel Cohen-Bendit. Dans le sud-est c'est toutefois l'adjointe Verte au maire de Valence, Michèle Ravasi qui conduirait la liste. Au centre, enfin, sans surprise M. Bennhamias sera en tête de la liste du Mouvement démocrate. L'ensemble des candidats seront connus à la fin du mois.
mercredi 24 décembre 2008
Le parc national des calanques et le nouvel équilibre politique
Par Nicolas Maisetti le mercredi 24 décembre 2008, 12:01
La
vidéo postée
lors du post précédent semble un peu confuse au Lecteur. Elle mérite donc un
peu d'explication.
Au cours du dernier conseil
municipal, une discussion a porté sur la création du parc national des calanques. L'ouverture de ce
parc est prévu pour 2010 dans les calanques de Marseille, entre Marseille et
Cassis, devenant ainsi le premier parc national péri-urbain d'Europe. Il est
préparé depuis 1999 par un groupement d’intérêt public (GIP). Doté d'un
financement propre, le GIP regroupe des représentants de l'État, des
collectivités territoriales, du monde associatif et des propriétaires
privés.
Un collectif est par
ailleurs créé pour réclamer l'ouverture de ce parc et peser dans les
négociations avec les élus locaux. En 1992, par exemple, la Ville de Marseille
avait présenté un projet de modification du Plan d'occupation des Sols (POS).
Retiré à la suite de la mobilisation du collectif, le nouveau zonage aurait
autorisé la construction sur un périmètre initialement prévu pour accueillir le
parc national alors que le site est classé depuis 1975 pour la partie terrestre
et depuis 1976 pour la partie maritime. En outre, un dispositif législatif est
censé protéger l'environnement dans cette zone (citons la Loi Littoral de 1986
et plus récemment la loi relative aux Parcs Nationaux de 2006 qui remplace la
loi de 1960).
Pour résumer, on a donc un enjeu environnemental porté par une mobilisation
collective de type associatif engagé dans des négociations avec les édiles qui
poursuivent des intérêts contradictoires : pour schématiser, protection de
l'environnement contre développement économique et aménagement
urbain.
Le débat prend un tour politique. Le 15 décembre dernier, nous raconte
Le Point, "la majorité du sénateur-maire UMP Jean-Claude Gaudin a
approuvé avec des réserves l'avant-projet adopté le 10 octobre par le
Groupement d'intérêt public des Calanques de Marseille à Cassis (GIP), portant
notamment sur le classement en zone "coeur de parc" de certains espaces déjà
urbanisés.". L'opposition enrage et entend faire voter un amendement pour
supprimer les réserves. En fait, elle entend mettre la majorité devant une
ambiguïté majeure : le sénateur-maire ne serait-il finalement pas purement
opposé au parc ?
M. Gaundin ne plombe-t-il pas le sujet ? Or, en ces temps de domination
normative de l'écologie, il est difficile de paraître opposé à un projet de cet
ampleur. Pour se justifier, la majorité évoque des "précautions
supplémentaires". En fait, il semblerait que le maire soit sensible aux
arguments des habitants des Goudes et de Callelongue qui se sentent menacés par
l'initiative.
On entend dans la vidéo, M. Mennucci "exiger" une explication de
vote sur le projet afin de montrer l'unité du groupe socialiste (liste Faire Gagner
Marseille) face aux hésitations du
maire.
Voilà pour le contexte.
Cet épisode montre le nouveau déséquilibre qui semble s'instaurer au sein des mondes politiques marseillais. M. Gaudin dispose de moins en moins de marges de manœuvre face au Conseil général, au Conseil Régional et à la Communauté urbaine détenus par l'opposition municipale. Un partage des tâches semble même se constituer entre leaders de l'opposition résumée comme suit par Rue 89 : "Jean-Noël Guérini passe généralement la première couche. Eugène Caselli, également élu, la seconde. Patrick Mennucci, président du groupe socialiste, assurant pour sa part les finitions." Cette vidéo nous montrerait donc les "finitions". Des finitions qui portent dans la mesure où M. Gaudin se voit contraint (après avoir été qualifié de "despote") non seulement d'accorder à l'opposition l'explication de vote qu'elle souhaitait et le vote sur le projet qui était préalablement refusé par le maire au prétexte que tout le monde était d'accord. En effet, le vote est unanime comme on le voit à la fin. Et M. Mennucci de conclure "voyez c'était pas la peine de s'énerver". Non, en effet. La séquence vise donc à montrer le basculement du lieu du pouvoir communal qui n'est plus municipale. Cependant, il ne s'agit pas de verser dans un institutionnalisme excessif (la configuration des institutions déterminerait des comportements), mais de comprendre comment les rôles des élites politiques locales se trouvent modifier par une situation nouvelle à Marseille : une cohabitation métropolitaine. Le paysage politique marseillais traditionnellement fragmenté se clarifie par une polarisation nette qui remet en question le thème du discours fédérateur avancé depuis la victoire au titre de capitale européenne de la culture.
mardi 23 décembre 2008
Où est l'agora marseillaise ?
Par Nicolas Maisetti le mardi 23 décembre 2008, 11:18
Une comparaison rapide entre les
dernières séances du
conseil municipal de Marseille et du
conseil de la communauté urbaine semblent montrer a priori l'éclatement des
configurations politiques locales. Cet échange politique territorialisé de
nature conflictuelle contraste avec le mot d'ordre du
"jouer collectif" qui inonde les discours politiques depuis la victoire de
Marseille-Provence au titre de capitale européenne de la culture en 2013. Ce
paradoxe pose la question du siège du pouvoir à Marseille : qui
décide ? Comment se construit la décision ? Les réponses à ces
questions déterminent directement les conditions de production des stratégies
et des politiques locales internationales.
