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  <title>Marseille internationale</title>
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  <description>Ce blog explore les initiatives internationales portées par les acteurs et les institutions du territoire marseillais. Au-delà d'une observation brute des pratiques et des discours, il tentera de nourrir un dialogue sur les effets de l'internationalisation de Marseille et les enjeux qu'elle sécrète en termes de transformations des systèmes urbains, de renouvellement des pratiques de la citoyenneté et des pouvoirs locaux.</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Sat, 04 Feb 2012 09:04:49 +0100</pubDate>
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  <item>
    <title>Quand le Wall Street Journal vient à Marseille : la culture, le mot d'ordre et les doutes</title>
    <link>http://www.marseilleinternationale.com/post/2012/01/31/Quand-le-Wall-Street-Journal-vient-%C3%A0-Marseille</link>
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    <pubDate>Tue, 31 Jan 2012 21:17:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Nicolas Maisetti</dc:creator>
        <category>Marseille 2013</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.marseilleinternationale.com/public/.AAindex_s.jpg&quot; alt=&quot;A&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;AAindex.jpg, janv. 2012&quot; /&gt; La ville
de Marseille a fait l’objet en fin de semaine dernière d’un article élogieux
dans le &lt;a href=&quot;http://online.wsj.com/article/SB10001424052970204903804577082232304035426.html#articleTabs%3Darticle&quot;&gt;
Wall Street Journal&lt;/a&gt; (sorte de &lt;del&gt;La Tribune&lt;/del&gt; - Les Echos américains,
à la différence près que quand le premier met &lt;a href=&quot;http://leplus.nouvelobs.com/contribution/313424-adieu-la-tribune-adieu-le-pluralisme-de-la-presse-economique.html&quot;&gt;
la clé sous la porte&lt;/a&gt; et que le second diffuse 120 000 exemplaires, le WSJ
draine 1 700 000 lecteurs).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La symbolique du titre de presse (le journal du district financier de New
York, le plus important tirage des États-Unis) pourrait nous conduire à lire ce
papier sous l’angle de « Marseille vue par la corbeille mondialisée ».
Sans aller jusqu'à ce point, on peut y repérer trace d’une perception générale
de la ville (au sens, non pas de la totalité, mais au contraire des croyances
vagues et diffuses) . L’article nous fournit donc un cas exemplaire des effets
de la diffusion de l’image de Marseille. La question posée par ce type d’écrit
est donc celle de la performativité des discours des édiles et des élites
économiques qui se sont lancées depuis une décennie dans une course à la
rupture avec la mauvaise réputation. Ces rituels qui sont supposés faire ce
qu'ils disent emportent-ils des effets ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’article qui s’intitule le « renouveau culturel de Marseille »
est accompagné d’une très jolie photo qui devrait ravir promoteurs, urbanistes
et aménageurs d’Euroméditerranée, ainsi que membres du Mucem. En effet, elle
nous montre le « futur rendu du Mucem ». Pratique courante des
promoteurs-urbanistes-aménageurs ce qu’on nous montre de Marseille est une
ville qui n’existe pas. Ou pas encore. Plutôt, on projette dans le présent un
futur en image de synthèse pour affermir une image représentée, c’est-à-dire
pour rendre présent ce qui n’est pas là.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’ai pris l’habitude de compter le temps qu’il faut à l’interlocuteur pour
mettre sur la table l’affaire des 2 600 ans d’histoire et du mythe de la
fondation phocéenne. Pour l’auteur de l’article, il a fallu 7 lignes. Avant, on
nous rappelle Alexandre Dumas et le comte de Monte-Christo (un renvoi, en
creux, de la propriété carcérale de Marseille ?). La première ligne m’a fait
penser à ce qu’une étude du LAMES sur « &lt;a href=&quot;http://www.marseilleinternationale.com/post/2012/01/31/media.radiogrenouille.com/penseedemidi.pdf&quot;&gt;Marseille vue par les
Marseillais&lt;/a&gt; » identifiait comme des propriétés positives et qui sont
rattachées au climat ou aux objets urbains iconiques (le soleil, l’énergie de
ses habitants, le Vieux-port, et même le mistral).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Poursuivons. Le papier adopte sa ligne directrice dès son troisième
paragraphe. Il correspond ici à la vulgate des politiques urbaines qui nous
explique comment des initiatives « culturelles » - en fait, réduites
à la construction d’équipements (musée, salle de concert, galeries) - ont
permis d’enrayer un déclin industriel. La combinaison entre la transition
post-fordiste et la &lt;a href=&quot;http://www.guardian.co.uk/society/2002/oct/30/urbandesign.architecture2&quot;&gt;injonction
magique de la culture&lt;/a&gt; est sans surprise convoquée comme le résultat du
cycle vertueux associant développement économique local et changement de
l’image par les arts.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’article donne ensuite la parole au maire. Celui-ci est appelé à commenter
la « course » qui sépare la ville de l’échéance de 2013, date à
laquelle elle sera Capitale européenne de la culture. Il lui est surtout
demandé de vanter les investissements consentis par le territoire. Plus tard
dans l’article, on nous rappellera ce qu’une lecture rapide aurait pu faire à
oublier, le chiffre de 600 millions d’euros avancé pour chiffrer le coût des
« 50 sites culturels » construits inclue les montants accordés par
l’État pour leur construction (pour le seul Mucem, sur les 175 millions d’euros
du coût total, 120 millions est assumé par l’État).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conformément au récit des élites marseillais, l’article nous emmène sur la
nouvelle façade maritime qui est aussi une façade symbolique, celle d’une
nouvelle représentation de la ville à offrir aux investisseurs et aux
touristes. &lt;a href=&quot;http://www.euromediterranee.fr/quartiers/cite-de-la-mediterranee.html&quot;&gt;La Cité
de la Méditerranée&lt;/a&gt; correspond à cette entreprise symbolique, cognitive et
politique pour présenter un territoire susceptible d’être vendu aux tours
opérateurs et aux médias étrangers. De quoi cette façade est-elle
composée ? De bâtiments dédiés aux logements et aux bureaux qualifiés de
&lt;em&gt;upmarket&lt;/em&gt;, comprenez plutôt, « haut de gamme », le nouvel horizon
des politiques urbaines.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interrogeant Jean-François Chougnet, le patron de &lt;a href=&quot;http://www.mp2013.fr/&quot;&gt;Marseille-Provence 2013,&lt;/a&gt; le journaliste apprend que
« l’exemple, c’est Barcelone ». L’exemple remplace la rhétorique du rival
ou du concurrent qui est massivement mobilisée par les discours locaux.
