En
2003, la DATAR a publié un
classement des villes européennes encore brandi en référence par les élites
locales. Les quinze critères choisis renvoient à cinq sous-ensembles :
démographie ; performance économique ; vitrine ; culture et
dynamisme universitaire ; et accès et communication . Pour ce dernier
critère, l’étude distingue les dispositifs aéroportuaires, portuaires,
autoroutiers et ferroviaires, qui sont construits comme des propriétés sociales
d’une ville-monde.
En ce qui concerne les activités portuaires, Marseille se classe troisième
en trafic derrière Rotterdam et Anvers, à partir du site de Fos et de ses
hydrocarbures qui irriguent par oléoducs l'Europe rhénan. Son dispositif
aéroportuaire contribue à faire de Marseille un hub ou
gateway régional, une interface entre l'économie-monde et la région.
L'aéroport de Marseille Provence, situé à Marignane, à 25 kilomètres de
Marseille, est le 3ème aéroport français pour le trafic passager avec 7
millions de passager par an et 40 000 tonnes de marchandises pour le fret .
Surtout, il est le siège du 1er réseau mondial sur l'Afrique du Nord, l'Afrique
et le Corse après celui de Paris.
Ces structures portuaires et aéroportuaires complétées par les réseaux ferré
(TGV Méditerranée) et autoroutier (A7) qui relient la métropole marseillaise au
delta du Rhône et Paris, d'une part, et à la Côte d'Azur et à l'Italie, d'autre
part, et fonde l'accessibilité de l'agglomération marseillaise, définie par les
auteurs de l’étude comme « l'expression de la centralité de la ville
dans le système qu'elle forme » sur les axes Est-Ouest (reliant
Barcelone à Turin) et Nord-Sud (point d'aboutissement de l'axe
Londres-Bruxelles-Paris-Lyon et autorisant une perspective
ultra-méditerranéenne).
L’accessibilité d’un territoire revêt au final un enjeu crucial pour la
compétition entre les territoires reposant sur un positionnement avantageux au
sein des réseaux économiques mondiaux et sur les capacités locales d’attraction
des capitaux.
Cette semaine, deux événements distincts permettent de jeter un éclairage
sur la fragilité de la situation des structures d’accès et de
communication : des mouvements de grève sur le port et l’incertitude qui
pèse sur le maintien de la compagnie Ryanair sur l’aéroport de
Marignane.
Les conflits sociaux sur le port
Depuis, lundi 27 septembre à l’appel des organisations syndicales, les
terminaux d’hydrocarbure de Fos et de Lavéra (Bassin Ouest de Marseille) font
l’objet d’un
blocage : 37 bateaux en attente et un risque d’interruption de
l’approvisionnement des raffineries de Marseille (60% du trafic annuel du Grand
port maritime de Marseille - GPMM) qui représentent 30% du raffinage
national.
Les agents contestent les effets de la réforme
portuaire qui prévoit la délégation au secteur privé d’une partie des
activités du port. Les conséquences du désengagement de l’État sur l’emploi
sont mis en avant par le secrétaire général CGT du syndicat du Port :
« en matière d’investissements (...) nous sommes loin du
compte. Au lieu d’un plan d’investissement, de développement des activités
portuaires, c’est un plan d’extinction de l’activité qui se dévoile jour après
jour ».
Plus largement, le mouvement est une réaction à la disparition des instruments
de co-gestion du port qui ont longtemps prévalu à Marseille. Rappelons que le
processus de réforme a largement associé les acteurs locaux. le projet de loi
fut inspirée des conclusions d’un rapport significativement intitulé "Pour une réforme
des Grands ports français - L'urgence marseillaise", dressé par la Chambre
de commerce de Marseille-Provence avec une contribution
de l’Union pour les entreprises 13 (UPE13)- le MEDEF local, dont le président
d’alors, Stéphane Brousse est un acteur du port, tandis que Roland Blum, le
premier adjoint du maire de Marseille a présenté un
rapport au Ministre des transports en avril dernier sur la desserte
portuaire.
