Marseille internationale

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vendredi 9 janvier 2009

Enjeux locaux internationaux (3) : la diplomatie décentralisée

A« Je fais de la diplomatie participative quand je dis à l’État "nous ne nous occupons pas des questions sensibles, nous vous les laissons : Palestine, Israël, Algérie, Sahara… Nous nous occupons des petites choses comme l’eau, les forêts…" Nous tissons graduellement des liens entre le monde des affaires, les universitaires, les étudiants, les jeunes, les athlètes, les techniciens » Michel Vauzelle (La pensée de Midi, avril 2007).
La diplomatie décentralisée constituerait une nouvelle forme de pratiques diplomatiques, c'est à dire de prises de positions politiques visant la réduction des risques de conflits internationaux par l'usage des outils de négociation. Nouvelle forme car nouveaux acteurs : les édiles (élus locaux et régionaux soutenus par des administrations) interviennent de plus en plus dans des enjeux globaux non pas pour empêcher la guerre mais pour maintenir le dialogue dans des zones instables, en particulier par la coopération technique et l'usage de l'amitié.
L'année 2008 fut riche pour les institutions marseillaises engagées dans la diplomatie : les discussions qui ont conduit à l’adoption du Processus de Barcelone : Union pour la Méditerranée (UpM) en juillet dernier sont un terrain d’analyse privilégié dans l’étude du « nouvel étage diplomatique ». Les orientations stratégiques récentes conduites par la municipalité marseillaise (dominé par les élus UMP) et le Conseil régional (où le PS est majoritaire) ont soutenu les initiatives méditerranéennes du Président de la République. Dans le cadre de la préparation de la Conférence de Paris qui a réuni les chefs d’État et de gouvernement de l’Europe et des trois rives de la Méditerranée, la présidence française de l'UE a créé une structure diplomatique et interministérielle dirigé opérationnellement par une ambassadeur, Alain Le Roy, et politiquement par Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy. Un pôle ‘autorités locales’ y fut institué afin de relier les débats qui agitaient les négociations intergouvernementales et leurs implications locales.
Les 22 et 23 juin 2008, la ville de Marseille et la région PACA accueillaient le Forum des Autorités Locales et Régionales de la Méditerranée. Celui-ci réunissait les élus et des fonctionnaires des collectivités locales des rives européenne, nord-africaine et balkanique de la Méditerranée ainsi que les membres des réseaux de ville, des délégations gouvernementales et du Comité des Régions. Ce Forum a fonctionné comme plateforme diplomatique décentralisée, c'est-à-dire comme espace d’apprentissage des codes diplomatiques pour des autorités politiques locales et régionales. Les élus y ont adopté une déclaration politique incitant les Etats à accroître leur engagement et leur aide publique dans la zone. Cette manifestation constitue un exemple significatif de l’inclusion collaboratif entre la voie officielle de la diplomatie et la diplomatie décentralisée.
1 La conférence était organisée par la commission méditerranéenne du réseau Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU) et la région PACA. La ville de Marseille a accueilli l’évènement au sein du prestigieux site du Palais du Pharo, qui appartient à la mairie, pour la première journée et au sein de l’hémicycle du Conseil régional pour la deuxième journée. Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille, propose aux participants, dans son allocution d’ouverture, d’« apporter leur pierre à l’édifice de la paix en Méditerranée ». Il déclare vouloir imposer les collectivités locales aux Etats comme « acteurs incontournables » de l’UpM. Enfin, l’improvisation du soliste le conduit à nuancer la volonté pourtant affichée tout au long du discours de se substituer aux Etats pour conclure : « encore que nous ne ferions pas plus mal ». Michel Vauzelle, Président de la région PACA prend soin de rendre hommage à M. Gaudin, avec qui, assure t-il, il entretient des relations excellentes quand il s’agit de « l’intérêt supérieur de Marseille ».
Cette façade semble illustrer le consensus qui prévaudrait sur les enjeux internationaux entre les acteurs politiques du territoire. La conclusion est laissée au soin des représentants de l’Etat, avec une intervention d’un membre du Quai d’Orsay et du préfet afin de montrer la continuité des initiatives diplomatiques étatiques et locales. Les autorités locales revendiquent désormais le statut de Tiers-acteurs diplomatique : qu’ont-t-ils été jusqu’à présent dans l’ordre international ? Rien. Que demandent-t-ils ? A être quelque chose.
Le lendemain, les participants sont attendus au Conseil Régional de PACA. La symbolique n’est pas neutre. Si Marseille accueille le Forum, c’est la région et son Président qui investissent cet espace laissé libre par le maire pendant la campagne électorale qui ont fragilisé un leadership déjà contesté dans l’arène politique marseillaise. Le consensus s’accommode d’une compétition interne pour détenir la parole internationalisée de la ville. C’est dans cette perspective que l’on peut interpréter la pluralité des initiatives internationales des différents échelons des collectivités locales dont les compétences en la matière s’entrecroisent.
A Un invariant se détache au-delà de la disparité. Les acteurs politiques locaux partagent la recherche d’un leadership sur le bassin méditerranéen. Le flou de la notion de leadership, corollaire de la notion de « rayonnement » favorise la convergence d’une direction pourtant construites d’intérêts divers, parfois redondants et qui peuvent être contradictoires. Elle se manifeste par la permanence d’un discours sur la « capitale » que devrait constituer Marseille en Méditerranée sans que l’on sache ce que recouvre réellement cette fonction (commandement, rayonnement, centralité ?). Ce débat est réouvert au sein du projet de l’UpM. La question de savoir où se situera le siège du Secrétariat technique de la nouvelle institution internationale masque en fait une volonté d’apparaître comme la capitale d’un territoire transnational. Une déclaration commune des responsables des collectivités locales marseillaises proclame que « Marseille est un partenaire privilégié de la rive Sud de la Méditerranée et c’est ce qui fait sa véritable particularité. En effet, ses atouts historiques, identitaires et géographiques la placent comme un des acteurs majeurs dans la dynamique des échanges entre le Nord et le Sud. Marseille et le territoire régional ont la légitimité sociale et la sensibilité pour porter dans un projet européen le "drapeau méditerranéen" ». Pour Marie-Arlette Carlotti, députée européenne (PSE), « Marseille dispose de tous les atouts pour devenir cette capitale de la Méditerranée. C'est la vocation de notre ville depuis 2600 ans, c'est notre histoire et c'est notre avenir ». Ce discours est par ailleurs relayé par les autorités politiques nationales. M. Sarkozy intervient en effet dans le débat pour déclarer que la « capitale française de l'Union pour la Méditerranée s'appellerait Marseille ».
Ainsi le premier conseil des Ministres des pays membres de l’UpM (les pays de l’UE et les pays tiers méditerranéens) a-t-il lieu à Marseille les 3 et 4 novembre 2008 dans le cadre de la Présidence française de l’UE. Au cours de ce sommet, les Ministres confient cependant à Barcelone l’opportunité d’accueillir ce Secrétariat technique.
Cette déception des acteurs politiques n’est pas complètement consolée par la perspective de devenir capitale européenne de la culture en 2013 puisque, dès cette annonce, les autorités locales annoncent, dans un même élan d’unanimité, la volonté de un pôle d’expertise économique et de développement durable de l’UpM dans le cadre du Facilité euro-méditerranéenne d’investissement et de partenaire, instrument financier régional de la Banque européenne d’investissement. Si Bruxelles sera la capitale politique de l’UpM et Barcelone, sa capitale technique, Marseille veut en être la capitale opérationnelle, "le Strasbourg" de l'Upm, selon M. Gaudin, en s’appuyant sur le créneau de l’ingénierie financière.