Le conseil municipal est encore dominé par M. Gaudin. On se souvient des
films
de Michel Samson et de Jean-Louis Comolli, lorsque M. Gaudin, se présentant à
la mairie en 1988, déclare : "Maire c'est le plus beau des mandats !". Le
même Samson dans son
Gouverner Marseille (écrit avec Michel Péraldi) montre dans quelle mesure
l'Hôtel de ville est le lieu du pouvoir le plus convoité, le siège suprême de
la puissance quand bien même les ressources matérielles de la municipalité sont
désormais réduites au profit de la région depuis les lois de la
décentralisation de 2003 et de la communauté urbaine depuis la loi Chevènement
de 1999. Il semble toutefois que le pouvoir du maire n'a jamais été autant
contesté et fragile qu'en cette fin d'année 2008.
"Sous la stabilité, l'effervescence" pour reprendre une formule de Samson/Peraldi. Si M. Gaudin est élu en mars dernier pour un troisième mandat (le plus beau ?), le coup est passé près. M. Guérini fut donné gagnant par les sondages jusque dans l'entre deux tours. Le "découpage" pasquaien a fait le reste. Mais le maire de la ville-mère est désormais le seul de son camp parmi le quadriumvirat qui dirige le territoire marseillais.
Jean-Noël Guérini, le patron des socialistes marseillais, comme il est
coutume de le qualifier, dirige le puissant Conseil général (CG) des Bouches du
Rhônes.Le budget
2009, "plan de bataille contre la crise", s'élève à 2,215 milliards d’euros
(contre 1,653 milliard d'euros pour la mairie). Surtout, il investit les
ressources qui lui sont offertes par sa position au CG dans son opposition au
conseil municipal. Ainsi M. Guérini a-t-il présenté la semaine dernière un
généreux plan de relance pour Marseille dépassant les 500 millions d'euros. Ce
"cadeau" offert à M. Gaudin montre moins la générosité politique du Conseil
général que la localisation de la puissance économique dans la ville.
Cette stratégie est d'autant plus efficace que M. Guérini n'est pas isolé. A
la mairie, il bénéficie du travail de sape de Patrick Menucci. Je vous invite à
voir cette vidéo pour s'apercevoir des difficultés auxquelles sont confrontées
le maire.
Les socialistes bénéficient également de la majorité au Conseil régional
sous la présidence de Michel Vauzelle. M. Vauzelle est récemment intervenu dans
la crise sociale qui a perturbé la réouverture de la
ligne TER Aix-Marseille pour fustiger la direction de la SNCF.
Enfin, la communauté urbaine est aussi présidée par un socialiste, Eugène
Caselli, porté par des circonstances particulièrement confuse.
M. Muselier s'en souvient. Mais l'annulation de l'élection de Sylvie
Andrieux dans le 7ème secteur (13ème et 14ème arrondissements) risque de
perturber l'édifice
construit à MPM.
Au final, les analyses classiques sur le système politique marseillais qui font état de la fragmentation du pouvoir semblent particulièrement validées par la situation actuelle. Cette lecture prend le contrepied du discours sur le "jouer collectif" qui a pourtant été interprété comme la clé de la réussite de Marseille-Provence 2013. Toutefois, le multipositionnement des acteurs qui se retrouvent par le jeu du cumul des mandats dans des enceintes différenciées pour discuter de politiques publiques proches - certes avec des compétences parfois différentes - ,s'il brouille les cartes d'interprétation du pouvoir politique local, clarifie paradoxalement la nature des enjeux et du combat politique. Que M. Guérini préside la séance ou le groupe d'opposition, la lutte s'engage sur des termes équivalents. Et M. Gaudin semble de plus en plus isolé.
jeudi 18 décembre 2008
Les projets de rénovation urbaine dans les villes portuaires européennes
Par Nicolas Maisetti le jeudi 18 décembre 2008, 11:38
Un article du Monde dans l'édition d'aujourd'hui tente de nous expliquer
Comment Hambourg dessine la ville de demain. Il nous rappelle que "de
Londres à Marseille, de Stockholm à Bilbao, de nombreuses villes d'Europe
désireuses d'enrayer la spirale du déclin sont parties à la reconquête urbaine
de leur zone portuaire historique". L'occasion nous est donnée de revenir
brièvement sur quelques projets de rénovation urbaine dans les villes
portuaires européennes, ou pourquoi Euroméditerranée n'est pas unique. Si le
levier culturel semble être partagé, la nature des financement utilisés varient
fortement.
Hambourg :
Le projet HafenCity se déploie sur un
périmètre de 157 hectares. Il s'agit d'une opération de développement
économique et d'aménagement urbain qui s'inscrit dans le coeur historique de la
ville au bord de l'Elbe. L'objectif est de construire une ville nouvelle
reposant sur des logements, un quartier d'affaire, des commerces, des lieux de
culture et de tourisme. Jusqu'ici, tout cela ressemble au projet marseillais.
La différence majeure concerne la gouvernance de l'opération. Si
Euroméditerranée est un Etablissement Public, HafenCity est géré par une
entreprise privée HafenCity Gmbh. Au total, 5 Milliards d'euros d'argent privé
seront injectés dans le projet d'ici 2020 contre 1,5 Milliards
d'investissements publics. A terme, 12 000 habitants et 40 000 emplois
supplémentaires devraient venir s'implanter le long des quais. Enfin, à noter
qu'Hambourg se dotera lui aussi d'un grand muséee, l'Internationales Maritimes
Museum.
Liverpool : Avant le
lancement en octobre dernier du projet "Liverpool One", la ville au bord de la
Mersey n'avait pas subi de rénovation globale. En 2003, l'attribution du label
capitale européenne de la culture 2008 a toutefois accéléré une profonde
transformation de la ville. On trouve à l'origine le constat partagé par le
sens commun à Marseille : déclin économique et démographique, altération
de la substance urbaine, paupérisation du centre, dégradation architecturale,
augmentation de la criminalité. Le financement des opérations de "régénération"
urbaine provient de l'UE (environ 800 millions d'euros) et surtout d'une
entreprise privée, Grosvenor (plus d'un milliard d'euros pour les 17 hectares
de l'hypercentre). Capitale de la
culture oblige, un Musée de l'esclavage et un Palais des Congrès ont ouvert
leurs portes.