L’objectif est d’identifier un modèle de développement urbain reposant sur la
refondation physique du front de mer et symbolique de la présentation de la
ville, le tout enveloppé dans l’organisation d’événements à haute valeur
ajoutée médiatique, susceptible de diffuser le mot d’ordre standardisé de la
ville « moderne », « dynamique », « ouverte ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce point, l’article fait référence aux &lt;em&gt;starchitectes&lt;/em&gt; enrôlés
par la ville et les aménageurs et qui surenchérissent dans l’audace pour bâtir
des équipements culturels et accueillir des événements propices à promouvoir
une image conforme aux canons de la « ville créative » popularisés
par &lt;a href=&quot;http://www.creativeclass.com/richard_florida&quot;&gt;Richard Florida.&lt;/a&gt;
Rappelons que ces recettes managériales de l’instrumentalisation de la culture
à des fins mercantilistes insistent sur la consommation de biens culturels,
sans jamais poser la question de leur production et des conditions
d’appropriation de ces « produits » culturels
&lt;em&gt;offshore&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite de l’article consacre de longs développement au &lt;a href=&quot;http://www.arts-programme.com/musee/view/id/1034&quot;&gt;Musée d’art contemporain de
Marseille&lt;/a&gt;, à l’impact que devrait avoir le Mucem sur les influences
touristiques et au geste architectural du &lt;a href=&quot;http://www.fracpaca.org/&quot;&gt;FRAC&lt;/a&gt; - en précisant que les ouvertures sont
prévus pour «début 2013» (l’ouverture de l’année Capitale fera donc sans). Je
n’ai pas bien saisi le lien avec la &lt;a href=&quot;http://www.museeregardsdeprovence.com/&quot;&gt;Fondation Regards de Provence&lt;/a&gt;,
« la seule fondation d’art privée » - les membres de &lt;a href=&quot;http://www.mecenesdusud.fr/&quot;&gt;Mécénes du Sud&lt;/a&gt; (et parmi eux, Pernod-Ricard
qui anime la &lt;a href=&quot;http://www.fondation-entreprise-ricard.com/&quot;&gt;Fondation
Ricard&lt;/a&gt;) qui revendiquent la paternité de MP2013 apprécieront de se faire
voler ainsi la vedette.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils se consoleront peut-être de voir les &lt;a href=&quot;http://www.mp2013.fr/au-programme/ateliers-euromediterranee/&quot;&gt;Ateliers de
l’Euroméditerranée&lt;/a&gt;, pour lesquels ils ne sont pas pour rien, mentionnés
dans l’article. Ils se satisferont, surtout, de voir que la conception du rôle
du mécène et des acteurs privés est plébiscité par les artistes interrogées par
le journaliste du WSJ.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, le papier promeut l’idée selon laquelle « Marseille se
réveille ». Ce discours n’est pas neuf. Il est celui de la majorité municipale
depuis son arrivée en 1995. Le contexte, rappelé en fin d’article, est
néanmoins propice à la diffusion d’un tel message. En effet, la conjonction de
l’organisation de la Capitale européenne de la culture et la recrudescence, au
moins médiatique, de la violence urbaine et des affaires poussent à braquer les
projecteurs sur la ville. Comme les deux faces de la médaille de l’image de
ville - qui n’est donc en rien homogène - la culture et la requalification
urbaine d’un côté, les kalachnikovs et la corruption des élus de l’autre
agissent, pour reprendre les termes si juste de l’&lt;a href=&quot;http://www.marseille2013.com/a-propos/lappel-du-vallon-des-auffes/&quot;&gt;appel du
OFF&lt;/a&gt;, comme dans « un aimant qui aurait le plus et le moins sur le même
côté. Et c’est cela qui précisément en fait sa particularité en France et même
peut être en Europe ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement à la conclusion du WSJ selon laquelle « il est difficile
d’être en désaccord » avec le slogan « &lt;a href=&quot;http://www.onthemove.fr/fr/index.php&quot;&gt;Marseille on the move&lt;/a&gt; », confronté à
l’injonction de « bouger » dans une direction à la fois invisibilisée
et unidirectionnelle - celle qui fait de la culture l’instrument de la
gentrification et le marketing urbain officiel, un outil de désidentification -
il est parfaitement possible d'exprimer des doutes. Ce sont &lt;a href=&quot;http://ilinferno.com/2012/01/29/marseille-2013-ces-grands-machins-qui-ne-servent-quun-dessein/&quot;&gt;
ces doutes&lt;/a&gt; face au « grand pari » (&lt;em&gt;big gamble&lt;/em&gt;) de la
Chambre de commerce qui entend enfin rompre avec l’image
« infamante » (&lt;em&gt;scurrilous&lt;/em&gt;) qu’il faudrait écouter.
D’urgence.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>La création de l’Agence des villes et territoires méditerranéens durables : nouvelle organisation internationale pour Marseille ?</title>
    <link>http://www.marseilleinternationale.com/post/2011/11/14/La-cr%C3%A9ation-de-l%E2%80%99Agence-des-villes-et-territoires-m%C3%A9diterran%C3%A9ens-durables-%3A-nouvelle-organisation-internationale-pour-Marseille</link>
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    <pubDate>Mon, 14 Nov 2011 12:33:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Nicolas Maisetti</dc:creator>
        <category>Collectivités locales</category><category>Expertise</category><category>Méditerranée</category><category>Politique</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.marseilleinternationale.com/public/.Etalement-urbain_s.jpg&quot; alt=&quot;A&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;Etalement-urbain.jpg, nov. 2011&quot; /&gt;
Après plusieurs années de discussions et d’études, l’Agence française des
villes et territoires méditerranéens durables va voir le jour. Une convention
constitutive du Groupement d’intérêt public (GIP) est signée le 21 octobre
dernier nous apprend &lt;a href=&quot;http://www.econostrum.info/Vers-une-agence-des-villes-et-territoires-mediterraneens-durables_a7610.html?preaction=nl&amp;amp;id=10569858&amp;amp;idnl=100564&quot;&gt;
Econostrum&lt;/a&gt;. À l’origine de ce projet, l&lt;a href=&quot;http://www.ins-med.org/2010/12/strategies-urbaines-et-territoriales-durables/&quot;&gt;’Institut
de la Méditerranée&lt;/a&gt; et le &lt;a href=&quot;http://www.patrickallemand.fr/?p=1075&quot;&gt;Conseil régional PACA&lt;/a&gt;, d’une part,
et la DATAR d’autre part.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’objectif assigné à cette structure est d’encourager le transfert de
compétences en produisant une formation et un support d’ingénierie de projets
urbains en Méditerranée. L’idée consiste à créer un dispositif de formation de
cadres territoriaux, et d’assistance à l’élaboration de schémas d’aménagement
du territoire.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les observateurs de la présence des organisations internationales à
Marseille, ces expressions ont un air de déjà vu. Il existe en effet une autre
structure qui poursuit le même objectif de « mutualiser les
compétences » dans le domaine de « l’ingénierie urbaine » afin
de proposer aux « partenaires de l’espace méditerranéen » des
« bonnes pratiques » dans la gestion territoriale.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;a href=&quot;http://www.cmimarseille.org/web/base2/cmi/index.html&quot;&gt;Centre de
Marseille pour l’intégration en Méditerranée&lt;/a&gt; (CMIM) issu de la refondation
de la plate-forme de la Banque mondiale et pour lequel nous avons consacré
&lt;a href=&quot;http://www.marseilleinternationale.com/?q=CMIM&quot;&gt;plusieurs billets dans ce blog r&lt;/a&gt;épondait précisément à
cet enjeu. On peut donc se demander quelle est la raison d’être d’une nouvelle
structure d’accompagnement des projets urbains en Méditerranée.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour répondre à cette question, il faut se souvenir des conditions de
naissance du CMIM et en particulier de la main mise de la Banque mondiale sur
un projet qui se voulait multi-partenarial. Certes, il intègre la Banque
européenne d’investissement, le Plan Bleu, l’AFD et la plupart des institutions
locales, mais sur deux points essentiels le pari n’a pas été tenu. Tout
d’abord, sur le plan de la gouvernance, alors qu’une promesse d’offrir le poste
de Directeur du CMIM avait été promis par la Banque à un non-membre de
l’institution de Washington, il a finalement échu à Matts Karlson, pur produit
de la maison, au grand dam de la BEI et de l’AFD. Deuxièmement, un rapide
aperçu des chefs de file et des partenaires institutionnels des 14 programmes
du CMIM montre la domination de la Banque dans leur production. Si « tout
le monde est dedans ou presque », le ressenti d’une opération sur laquelle la
Banque a la haute main a débouché sur la naissance d’un projet
concurrent : la fameuse Agence des villes et territoires méditerranéens
durables.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce point, la construction de l’Agence ne marque pas seulement la
contestation du dispositif estampillé Banque mondiale, mais renvoie à des
positionnements politiques. Elle montre que l’internationalisation des villes
est aussi affaire de compétition partisane.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de notre enquête sur le CMIM, les fonctionnaires des Affaires
internationales et du Conseil régional reconnaissaient les tensions suscitées
par l’émergence de leur projet perçu comme concurrent par la Banque mais
expliquait que la future agence devait se « &lt;em&gt;lover&lt;/em&gt; » dans le
CMIM. Malgré ces explications, la future plate-forme vise à repositionner
l'institution régionale au centre du dispositif de production et d’exportation
de l’expertise. En effet, les témoignages des fonctionnaires territoriaux ont
exprimé un sentiment de prise en étau de la collectivité locale entre le
marteau étatique et l’enclume Banque mondiale, sur des logiques bureaucratiques
qui ne s’accordent pas toujours. La période de négociation du CMIM a ainsi pu
laisser le sentiment aux acteurs locaux qu’ils étaient les oubliés de la
négociation alors dominée par l’enjeu de la constitution de l’Union pour la
Méditerranée.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, L’une des justifications de la plate-forme PACA-DATAR fournie
par le Conseil régional porte sur une contestation technique de l’approche de
la Banque mondiale à qui il est reproché de proposer dans le CMIM davantage un
support de policy papers, de séminaire, de l’échange d’expériences, de la
comparaison, davantage qu’un dispositif d’accompagnement au montage de projets.