mardi 6 janvier 2009

Enjeux locaux internationaux 2009 (2) : Euroméditerranée

AL'année 2009 devrait être une année décisive pour l'opération d'aménagement urbain et de développement économique Euroméditerranée. Lancé à la fin de l'année 1995, le projet visait "à faire de Marseille une métropole de premier plan au sein de la 'zone de prospérité partagée' décidée par l'Union Européenne et 12 pays méditerranéens dans le cadre du processus de Barcelone". Les objectifs poursuivis par l'Etablissement Public d'Aménagement (EPA), restés jusqu'alors sta(tis)tiques, tendaient à faire d'Euroméditerranée une initiative agrégeant diverses politiques publiques : attirer des populations nouvelles (10 000), créer et réhabiliter des logements (10 000), créer des emplois (20 000), attirer des entreprises par la construction de bureaux, de commerces et d'équipements publics. En clair, des logements et des emplois nouveaux pour transformer un hyper-centre, renouveler le tissu de population et d'entreprises implantées sur le site et ainsi changer l'image de la ville, la rendre plus attractive et "contribuer au rayonnement international de la métropole marseillaise en créant les équipements nécessaires dans le domaine de la culture, de l’économie et de la formation, et en veillant à la qualité urbaine et architecturale des nouveaux quartiers".

Toutefois, les promoteurs de l'opération prennent conscience des difficultés propres à des entreprises qui agissent sur l'existant urbain : des chantiers matériels et sociaux qui n'avancent pas comme prévu, des résistances insoupçonnées à la "modernité". L'EPAEM organise ainsi depuis trois ans des "journées découvertes" : "au menu de ces journées découvertes un parcours d’environ 1h30 avec une visite en bus du périmètre complétée par une présentation autour de la maquette, une exposition au Centre d’Information des Docks, et la diffusion d’un film. Les parcours et commentaires sont assurés par les cadres de l’Etablissement Public". L'année 2009 devrait voir se multiplier cette initiative qui avait trouvé son public (2 000 tickets vendus). Enfin, selon la Marseillaise, "des rencontres avec les acteurs associatifs de ces secteurs socialement et économiquement très fragiles seront entamées dès janvier 2009. Une période de concertation avec les habitants sera engagée à partir de janvier 2010, avant le lancement des travaux de la première ZAC, prévus en 2012."

Outre l'enjeu de l'appropriation populaire de l'opération, Euroméditerranée sera engagée, au cours de l'année, dans l'ouverture ou la livraison de chantiers majeurs. Citons pour l'ouverture, le Musée des Civilisations et de la Méditerranée qui a reçu les crédits suffisants du Ministère de la Culture et dont le titre de Capitale européenne de la culture 2013 a conforté ; le Centre Régional de la Méditerranée dont la maquette architecturale vaut le détour ; la passerelle de l'autoroute du littoral devrait -en fonction des retards- quant à elle être détruite pour céder la place à un tunnel, la Joliette devenant une esplanade ; la Tour CMA-CGM, tête de pont du nouveau waterfront, devrait être livrée à la fin de l'année ; enfin, la gare Saint Charles et ses alentours devraient voir leur rénovation -enfin- achevée.

Au rayon des départs de chantiers, l'année 2009 était prévu comme un accélérateur. On peut se demander cependant dans quelle mesure la crise économique remettra en cause les projets. Selon François Jaliot, directeur général de l'EPAEM, "certains gros paquebots, comme Euromed Center ou la tour Jean Nouvel perdent du temps, notamment à cause des recours déposés sur les permis de construire. Des retards préoccupants, car ils vont entraîner une panne d’offres, préjudiciable à l’emploi." Outre les bâtiments évoqués, les chantiers de SAS Suède (projet Constructa), l'hôpital Euroméditerranée et les logements de lîlot Bernard Dubois risquent de subir des retards.

Enfin, 2009 sera l'occasion de mettre en œuvre le projet d'extension -170 nouveaux hectares délimités au nord par Cap Pinède et les Arnavaux, au sud par le village du Canet et à l’est par Bougainville- décidé à la fin de l'année 2007 par le Premier Ministre. On connaît depuis quelques semaines le nom des cabinets d'urbanistes lauréats. Il s'agit de trois tandems. Le premier est constitué par A/NM/A dirigé par Nicolas Michelon qui a réalisé le quartier de l'Amphithéâtre à Metz ; ce cabinet sera épaulé par Laurent Hodebert, architecte-urbaniste marseillais et par le paysagiste Michel Corajoud (Grand Prix de l'Urbanisme. Grand Prix du Paysage). Le deuxième est constitué par Bruno Fortier et TN+ (Bruno Tanant et Jean-Christophe Nani) qui s'occupent actuellement du réaménagement du zoo de Vincennes. François Leclerq, accompagné par Rémy Marciano et Jacques Sbriglio formeront la troisième équipe (à leur actif, Lyon Confluence II et le Parc de la Reina Cristina à San Sebastian).
En 2009, l'EPAEM disposera d'un budget de 54 M€. Un plan d’investissement quadriennal prévoit, par ailleurs, 240 M€ d’investissements en travaux d’aménagement auxquels s’ajoutent 300 M€ d’équipements publics et 1 Md€ d’investissements privés.

vendredi 2 janvier 2009

Enjeux locaux internationaux 2009 (1) : Les élections européennes

A Le 7 juin prochain se tiendra l'élection du Parlement européen. Depuis les élections de 2004, le scrutin s'organise au sein de 8 circonscriptions interrégionales (Nord-Ouest, Ouest, Est, Sud-Ouest, Sud-Est, Massif central-Centre, Ile-de-France, Outre-Mer). A l'issue du tour unique, les sièges à pourvoir sont répartis entre les circonscriptions proportionnellement à leur population.

Les régles du jeu

Le nombre de candidats par circonscription est égal au double du nombre de sièges à pourvoir dans la circonscription. La liste est composée alternativement d’un candidat de chaque sexe. Est éligible tout citoyen de l’Union européenne âgé de 23 ans révolus. Les ressortissants communautaires autres que Français doivent avoir leur domicile réel en France ou y résider de façon continue depuis au moins six mois. Dans la circonscription du Sud-est, le finlandais Ari Vatanen est dans ce cas. Hormis pour les européennes de 1994 (dans le sillage des débats relatifs au Traité de Maastricht), la participation nationale baisse continûment depuis la première élection du Parlement européen au suffrage universel direct : 60,7% en 1979 ; 56,7% en 1984 ; 48,7% en 1989 ; 52,7 % en 1994 ; 46,8 % en 1999 ; et 43,1% en 2004.

Les sortants

Pour mémoire, voici la liste des députés européens sortants de la circonscription Sud-est :

Jean-Luc Bennahmias MODEM Verts-ALE

Guy Bono Parti Socialiste PSE

Marie-Arlette Carlotti Parti Socialiste PSE

Thierry Cornillet MODEM ADLE

Claire Gibault UDF ADLE

Françoise Grossetête UMP PPE

Jean-Maris Le Pen Front national Non-Inscrits

Patrick Louis MPF Indépendance/Démocratie

Michel Rocard Parti Socialiste PSE

Martine Roure Parti Socialiste PSE

Lydia Schénardi Front national Non-Inscrits

Ari Vatanen UMP PPE

Dominique Vlasto UMP PPE

L'ancrage marseillais est inégal en fonction des élus. La circonscription Sud-est est en fait dominée par des élus des pôles lyonnais et marseillais. Ainsi, on ne peut considérer M. Cornillet (conseil régional Rhône Alpes), Mme Grossetête (adjointe au maire de Saint Etienne), M. Louis (conseiller communautaire du Grand Lyon) ou Mme Roure (conseillère municipale de Lyon) comme étant parties du paysage politique local.