Bilbao :
L'équipement emblématique de la rénovation urbaine de Bilbao est le musée Guggenheim inaugurée il
y a onze ans désormais. Ce projet repose sur une reconversion industrielle d'un
territoire souffrant dans le début des années 1990 d'un taux de chômage frôlant
les 25%. Le musée Guggenheim est l'archétype d'une réussite en matière de
transition urbaine. D'une part, l'image de la ville a changé. Physiquement, les
architectes les plus réputés (Santiago
Calatrava,
Frank Gehry ) ont redéssiné la morphologie urbaine. En terme de notoriété,
la ville a également vu se transformer les regards portés sur elle. L'impact
économique de ces mutations est semble-t-il considérable : tourisme, 1,5
milliards de revenus générés (pour un investissment initial de 150 millions
d'euros), création de 45 000 emplois directs. L'ouverture du musée a permis de
stimuler le tissu industriel et de redynamiser l'économie locale qui atteint
aujourd'hui une masse critique
métropolitaine.
Le
Havre : Plus modeste, Le Havre a lancé en 2006 un projet de
relance de ses chantiers maritimes, appelé
Port 2000. Les travaux ont débuté en 2001 et ont nécessité 1,3 Milliards
d'euros d'investissements publics. L'objectif est de parvenir à une
augmentation substantielle des capacités d'accueil de conteneurs. L'opérateur
marseillais CMA-CGM est le premier à avoir investi le flambant neuf "Terminal
de France". La réforme des ports autonomes a semble -t-il quelque peu inquiété
les syndicats de dockers dans la mesure où Port 2000 s'inscrit dans la
progression de la privatisation des activités portuaires. L'idée sous-jacente
de Port 2000 est de regagner des parts de marchés perdus dans la compétition
avec les autres ports d'Europe. Le succès de Port 2000 pourrait se traduire par
des retombées positives en marière d'emplois (on évoque le modeste chiffre de 2
500). Toutefois, et contrairement aux autres exemples évoqués, Le Havre ne
déploie pas une approche intégrée de la rénovation urbaine (même si l'opération
entend se montrer respectueuse de l'environnement). Il n'y a pas par exemple la
volonté de redessiner le front de mer en faisant appel à des grands
architectes. Si la porte Océane restera le monument havrais, il n'existe pas
non plus de réflexion visant à doter la ville d'outils culturels
métropolitains.
On pourrait poursuivre la liste des villes européennes post-portuaires engagées dans des réflexions stratégiques (Amsterdam, Gênes, Barcelone, Anvers, Rotterdam...). Elles visent à "refaire la ville sur la ville" et à accélérer la métropolisation en s'appuyant sur l'outil portuaire et en jouant sur le levier culturel pour produire des effets cliqués sur le développement économique et l'aménagement urbain. Le problème que ces opérations posent toutes à leur manière est celui des effets sur l'existant. A Marseille (comme ailleurs), le discours sur la modernisation de la Rue de la république ou du quartier de la Joliette (ou des rives de la Mersey etc.) s'accompagne d'opération spéculatives visant à accroître le niveau du foncier. L'objectif poursuivi dans ces villes est d'attirer des investisseurs, de leur offrir un parc immobilier innovant et des services internationalement immobiles. Les intentions de mixité sociale ne résistent pas à ces pratiques et on craint fort de voir les quartiers populaires historiques sur lesquels se greffent les opérations de rénovation urbaine non seulement disparaître ici (et avec eux la mémoire et la culture d'un quartier) mais aussi s'exporter sous une autre forme ailleurs, en périphérie.
lundi 15 décembre 2008
Ouverture de la ligne TER Aix-Marseille : un enjeu métropolitain
Par Nicolas Maisetti le lundi 15 décembre 2008, 18:42
C'est aujourd'hui que la ligne de TER
reliant, en une demi-heure, Aix-en-Provence à Marseille
devait être inaugurée.
La ligne avait fermé ses voies le 10 décembre 2006. La cause ? Les 3 500
voyageurs quotidiens qui empruntaient quotidiennement la ligne étaient
insuffisants pour rentabiliser l'exploitation. La SNCF décidait d'entamer
d'importants travaux de rénovation dont le coût est estimé à 160,5 millions
d'euros, cofinancée par l'État (31,65%), la Région (31,65%), le Conseil général
(31,65%) et le Réseau Ferré de France (5,05%). La desserte est ainsi passé de
47 à 97 trains quotidiens. Trois nouvelles gares ont été construites au nord de
Marseille (St-Antoine, St-Joseph et Picon-Busserine).
Cette ouverture qui devait se placer sous le signe de la modernité, du
service à la personne au site
internet (avec blog,) est perturbée par
une grève des agents de conduite à l'appel de Sud-Rail, de la CGT et de FO.
La mise en place du cadencement en matière de TER et l'ouverture de la ligne
Marseille-Aix sont à l'origine de ce mouvement.
Ce mouvement est à l'origine d'une polémique entre Michel Vauzelle, le
président de la Région et Guillaume Pépy, le PDG de la SNCF.
Selon M. Vauzelle : "Lors de la table ronde que j'ai organisée le
7 novembre, les responsables nationaux et régionaux de la SNCF avaient pris
l'engagement de ne pas faire de la ligne Aix-Marseille un enjeu de
productivité, afin de garantir la réussite de cette réouverture tant attendue.
Or, il semble aujourd'hui que ces mêmes responsables soient revenus sur leur
engagement et aient proposé aux agents de conduite une organisation du travail
extrêmement tendue. Dans ces conditions, je ne peux qu'exprimer mon
mécontentement, mon immense déception et mon incompréhension".