Cette grève vient s’ajouter aux arrêts de travail quotidien de 6h sur les
terminaux de marchandise. Le motif de ce mouvement renvoie au débat sur la
réforme des retraites qui, selon les syndicats, ne prévoient pas la prise en
compte de la pénébilité du travail sur le port.
La conjonction de ces deux situations de blocage intervient dans un contexte
particulièrement sombre. Les escales des cargos ont subi une baisse de 50% cet
été par rapport à 2009. En outre, le terminal de Mourepiane est également
paralysé depuis mercredi : l’augmentation du capital prévu ne serait pas à
la hauteur des engagements, dénonce la CGT.
Les syndicats comptent profiter de la dynamique de mobilisation pour élargir
et durcir le mouvement alors que 14 000 croisiéristes sont attendus ce week-end
à Marseille.
Les pouvoirs publics, les entreprises et les syndicats portuaires partagent
le diagnostic sur la menace qui pèse sur l’avenir du port. De manière désormais
classique, chaque partie accuse l’autre d’être à le commanditaire de la mort de
l’outil portuaire. Quand le Président de l'Union Maritime et Fluviale
Marseille-Fos estime que « notre avenir est aujourd’hui menacé en
raison des grèves qui continuent de désorganiser, voire de briser l’activité
des terminaux», la CGT a « l’impression que les intentions
ministérielles sont de laisser vivoter l’activité plutôt que de la
développer. »
En filigrane, se pose l’avenir de l’usage portuaire par les élites locales.
Engagés dans une dynamique de réorientation de l’usage portuaire (de
l’industrie aux croisières), ils s’efforcent d’éviter de se positionner en
partisan de la rupture et en artisan de la disparition complète des activités
industrielles en raison des ressources qu’elles continuent de véhiculer à la
fois sur le plan matériel (emploi, croissance) et symbolique (l’image d’une
ville portuaire comme marqueur culturel du territoire).
L’incertitude Ryanair
La compagnie aérienne low-cost installée à Marignane depuis
l’ouverture de l’aérogare MP2 en novembre 2006 compte 1,4 millions de passager
(presque 90% du trafic passager sur ce terminal). Son arrivée a
incontestablement dopé l’activité de l’aéroport. En 2007, le trafic global
était de 6,9 millions de passagers, dont la moitié en provenance et à
destination de l’international, soit une augmentation de près de 14% par
rapport à 2006.
Lundi 27 septembre, alors que la CGT bloquait les Bassins de Fos et de
Lavéra, la compagnie aérienne était mise en examen pour travail dissimulé.
Employant le personnel marignanais sous le droit irlandais, la compagnie
conteste le décret du
21 novembre 2006 soumettant les personnels navigants des compagnies
étrangères installées en France au droit français. Déboutée en 2007 par le
Conseil d'Etat, elle a saisi la Cour européenne des droits de l'Homme. Face à
l’accusation de dumping social, la direction de Ryanair avait pris
position dès le moi de mai dernier en menaçant de déménager la flotte
marseillaise vers un aéroport étranger et en réduisant le volume de son trafic,
ce qui entraînerait la suppression de 120 emplois directs et de 1 000 emplois
indirects.
La mise en examen relance le possible de départ de la compagnie, d’autant
plus que celle-ci est coutumière du fait : en 2003, protestant contre la
réduction de subventions, elle avait déménagé sa flotte strasbourgeoise pour
l’installer à Baden-Baden, en Allemagne. Toutefois, la direction n’a pour le
moment pas réitéré ses menaces bien que le secrétaire départemental du PCF a
évoqué un « chantage qui donne la nausée ».
Le choix de la compagnie ne relève pas de l'évidence et s'effectue sous
contrainte. Son installation à Marignane lui a couté 300 millions d’euros (à
comparer au 1,5 millions investis et donc perdus à Strasbourg). Son hésitation
tend au moins à accréditer l’idée d’une territorialisation des processus de
mondialisation qui ne sauraient se résumer à une volatilité extrême des
capitaux comme le sous-entend souvent les partisans néolibéraux de la
dérégulation.