A contrario, pour la BEI et la Banque mondiale, on reproche au projet Conseil
régional-DATAR, l'obsolescence de son approche, montrant ainsi dans quelle
mesure les controverses entre les institutions internationales se heurtent à
l’épreuve du territoire dans lesquelles elles se déploient. L’approche
multi-partenariale et multi-solutions proposée par le CMIM est interprétée par
les collectivités locales comme la réponse de la Banque mondiale au manque de
moyens financiers dont elle dispose. Pour chaque projet, les institutions
partenaires devraient être sollicités pour le financement. Le rejet de la
logique du trust fund se retourne contre la Banque accusée par les
fonctionnaires du Conseil régional de « ne pas avoir un rond » et de
faire de « l’affichage politique ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la Région, la plate-forme PACA-DATAR se présente comme la dimension
technique et montage de projet du dispositif global face à la dimension
expertise promue par le CMIM. On mesure l’ambiguïté et les luttes
d’interprétation lorsqu’on se rappelle que le CMIM a justement reposé sur la
justification d’apports de projets face au Secrétariat conjoint barcelonais
réduit à une « usine d’estampillonage ». D’autres indices tendent pourtant
à indiquer que ces positionnements combinent non seulement des divergences
méthodologiques et techniques, mais également des rivalités politiques qui
portent sur la revendication des initiatives de l’internationalisation du
territoire. L’ambition de catalyser les ressources techniques des différentes
institutions locales, nationales et mondiales se heurtent à la conflictualité
politique marseillaise. Cette hypothèse conduit à replacer les dynamiques
d’internationalisation des territoires dans leurs contextes politiques locaux.
En l’espèce la fragmentation politique est un puissant obstacle à la
mutualisation institutionnelle.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À l’origine du projet de Plate-forme des villes et territoires durables en
Méditerranée se trouve Michèle Medvedowsky-Marchetti. Experte à la DATAR, elle
est l’instigatrice de l’Institut des hautes études de développement et
d’aménagement des territoires en Europe (IHEDT) construit sur le modèle de
l’Institut des hautes études de la Défense nationale. L’idée est celle d’un
think tank réunissant des praticiens qui organise des cycles de formation et
produit une expertise sur un domaine spécifique. Par ailleurs, Mme Marchetti
est l’épouse d’Alexandre Medvedowsky, tête de liste PS pour l’élection
municipale d’Aix-en-Provence en 2008 et soutien politique de Michel Vauzelle.
Aussi l’initiative du Conseil régional est-elle regardée comme étant
politiquement guidée, d’une part, et méthodologiquement marquée par les
pratiques « franco-françaises » de la DATAR d’où elle est issue. Les
experts des bailleurs de fonds critiquent sur les deux fronts l’initiative
concurrente de la plate-forme PACA-DATAR. D’une part, la techno-structure
française ne serait pas adaptée au contexte méditerranéen. La planification
aménagiste de la DATAR ne résisterait pas aux structures administratives du
Maghreb et du Machrek. D’autre part, l’initiative est stigmatisée, par son
sous-entendu politique qui irait à l’encontre de l’ambition affichée de
mutualiser les ressources et les compétences des acteurs locaux quand la
politisation les discriminerait :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« Derrière ça, il y a une dame qui s’appelle Michèle
Medvedowsky-Marchetti qui est l’épouse du challenger de la maire d’Aix, qui a
travaillé à la DATAR pendant de nombreuses années. (...). Cette initiative est
donc très, très politique. Madame Medvedowsky, c’est le Parti socialiste à Aix.