Réponse de M.Pépy : " M. Vauzelle est élu et c'est la collectivité
qu'il préside qui a aujourd'hui autorité pour organiser les transports
ferroviaires dans l'espace régional. A ce titre, je suis son fournisseur et il
est mon client. En tant que chef d'entreprise, je n'ai pas pour habitude de
répliquer aux critiques de mes clients et de polémiquer. La seule chose que je
peux dire, c'est que les efforts que nous faisons en PACA sont réels. On a des
cheminots extrêmement mobilisés dans la région. Ils sont tout sauf négligents,
tout sauf désengagés, tous sauf indifférents à la qualité du service. Mais
j'observe simplement qu'en PACA, l'exploitation est particulièrement difficile,
avec une ligne côtière à voie unique très engorgée et des gares saturées. Nous
payons donc cash le moindre incident technique. L'objectif, ce n'est pas de
supprimer ces incidents - je mentirais si je m'engageais là dessus -, mais d'en
limiter le nombre et, surtout, leurs conséquences sur l'ensemble du trafic et
pour nos clients."
Au-delà de la polémique, la question posée par l'ouverture de la ligne
Aix-Marseille pose la question de la métropolisation de la région urbaine
marseillaise car comme le souligne M. Pépy (avec ses préoccupations
propres) : "iI était aberrant d'avoir une ligne en si mauvais état
entre les deux plus grandes villes des Bouches-du-Rhône dont l'attractivité
n'est plus à démontrer. Du point de vue de la SNCF aussi, c'était une anomalie.
Elle est désormais réparée."
Si la construction d’un ensemble métropolitain semble s’imposer c'est parce
qu'il constitue la « ville réelle » en terme de gestion des
politiques publiques. L’accélération des transferts de compétence à l’échelon
métropolitain dessine les contours d’un nouveau régime urbain. Or, à Marseille,
le découplage entre la « ville réelle » et la « cité
centrale » rend – pour le moment – improbable la construction
métropolitaine comme l'atteste la difficulté de relier les deux pôles les plus
importants d'une agglomération en archipel.
A ce titre, je renvoie le lecteur vers les travaux et réflexions du Club de Réflexion de l'Aire métrpopolitaine marseillaise, "né du constat de l'absence d'une réflexion approfondie et partagée sur les questions d'aménagement, de développement économique, social, culturel à des échelles pertinentes' et aux deux ouvrages dont sont issus ces débats : La Métropole inachevée sous la direction de Jean Viard (1994) et Aire métropolitaine marseillaise, encore un effort dirigé par Paul Langevin et Edith Chouraqui en 2000. Si ces travaux datent un peu, ils restent d'actualité pour souligner la faiblesse de l'intégration métropolitaine et la gestion en archipels des problèmes.
samedi 13 décembre 2008
Marseille sur Facebook
Par Nicolas Maisetti le samedi 13 décembre 2008, 18:29
Facebook
est un espace particulièrement intéressant à partir duquel nous pouvons
observer la fabrication et la vigueur de réseaux sociaux
faiblement structurés.
Rapide tour d'horizon (quantitatif) sur les groupes du Facebook de
l'international marseillais ; par ordre d'importance :
- Pour la libération de SANTOS (Supporter marseillais injustement
emprisonné) ! : « Ce groupe est comme une pétition. Il n'a
qu’un seul but: la libération de Santos ! » administré par Simon Lamarque
/ 34 888 membres / 2 192 wall posts / 169 photos / 18 items / 6 vidéos..
Site lié
Olympique de Marseille... Un jour ou l'autre, l'Europe parlera
marseillais : « Dedicated to all people who love soccer of course
but especially for those who love Olmypique de Marseille, a legendary football
club in France » administré par Samy Assaf, Oby Nungisa, Ammayas Khidas /
7 698 membres / 447 wall posts / 97 photos / 4 items / 13 vidéos. MAJ et
activités : hebdomadaire. Site lié
- Marseille Provence 2013, capitale européenne de la
culture : « Comité de soutien pour la candidature
marseillaise au titre de capitale européenne de la culture 2013 », administré
par Boris Gärtner / 4 980 membres / 10 topics de discussion / 162 posts sur le
mur / 186 photos / 79 items / 15 vidéos. Site lié /
- Marseille 2024 : «La Chambre de Commerce et
d'Industrie de la cité phocéenne songe à une candidature marseillaise pour
l'organisation des Jeux Olympiques 2024. Soutenez ce projet fou en rejoignant
ce groupe ! » administré par Pauline Gamerre 4 495 membres / 5 topics de
discussions / 98 wall posts / 18 photos / 12 items / 5 vidéos. Site lié (non officiel)
- Facebook Marseille : « Ici, chacun propose les
sorties ou évenements qui l'intéressent (un ciné, une balade, une expo, un
resto jap', une sortie au théatre, ou que sais-je encore...), l'information
peut donc etre diffusée au plus grand nombre... » administré par Xavier
José / 2 778 membre / 29 topics de discussion / 145 wall posts / 216 photos / 7
items / 5 vidéos.
- Les Cahiers Marseillais : « Collègue ! Si
toi aussi tu penses que Marseille est un diamant brut qui n’a pas besoin d’être
taillé ; Si toi aussi tu veux que Marseille rayonne à travers le
Monde ; Si toi aussi tu attendais un bon magazine sur ta ville ; Tu
vas aimer les Cahiers Marseillais ! » administré par Julie Mauduie / 1 595
membres, 1 topic discussion / 13 photos / 9 items / 3 vidéos. Site lié
- Marseille « Si vous êtes une galinette, un nervi,
papet, minot, caille, cacou, grognasse, mamet, mariole, radasse et même bien
brave : bienvenu ! » administré par Franck Torset / 1 178 membres /
82 wall posts / / 89 photos / 35 items / 8 vidéos
- MUCEM : « Le plus grand musée de société
français (l'ancien musée national des arts et traditions populaires), fort de
la richesse de son patrimoine, se devait d'élargir son horizon pour se
réinventer en Musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée. Un
nouveau projet scientifique et culturel, élaboré par l'équipe du musée, enrichi
par les travaux d'un comité scientifique composé de spécialistes nationaux et
internationaux, a été établi. » par administré par Yannick Vernet / 100
membres / 4 topic discussion / 8 wall posts / 6 photos / 7 items / 1 vidéo.