À ce titre, la réaction de Jacques Pfister, président de la Chambre de
commerce qui exploite l’aéroport, se veut rassurante sur la solidité de l’outil
aéroportuaire avec ou sans Ryanair : « Si la base ferme,
l’aéroport de Marseille Provence ne sera pas en danger. Le modèle low-cost est
appelé à se développer, PM2 est le meilleur outil en France, nous ne sommes pas
en position de faiblesse.»
Cette assurance contraste, cependant, avec sa réaction survenue après les
menances initiales exprimées par Michael O’Leary, le PDG de la compagnie, en
mai dernier. À l’époque, « le retrait de la compagnie irlandaise
serait une catastrophe pour une métropole appelée à recevoir le Forum mondial
de l’eau et qui sera capitale européenne de la culture en 2013 (...)
Il importe de bien peser les conséquences qu’un départ de la compagnie ne
manqueraient pas d’avoir et d’entamer un débat serein pour éviter le pire. En
ce qui nous concerne, nous soutiendrons la présence de Ryanair sur notre
territoire. »
Comme pour le port, c’est le bal des hésitations qui semble caractériser les postures des acteurs locaux en ce qui concerne le développement des fonctions locales internationales d’accessibilité et de mobilité.
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La 12ème
édition du
Un lieu
comme il en existe dans toute l’Europe du Nord depuis les années 1980, et qui
organisés derrière les
Les réactions des élus ont été directes. « ils ont fait peur aux
gens » (Eliane Zayan, conseillère municipale, déléguée aux arts de la
rue), « ils ont mis le feu dans le quartier. Un feu
thermonucléaire » (Bruno Gilles, maire des 4ème et 5ème
arrondissements ). L’édile interprète cet épisode comme le produit d’une
« inadéquation entre le quartier et le travail proposé » par
les artistes. Le CIQ de Vallier, Cinq-Avenue, Sébastopol le rejoint dans cette
analyse : « les gens ne sont pas encore tous prêts, à une époque
où les goûts sont quand même très standardisés. On souhaite pourtant animer le
quartier, créer des manifestations qui donnent l'occasion aux gens de se
rencontrer. On va d'ailleurs organiser le 9 octobre prochain, un grand marché
artisanal. »
Pour la quatrième année consécutive, la
Avant
les congés, nous avions consacré un billet au «
Il y a tout
juste un mois, le
Le
jeudi 26 août dernier, Michel Vauzelle, Président de la Région PACA et député
PS d’Arles et Hervé Schiavetti, maire PC d’Arles, organisent un
Ce discours s’inscrit dans un climat international chargé dans lequel divers
acteurs prennent position sur ce dossier et critiquent le gouvernement. Un
Le lendemain du discours de Michel
Vauzelle, Roland Chassain, maire des Saintes-Marie-de-la-Mer, publie un
" J'ai ressenti une
très grande peur aux dernières élections présidentielles (de 1988). Je me suis
dit que si Chirac était élu, j'irais vivre au Portugal, je ne voulais pas vivre
dans un pays qui ressemble à la Suisse. Le seul sang qui nous vienne, qui nous
nourrisse un peu, c'est le sang des immigrés. On commence à le reconnaître
aujourd'hui ; il faut le reconnaître encore davantage. Je peux tout autant
parler des Blancs, mais il est vrai que le sang de notre peuple, aujourd'hui
est noir et arabe. Je ne dis pas que cette réalité est définitive ; elle
est telle pour la génération que nous vivons. Le sang neuf naît de cette
présence des Noirs et des Arabes ; il ne naît pas de la France profonde
qui est le désert ; là, rien ne vit et, s'il se passe quelque chose, c'est
toujours à cause des immigrés. Si on parle de Marseille, par exemple, ce n'est
pas aux Blancs de Marseille qu'on fera allusion."