Les enjeux locaux

Au-delà des enjeux traditionnels que posent ce type d'élection en terme de participation électorale et d'évaluation du Front national, l'élection du Parlement européen pourra se lire dans une perspective locale. Un an après les municipales et quelques mois après les sénatoriales, les élections européennes seront l'occasion de mesurer l'état des forces politiques locales. Si les deux leaders ne s'affronteront pas frontalement, la liste UMP dans la circonscription du Sud-Est devrait être conduite par un proche du Président de la République, M. Michel Barnier, ancien Commissaire européen et actuel Ministre de l'Agriculture La figure bruxelloise de la majorité municipale. A l'issue d'une audition des députés européens de la majorité municipale, Mme Dominique Vlasto, aurait acquis le droit de figurer en deuxième position. A gauche, c'est Patrick Mennucci qui devrait mener la liste et remplacerait Michel Rocard qui ne se représentera pas. Les Verts ne disposeront pas de liste autonome mais se rangeront derrière celle du rassemblement Europe Ecologie menée par Daniel Cohen-Bendit. Dans le sud-est c'est toutefois l'adjointe Verte au maire de Valence, Michèle Ravasi qui conduirait la liste. Au centre, enfin, sans surprise M. Bennhamias sera en tête de la liste du Mouvement démocrate. L'ensemble des candidats seront connus à la fin du mois.

mercredi 24 décembre 2008

Le parc national des calanques et le nouvel équilibre politique

A La vidéo postée lors du post précédent semble un peu confuse au Lecteur. Elle mérite donc un peu d'explication.

Au cours du dernier conseil municipal, une discussion a porté sur la création du parc national des calanques. L'ouverture de ce parc est prévu pour 2010 dans les calanques de Marseille, entre Marseille et Cassis, devenant ainsi le premier parc national péri-urbain d'Europe. Il est préparé depuis 1999 par un groupement d’intérêt public (GIP). Doté d'un financement propre, le GIP regroupe des représentants de l'État, des collectivités territoriales, du monde associatif et des propriétaires privés.

Un collectif est par ailleurs créé pour réclamer l'ouverture de ce parc et peser dans les négociations avec les élus locaux. En 1992, par exemple, la Ville de Marseille avait présenté un projet de modification du Plan d'occupation des Sols (POS). Retiré à la suite de la mobilisation du collectif, le nouveau zonage aurait autorisé la construction sur un périmètre initialement prévu pour accueillir le parc national alors que le site est classé depuis 1975 pour la partie terrestre et depuis 1976 pour la partie maritime. En outre, un dispositif législatif est censé protéger l'environnement dans cette zone (citons la Loi Littoral de 1986 et plus récemment la loi relative aux Parcs Nationaux de 2006 qui remplace la loi de 1960).

Pour résumer, on a donc un enjeu environnemental porté par une mobilisation collective de type associatif engagé dans des négociations avec les édiles qui poursuivent des intérêts contradictoires : pour schématiser, protection de l'environnement contre développement économique et aménagement urbain.

Le débat prend un tour politique. Le 15 décembre dernier, nous raconte Le Point, "la majorité du sénateur-maire UMP Jean-Claude Gaudin a approuvé avec des réserves l'avant-projet adopté le 10 octobre par le Groupement d'intérêt public des Calanques de Marseille à Cassis (GIP), portant notamment sur le classement en zone "coeur de parc" de certains espaces déjà urbanisés.". L'opposition enrage et entend faire voter un amendement pour supprimer les réserves. En fait, elle entend mettre la majorité devant une ambiguïté majeure : le sénateur-maire ne serait-il finalement pas purement opposé au parc ? M. Gaundin ne plombe-t-il pas le sujet ? Or, en ces temps de domination normative de l'écologie, il est difficile de paraître opposé à un projet de cet ampleur. Pour se justifier, la majorité évoque des "précautions supplémentaires". En fait, il semblerait que le maire soit sensible aux arguments des habitants des Goudes et de Callelongue qui se sentent menacés par l'initiative.

On entend dans la vidéo, M. Mennucci "exiger" une explication de vote sur le projet afin de montrer l'unité du groupe socialiste (liste Faire Gagner Marseille) face aux hésitations du maire.

Voilà pour le contexte.

Cet épisode montre le nouveau déséquilibre qui semble s'instaurer au sein des mondes politiques marseillais. M. Gaudin dispose de moins en moins de marges de manœuvre face au Conseil général, au Conseil Régional et à la Communauté urbaine détenus par l'opposition municipale. Un partage des tâches semble même se constituer entre leaders de l'opposition résumée comme suit par Rue 89 : "Jean-Noël Guérini passe généralement la première couche. Eugène Caselli, également élu, la seconde. Patrick Mennucci, président du groupe socialiste, assurant pour sa part les finitions." Cette vidéo nous montrerait donc les "finitions". Des finitions qui portent dans la mesure où M. Gaudin se voit contraint (après avoir été qualifié de "despote") non seulement d'accorder à l'opposition l'explication de vote qu'elle souhaitait et le vote sur le projet qui était préalablement refusé par le maire au prétexte que tout le monde était d'accord. En effet, le vote est unanime comme on le voit à la fin. Et M. Mennucci de conclure "voyez c'était pas la peine de s'énerver". Non, en effet. La séquence vise donc à montrer le basculement du lieu du pouvoir communal qui n'est plus municipale. Cependant, il ne s'agit pas de verser dans un institutionnalisme excessif (la configuration des institutions déterminerait des comportements), mais de comprendre comment les rôles des élites politiques locales se trouvent modifier par une situation nouvelle à Marseille : une cohabitation métropolitaine. Le paysage politique marseillais traditionnellement fragmenté se clarifie par une polarisation nette qui remet en question le thème du discours fédérateur avancé depuis la victoire au titre de capitale européenne de la culture.

mardi 23 décembre 2008

Où est l'agora marseillaise ?

athenes-agora-romaine-02.jpg Une comparaison rapide entre les dernières séances du conseil municipal de Marseille et du conseil de la communauté urbaine semblent montrer a priori l'éclatement des configurations politiques locales. Cet échange politique territorialisé de nature conflictuelle contraste avec le mot d'ordre du "jouer collectif" qui inonde les discours politiques depuis la victoire de Marseille-Provence au titre de capitale européenne de la culture en 2013. Ce paradoxe pose la question du siège du pouvoir à Marseille : qui décide ? Comment se construit la décision ? Les réponses à ces questions déterminent directement les conditions de production des stratégies et des politiques locales internationales.

Le conseil municipal est encore dominé par M. Gaudin. On se souvient des films de Michel Samson et de Jean-Louis Comolli, lorsque M. Gaudin, se présentant à la mairie en 1988, déclare : "Maire c'est le plus beau des mandats !". Le même Samson dans son Gouverner Marseille (écrit avec Michel Péraldi) montre dans quelle mesure l'Hôtel de ville est le lieu du pouvoir le plus convoité, le siège suprême de la puissance quand bien même les ressources matérielles de la municipalité sont désormais réduites au profit de la région depuis les lois de la décentralisation de 2003 et de la communauté urbaine depuis la loi Chevènement de 1999. Il semble toutefois que le pouvoir du maire n'a jamais été autant contesté et fragile qu'en cette fin d'année 2008.

"Sous la stabilité, l'effervescence" pour reprendre une formule de Samson/Peraldi. Si M. Gaudin est élu en mars dernier pour un troisième mandat (le plus beau ?), le coup est passé près. M. Guérini fut donné gagnant par les sondages jusque dans l'entre deux tours. Le "découpage" pasquaien a fait le reste. Mais le maire de la ville-mère est désormais le seul de son camp parmi le quadriumvirat qui dirige le territoire marseillais.