Site lié
- Euroméditerranée « Euroméditerranée est une Opération d’Intérêt National visant à faire de Marseille une métropole de premier plan » administré par Huy-Nguyen Vu / 15 membres / 1 topic discussion / 2 wall posts / 13 photos / 4 items / aucune vidéo. Site lié
samedi 6 décembre 2008
Santos, identité régionale et bien culturel transnational
Par Nicolas Maisetti le samedi 6 décembre 2008, 12:14
Santos Mirasierra est condamné à 3 ans
et demi de prison ferme pour "atteintes à agents de l'autorité avec l'usage
d'un objet dangereux" et "blessures" envers un policer qui aurait reçu un
siège. Il ne s'agit pas de revenir sur l'absurdité, la sévérité de
la peine mais sur la mobilisation qui nait.
Santos fait partie des leaders du groupe de supporters Commando Ultra 84' de l'Olympique de Marseille. On lui reproche la réaction à une charge de la police espagnole lors du match contre l'Athlético Madrid au stade Vicente-Calderon le 1er octobre dernier. Jugez plutôt :
Son avocat médiatique Maitre Collard évoque le
12 novembre "un racisme anti-marseillais qui fonctionne là-bas". Cette ligne de
défense si elle n'est pas loin d'atteindre le point
de Godwin, m'a fait penser à un article du camarade Pierre Bourdieu
"l'identité et la représentation : éléments pour une réflexion critique
sur l'idée de région" publié par les Actes de la Recherche en Sciences Sociales
en 1980 :
"La recherche des critères "objectifs" de l'identité "régionale" ou "ethnique"
ne doit pas faire oublier que, dans la pratique sociale, ces critères (par
exemple, la langue, le dialecte ou l'accent) sont l'objet de
représentations mentales, c'est à dire d'actes de perception et
d'appréciation, de connaissance et de reconnaissance, où les agents
investissent leurs intérêts et leurs présuposés, et de représentations
objectales dans des choses (emblèmes, drapeaux, insignes, etc.) ou
des actes, stratégiques intéressées de manipulation symbolique qui visent à
déterminer la représentation (mentale) que les autres peuvent se faire de ces
propriétés et de leurs porteurs"
L'identité régionale serait véhiculée entre autres par des stigmates co-construit par les membres du groupe et par les membres extérieurs. Bourdieu ne s'arrête évidement pas là et évoque la revendication des délimitations infra-étatiques des discours régionalistes "performatifs" dans la prétention à l'existence de régions objectives ou naturelles. Au final, Bourdieu met en évidence les luttes symboliques qui débouchent ou échouent sur la construction ou la revendication d'une identité régionale.
Santos a-t-il souffert de son identité régionale marseillaise, des stigmates qui la supportent, de la "mauvaise réputation" qu'elle véhicule ? Poser la question ne fait-il pas partie de traits d'identité marseillais reconnus (ou plutôt partie du folklore qui n'existe qu'en dehors de Marseille) ? : sa légère paranoïa, son sens de l'exagération, sa théorie du complot. N'empêche avec 3 ans et demi de prison, il semblerait que même les paranoïaques aient des ennemis.
Un autre élément de l'analyse pourrait être aussi l'internationalisation de la mobilisation. Le phénomène ultra est aussi transnational comme l'atteste les banderoles, chants de soutien en Europe. L'OM est aussi un objet culturel de la mondialisation comme le montre les initiatives prises ici ou là.
Pour plus d'information sur ce qui se passe et se passera autour de Santos, le site officiel de la mobilisation.
mercredi 3 décembre 2008
Le port : des réalités contrastantes
Par Nicolas Maisetti le mercredi 3 décembre 2008, 11:18
Alors que les cabinets d'urbanistes ont enfin été désignés dans le cadre de
l'extension au nord d'Euroméditerranée, l'actualité du jour, liée au port,
offre une mise au point contrastante. Des épiphénomènes contradictoires
difficiles à interpréter mis bout à bout mais qui tendent à montrer une
incertitude qui pèse sur le territoire portuaire marseillais. Certes les
éléments listés ci-dessous ne sont pas d'importances similaires et même parfois
anecdotiques mais révèlent certains traits caractéristiques d'une métropole qui
se cherche :
- CMA CGM, le 3ème groupe mondial de transport maritime en conteneur, qui a récemment reçu l'autorisation d'exploiter le terminal de conteneurs du port de Tianjin en Chine, a lancé un projet de construction et d’exploitation d’un terminal à conteneurs en eaux profondes dans le port de Xiamen (22ème port mondial pour le trafic de conteneurs). Ce projet qui doit entrer dans une phase d'exploitation d'ici 2 ans a reçu l'aval des autorités chinoises. Cette implantation illusttre la bonne santé du groupe marseillais dirigé par Jacques Saadé.
- Le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau, a annoncé ce matin que la France se verra doter d'une Ecole nationale unique de la Marine Marchande (EMM) qui se substituera aux quatres écoles existantes implantées au Havre, Marseille, Nantes et Saint-Malo. L'objectif du Ministre est "d'augmenter le nombre d'officiers de la marine marchande aujourd'hui formés dans l'Hexagone en créant une grande école attractive et reliée à l'Europe, qui réponde aux besoins des armateurs". Ceci n'est cependant pas sans soulever des questions et des inquiétudes : les 4 EMM accueillent au total près de 1 000 élèves officiers mais ne proposent pas toutes des formations identiques. Seules les EMM de Marseille et du Havre dispensent la formation des officiers de 1ère classe de la marine marchande (filière A), les EMM de Saint-Malo et de Nantes assurant la formation des officiers de la filière professionnelle (filière B). Une première annonce de M. Bussereau en avril dernier formulant le voeux de "renationaliser" les écoles de la marine marchande et de réduire à 2 le nombre de sites de formation avait suscité quelques remous ici ou là (surtout en Bretagne).