La rénovation
du centre-ville de Marseille était à l’ordre du jour du
La
première quinzaine de juin a été l’occasion de voir ressurgir à Marseille le
vocable des «affaires» et du «banditisme». Il n’est pas question de lier des
affaires aussi diverses qu’un braquage, l’arrestation de présumés figures du
miieu et une enquête judiciaire impliquant des proches d’élus. Toutefois, la
dimension spectaculaire de ces événements et l’unité chronologique sont
susceptibles de réactiver la «mauvaise réputation» de la ville dans la mesure
où ils correspondent aux clichés régulièrement attachés. Cette séquence tombe
mal pour les édiles et les élites économiques locale qui dépensent une énergie
considérable pour changer l’image du territoire.
À
l’heure du Grand Paris et de la réforme des collectivités territoriales, l’idée
de la morphologie métropolitaine de Marseille refait l’objet de débats au sein
des acteurs politiques et économiques locaux.
Quelques
jours après l’annonce du
C'était
dans l'air du temps depuis un moment, c'est désormais officiel : le sommet
de l'Union pour la Méditerranée (UpM) n'aura pas lieu. Du moins, pas le 7 juin
et pas à Barcelone qui exerce la Présidence de l'Union européenne (UE). En
langage diplomatique, le sommet n'est pas annulé, mais "reporté" à
novembre. Le temps assure la Présidence égyptienne et le gouvernement espagnol
- et la France qui exerce pourtant encore la co-Présidence ? - de
"donner du temps aux pourparlers indirects" avant donc, si l'on
comprend bien, de donner une chance au dialogue direct.
À
l’issue de la deuxième édition du
Se rendre
à Barcelone avec à l’esprit les comparaisons établies par les élites
marseillaises est aux premiers abords un peu déroutant.
Lancé officiellement en
octobre dernier, le Centre de Marseille pour l'intégration en Méditerranée
(CMIM) a connu cette semaine une série d'événements qui pourraient marquer une
seconde naissance et un démarrage opérationnel des travaux.
Il y plus d'un an, je faisais état de
Après une pause due à la campagne, ce blog reprend un peu d’activités. Et en
guise de reprise, un point sur les dernières évolutions et perspectives de la
Capitale européenne de la culture 2013.
Si l’agitation politique
qui règne pendant une campagne électorale est peu propice à l’avancée des
projets, elle est encore moins propice à leur observation. Difficile en effet
d’évoquer les politiques locales au-delà du tumulte entretenu par les petites
phrases, les promesses et les postures.
À moins
d’un mois des élections régionales, les enjeux de la campagne s’éclaircissent
un peu. Selon les observateurs et les acteurs politiques, ils sont nationaux -
qui de l’UMP ou du PS sortira en tête ? Le Président Sarkozy sera-t-il
affaibli par le scrutin ? Quid de l’état du Front national ? de la
recomposition de l’extrême-gauche ?.... - ou locaux - quelle sera l’identité de
celui qui prendra la tête de la région ?
Lors du
conseil municipal de Marseille du 14 décembre dernier, entre l’adoption d’une
mesure relative aux «baux emphytéotiques pour la réalisation d'un hôtel et d'un
immeuble de bureaux sur le périmètre du parc Chanot» et de celle approuvant la
conclusion d’une « convention pluriannuelle d'objectifs avec la Cité des
Métiers de Marseille et PACA », les élus ont voté la délibération
n°09/1340/FEAM portant sur la « réorganisation des services de la
Ville de Marseille. »
Le 21
janvier dernier, 84 élus régionaux et locaux et membres d’associations de
coopération européenne appartenant aux pays membres de l’Union pour la
Méditerranée (UpM) se sont réunis à Barcelone au cours d’une réunion
constitutive de l’Assemblée régionale et locale euro-méditerranéenne (ARLEM).
L’adoption des statuts du Secrétariat général et la répartition des compétences
entre les six Secrétariats adjoints est prévue le 9 février à l’issue d’une
rencontre entre ambassadeurs. Cette annonce clôturerait la première phase
institutionnelle de l'UpM, un an et demi après son lancement
officiel.