Jean-Noël Guérini, le patron des socialistes marseillais, comme il est coutume de le qualifier, dirige le puissant Conseil général (CG) des Bouches du Rhônes.Le budget 2009, "plan de bataille contre la crise", s'élève à 2,215 milliards d’euros (contre 1,653 milliard d'euros pour la mairie). Surtout, il investit les ressources qui lui sont offertes par sa position au CG dans son opposition au conseil municipal. Ainsi M. Guérini a-t-il présenté la semaine dernière un généreux plan de relance pour Marseille dépassant les 500 millions d'euros. Ce "cadeau" offert à M. Gaudin montre moins la générosité politique du Conseil général que la localisation de la puissance économique dans la ville.

Cette stratégie est d'autant plus efficace que M. Guérini n'est pas isolé. A la mairie, il bénéficie du travail de sape de Patrick Menucci. Je vous invite à voir cette vidéo pour s'apercevoir des difficultés auxquelles sont confrontées le maire.

Les socialistes bénéficient également de la majorité au Conseil régional sous la présidence de Michel Vauzelle. M. Vauzelle est récemment intervenu dans la crise sociale qui a perturbé la réouverture de la ligne TER Aix-Marseille pour fustiger la direction de la SNCF.

Enfin, la communauté urbaine est aussi présidée par un socialiste, Eugène Caselli, porté par des circonstances particulièrement confuse. M. Muselier s'en souvient. Mais l'annulation de l'élection de Sylvie Andrieux dans le 7ème secteur (13ème et 14ème arrondissements) risque de perturber l'édifice construit à MPM.

Au final, les analyses classiques sur le système politique marseillais qui font état de la fragmentation du pouvoir semblent particulièrement validées par la situation actuelle. Cette lecture prend le contrepied du discours sur le "jouer collectif" qui a pourtant été interprété comme la clé de la réussite de Marseille-Provence 2013. Toutefois, le multipositionnement des acteurs qui se retrouvent par le jeu du cumul des mandats dans des enceintes différenciées pour discuter de politiques publiques proches - certes avec des compétences parfois différentes - ,s'il brouille les cartes d'interprétation du pouvoir politique local, clarifie paradoxalement la nature des enjeux et du combat politique. Que M. Guérini préside la séance ou le groupe d'opposition, la lutte s'engage sur des termes équivalents. Et M. Gaudin semble de plus en plus isolé.

jeudi 18 décembre 2008

Les projets de rénovation urbaine dans les villes portuaires européennes

Un article du Monde dans l'édition d'aujourd'hui tente de nous expliquer Comment Hambourg dessine la ville de demain. Il nous rappelle que "de Londres à Marseille, de Stockholm à Bilbao, de nombreuses villes d'Europe désireuses d'enrayer la spirale du déclin sont parties à la reconquête urbaine de leur zone portuaire historique". L'occasion nous est donnée de revenir brièvement sur quelques projets de rénovation urbaine dans les villes portuaires européennes, ou pourquoi Euroméditerranée n'est pas unique. Si le levier culturel semble être partagé, la nature des financement utilisés varient fortement.

AHambourg : Le projet HafenCity se déploie sur un périmètre de 157 hectares. Il s'agit d'une opération de développement économique et d'aménagement urbain qui s'inscrit dans le coeur historique de la ville au bord de l'Elbe. L'objectif est de construire une ville nouvelle reposant sur des logements, un quartier d'affaire, des commerces, des lieux de culture et de tourisme. Jusqu'ici, tout cela ressemble au projet marseillais. La différence majeure concerne la gouvernance de l'opération. Si Euroméditerranée est un Etablissement Public, HafenCity est géré par une entreprise privée HafenCity Gmbh. Au total, 5 Milliards d'euros d'argent privé seront injectés dans le projet d'ici 2020 contre 1,5 Milliards d'investissements publics. A terme, 12 000 habitants et 40 000 emplois supplémentaires devraient venir s'implanter le long des quais. Enfin, à noter qu'Hambourg se dotera lui aussi d'un grand muséee, l'Internationales Maritimes Museum.

ALiverpool : Avant le lancement en octobre dernier du projet "Liverpool One", la ville au bord de la Mersey n'avait pas subi de rénovation globale. En 2003, l'attribution du label capitale européenne de la culture 2008 a toutefois accéléré une profonde transformation de la ville. On trouve à l'origine le constat partagé par le sens commun à Marseille : déclin économique et démographique, altération de la substance urbaine, paupérisation du centre, dégradation architecturale, augmentation de la criminalité. Le financement des opérations de "régénération" urbaine provient de l'UE (environ 800 millions d'euros) et surtout d'une entreprise privée, Grosvenor (plus d'un milliard d'euros pour les 17 hectares de l'hypercentre). Capitale de la culture oblige, un Musée de l'esclavage et un Palais des Congrès ont ouvert leurs portes.

ABilbao : L'équipement emblématique de la rénovation urbaine de Bilbao est le musée Guggenheim inaugurée il y a onze ans désormais. Ce projet repose sur une reconversion industrielle d'un territoire souffrant dans le début des années 1990 d'un taux de chômage frôlant les 25%. Le musée Guggenheim est l'archétype d'une réussite en matière de transition urbaine. D'une part, l'image de la ville a changé. Physiquement, les architectes les plus réputés (Santiago Calatrava, Frank Gehry ) ont redéssiné la morphologie urbaine. En terme de notoriété, la ville a également vu se transformer les regards portés sur elle. L'impact économique de ces mutations est semble-t-il considérable : tourisme, 1,5 milliards de revenus générés (pour un investissment initial de 150 millions d'euros), création de 45 000 emplois directs. L'ouverture du musée a permis de stimuler le tissu industriel et de redynamiser l'économie locale qui atteint aujourd'hui une masse critique métropolitaine.

ALe Havre : Plus modeste, Le Havre a lancé en 2006 un projet de relance de ses chantiers maritimes, appelé Port 2000. Les travaux ont débuté en 2001 et ont nécessité 1,3 Milliards d'euros d'investissements publics. L'objectif est de parvenir à une augmentation substantielle des capacités d'accueil de conteneurs. L'opérateur marseillais CMA-CGM est le premier à avoir investi le flambant neuf "Terminal de France". La réforme des ports autonomes a semble -t-il quelque peu inquiété les syndicats de dockers dans la mesure où Port 2000 s'inscrit dans la progression de la privatisation des activités portuaires. L'idée sous-jacente de Port 2000 est de regagner des parts de marchés perdus dans la compétition avec les autres ports d'Europe. Le succès de Port 2000 pourrait se traduire par des retombées positives en marière d'emplois (on évoque le modeste chiffre de 2 500). Toutefois, et contrairement aux autres exemples évoqués, Le Havre ne déploie pas une approche intégrée de la rénovation urbaine (même si l'opération entend se montrer respectueuse de l'environnement). Il n'y a pas par exemple la volonté de redessiner le front de mer en faisant appel à des grands architectes. Si la porte Océane restera le monument havrais, il n'existe pas non plus de réflexion visant à doter la ville d'outils culturels métropolitains.