- Une nouvelle encore plus inquiétante concerne la place du port marseillais dans la hiérachie nationale. On apprend en effet que le port de Marseille n'est plus leader sur les trafics Continent-Corse mais est désormais supplanté par Toulon qui totalise 22% du trafic à égalité avec Nice, contre 18% pour le port phocéen. Elle perd la première place qu'elle avait pourtant reconquis en 2007 après deux années de crise. Cette chute s'expliquerait par la perte de compétitivité du principal opérateur, la SNCM, face à Corsica Ferries. Cette nouvelle intervient dans le contexte de la réforme, contestée, de la gouvernance des ports autonomes qui laisserait plus de place au secteur privé et ne risque pas d'apaiser le climat social déjà marqué par une grève de 24h des agents de manutention jeudi dernier tandis que les personnels du terminal pétrolier de Lavera avaient pour leur part décidé d'observer quatre heures d'arrêt de travail en fin de service.
dimanche 30 novembre 2008
Mouvements à 360°
Par Nicolas Maisetti le dimanche 30 novembre 2008, 14:35
Cette
semaine un regard rapide sur l'actualité marseillaise internationalisée est
révélatrice des mouvements à 360° de ces activités.
- mercredi, la défaite de l'OM contre Liverpool précipite l'élimination du club de la plus prestigieuse des compétitions européennes. Toutefois, ce voyage n'est pas perdu pour tout le monde. Le match aura été l'occasion pour certains membres du comité de Marseille Provence 2013 de rencontrer leurs homologues de Liverpool Capitale européenne de la culture 2008. Les liens du réseau Cities on the Edge ont ainsi été réactivés. Pour plus d'infos, ici.
- samedi, 3 équipes d’urbanistes sont désignées pour dessiner l'extension d'Euroméditerranée presqu'un an après le décret du Premier ministre qui prévoit de générer 3,5 milliards d’euros d'investissements publics et privés supplémentaires portant donc à plus de 7 milliards d'euros les investissements sur 183 hectares supplémentaire au nord du périmètre actuel. On attendra le 18 décembre prochain pour connaître le nom des cabinets retenus et le contenu de leur projet.
- le lendemain, le festival de "l'Aïd dans la cité" battra son plein au Dôme sur le thème de "la Méditerranée dans tous ses états". Selon la présentation des organisateurs, ce festival vise " du Maghreb au Liban, en passant par la Turquie, l’Egypte et la Palestine, à déposer avec les vagues un peu de notre identité sur les rives du Lacydon. Certes, l’Histoire ne fut pas avare de confrontations parfois violentes entre peuples de la méditerranée, mais ceux-ci ont été capables de surmonter ce « choc des civilisations » pour produire des rencontres fécondes, comme l'expliquera Yasmina Khadra. Des contes libanais et palestiniens, des ateliers d’intiation à la calligraphie arabe et de musique Arabo Andalouse, de la musique maghrébine viendront alimenter cette croisière rêvée."
Sport, Culture, Méditerranée, Aménagement urbain et développement économique comme mises au points des activités internationales de la ville.
vendredi 28 novembre 2008
Hommage à Emile Temime
Par Nicolas Maisetti le vendredi 28 novembre 2008, 10:04
Emile
Temime est mort le 18 novembre. MM. Gaudin et Vauzelle ont salué selon
la Provence, "un historien de qualité".
Le communiqué de la mairie déplore la perte d'un "grand nom du patrimoine
culturel et social" marseillais et rappelle qu' "en grand visionnaire, son
ouvrage publié en 2002, "Un rêve
méditerranéen" sur une utopie conduisant à l'unité de la Méditerranée a
jeté les bases de l'Union pour la Méditerranée où la cité phocéenne a joué un
rôle clé." Michel Vauzelle a quant à lui
rappelé que « l’un de ses plus grands apports a été son travail de
recherche sur la décolonisation et les migrations internationales. Historien de
grande qualité, il était aussi un homme de conviction et de combat. Nous
partagions les mêmes valeurs.»,
Sur ce blog consacré aux Histoires Marseillaises, on pourra écouter un entretien avec l'historien des "migrances" intitulé "Marseille et ses migrations" et réalisé par Xavier Thomas.
On pourra aussi consulter cet article intitulé Repenser
l’espace méditerranéen et qui interroge les visions et les positions
méditerranéennes dans les années 30, en particulier au sein de la revue des
Cahiers du Sud. L'article se termine par un extrait de Jeunesse de la
Méditerranée de Gabriel Audisio :
" Je sais et je répète que les pays de la Méditerranée ont toujours été faits
pour s’agréger l’un à l’autre aussi naturellement que la vigne à l’olivier se
marie. Il a fallu notre sens moderne des nationalités et sa folle exaltation
contemporaine, pour rompre en apparence cet enchantement. Ne pas confondre
patrie et nationalisme. Je proteste contre la mar nostre des Provençaux, contre
il mare nostro des Italiens, mauvais héritage du mare nostrum des Latins. A
chacun la sienne, c’est-à-dire y compris celle des autres ? Non, il n’y a
qu’une Méditerranée. Et je protesterais aussi fort contre ceux qui
chercheraient, de ce sentiment de race, à tirer un autre racisme. Je ne veux
retenir de la race que le rassemblement fraternel et non l’opposition. (…) Il y
a déjà plus que des liens de chair et de sang entre ceux de mon peuple (...)