Ce n’est pas étonnant qu’elle soit avec la Région et pas avec le Département et
qu’évidemment elle ne soit pas soutenue par la ville. La ville, c’est l’UMP, le
Département, c’est Guérini et Guérini, ce n’est pas Vauzelle. » (membre du
CMIM, décembre 2010)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L’Agence des villes et territoires méditerranéens durables, une nouvelle
organisation internationale ? Peut-être. Elle n’en dévoile pas moins les
enjeux politiques de l’internationalisation du territoire.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Marseille, ville arabe ?</title>
    <link>http://www.marseilleinternationale.com/post/2011/05/05/Marseille%2C-ville-arabe</link>
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    <pubDate>Thu, 05 May 2011 18:18:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Nicolas Maisetti</dc:creator>
        <category>Identité</category><category>Marseille 2013</category><category>Méditerranée</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.marseilleinternationale.com/public/.mod-2409343_s.jpg&quot; alt=&quot;A&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;mod-2409343.png, mai 2011&quot; /&gt; Comme
dans toutes les bonnes séries, l’organisation de la Capitale européenne de la
culture apporte chaque semaine son lot de rebondissements. Après la démission
de Bernard Latarjet, on apprend dans &lt;a href=&quot;http://www.laprovence.com/article/a-la-une/la-ville-de-marseille-contre-un-festival-du-cinema-arabe-en-2013&quot;&gt;
La Provence&lt;/a&gt; que la ville de Marseille, par la voix de son adjointe déléguée
au cinéma, &lt;a href=&quot;http://www.marseille.fr/sitevideo/jsp/site/Portal.jsp?document_id=155&quot;&gt;Eliane
Zayan&lt;/a&gt;, s’oppose à la volonté de l’Association Marseille-Provence 2013
(MP2013) d’inscrire dans la programmation officielle de l’année Capitale un
Festival du cinéma arabe et souhaiterait que cet événement s’intitule le
« Festival du film méditerranéen ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La substitution du terme « arabe » par « méditerranéen »
montre que, davantage qu’un conflit d’appréciations artistiques, ce débat entre
l’Association MP2013 revêt des enjeux politiques et stratégiques - comme le
reconnaît Thierry Roche, le directeur délégué de l’association lorsqu’il
déclare «&lt;em&gt;Nous jugeons de l’intérêt culturel, pas des arguments
politiques&lt;/em&gt;», ce qui indique que des « &lt;em&gt;arguments
politiques&lt;/em&gt; » sont tenus. Ces enjeux sont à l’intersection entre la
régulation sociale dans la ville et la présentation de soi externe proposé par
les élites politiques municipales. En clair, il apparaît crucial pour ces
dernières de faire apparaître Marseille comme une ville
« &lt;em&gt;méditerranéenne&lt;/em&gt; ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Énoncé méditerranéen et renversement de stigmates&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, cet épisode nous semble particulièrement révélateur des deux facettes
de la gouvernance de Marseille. Sur le plan interne, il illustre les tentatives
du pouvoir local de définir quels groupes plutôt que d’autres sont exclus, non
seulement de la prise de décision, mais aussi des espaces d’incarnation de
l’identité de la ville. Sur le plan externe, il suggère l’orientation des
canaux de représentation la ville à l’extérieur qui suppose une définition plus
ou moins unifiée d’une identité collective proposée à l’extérieur.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, cette définition unifiée repose sur un énoncé méditerranéen. Pourquoi
rejeter le qualificatif « &lt;em&gt;arabe&lt;/em&gt; » ? Pour éviter de
« &lt;em&gt;stigmatiser une communauté&lt;/em&gt; » affirme Mme Zayan. On peut
néanmoins faire l’hypothèse suivante suivante fournie par un acteur culturel
local dans un tout autre contexte :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« &lt;em&gt;La Méditerranée, c’est une euphémisation, une façon de ne pas
dire arabe ou Islam. Donc, c’est une façon d’inscrire dans un monde commun
quelque chose qui, pour certains, fait problème et resurgît comme un problème à
plusieurs moments&lt;/em&gt;. »&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En d'autres termes, le passage d'arabe à méditerranée s'inscrit dans une
stratégie de renversement de stigmates&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si la préférence méditerranéenne exprimée par la majorité municipale
répondrait à une façon de résoudre un « &lt;em&gt;problème&lt;/em&gt; », que peut-il
donc être ? C’est ici qu’il faut introduire et articuler les doubles
échelles évoquées.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conflits partisans et Compétitions
interterritoriales&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan strictement local, le choix de la présentation de soi
méditerranéenne s’inscrit dans un contexte politique spécifique.
L’euphémisation est une traduction du rapport entretenu entre la droite locale
et l’extrême-droite et plus précisément les électeurs potentiels du Front
national. L’argument du refus du communautarisme semble à première vue
surprenant dans une ville qui reconnaît l’existence et la légitimité des
communautés. Que l’on songe à &lt;a href=&quot;http://www.marseille.fr/sitevdm/jsp/site/Portal.jsp?page_id=916&quot;&gt;Marseille
Espérance&lt;/a&gt; ou à l’existence d’un conseiller du maire sur les questions
communautaires.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, quelques semaines seulement après la qualification au second tour
des élections cantonales de la totalité des candidats FN dans les cantons de la
ville, il semble que la ville donne des gages à ces électeurs lorsqu’elle
souhaite un rapprochement du « &lt;em&gt;festival avec d'autres associations,
comme &lt;a href=&quot;http://www.horizontesdelsur.fr/&quot;&gt;Horizontes del sur&lt;/a&gt;, pour ne
pas présenter un festival communautaire&lt;/em&gt; ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dimension politique est renforcée par les déclaration d’un responsable de
l’opposition, montrant ainsi que la présentation de soi de la ville est aussi
affaire de compétition partisane. Patrick Mennuci, vice-Président du Conseil
régional délégué à la culture, mais également Président du groupe socialiste au
Conseil municipal de Marseille, interpelle en ces termes la
mairie :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« Marseille est une ville arabe, en même temps qu'une ville
méditerranéenne. Si l'on n'est pas capable de se regarder tels que nous sommes,
nous reculons, et tous les beaux discours sur l'intégration sont dépassés.
Marseille doit assumer pleinement sa part arabe. »&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Assez révélateur du caractère potentiellement polémique pour la presse qui
relaie ces propos : l’affirmation « &lt;em&gt;Marseille est une ville
arabe&lt;/em&gt; » est en gras dans l’article de La Provence, tout comme
« &lt;em&gt;festival communautaire&lt;/em&gt; » et, dans la première ligne,
« &lt;em&gt;Festival international du cinéma arabe&lt;/em&gt; ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La volonté du pouvoir local d’offrir une présentation de la ville
méditerranéenne plutôt qu’arabe ne s’inscrit pas seulement dans le contexte de
la compétition politique, mais s’intègre dans des enjeux déterminés par la
compétition inter-terrtoriale. Or, la propriété méditerranéenne apparaît plus
rétributrice que la propriété arabe dans la mesure où elle s’intègre plus
aisément dans une dynamique concurrentielle structuré par un cadre
européen.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre de la candidature à la Capitale européenne de la culture, par
exemple, les acteurs de la mobilisation reconnaissent que les premières
moutures du dossier inclinait trop vers le Sud. Sous les recommandations
d’interlocuteurs bruxellois, la dimension européenne fut finalement davantage
mise en avant. De la même façon, alors que les Ateliers de la Méditerranée sont
devenus les &lt;a href=&quot;http://www.marseille-provence2013.fr/le-projet/ateliers-euromediterranee/&quot;&gt;Ateliers
de l’Euro-Méditerranée&lt;/a&gt;, la mairie souhaite que le Festival du film arabe
devienne le Festival du film méditerranéen (et en fait euro-méditerranéen comme
le montre la référence de Mme Zayan, à Horizontes del Sur, « &lt;em&gt;lieu
d'échange et de diffusion de la création hispanique&lt;/em&gt; »).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La simple querelle sur la dénomination d’une manifestation culturelle
informe donc des conditions d’énonciation de la ville, de la manière dont ses
élites envisagent son identité et des résonances sur la compétition
démocratique et la course à l’attractivité. Elle montre enfin l’ampleur avec
laquelle le récit méditerranéen s’est imposée dans la présentation de soi de
son territoire.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.marseilleinternationale.com/post/2011/05/05/Marseille%2C-ville-arabe#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Départ de Latarjet - Nouvelle séquence pour 2013</title>
    <link>http://www.marseilleinternationale.com/post/2011/03/21/D%C3%A9part-de-Latarjet-Nouvelle-s%C3%A9quence-pour-2013</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:08f84e6f36e972ca91de83ecd6ad58f5</guid>
    <pubDate>Mon, 21 Mar 2011 13:03:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Nicolas Maisetti</dc:creator>
        <category>Marseille 2013</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.marseilleinternationale.com/public/.index_s.jpg&quot; alt=&quot;A&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;index.jpg, nov. 2010&quot; /&gt; Rudy
Rucciotti a donc remporté son pari. Durant l’émission des &lt;a href=&quot;http://www.franceculture.com/emission-les-matins-emission-en-direct-de-marseille-capitale-europeenne-de-la-culture-2013-2011-02-2&quot;&gt;
Matins de France culture&lt;/a&gt; consacré à Marseille-Provence 2013, le
starchitecte français avait reconnu que Marseille :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« ce n’est pas Lille. À Lille, les choses sont cadrés, tout est dur et
bien organisé, Martine Aubry est une maire fantastique qui tient ses troupes,
qui tient tout le dispositif. On connaît le succès incroyable de Lille.