On pourrait poursuivre la liste des villes européennes post-portuaires engagées dans des réflexions stratégiques (Amsterdam, Gênes, Barcelone, Anvers, Rotterdam...). Elles visent à "refaire la ville sur la ville" et à accélérer la métropolisation en s'appuyant sur l'outil portuaire et en jouant sur le levier culturel pour produire des effets cliqués sur le développement économique et l'aménagement urbain. Le problème que ces opérations posent toutes à leur manière est celui des effets sur l'existant. A Marseille (comme ailleurs), le discours sur la modernisation de la Rue de la république ou du quartier de la Joliette (ou des rives de la Mersey etc.) s'accompagne d'opération spéculatives visant à accroître le niveau du foncier. L'objectif poursuivi dans ces villes est d'attirer des investisseurs, de leur offrir un parc immobilier innovant et des services internationalement immobiles. Les intentions de mixité sociale ne résistent pas à ces pratiques et on craint fort de voir les quartiers populaires historiques sur lesquels se greffent les opérations de rénovation urbaine non seulement disparaître ici (et avec eux la mémoire et la culture d'un quartier) mais aussi s'exporter sous une autre forme ailleurs, en périphérie.

lundi 15 décembre 2008

Ouverture de la ligne TER Aix-Marseille : un enjeu métropolitain

AC'est aujourd'hui que la ligne de TER reliant, en une demi-heure, Aix-en-Provence à Marseille devait être inaugurée.
La ligne avait fermé ses voies le 10 décembre 2006. La cause ? Les 3 500 voyageurs quotidiens qui empruntaient quotidiennement la ligne étaient insuffisants pour rentabiliser l'exploitation. La SNCF décidait d'entamer d'importants travaux de rénovation dont le coût est estimé à 160,5 millions d'euros, cofinancée par l'État (31,65%), la Région (31,65%), le Conseil général (31,65%) et le Réseau Ferré de France (5,05%). La desserte est ainsi passé de 47 à 97 trains quotidiens. Trois nouvelles gares ont été construites au nord de Marseille (St-Antoine, St-Joseph et Picon-Busserine).

Cette ouverture qui devait se placer sous le signe de la modernité, du service à la personne au site internet (avec blog,) est perturbée par une grève des agents de conduite à l'appel de Sud-Rail, de la CGT et de FO. La mise en place du cadencement en matière de TER et l'ouverture de la ligne Marseille-Aix sont à l'origine de ce mouvement.
Ce mouvement est à l'origine d'une polémique entre Michel Vauzelle, le président de la Région et Guillaume Pépy, le PDG de la SNCF. Selon M. Vauzelle : "Lors de la table ronde que j'ai organisée le 7 novembre, les responsables nationaux et régionaux de la SNCF avaient pris l'engagement de ne pas faire de la ligne Aix-Marseille un enjeu de productivité, afin de garantir la réussite de cette réouverture tant attendue. Or, il semble aujourd'hui que ces mêmes responsables soient revenus sur leur engagement et aient proposé aux agents de conduite une organisation du travail extrêmement tendue. Dans ces conditions, je ne peux qu'exprimer mon mécontentement, mon immense déception et mon incompréhension".

Réponse de M.Pépy : " M. Vauzelle est élu et c'est la collectivité qu'il préside qui a aujourd'hui autorité pour organiser les transports ferroviaires dans l'espace régional. A ce titre, je suis son fournisseur et il est mon client. En tant que chef d'entreprise, je n'ai pas pour habitude de répliquer aux critiques de mes clients et de polémiquer. La seule chose que je peux dire, c'est que les efforts que nous faisons en PACA sont réels. On a des cheminots extrêmement mobilisés dans la région. Ils sont tout sauf négligents, tout sauf désengagés, tous sauf indifférents à la qualité du service. Mais j'observe simplement qu'en PACA, l'exploitation est particulièrement difficile, avec une ligne côtière à voie unique très engorgée et des gares saturées. Nous payons donc cash le moindre incident technique. L'objectif, ce n'est pas de supprimer ces incidents - je mentirais si je m'engageais là dessus -, mais d'en limiter le nombre et, surtout, leurs conséquences sur l'ensemble du trafic et pour nos clients."

Au-delà de la polémique, la question posée par l'ouverture de la ligne Aix-Marseille pose la question de la métropolisation de la région urbaine marseillaise car comme le souligne M. Pépy (avec ses préoccupations propres) : "iI était aberrant d'avoir une ligne en si mauvais état entre les deux plus grandes villes des Bouches-du-Rhône dont l'attractivité n'est plus à démontrer. Du point de vue de la SNCF aussi, c'était une anomalie. Elle est désormais réparée."

Si la construction d’un ensemble métropolitain semble s’imposer c'est parce qu'il constitue la « ville réelle » en terme de gestion des politiques publiques. L’accélération des transferts de compétence à l’échelon métropolitain dessine les contours d’un nouveau régime urbain. Or, à Marseille, le découplage entre la « ville réelle » et la « cité centrale » rend – pour le moment – improbable la construction métropolitaine comme l'atteste la difficulté de relier les deux pôles les plus importants d'une agglomération en archipel.

A ce titre, je renvoie le lecteur vers les travaux et réflexions du Club de Réflexion de l'Aire métrpopolitaine marseillaise, "né du constat de l'absence d'une réflexion approfondie et partagée sur les questions d'aménagement, de développement économique, social, culturel à des échelles pertinentes' et aux deux ouvrages dont sont issus ces débats : La Métropole inachevée sous la direction de Jean Viard (1994) et Aire métropolitaine marseillaise, encore un effort dirigé par Paul Langevin et Edith Chouraqui en 2000. Si ces travaux datent un peu, ils restent d'actualité pour souligner la faiblesse de l'intégration métropolitaine et la gestion en archipels des problèmes.

samedi 13 décembre 2008

Marseille sur Facebook

F Facebook est un espace particulièrement intéressant à partir duquel nous pouvons observer la fabrication et la vigueur de réseaux sociaux faiblement structurés.

Rapide tour d'horizon (quantitatif) sur les groupes du Facebook de l'international marseillais ; par ordre d'importance :

- Pour la libération de SANTOS (Supporter marseillais injustement emprisonné) ! : « Ce groupe est comme une pétition. Il n'a qu’un seul but: la libération de Santos ! » administré par Simon Lamarque / 34 888 membres / 2 192 wall posts / 169 photos / 18 items / 6 vidéos.. Site lié

Olympique de Marseille... Un jour ou l'autre, l'Europe parlera marseillais : « Dedicated to all people who love soccer of course but especially for those who love Olmypique de Marseille, a legendary football club in France » administré par Samy Assaf, Oby Nungisa, Ammayas Khidas / 7 698 membres / 447 wall posts / 97 photos / 4 items / 13 vidéos. MAJ et activités : hebdomadaire. Site lié

- Marseille Provence 2013, capitale européenne de la culture : « Comité de soutien pour la candidature marseillaise au titre de capitale européenne de la culture 2013 », administré par Boris Gärtner / 4 980 membres / 10 topics de discussion / 162 posts sur le mur / 186 photos / 79 items / 15 vidéos. Site lié /

- Marseille 2024 : «La Chambre de Commerce et d'Industrie de la cité phocéenne songe à une candidature marseillaise pour l'organisation des Jeux Olympiques 2024. Soutenez ce projet fou en rejoignant ce groupe ! » administré par Pauline Gamerre 4 495 membres / 5 topics de discussions / 98 wall posts / 18 photos / 12 items / 5 vidéos. Site lié (non officiel)

- Facebook Marseille : « Ici, chacun propose les sorties ou évenements qui l'intéressent (un ciné, une balade, une expo, un resto jap', une sortie au théatre, ou que sais-je encore...), l'information peut donc etre diffusée au plus grand nombre... » administré par Xavier José / 2 778 membre / 29 topics de discussion / 145 wall posts / 216 photos / 7 items / 5 vidéos.

