Opération de requalification urbaine, outil de développement économique, levier
de rayonnement international, vitrine de la métropolisation, alibi de la
gentrification… Quel que soit le label apposé à Euroméditerranée, le projet
semble entrer dans une phase plus opérationnelle.
L’ambiguïté d’une telle opération d’aménagement urbain – qui concerne la
plupart des villes industrialo-portuaires selon des modalités très proches –
réside dans le décalage entre les formulations stratégiques, d’une part, et les
réalisations matérielles, d’autre part.
Les contraintes sur l’action politique
Le politique chargé d’exprimer les ambitions se heurte au moins à trois
types de contraintes :
- celle constituée par les experts, les bureaux d’études et les urbanistes, qui disposent de leur propre agenda et de leurs intérêts ;
- celle constituée par les hiatus chronologiques entre le temps électoral (les élections municipales en 2014) et le temps du projet (la livraison d’Euroméditerranée étant prévue pour 2030) ; et
- celle constituée, enfin, par l’environnement économique et
institutionnelle, en l’espèce la crise économique et la réforme des
collectivités territoriales qui renforcent le climat d’incertitude.
Ces formes non-exhaustives (on pourrait ajouter la fragmentation
institutionnelle locale, les résistances de la société locale…) de contraintes
pèsent sur la décision politique. Ces lourdeurs ne signifient obligatoirement
l’existence de freins à la production des politiques d’aménagement et
d’équipement. Elles peuvent se traduire, au contraire, suivant les contextes et
les configurations territoriales, par davantage de souplesse et de flexibilité
et ainsi par une accélération de la mise en œuvre du projet. Elles conduisent,
en tous les cas, à modifier l’intervention du politique, qui doit faire face à
une ouverture du système d’acteurs. Son rôle réside dans la coordination d’un
réseau qu’il ne pilote pas plus qu’il ne l’anime.
Ces généralités méritent naturellement une attention plus précise sur les
évolutions d’un cas particulier – voire une comparaison entre des
cas.
À Marseille, les épisodes les plus récents d’Euroméditerranée peuvent
fournir ce creuset empirique. Tentons de l’esquisser à partir des derniers
éléments d’informations.
L’extension d’Euroméditerranée
Samedi dernier, l’Établissement Public d’Aménagement Euroméditerranée a
annoncé le nom du lauréat du concours d’urbanisme portant sur les réalisations
au sein du périmètre d’extension. C’est le bureau d’étude de
François Leclerc qui a été choisi en fonction des objectifs
environnementaux de son projet.
Rappelons que l’extension du
périmètre est prévue par un décret du Premier ministre en date du 22
décembre 2007. Elle porte sur 169 hectares délimités par Cap Pinède et les
Arnavaux au nord, le village du Canet à l’est et la tour CMA au sud. Il s’agit
donc d’une pénétration de l’opération dans les quartiers nord de la ville
(jusqu’à l’ancien ruisseau des Aygalades).
Le projet lauréat propose ainsi de repenser l’organisation des voies de
communication reliant l’extérieur et le nord de la ville à son centre.
L’autoroute A55 serait enfouie sous une corniche qui prolongerait le boulevard
de Paris et le chemin de la Madrague-Ville. En outre, un jardin public –
« la coulée verte » – serait construit entre le boulevard
Ferdinand-de-Lesseps et la rue d’Anthoine.
Euroméditerranée n’étant plus à une contradiction près – à l’image du
paradigme du développement durable – 14 hectares en bordure de la corniche
devrait accueillir un palais des évènements, un casino
cher à Renaud Muselier, un hôtel, des bureaux… d’ici à 2030. Coexisterait
des dynamiques de préservation de l’environnement avec des équipements
productifs ; ainsi qu’un processus d’éviction des classes populaires du
centre vers la périphérie avec une intégration des quartiers défavorisés dans
le périmètre du projet.
Le label eco-cité
L’extension semble consister un sensible tournant d’un projet d’abord conçu
pour requalifier l’hyper-centre autour de la construction d’un quartier
d’affaire. Il est question désormais de bâtir au sein d’Euroméditerranée, une
éco-cité, c’est-à-dire d’adapter les objectifs économiques aux impératifs du
développement durable, au cœur des quartiers les plus pauvres.
Ce tournant a reçu l’aval des plus hautes autorités de l’État : le 4
novembre dernier, le Ministre de l’Écologie, du Développement durable et de la
Mer a décerné le
label EcoCité au périmètre d’extension d’Euroméditerranée.