Marseille, c’est improbable, on sent que c’est impossible. Moi, j’ai parié avec
Latarjet qu’il allait démissionner avant 2013.»&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Précisons que Bernard Latarjet n’a pas formellement démissionné mais selon
les termes du &lt;a href=&quot;http://www.marseille-provence2013.fr/2011/03/communique-de-presse-du-21-mars-2011-marseille-provence-2013-renforce-sa-direction-generale/&quot;&gt;
communiqué de presse&lt;/a&gt; de l’association Marseille-Provence 2013 :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« À la demande de Bernard Latarjet, et à l’exemple de ce qui s’est fait
dans plusieurs capitales européennes, les dispositions suivantes seront
soumises à l’approbation du prochain Conseil d’administration : la
nomination d’un nouveau directeur général opérationnel, sur proposition du
président conformément aux statuts et la nomination de Bernard Latarjet en tant
que conseiller placé auprès du Président, qui accompagnera le directeur
général. »&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Latarjet restera donc proche de son successeur qui sera probablement
Jean-François Chougnet, ancien directeur général du Parc de la Villette qui
était alors présidé par le même Barnard Latarjet. Cette situation fait &lt;a href=&quot;http://www.laprovence.com/actu/region-en-direct/latarjet-directeur-de-marseille-provence-2013-je-ne-demissionne-pas&quot;&gt;
dire&lt;/a&gt; à l’ancien patron de Marseille-Provence 2013 :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« Jamais il n'a été question de démission, &lt;a href=&quot;http://www.libemarseille.fr/henry/2011/03/marseille-2013-le-directeur-latarjet-jette-l%C3%A9ponge.html&quot;&gt;
ni de fatigue de ma part&lt;/a&gt;. Jamais, je n'ai songé à jeter l'éponge. Mes
collaborateurs, le sénateur-maire de Marseille et le ministère savent que
j'envisage, depuis quelques temps, une restructuration de l'équipe de
Marseille-Provence 2013 qui sera soumise au conseil d'administration
».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Nonobstant, la mécanique de communication qui a présidé à cette décision
(voir sur ce point le billet de &lt;a href=&quot;http://www.marsactu.fr/2011/03/21/bernard-latarjet-out-mais-encore-un-peu-in/&quot;&gt;
Marsactu&lt;/a&gt;), c’est pourtant à une prise de distance de Latarjet auquel on
assiste. Dans les séquences du projet Capitale, elle constitue à n’en pas
douter une rupture. Elle clôture en effet une phase interminable de
pré-programmation et inaugure, on l’espère, l’heure des choix définitifs des
événements. Parallèlement, la décision surprise, quelques semaines seulement
après la grande &lt;a href=&quot;http://www.marseille-provence2013.fr/2011/02/conference-de-presse-du-24-fevrier-2011/&quot;&gt;
conférence de presse&lt;/a&gt;, est prise dans un contexte particulièrement
difficile.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.lemonde.fr/culture/article/2011/03/18/marseille-2013-revelateur-du-malaise-culturel-local_1495216_3246.html&quot;&gt;
Le Monde&lt;/a&gt; publiait à la fin de la semaine dernière un papier décrivant le
« &lt;em&gt;malaise culturel local&lt;/em&gt; » révélé par Marseille-Provence
2013. Mis à bout à bout, une série d’événements récent dessine un panorama
culturel effrayant : enchaînement symbolique d’intellectuels à l’opéra
Bastille à Paris, suppression de subventions publiques à des associations
culturelles (Centre international de poésie de Marseille, Pensée du Midi,
AMI-Centre de développement pour les musiques actuelles) et donc suppressions
programmées d’événements, crise des bibliothèques municipales...&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan de la gouvernance, ces épisodes sont à relier aux &lt;a href=&quot;http://www.laprovence.com/article/region/marseille-2013-gaudin-ne-cache-plus-son-agacement-envers-joissains?page=2&quot;&gt;
chantages&lt;/a&gt; exercés par certaines collectivités locales suspendant leur
participation - et donc leur financement - à des retours sur investissement
précisés, négligeant ainsi l’un des objectifs principaux du projet de
territoire mutualisant les bénéfices.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La séquence qui s’ouvre avec le retrait de Latarjet est celle de toutes les
incertitudes. Assiste-t-on à un surcroît de politisation du projet de Capitale,
c’est-à-dire à une reprise en main par les collectivités locales lassées de
voir l’opération lui échapper ? Ou au contraire, cette décision
s’inscrit-elle dans le cadre de l’évolution régulière des Capitales européennes
de la culture qui ont, pour la plupart, connu des bouleversements de
gouvernance organisant la transition entre la phase de candidature et de
programmation ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous reviennent à l’esprit ces propos d’un membre de l’association tenus il
y a près de 18 mois :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« Avant la désignation, les relations étaient conflictuelles et tendues
entre Latarjet et les collectivités locales, surtout la ville, sauf que c’était
Latarjet qui allait faire gagner et donc tout le monde fermait sa gueule
jusqu’aux résultats. Et le jour du résultat… Ils n’ont pas attendu le
lendemain… Le jour même des résultats... le soir, on a fait la fête, et
certaines personnes à la mairie ont dit « maintenant, on a gagné, on vire
tout le monde. On devient les directeurs ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue, la séquence actuelle pourrait être celle du revanchisme
des politiques - compris ici comme les élus et les responsables des services
administratifs des collectivités locales - sur la dynamique managériale du
projet Capitale. Pas sûr cependant que cette reprise en main s’accompagne d’un
saut qualitatif pour l’intégration des acteurs culturels dont la réduction des
subventions a surtout été utilisé comme un moyen de pressions sur l’association
Marseille-Provence 2013.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.marseilleinternationale.com/post/2011/03/21/D%C3%A9part-de-Latarjet-Nouvelle-s%C3%A9quence-pour-2013#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Quel avenir pour la coopération euro-méditerranéenne ?</title>
    <link>http://www.marseilleinternationale.com/post/2011/03/10/Quel-avenir-pour-la-coop%C3%A9ration-euro-m%C3%A9diterran%C3%A9enne</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:f27f52ce3cad95d91d30d39f22dd3579</guid>
    <pubDate>Thu, 10 Mar 2011 11:50:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Nicolas Maisetti</dc:creator>
        <category>Union européenne</category><category>UpM</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.marseilleinternationale.com/public/.JoseManuelBarrosoCatherineAshtonStrasbourg20100209_s.jpg&quot; alt=&quot;a&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;JoseManuelBarrosoCatherineAshtonStrasbourg20100209.jpg, mar. 2011&quot; /&gt; Au Sud
de la Méditerranée, rien n’est encore joué. Le colonel Kadhafi multiplie les
attaques contre son peuple et doit désormais faire face à un Conseil national
de la transition qui en appelle à la &lt;a href=&quot;http://www.europe1.fr/International/La-France-legitime-l-opposition-libyenne-447463/&quot;&gt;
reconnaissance de la communauté internationale&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Égypte, l’enthousiasme de la chute du Rais a rapidement laissé la place à