- Les Cahiers Marseillais : « Collègue ! Si toi aussi tu penses que Marseille est un diamant brut qui n’a pas besoin d’être taillé ; Si toi aussi tu veux que Marseille rayonne à travers le Monde ; Si toi aussi tu attendais un bon magazine sur ta ville ; Tu vas aimer les Cahiers Marseillais ! » administré par Julie Mauduie / 1 595 membres, 1 topic discussion / 13 photos / 9 items / 3 vidéos. Site lié

- Marseille « Si vous êtes une galinette, un nervi, papet, minot, caille, cacou, grognasse, mamet, mariole, radasse et même bien brave : bienvenu ! » administré par Franck Torset / 1 178 membres / 82 wall posts / / 89 photos / 35 items / 8 vidéos

- MUCEM : « Le plus grand musée de société français (l'ancien musée national des arts et traditions populaires), fort de la richesse de son patrimoine, se devait d'élargir son horizon pour se réinventer en Musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée. Un nouveau projet scientifique et culturel, élaboré par l'équipe du musée, enrichi par les travaux d'un comité scientifique composé de spécialistes nationaux et internationaux, a été établi. » par administré par Yannick Vernet / 100 membres / 4 topic discussion / 8 wall posts / 6 photos / 7 items / 1 vidéo. Site lié

- Euroméditerranée « Euroméditerranée est une Opération d’Intérêt National visant à faire de Marseille une métropole de premier plan » administré par Huy-Nguyen Vu / 15 membres / 1 topic discussion / 2 wall posts / 13 photos / 4 items / aucune vidéo. Site lié

samedi 6 décembre 2008

Santos, identité régionale et bien culturel transnational

h Santos Mirasierra est condamné à 3 ans et demi de prison ferme pour "atteintes à agents de l'autorité avec l'usage d'un objet dangereux" et "blessures" envers un policer qui aurait reçu un siège. Il ne s'agit pas de revenir sur l'absurdité, la sévérité de la peine mais sur la mobilisation qui nait.

Santos fait partie des leaders du groupe de supporters Commando Ultra 84' de l'Olympique de Marseille. On lui reproche la réaction à une charge de la police espagnole lors du match contre l'Athlético Madrid au stade Vicente-Calderon le 1er octobre dernier. Jugez plutôt :

Son avocat médiatique Maitre Collard évoque le 12 novembre "un racisme anti-marseillais qui fonctionne là-bas". Cette ligne de défense si elle n'est pas loin d'atteindre le point de Godwin, m'a fait penser à un article du camarade Pierre Bourdieu "l'identité et la représentation : éléments pour une réflexion critique sur l'idée de région" publié par les Actes de la Recherche en Sciences Sociales en 1980 :
"La recherche des critères "objectifs" de l'identité "régionale" ou "ethnique" ne doit pas faire oublier que, dans la pratique sociale, ces critères (par exemple, la langue, le dialecte ou l'accent) sont l'objet de représentations mentales, c'est à dire d'actes de perception et d'appréciation, de connaissance et de reconnaissance, où les agents investissent leurs intérêts et leurs présuposés, et de représentations objectales dans des choses (emblèmes, drapeaux, insignes, etc.) ou des actes, stratégiques intéressées de manipulation symbolique qui visent à déterminer la représentation (mentale) que les autres peuvent se faire de ces propriétés et de leurs porteurs"

L'identité régionale serait véhiculée entre autres par des stigmates co-construit par les membres du groupe et par les membres extérieurs. Bourdieu ne s'arrête évidement pas là et évoque la revendication des délimitations infra-étatiques des discours régionalistes "performatifs" dans la prétention à l'existence de régions objectives ou naturelles. Au final, Bourdieu met en évidence les luttes symboliques qui débouchent ou échouent sur la construction ou la revendication d'une identité régionale.

Santos a-t-il souffert de son identité régionale marseillaise, des stigmates qui la supportent, de la "mauvaise réputation" qu'elle véhicule ? Poser la question ne fait-il pas partie de traits d'identité marseillais reconnus (ou plutôt partie du folklore qui n'existe qu'en dehors de Marseille) ? : sa légère paranoïa, son sens de l'exagération, sa théorie du complot. N'empêche avec 3 ans et demi de prison, il semblerait que même les paranoïaques aient des ennemis.

Un autre élément de l'analyse pourrait être aussi l'internationalisation de la mobilisation. Le phénomène ultra est aussi transnational comme l'atteste les banderoles, chants de soutien en Europe. L'OM est aussi un objet culturel de la mondialisation comme le montre les initiatives prises ici ou là.

Pour plus d'information sur ce qui se passe et se passera autour de Santos, le site officiel de la mobilisation.

mercredi 3 décembre 2008

Le port : des réalités contrastantes

A Alors que les cabinets d'urbanistes ont enfin été désignés dans le cadre de l'extension au nord d'Euroméditerranée, l'actualité du jour, liée au port, offre une mise au point contrastante. Des épiphénomènes contradictoires difficiles à interpréter mis bout à bout mais qui tendent à montrer une incertitude qui pèse sur le territoire portuaire marseillais. Certes les éléments listés ci-dessous ne sont pas d'importances similaires et même parfois anecdotiques mais révèlent certains traits caractéristiques d'une métropole qui se cherche :

- CMA CGM, le 3ème groupe mondial de transport maritime en conteneur, qui a récemment reçu l'autorisation d'exploiter le terminal de conteneurs du port de Tianjin en Chine, a lancé un projet de construction et d’exploitation d’un terminal à conteneurs en eaux profondes dans le port de Xiamen (22ème port mondial pour le trafic de conteneurs). Ce projet qui doit entrer dans une phase d'exploitation d'ici 2 ans a reçu l'aval des autorités chinoises. Cette implantation illusttre la bonne santé du groupe marseillais dirigé par Jacques Saadé.

- Le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau, a annoncé ce matin que la France se verra doter d'une Ecole nationale unique de la Marine Marchande (EMM) qui se substituera aux quatres écoles existantes implantées au Havre, Marseille, Nantes et Saint-Malo. L'objectif du Ministre est "d'augmenter le nombre d'officiers de la marine marchande aujourd'hui formés dans l'Hexagone en créant une grande école attractive et reliée à l'Europe, qui réponde aux besoins des armateurs". Ceci n'est cependant pas sans soulever des questions et des inquiétudes : les 4 EMM accueillent au total près de 1 000 élèves officiers mais ne proposent pas toutes des formations identiques. Seules les EMM de Marseille et du Havre dispensent la formation des officiers de 1ère classe de la marine marchande (filière A), les EMM de Saint-Malo et de Nantes assurant la formation des officiers de la filière professionnelle (filière B). Une première annonce de M. Bussereau en avril dernier formulant le voeux de "renationaliser" les écoles de la marine marchande et de réduire à 2 le nombre de sites de formation avait suscité quelques remous ici ou (surtout en Bretagne).

- Une nouvelle encore plus inquiétante concerne la place du port marseillais dans la hiérachie nationale. On apprend en effet que le port de Marseille n'est plus leader sur les trafics Continent-Corse mais est désormais supplanté par Toulon qui totalise 22% du trafic à égalité avec Nice, contre 18% pour le port phocéen. Elle perd la première place qu'elle avait pourtant reconquis en 2007 après deux années de crise. Cette chute s'expliquerait par la perte de compétitivité du principal opérateur, la SNCM, face à Corsica Ferries. Cette nouvelle intervient dans le contexte de la réforme, contestée, de la gouvernance des ports autonomes qui laisserait plus de place au secteur privé et ne risque pas d'apaiser le climat social déjà marqué par une grève de 24h des agents de manutention jeudi dernier tandis que les personnels du terminal pétrolier de Lavera avaient pour leur part décidé d'observer quatre heures d'arrêt de travail en fin de service.

dimanche 30 novembre 2008

Mouvements à 360°

C Cette semaine un regard rapide sur l'actualité marseillaise internationalisée est révélatrice des mouvements à 360° de ces activités.