Matérialisation de l’opération
La veille, vendredi, le Président de l’Établissement public, Guy Tessier, a
inauguré, en présence du maire le chantier de recul de l’autoroute A7 à la
Porte d’Aix. Selon Guy Tessier : « la coupure de l’autoroute A7
constitue véritablement un des projets d’aménagement les plus emblématiques et
les plus attendus des marseillaises et des marseillais, tant les enjeux, à
l’échelle de la Ville et de son agglomération sont
importants. »
L’enjeu sous-jacent est non moins essentiel : 15 ans après le lancement
d’Euroméditerranée, il faut montrer aux habitants, aux décideurs économiques et
aux autorités nationales, que le projet sort de terre, qu’il existe parce qu’il
est visible. Cette visibilité devrait se concrétiser, en 2012, par la
suppression de l’autoroute sur 400 mètres pour un montant de 20 millions
d'euros (soit 50 000 euros le mètre, si l’on souhaite faire du mauvais
esprit).
En fait, le chantier est plus ambitieux puisqu’il s’agit de transformer l’aspect physique et la composition sociale d’un lieu historique de la ville, celui de l’économie de bazar et des marchés informels.

Avec la
Le Chef de l’État a donc
Dernier jour de la troisième édition de la
C’est donc
aujourd’hui qu’a été officiellement lancé le
Deuxième
journée de la
C'est donc aujourd'hui qu'a
débuté la troisième édition de la 
Une récente décision du
gouvernement algérien relative à l'organisation du trafic portuaire provoque
des effets en chaîne sur l'économie méditerranéenne. L'observation de ce
phénomène classique est l'occasion de revenir sur la nature des
interdépendances entre les acteurs d'un système de plus en plus intégré.
En cette
rentrée si calme que les 
On
s'attendait à ce que la désignation de Marseille au titre de Capitale
européenne de la culture en 2013 provoque des tensions parmi les élus qui
souhaitent retirer les dividendes politiques du succès. C'est
187 voix d'écart. Maryse Joissains
reste maire d'Aix-en-Provence à l'issue d'une séquence électorale municipale
confuse, violente mais finalement sans surprise. Au cours de l'élection
municipale partielle qui s'est achevée hier soir, il aura été beaucoup
questions de la personnalité de la maire sortante, du Conseil d'État, des
alliances de la gauche locale et de sa recomposition en vue des régionales de
l'année prochaine, de Marseille aussi, peu d'Aix et de son avenir
finalement.
Le site
Cette
bâtisse symbole de la bourgeoisie du XIXème siècle qui surplombe la corniche,
accueille déjà des institutions internationales délocalisées. Rapide tour
d’horizon :
Hier, un
Au-delà du
cas du Stade Vélodrome, cette délibération pose la question du financement des
équipements métropolitains dans une agglomération peu intégrée et
singulièrement dans une ville-centre pauvre sur laquelle pèse la majeure partie
du fardeau pour des charges qui dépassent l’usage strictement communal. Au
cours des débats, Eugène Caselli a justement pointé le « manque de
clarté sur le montant de la participation financière des collectivités
locales ». Mais en tant que Président de la Communauté urbaine, ne
pourrait on pas lui rétorquer que c’est à son institution de porter (au moins
autant) le financement de grands équipements urbains de dimension
métropolitaine ? Certes, ces infrastructures revêtent souvent une
dimension symbolique pour la ville. Que l’on songe au Stade, à l’Opéra, aux
parcs, aux bâtiments publics historiques, le patrimoine historique de la ville
est en jeu et la volonté de la mairie de préserver ce lien d’appartenance se
justifie.
Ce
constat repose sur quatre chiffres : l’agglomération Ouest Étang de Berre,
90 000 habitants pour 115 millions d’euros de recettes de taxe professionnelle
(TP) ; Marseille-Provence-Métropole, 1 million d’habitants pour 250
millions d’euros de recettes de TP. Un rapport démographique de 1 à 10 contre
un rapport fiscal de 1 à 2.
Les opposants à la
construction même du prolongement de la ligne
Les partisans du tracé nord à travers le Haut Var
Les partisans du tracé des métropoles
Vendredi dernier, 19 juin, la ville de
L'Union pour
la Méditerranée (UpM) fêtera les 13 et 14 juillet le premier anniversaire du
Sommet de l'Élysée qui a relancé la politique méditerranéenne de l'Union
européenne (UE). Il est évidemment tôt pour dresser un bilan, ou même mesurer
sa portée. Mais cette année écoulée a contribué à éclaircir les attentes portée
dans ce projet politique. À en montrer les facteurs de blocage
également.
Surtout, le 27 décembre 2008, l'armée israélienne déclenche une offensive sur
Gaza et bloque, jusqu'à ce jour, toutes nouvelles négociations dans le cadre
d'une UpM qui se vantait de réunir autour d'une même table, Israéliens et
Palestiniens. Dernier épisode en date, le gouvernement israélien fraîchement
élu semble remettre en cause les précédents accords diplomatiques conclus par
son prédécesseur.
La crise
qui secoue l'OM suite à la démission-révocation de son Président, Pape Diouf
est l'occasion d'une prise de parole insolite de la part des élites
municipales.