l’incertitude sur les ambitions des généraux qui occupent le pouvoir. Dans la
nuit du 8 au 9 mars, des &lt;a href=&quot;http://www.courrierinternational.com/breve/2011/03/10/nouveaux-affrontements-dans-le-quartier-des-chiffonniers-du-caire&quot;&gt;
affrontements inter-communautaires&lt;/a&gt; auraient fait une dizaine de morts et
une centaine de blessés dans le quartier copte du Caire, rouvrant la plaie de
l’attentat du nouvel-an contre une église chrétienne et soulevant la question
de l’attitude de l’armée.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Tunisie, on s’efforce de faire disparaître les vestiges du pouvoir
ancien : le RCD, institution centrale de domination et de contrôle,
&lt;a href=&quot;http://iismm.ehess.fr/document.php?id=249&quot;&gt;de surveillance et de
punition&lt;/a&gt;, est &lt;a href=&quot;http://www.rfi.fr/afrique/20110309-tunisie-justice-dissout-le-rcd-le-parti-ben-ali&quot;&gt;
dissous&lt;/a&gt;, tandis que les successions de gouvernements de transition
accordent de moins en moins de maroquins aux personnalités impliquées dans
l’ancien régime.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Maroc, enfin, &lt;a href=&quot;http://www.courrierinternational.com/breve/2011/03/10/mohammed-vi-annonce-une-reforme-de-la-constitution&quot;&gt;
le roi annonce une réforme constitutionnelle&lt;/a&gt; qu’il qualifie de
« &lt;em&gt;globale&lt;/em&gt; » et qui dessinerait les contours d’une monarchie
constitutionnelle, c’est-à-dire instaurant un mécanisme de responsabilité
effective du gouvernement devant le Parlement.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partout ailleurs, de l’Algérie au Bahreïn, les secousses et les répliques
démocratiques font vaciller les régimes arabes dans un contexte marqué par les
incertitudes qui entourent &lt;a href=&quot;http://www.lexpress.fr/actualites/1/monde/le-roi-abdallah-d-arabie-saoudite-en-excellente-sante_961141.html&quot;&gt;
la santé du roi Abdallah&lt;/a&gt; d’Arabie Saoudite.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face à cette nouvelle donne, l’Union européenne tente de réagir en reprenant
la main sur un processus de coopération qui lui a échappé depuis le lancement
de l’Union pour la Méditerranée (UpM) proposée par le Président Sarkozy en
2008.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les échecs institutionnels de l’UpM&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’UpM suscite en effet de nombreuses et virulentes critiques qui n’ont pas
attendu le printemps arabe pour se faire entendre, mais qui trouvent, là, une
caisse de résonance particulièrement efficace. Succédant au Processus de
Barcelone, l’UpM a pu être interprétée par les fonctionnaires de la Commission
européenne comme une dépossession du partenariat euro-méditerranéen.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les promoteurs français du projet estimaient de leur côté vouloir répondre à
une situation dans laquelle les instruments financiers communautaires destinés
à la coopération avec les rives Sud et Est de la Méditerranée étaient fondus
dans le dispositif de la &lt;a href=&quot;http://ec.europa.eu/world/enp/policy_fr.htm&quot;&gt;Politique de Voisinage&lt;/a&gt;. Cette
dernière aurait déséquilibré la Politique extérieure de l’Union au profit des
pays de l’Est et n’aurait pas permis de répondre aux spécificité des contextes
méditerranéens. Certains diplomates français assument ainsi avoir pensé l’UpM
« &lt;em&gt;contre la technostructure européenne&lt;/em&gt; » et « &lt;em&gt;la
technostructure bruxelloise sentait qu’elle se faisait déposséder de son
pouvoir, ce qui a été fait d’ailleurs&lt;/em&gt; ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de voir quelle est l’actuelle réponse de la « technostructure
bruxelloise », tentons de comprendre les obstacles institutionnels - il y en a
eu tellement d’autres - rencontrés par le projet.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &lt;a href=&quot;http://euro-mediterranee.blogspot.com/2011/02/mediterranee-la-chute-de-moubarak.html&quot;&gt;
s’appuyant sur Égypte&lt;/a&gt;, qui s’est vu confier la co-Présidence de la nouvelle
structure, et sur la Tunisie, &lt;a href=&quot;http://www.lefigaro.fr/international/2008/04/30/01003-20080430ARTFIG00015-nicolas-sarkozy-vante-a-tunis-l-union-pour-la-mediterranee-.php&quot;&gt;
pressentie par l’Élysée pour accueillir le siège&lt;/a&gt; du Secrétariat général, le
Président Sarkozy est accusé d’avoir effectué de mauvais choix.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En présumant pouvoir se passer de l’Allemagne, en marginalisant la
Commission et en présentant le projet comme une alternative à l’adhésion de la
Turquie à l’Union européenne (UE), il a lourdement hypothéqué les chances
d’instaurer une dynamique politique et institutionnelle positive.&lt;br /&gt;
Enfin, en subordonnant le dialogue politique à l’octroi de financements
destinés à des « projets concrets », il a sous-estimé l’obstacle des
négociations au sein d’un « bloc » arabe dont la labellisation
unitaire fut très faiblement auto-réalisatrice.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’appel du Quai d’Orsay à une « &lt;a href=&quot;http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/03/01/97001-20110301FILWWW00420-juppe-veut-refonder-l-upm.php&quot;&gt;''refondation
de l’UpM''&lt;/a&gt; » apparaît dès lors comme un vœux pieux alors que la
diplomatie française subit un &lt;a href=&quot;http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/02/22/on-ne-s-improvise-pas-diplomate_1483517_3232.html&quot;&gt;
profond malaise&lt;/a&gt; et que le Secrétariat général de l’UpM a &lt;a href=&quot;http://www.rfi.fr/europe/20110126-le-patron-upm-demissionne&quot;&gt;déposé sa
démission&lt;/a&gt;, reconnaissant son incapacité à remplir les missions qui lui
avaient été assignées - organisation du Sommet, financement et labellisation
des projets.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La reprise en main par la Commission européenne&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À Bruxelles, en revanche, la reprise en main est déjà en cours et s’est
déployée en deux temps.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un premier temps, la Commission a &lt;a href=&quot;http://www.econostrum.info/La-Commission-europeenne-va-tripler-son-aide-consacree-a-la-crise-humanitaire-libyenne_a4924.html&quot;&gt;
débloqué 30 millions d’euros&lt;/a&gt; pour répondre aux besoins humanitaires liés
aux déplacements de populations et 17 millions d’euros dédiés à la transition
tunisienne.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son côté, le 28 février, &lt;a href=&quot;http://www.econostrum.info/Les-eurodeputes-se-penchent-sur-la-Mediterranee_a4896.html&quot;&gt;
le Parlement a reçu&lt;/a&gt; le Secrétaire général du nouveau &lt;a href=&quot;http://eeas.europa.eu/index_fr.htm&quot;&gt;Service européen pour l’action
extérieure&lt;/a&gt;, ainsi que le représentant de la Présidence hongroise pour
évoquer la situation en Méditerranée. Enfin, les euro-députés ont accordé un
surplus d’1 milliard d’euros à la Facilité euroméditerranéen d’investissement
et de partenariat (FEMIP).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &lt;a href=&quot;http://www.eib.europa.eu/projects/regions/med/index.htm?lang=-fr&quot;&gt;bras