- mercredi, la défaite de l'OM contre Liverpool précipite l'élimination du club de la plus prestigieuse des compétitions européennes. Toutefois, ce voyage n'est pas perdu pour tout le monde. Le match aura été l'occasion pour certains membres du comité de Marseille Provence 2013 de rencontrer leurs homologues de Liverpool Capitale européenne de la culture 2008. Les liens du réseau Cities on the Edge ont ainsi été réactivés. Pour plus d'infos, ici.

- samedi, 3 équipes d’urbanistes sont désignées pour dessiner l'extension d'Euroméditerranée presqu'un an après le décret du Premier ministre qui prévoit de générer 3,5 milliards d’euros d'investissements publics et privés supplémentaires portant donc à plus de 7 milliards d'euros les investissements sur 183 hectares supplémentaire au nord du périmètre actuel. On attendra le 18 décembre prochain pour connaître le nom des cabinets retenus et le contenu de leur projet.

- le lendemain, le festival de "l'Aïd dans la cité" battra son plein au Dôme sur le thème de "la Méditerranée dans tous ses états". Selon la présentation des organisateurs, ce festival vise " du Maghreb au Liban, en passant par la Turquie, l’Egypte et la Palestine, à déposer avec les vagues un peu de notre identité sur les rives du Lacydon. Certes, l’Histoire ne fut pas avare de confrontations parfois violentes entre peuples de la méditerranée, mais ceux-ci ont été capables de surmonter ce « choc des civilisations » pour produire des rencontres fécondes, comme l'expliquera Yasmina Khadra. Des contes libanais et palestiniens, des ateliers d’intiation à la calligraphie arabe et de musique Arabo Andalouse, de la musique maghrébine viendront alimenter cette croisière rêvée."

Sport, Culture, Méditerranée, Aménagement urbain et développement économique comme mises au points des activités internationales de la ville.

vendredi 28 novembre 2008

Hommage à Emile Temime

t-temime_emile.jpgEmile Temime est mort le 18 novembre. MM. Gaudin et Vauzelle ont salué selon la Provence, "un historien de qualité". Le communiqué de la mairie déplore la perte d'un "grand nom du patrimoine culturel et social" marseillais et rappelle qu' "en grand visionnaire, son ouvrage publié en 2002, "Un rêve méditerranéen" sur une utopie conduisant à l'unité de la Méditerranée a jeté les bases de l'Union pour la Méditerranée où la cité phocéenne a joué un rôle clé." Michel Vauzelle a quant à lui rappelé que « l’un de ses plus grands apports a été son travail de recherche sur la décolonisation et les migrations internationales. Historien de grande qualité, il était aussi un homme de conviction et de combat. Nous partagions les mêmes valeurs.»,

Sur ce blog consacré aux Histoires Marseillaises, on pourra écouter un entretien avec l'historien des "migrances" intitulé "Marseille et ses migrations" et réalisé par Xavier Thomas.

On pourra aussi consulter cet article intitulé Repenser l’espace méditerranéen et qui interroge les visions et les positions méditerranéennes dans les années 30, en particulier au sein de la revue des Cahiers du Sud. L'article se termine par un extrait de Jeunesse de la Méditerranée de Gabriel Audisio :
" Je sais et je répète que les pays de la Méditerranée ont toujours été faits pour s’agréger l’un à l’autre aussi naturellement que la vigne à l’olivier se marie. Il a fallu notre sens moderne des nationalités et sa folle exaltation contemporaine, pour rompre en apparence cet enchantement. Ne pas confondre patrie et nationalisme. Je proteste contre la mar nostre des Provençaux, contre il mare nostro des Italiens, mauvais héritage du mare nostrum des Latins. A chacun la sienne, c’est-à-dire y compris celle des autres ? Non, il n’y a qu’une Méditerranée. Et je protesterais aussi fort contre ceux qui chercheraient, de ce sentiment de race, à tirer un autre racisme. Je ne veux retenir de la race que le rassemblement fraternel et non l’opposition. (…) Il y a déjà plus que des liens de chair et de sang entre ceux de mon peuple (...) Imagine-t-on qu’une folie meurtrière les puisse jeter les uns contre les autres ? On en frémit (...), et déjà l’on voit la terre des nécropoles plus vite soulevée par la protestation des morts que par les fratricides engins des vivants insensés. Non. Il n’y a qu’une Méditerranée, maternelle à tous les siens. Et rien ne m’empêchera d’avoir toujours les yeux du coeur fixés sur le phare le plus émouvant que mes frères aient allumé : le monument que les Génois élevèrent en leur ville al mare amico, symbole de la race bleue d’où je suis issu, la mer amie, notre amie, Notre Mère la Mer, aux pieds de qui je prononce mon credo : si la France est ma nation, si Marseille est ma cité, ma patrie, c’est la mer, la Méditerranée, de bout en bout."

dimanche 23 novembre 2008

Villes et Régions dans l'Union pour la Méditerranée - Rencontre CGLU

Commission méditerranée CGLUDurant la Semaine économique de la Méditerranée, j'ai pu assister à une rencontre-débat organisée par la Commission Méditerranée de Cités et Gouvernements Locaux Unis relative à la place des collectivités locales au sein de l'Union pour la Méditerranée (UpM).

Pour l'économiste Larbi Jaidi, chargé d'animer cette rencontre placée d'emblée par un élu sous le signe de "l'échange institutionnel, politique, économique, culturel au croisement du concret, de l'efficace, de l'amical et du sentimental", l'UpM est "une grande ambition mais mérite un débat avec le sud en vue d'une plus grande appropriation". Comme l'ensemble des orateurs représentants des collectivités locales des rives nord, sud et est qui vont suivre, M. Jaidi insiste sur la pertinence des acteurs territoriaux dans les enjeux de politique publique et de citoyenneté.

Le problème ne réside-t-il pas justement dans la capacité d'un projet diplomatique et bruxellois comme l'UpM à pénétrer des logiques proprement territoriales ? En d'autres termes, il semblerait qu'il existe un hiatus entre un dessein porté par des Etats et dont les règles du jeu sont définies en grande partie par la Commission - en particulier en matière de financement des projets- d'une part, et un paradigme proprement territorial avec un agenda, des intérêts, des façons de faire spécifiques aux acteurs locaux, d'autre part. C'est ce hiatus qui sera décliné tout au long de la conférence.

D'autres ambiguités traverseront évidémment cet après-midi : rapports nord-sud, hétérogénéité des situations au sud notamment en matière de décentralisation ainsi que lisibilié des instruments financiers. C'est toutefois ce rapport entre initiatives diplomatiques et appropriations territoriales qui est apparu le plus évident lors des interventions de Pierre Deusy, fonctionnaire à la Commission européenne DG Relex, et des réactions à ces interventions.

Le message de M. Deusy, représentant l'institution communautaire, se voulait être clair : L'Europe ne peut pas tout. Si les attentes sont nombreuses, les moyens sont limités par les Traités et par les Etats-membres. Au final, seulement 40 à 50 Milliards d'euros seront disponibles pour financer les projets de l'Upm qui concernent la dépollution de la Méditerranée, les autoroutes maritimes et terrestres, la protection civile pour répondre aux catastrophes naturelles, une université euro-méditerranéenne, l’énergie solaire et une initiative méditerranéenne de développement des affaires. Le message de la Commission entend mobiliser les acteurs locaux pour enclencher une dynamique d'appropriation.