Imagine-t-on qu’une folie meurtrière les puisse jeter les uns contre les
autres ? On en frémit (...), et déjà l’on voit la terre des nécropoles
plus vite soulevée par la protestation des morts que par les fratricides engins
des vivants insensés. Non. Il n’y a qu’une Méditerranée, maternelle à tous les
siens. Et rien ne m’empêchera d’avoir toujours les yeux du coeur fixés sur le
phare le plus émouvant que mes frères aient allumé : le monument que les
Génois élevèrent en leur ville al mare amico, symbole de la race bleue d’où je
suis issu, la mer amie, notre amie, Notre Mère la Mer, aux pieds de qui je
prononce mon credo : si la France est ma nation, si Marseille est ma cité,
ma patrie, c’est la mer, la Méditerranée, de bout en bout."
dimanche 23 novembre 2008
Villes et Régions dans l'Union pour la Méditerranée - Rencontre CGLU
Par Nicolas Maisetti le dimanche 23 novembre 2008, 12:18
Durant la Semaine économique de la
Méditerranée, j'ai pu assister à une rencontre-débat organisée
par la Commission Méditerranée de Cités et Gouvernements Locaux Unis relative à
la place des collectivités locales au sein de l'Union pour la Méditerranée
(UpM).
Pour l'économiste
Larbi Jaidi, chargé d'animer cette rencontre placée d'emblée par un élu
sous le signe de "l'échange institutionnel, politique, économique, culturel au
croisement du concret, de l'efficace, de l'amical et du sentimental", l'UpM est
"une grande ambition mais mérite un débat avec le sud en vue d'une plus grande
appropriation". Comme l'ensemble des orateurs représentants des collectivités
locales des rives nord, sud et est qui vont suivre, M. Jaidi insiste sur la
pertinence des acteurs territoriaux dans les enjeux de politique publique et de
citoyenneté.
Le problème ne réside-t-il pas justement dans la capacité d'un projet
diplomatique et bruxellois comme l'UpM à pénétrer des logiques proprement
territoriales ? En d'autres termes, il semblerait qu'il existe un hiatus
entre un dessein porté par des Etats et dont les règles du jeu sont définies en
grande partie par la Commission - en particulier en matière de financement des
projets- d'une part, et un paradigme proprement territorial avec un agenda, des
intérêts, des façons de faire spécifiques aux acteurs locaux, d'autre part.
C'est ce hiatus qui sera décliné tout au long de la conférence.
D'autres ambiguités traverseront évidémment cet après-midi : rapports
nord-sud, hétérogénéité des situations au sud notamment en matière de
décentralisation ainsi que lisibilié des instruments financiers. C'est
toutefois ce rapport entre initiatives diplomatiques et appropriations
territoriales qui est apparu le plus évident lors des interventions de Pierre
Deusy, fonctionnaire à la Commission européenne DG Relex, et des réactions à
ces interventions.
Le message de M. Deusy, représentant l'institution communautaire, se voulait
être clair : L'Europe ne peut pas tout. Si les attentes sont nombreuses,
les moyens sont limités par les Traités et par les Etats-membres. Au final,
seulement 40 à 50 Milliards d'euros seront disponibles pour financer les
projets de l'Upm qui concernent la dépollution de la Méditerranée, les
autoroutes maritimes et terrestres, la protection civile pour répondre aux
catastrophes naturelles, une université euro-méditerranéenne, l’énergie solaire
et une initiative méditerranéenne de développement des affaires. Le message de
la Commission entend mobiliser les acteurs locaux pour enclencher une dynamique
d'appropriation.
Les représentants des collectivités du nord et du sud ont déploré cette absence de moyens qui ne seraient pas à la hauteur des enjeux et ont plaidé pour une inscription centrale de l'échelon local dans le projet, en particulier à travers de la future d'Assemblée Régionale et Locale Euro Méditerranéenne (ARLEM). La question de l'institutionnalisation de la représentation des autorités locales dans le dispositif institutionnel semble ainsi être une préoccupation aussi importante que celle des moyens comme en témoigne le vif échange entre Bertrand Gallet (directeur de Cités Unies France) et Pierre Deusy.
mardi 18 novembre 2008
La Semaine économique de la Méditerranée
Par Nicolas Maisetti le mardi 18 novembre 2008, 10:56

Hier s'est ouvert à Marseille la Semaine économique de la Méditerranée
(SEM). Certes, les sites Internet consacrés à Marseille préfèrent évoquer le
tueur en série, la grève, le Congrès de Reims ou Plus belle la Vie en prime
time. Pourtant,
la deuxième édition de la SEM organisée par la Ville, la Région,
Euroméditerranée et la Chambre de Commerce a pris une autre dimension. Alors
que l'année dernière l’évènement était improvisée et organisé dans l'urgence,
cette année il a changé de nature avec un volet innovation, un volet
financement et un volet entreprise. La Banque mondiale, l'ONUDI, l'AFD,
UbiFrance, ANIMA, les institutions européennes sont impliquées dans
l'organisation.
Avec comme slogan "base
opérationnelle de la Méditerranée", la ligne directrice, l'objectif commun
et le sublime consensus des acteurs locaux sont respectés : la projection
euro-méditerranéenne et le rayonnement économique sur cette zone. Le dossier
souligne" l’alliance d’une solide expertise et de projets concrets et
fédérateurs, la volonté politique affirmée des collectivités locales et
régionales et la mobilisation de la société civile et des acteurs
socio-économiques qui font la plateforme
incontournable du développement économique en Méditerranée. L’objectif de la
Semaine Economique de la Méditerranée est de rendre plus visible les nombreuses
actions menées depuis le territoire qui participent au développement des
économies méditerranéennes.
Voici le programme complet :
-Lundi : EuroMed Academy of Business ; Conférence sur
la coopération transfrontalière dans le cadre de l'IEVP.