financier méditerranéen de la Banque européenne d’investissement&lt;/a&gt; (BEI)
dispose désormais de 6 milliards d’euros pour accompagner les projets qu'il a
soutenu à hauteur de &lt;a href=&quot;http://www.econostrum.info/2010-annee-faste-pour-la-Femip_a4852.html&quot;&gt;2,6
milliards d’euros en 2010&lt;/a&gt; (+60% par rapport à 2009). Or, on s’aperçoit que
les trois partenaires les plus importants de la FEMIP sont l’Égypte (3,5
millions d’euros), la Tunisie (2,9 millions) et le Maroc (2,6
millions).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;em&gt;soft power&lt;/em&gt; de l’UE via le financement de projets structurants
(comme les 500 millions d’euros attribués à &lt;a href=&quot;http://www.medgaz.com/medgaz/pages/index-fr.htm&quot;&gt;MedGaz&lt;/a&gt;, un gazoduc creusé
entre Beni Saif en Algérie et Almeria en Espagne ; le port de TangerMed au
Maroc, pour 200 millions d’euros...) ou de PME s'avérerait-il plus efficace que
les conférences inter-gouvernementales à 43 pays ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un second temps, la Commission européenne a annoncé cette semaine, le
lancement « un partenariat ambitieux pour la démocratie et une prospérité
partagée avec le sud de la Méditerranée ». Dans cette &lt;a href=&quot;http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/11/268&amp;amp;format=HTML&amp;amp;aged=0&amp;amp;language=FR&amp;amp;guiLanguage=fr&quot;&gt;
communication&lt;/a&gt; présentée conjointement avec la haute représentante de
l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, le Président
de la Commission s’est déclaré « &lt;em&gt;déterminé à faire un saut qualitatif
dans les relations&lt;/em&gt; » euro-méditterranéennes.&lt;br /&gt;
Catherine Ashton, la Haute représentante, a semblé s’adresser à l’Hôtel Marigny
et au Palais de Pedralbes lorsqu’elle a affirmé que l’UE « &lt;em&gt;possède
l'expérience et les instruments&lt;/em&gt; » pour mener des actions dont les
grandes lignes devront être adoptées par le Sommet prévu à la fin de la
semaine. Comme il est l’usage trois corbeilles ont été défini :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;un soutien à « mutation démocratique » et l’accent sur « les
droits de l’Homme »;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;un partenariat avec la « société civile » ; et&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;une aide à la stimulation de la croissance économique.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Ces corbeilles semblent en rupture avec la coopération euro-méditerranéenne
du Processus de Barcelone qui portait sur la lutte anti-terroriste et
anti-migration et laissait à la coopération économique la portion congrue et à
la coopération culturelle le(s) reste(s).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« Dans ce cadre », nous dit la Commission, elle « réorientera les
programmes d'aide substantiels, qui représentent actuellement 4 milliards
d’euros de subventions en faveur de nos voisins du Sud pour la période
2011-2013.» À titre de comparaison, la BEI a estimé dans une étude récente que
le &lt;a href=&quot;http://www.eib.org/about/press/2010/2010-072-8eme-conference-femip.htm?lang=-fr&quot;&gt;
Plan solaire méditerranéen&lt;/a&gt;, l’une des priorités de la Déclaration de Paris,
s’élevait à 20 milliards d’euros. Sur ces 4 milliards, m’est revenu à la
mémoire ces propos d’un fonctionnaire européen tenus il y a quelques mois
:&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« L’ensemble des investissements des pays du Sud dont elles ont besoin
pour rencontrer la cloche démographique, c’est-à-dire entre 30 et 70 00 emplois
à créer d’ici 2030 ; l’urbanisation, c’est-à-dire 100 millions d’euros de
plus d’ici 2030 ; le problème énergétique et les problèmes de
transport : c’est 300 milliards d’euros d’investissement à faire en 20
ans, pour tous les pays de la zone, hors-Turquie. 300 milliards d’euros. L’aide
publique au développement européenne, c’est quoi ? C’est 4 milliards
d’euros. Vous y ajoutez 2 milliards d’aide bilatérale, ça fait 6 milliards.
Vous divisez 300 milliards par 6 milliards, ça vous fait combien d’année ?
Vous n’y êtes pas. »&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Certes, on n’y est pas encore, mais dans l’économie générale du partenariat
euro-méditerranéen, la reprise en main bruxelloise du dossier devrait sonner le
glas de l’initiative Sarkozy de l’UpM, tandis que la coopération pourrait
bénéficier de la transition démocratique pour porter enfin ses fruits. La
revanche de la technostructure bruxelloise sur le lyrisme de Guaino ou le
retour du &lt;em&gt;soft power&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.marseilleinternationale.com/post/2011/03/10/Quel-avenir-pour-la-coop%C3%A9ration-euro-m%C3%A9diterran%C3%A9enne#comment-form</comments>
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  <item>
    <title>Sommeil et réveil</title>
    <link>http://www.marseilleinternationale.com/post/2011/03/04/Sommeil-et-r%C3%A9veil</link>
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    <pubDate>Fri, 04 Mar 2011 10:03:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Nicolas Maisetti</dc:creator>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.marseilleinternationale.com/public/.J3_en-mer--9-_s.jpg&quot; alt=&quot;A&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;J3_en-mer--9-.jpg, mar. 2011&quot; /&gt;
Depuis quelques semaines, le lecteur régulier de ce blog a pu constater une
mise en sommeil de ces pages alors même que leurs objets se
réveillaient.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan international, les révolutions en Méditerranée, les secousses de
l’UpM, les mésaventures de la diplomatie française.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan local, le lancement d’une nouvelle étape pour Marseille-Provence
2013 - nouveau logo, nouveau site, nouveaux partenaires - , les affaires
politiques.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan « glocal », bien sûr, les postures politiques locales face
au « printemps arabe »&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ce sommeil ? D’abord, ne pas se faire piéger par la richesse
de l’actualité et des informations, écouter, lire et voir avant de se joindre à
la parole de l’observateur. Ensuite, une raison prosaïque, matérielle : un
temps de plus en plus rare dans les derniers mois de rédaction de
thèse.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tenter toutefois de ne pas perdre le fil ; reprendre peu à peu pied
dans le flux continu de ce qui nous parvient de la Méditerranée : tenter
de comprendre comment ces flots et ces remous éclairent les profondeurs - et
comment, en retour, ces profondeurs recomposent l’écume.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Renouer, en somme, avec un « &lt;a href=&quot;http://www.bibliomonde.com/livre/reve-mediterraneen-4086.html&quot;&gt;Rêve
méditerranéen&lt;/a&gt; » qui s’éveille.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.marseilleinternationale.com/post/2011/03/04/Sommeil-et-r%C3%A9veil#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Ce n'est pas pour la vanter...</title>
    <link>http://www.marseilleinternationale.com/post/2011/02/24/Ce-n-est-pas-pour-la-vanter...</link>