Les représentants des collectivités du nord et du sud ont déploré cette absence de moyens qui ne seraient pas à la hauteur des enjeux et ont plaidé pour une inscription centrale de l'échelon local dans le projet, en particulier à travers de la future d'Assemblée Régionale et Locale Euro Méditerranéenne (ARLEM). La question de l'institutionnalisation de la représentation des autorités locales dans le dispositif institutionnel semble ainsi être une préoccupation aussi importante que celle des moyens comme en témoigne le vif échange entre Bertrand Gallet (directeur de Cités Unies France) et Pierre Deusy.

mardi 18 novembre 2008

La Semaine économique de la Méditerranée

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Hier s'est ouvert à Marseille la Semaine économique de la Méditerranée (SEM). Certes, les sites Internet consacrés à Marseille préfèrent évoquer le tueur en série, la grève, le Congrès de Reims ou Plus belle la Vie en prime time. Pourtant, la deuxième édition de la SEM organisée par la Ville, la Région, Euroméditerranée et la Chambre de Commerce a pris une autre dimension. Alors que l'année dernière l’évènement était improvisée et organisé dans l'urgence, cette année il a changé de nature avec un volet innovation, un volet financement et un volet entreprise. La Banque mondiale, l'ONUDI, l'AFD, UbiFrance, ANIMA, les institutions européennes sont impliquées dans l'organisation.

Avec comme slogan "base opérationnelle de la Méditerranée", la ligne directrice, l'objectif commun et le sublime consensus des acteurs locaux sont respectés : la projection euro-méditerranéenne et le rayonnement économique sur cette zone. Le dossier souligne" l’alliance d’une solide expertise et de projets concrets et fédérateurs, la volonté politique affirmée des collectivités locales et régionales et la mobilisation de la société civile et des acteurs socio-économiques qui font la plateforme incontournable du développement économique en Méditerranée. L’objectif de la Semaine Economique de la Méditerranée est de rendre plus visible les nombreuses actions menées depuis le territoire qui participent au développement des économies méditerranéennes.

Voici le programme complet :

-Lundi : EuroMed Academy of Business ; Conférence sur la coopération transfrontalière dans le cadre de l'IEVP.

-Mardi : Formation en Méditerranée ; Accompagner les entreprises en Méditerranée ; EuroMed Academy of Business ; Conférence sur la coopération transfrontalière dans le cadre de l'IEVP; Atelier Formed ; Culture et échanges euro-méditerranéens.

-Mecredi : Med@gricolae ; Lancement du Portail Internet MedEurope Intern ; Innovation et Société dans le Bassin méditerranéen ; Trophées du compagnonnage industriel PACA / Maghreb.

- Jeudi : Forum Grand Maghreb ; 5èmes Rencontres de la Cité de la Mode ; Conférence Medibtikar ; Débat - Commission Méditerranée de CGLU ; Rencontre étudiante avec la BEI ; Rencontres Grands Comptes/PME Invest in Med ; Forum citoyen du Parlement Européen ; Lancement d'Econostrum.

-Vendredi : Euro-Mediterranean Government and Business Roundtable ; 4ème édition Forum Grand Maghreb ; Colloque Medinnov IV ; Réunion du Réseau des Villes Euromed ; Rendez-vous d’affaires ADECI – ONUDI ; La BEI rencontre les PME.

-Samedi : 4ème Rencontre de la Méditerranée

samedi 15 novembre 2008

Les bonnes nouvelles de Renaud Muselier

Renaud Muselier vient de recevoir deux bonnes nouvelles.

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Le 13 octobre on apprend que le Maire de Marseille lui a confié une "délégation spéciale de fonctions en ce qui concerne la préparation de la Ville de Marseille pour devenir Capitale européenne de la Culture".
M. Muselier sera en fait chargé de la coordination entre les élus responsables des dossiers culturels et internationaux. De même, ce titre lui assure une visibilité auprès des secteurs associatifs et économiques locaux : il serait leur interlocuteur privilégié à l'Hotel de Ville.
Certains mettent en perspective cette décision avec les nouveaux rapports de force politiques à la mairie et à la communauté urbaine. Certes.

Mais la seconde nouvelle apporte un nouvel éclairage sur cette nomination. M. Muselier, déjà vice-président de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, s'est vu chargé hier d'une mission par le Président de la République : créer un conseil culturel de l'Union pour la Méditerranée (UpM). Cette instance vise à "susciter toutes initiatives publiques et privées ayant pour objet le développement de la dimension culturelle de la politique méditerranéenne de la France, notamment dans le cadre" de l'UPM, et de mobiliser toutes les forces vives de la Méditerranée au service du projet Marseille Provence 2013, capitale européenne de la culture".

Quelques remarques en bref.

- Sur la vie politique marseillaise, cette double responsabilité marque le retour de M. Muselier sur la scène politique marseillaise après son échec à MPM. Ce retour s'effectue par "le haut" (nomination par le Maire et le Président de la République) sur des dossiers inédits pour lui même s'il a été Président d'Euroméditerranée. D'ailleurs sur son blog, M. Muselier met en avant son expérience et son bilan à la tête de l'opération pour justifier de ses compétences. Le problème : gère t-on la coordination d'acteurs culturels comme le pilotage politique (et non opérationnel) d'un programme de développement économique et d'aménagement urbain ?

- Sur le fond: La création d'un conseil culturel de l'UpM est révélateur de la manière dont l'Etat envisage ce projet et celui de Marseille 2013. Tout d'abord, l'Etat entend être omniprésent dans le contenu de Marseille 2013. Par ailleurs, ce contenu sera relié à l'objectif de l'UpM. Ce qui était loin d'être évident au départ : comment concilier l'animation d'évènements culturels locaux - certes à dimension macro-régionale - avec un projet intergouvernemental à forte connotation sécuritaire ? Enfin, mais cela est moins surprenant, si l'on en croit le communiqué, Marseille 2013 reposera sur une dynamique largement porté par le secteur privé. Nous aurons peut-être l'occasion d'y revenir.

vendredi 14 novembre 2008

Marseille internationale ?

Le territoire marseillais est engagé dans une dynamique de projection internationale tous azimut.

Relevons pèle-mêle : le projet Euroméditerranée, le label Capitale Européenne de la Culture pour l'année 2013, l'autorité nationale de gestion pour le programme européen MED, des jumelages sur tous les continents, l'organisation de festivals et d'évènements culturels à forte connotation internationale (Fiesta des Sud, Marsatac, Rencontres d'Averroès...), un discours diplomatique euro-méditerranéen spécifique, l'accueil d'organisations internationales (Commission et Parlement européen, ONUDI, Banque mondiale...) et d'entreprises mondiales (CMA-CGM...).

La seule évocation de ces projets révèlent la profusion et l'hétérogénéité des pratiques internationales dans cet espace. Les acteurs en charge de ces politiques internationales locales sont divers : élus, services techniques et experts entreprises, milieu associatif, chercheurs et journalistes. En outre, les échelles de prises de décisions s'enchevêtrent (la ville, le département, le conseil général, la communauté urbaine) alors que la question de la construction d'une métropole marseillaise se pose pratiquement dans les même termes depuis presque un siècle.

En bref, l'observation et l'étude de ces ambitions globales portées par un territoire posent de nombreuses questions au jeune-chercheur que je suis en terme de transformations des systèmes urbains mais secrètent également des effets au quotidien sur l'image de la ville, les pratiques de la citoyenneté, les mutations des pouvoirs locaux. C'est donc dans une perspective de quotidienneté que s'inscrit ce blog qui tentera, jour après jour, de comprendre ce qui se joue derrière la question des politiques internationales à Marseille. Avec en filigrane une question : Marseille est-elle une ville internationale ?

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