-Mardi : Formation en Méditerranée ; Accompagner les
entreprises en Méditerranée ; EuroMed Academy of Business ;
Conférence sur la coopération transfrontalière dans le cadre de l'IEVP; Atelier
Formed ; Culture et échanges euro-méditerranéens.
-Mecredi : Med@gricolae ; Lancement du Portail Internet
MedEurope Intern ; Innovation et Société dans le Bassin
méditerranéen ; Trophées du compagnonnage industriel PACA /
Maghreb.
- Jeudi : Forum Grand Maghreb ; 5èmes Rencontres de la
Cité de la Mode ; Conférence Medibtikar ; Débat - Commission
Méditerranée de CGLU ; Rencontre étudiante avec la BEI ; Rencontres
Grands Comptes/PME Invest in Med ; Forum citoyen du Parlement
Européen ; Lancement d'Econostrum.
-Vendredi : Euro-Mediterranean Government and Business
Roundtable ; 4ème édition Forum Grand Maghreb ; Colloque Medinnov
IV ; Réunion du Réseau des Villes Euromed ; Rendez-vous d’affaires
ADECI – ONUDI ; La BEI rencontre les PME.
-Samedi : 4ème Rencontre de la Méditerranée
samedi 15 novembre 2008
Les bonnes nouvelles de Renaud Muselier
Par Nicolas Maisetti le samedi 15 novembre 2008, 17:41
Renaud Muselier vient de recevoir deux bonnes nouvelles.

Le 13 octobre
on apprend que le Maire de Marseille lui a confié une "délégation
spéciale de fonctions en ce qui concerne la préparation de la Ville de
Marseille pour devenir Capitale européenne de la Culture".
M. Muselier sera en fait chargé de la coordination entre les élus responsables
des dossiers culturels et internationaux. De même, ce titre lui assure une
visibilité auprès des secteurs associatifs et économiques locaux : il
serait leur interlocuteur privilégié à l'Hotel de Ville.
Certains mettent en perspective cette décision avec les nouveaux rapports
de force politiques à la mairie et à la communauté urbaine.
Certes.
Mais la seconde nouvelle apporte un nouvel éclairage sur cette nomination. M. Muselier, déjà vice-président de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, s'est vu chargé hier d'une mission par le Président de la République : créer un conseil culturel de l'Union pour la Méditerranée (UpM). Cette instance vise à "susciter toutes initiatives publiques et privées ayant pour objet le développement de la dimension culturelle de la politique méditerranéenne de la France, notamment dans le cadre" de l'UPM, et de mobiliser toutes les forces vives de la Méditerranée au service du projet Marseille Provence 2013, capitale européenne de la culture".
Quelques remarques en bref.
- Sur la vie politique marseillaise, cette double responsabilité
marque le retour de M. Muselier sur la scène politique marseillaise après son
échec à MPM. Ce retour s'effectue par "le haut" (nomination par le Maire et le
Président de la République) sur des dossiers inédits pour lui même s'il a été
Président d'Euroméditerranée. D'ailleurs sur son blog, M. Muselier met en
avant son expérience et son bilan à la tête de l'opération pour justifier de
ses compétences. Le problème : gère t-on la coordination d'acteurs
culturels comme le pilotage politique (et non opérationnel) d'un programme de
développement économique et d'aménagement urbain ?
- Sur le fond: La création d'un conseil culturel de l'UpM est révélateur de la manière dont l'Etat envisage ce projet et celui de Marseille 2013. Tout d'abord, l'Etat entend être omniprésent dans le contenu de Marseille 2013. Par ailleurs, ce contenu sera relié à l'objectif de l'UpM. Ce qui était loin d'être évident au départ : comment concilier l'animation d'évènements culturels locaux - certes à dimension macro-régionale - avec un projet intergouvernemental à forte connotation sécuritaire ? Enfin, mais cela est moins surprenant, si l'on en croit le communiqué, Marseille 2013 reposera sur une dynamique largement porté par le secteur privé. Nous aurons peut-être l'occasion d'y revenir.
vendredi 14 novembre 2008
Marseille internationale ?
Par Nicolas Maisetti le vendredi 14 novembre 2008, 13:05
Le territoire marseillais est engagé dans une dynamique de projection
internationale tous azimut.
Relevons pèle-mêle : le projet Euroméditerranée, le label
Capitale
Européenne de la Culture pour l'année 2013, l'autorité nationale de gestion
pour le programme
européen MED, des jumelages sur tous les continents, l'organisation de
festivals et d'évènements culturels à forte connotation internationale
(Fiesta des Sud, Marsatac, Rencontres d'Averroès...), un discours
diplomatique euro-méditerranéen spécifique, l'accueil d'organisations
internationales (Commission et Parlement
européen, ONUDI,
Banque mondiale...) et d'entreprises mondiales (CMA-CGM...).
La seule évocation de ces projets révèlent la profusion et l'hétérogénéité
des pratiques internationales dans cet espace. Les acteurs en charge de ces
politiques internationales locales sont divers : élus, services techniques
et experts entreprises, milieu associatif, chercheurs et journalistes. En
outre, les échelles de prises de décisions s'enchevêtrent (la ville, le
département, le conseil général, la communauté urbaine) alors que la question
de la construction d'une métropole marseillaise se pose pratiquement dans les
même termes depuis presque un siècle.
En bref, l'observation et l'étude de ces ambitions globales portées par un territoire posent de nombreuses questions au jeune-chercheur que je suis en terme de transformations des systèmes urbains mais secrètent également des effets au quotidien sur l'image de la ville, les pratiques de la citoyenneté, les mutations des pouvoirs locaux. C'est donc dans une perspective de quotidienneté que s'inscrit ce blog qui tentera, jour après jour, de comprendre ce qui se joue derrière la question des politiques internationales à Marseille. Avec en filigrane une question : Marseille est-elle une ville internationale ?
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