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    <pubDate>Thu, 24 Feb 2011 15:42:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Nicolas Maisetti</dc:creator>
        <category>Identité</category><category>Marseille 2013</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.marseilleinternationale.com/public/174842_150495208319373_470919_n.jpg&quot; alt=&quot;A&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;174842_150495208319373_470919_n.jpg, fév. 2011&quot; /&gt; &lt;a href=&quot;http://www.franceculture.com/emission-les-matins-emission-en-direct-de-marseille-capitale-europeenne-de-la-culture-2013-2011-02-2&quot;&gt;
Les Matins de France Culture&lt;/a&gt; ont consacré une émission spéciale à
Marseille-Provence Capitale européenne de la culture 2013. Ce jour, en effet,
une conférence de presse devait dévoiler &lt;del&gt;une partie de la
programmation&lt;/del&gt; un &lt;a href=&quot;http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5gXspm6jUvMqIctUqS2P1BQ5Da1Vw?docId=CNG.96bd9ccd620b13c253b8837bd94ee3cd.771&quot;&gt;
état d'avancement du projet&lt;/a&gt; et le &lt;a href=&quot;http://www.facebook.com/notes/marseille-provence-2013-page-officielle/interview-de-thomas-serriere-graphiste/189827497718387&quot;&gt;
logo&lt;/a&gt; de la future Capitale. En attendant, un compte-rendu de ce qui s'est
dit, je vous propose la retranscription de la chronique de &lt;a href=&quot;http://www.franceculture.com/emission-la-chronique-de-philippe-meyer.html&quot;&gt;Philippe
Meyer&lt;/a&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« Auditeurs sachant auditer... Ce n’est pas pour la vanter, mais
Marseille est une cité dont le nom provoque une résonance particulière, évoque
des couleurs dissonantes. C’est la patrie de deux Edmond : Edmond de
l’ombre, Edmond le sombre, Edmond Dantes, futur comte de Monte Christo ;
Edmond le vibrant, Edmond le solaire, Edmond Rostand, père de Chantecler et de
Cyrano. C’est une ville où les contrastes sont plus exagérés qu’ailleurs. La
bonhomie y montre davantage de rondeur et la violence moins de scrupule. Marcel
Pagnol et Mémé Guérini ; la plume et le stylet.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À Marseille, au cours de l’histoire, on a ratonné les immigrés et pas
seulement les Arabes et on a accueilli et mélangé les Italiens et les
Arméniens, les Levantins et les Grecs. C’est un peu notre Naples. C’est l’une
des villes à avoir le plus longtemps résisté au pouvoir central et parisien.
Sans monter sur des barricades. Plutôt en opposant aux directives venues la
capitale, assez d’inertie, de mauvaise foi, d’arguties et d’entourloupes, pour
que les réalisations soient modérées. Ainsi Marseille est l’une des dernière
villes sur laquelle la main de l’énarque aura pu poser le pied.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son côté la bourgeoisie marseillaise eut longtemps de la gêne à devoir
avouer provenir d’une ville aussi peu raffinée. J’ai connu un garçon de l’une
de ses bonnes familles qui, fréquentant le Lycée Thiers, le mieux doté de la
capitale phocéenne, se lia d’amitié avec un camarade de classe fils d’un couple
de concierges et doté d’un accent très prononcé qui finit par déteindre sur son
ami grand bourgeois. Lorsque les parents du jeune homme bien né s’en avisèrent,
ils résolurent d’envoyer leur fils en pension à Lausanne.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chanson doit beaucoup à Marseille. Et plus encore les chanteurs. Les
Marseillais étaient un public à l’italienne : connaisseur, gouailleur,
sévère, implacable : &amp;quot;irritable et bon enfant&amp;quot; écrivait Colette. Encore
les contrastes. La grande Thérésa, la première star de la chanson, y fut trouvé
si médiocre par le public de l’Alcazar, qu’à sa deuxième représentation, elle
fut accueillie par un troupeau ânesse. Aucune carrière ne pouvait devenir
national, dans ce qu’on appelle aujourd’hui la variété, si elle ne s’était pas
frottée à ce public de l’Alcazar.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La langue française doit à Marseille plus de mots que cette chronique ne
saurait en contenir : &amp;quot;palanquée&amp;quot; qui désigne ce que peut soulever un
palanque, &amp;quot;bouffer, &amp;quot;pétoche&amp;quot;, &amp;quot;arpion&amp;quot;, &amp;quot;balèze&amp;quot;. Au milieu de la floraison
contemporaine du polar, Marseille a son école. Celle où se croise les livres du
regretté Jean-Claude Izzo, de Nadine Saffran, de Philippe Carrese, de Del
Pappas. Plus d’un de ces auteurs de polar remettent à l’honneur et en
circulation le goût de la langue et de l’image dont les Marseillais feignent de
s’agacer quand nous les en créditons.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est que le Marseillais est un peu comme Cyrano. Les clichés à son propos,
il se les sert lui-même, avec assez de verve, mais il ne permet pas qu’un autre
les lui serve. Bravons cette allergie. N’y a-t-il pas une grande civilité à
dire à quelqu’un qu’il est un niais en lui déclarant « le jour où il
pleuvra de la soupe, tu seras le seul avec une fourchette ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et appuyons-nous sur un indigène, mon confrère Jean Construcci, à qui une
professeur d’histoire raconta qu’à la question &amp;quot;pourquoi ne voit-on pas le
Général de Gaulle sur le cliché de ceux qui partageaient le monde en zones
d’influence à Yalta ?&amp;quot; Elle s’entendit répondre &amp;quot;Parce que c’était lui qui
prenait la photo.&amp;quot; Même le cancre à Marseille se doit d’être visité par
l’inspiration. Le ciel vous tienne en joie. »&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Les révolutions arabes et la coopération euro-méditerranéenne</title>
    <link>http://www.marseilleinternationale.com/post/2011/02/07/Les-r%C3%A9volutions-arabes-et-la-coop%C3%A9ration-euro-m%C3%A9diterran%C3%A9enne-%3A-la-catastrophe-paradoxale</link>
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    <pubDate>Mon, 07 Feb 2011 20:30:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Nicolas Maisetti</dc:creator>
        <category>UpM</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.marseilleinternationale.com/public/.moubarak-sarkozy_s.jpg&quot; alt=&quot;A&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;moubarak-sarkozy.jpg, fév. 2011&quot; /&gt;
Difficile de poser un regard autre qu’interrogatif sur la situation dans le
monde arabe tant l’inconnue demeure la seule certitude. D’un côté, les régimes
autoritaires semblent se craqueler les uns après les autres - Tunisie et
Égypte, donc mais aussi &lt;a href=&quot;http://www.econostrum.info/La-crise-politique-se-poursuit-en-Jordanie_a4563.html&quot;&gt;
Jordanie&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5iRErTVNyOchDtl15ZrRTKytzPLgg?docId=CNG.a051b9c1810d0fb5fbd28615c7d87f50.101&quot;&gt;
Algérie&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/02/07/97001-20110207FILWWW00644-maroc-appel-a-un-changement-urgent.php&quot;&gt;
Maroc&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.france24.com/fr/20110204-syrie-facebook-mobilisation-manifestation-appel-calme-damas&quot;&gt;
Syrie&lt;/a&gt;. De l’autre, les recompositions qui succèdent aux fragmentations ne
préjugent pas de progrès supposés démocratiques.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce lundi, l’assemblé tunisienne a voté une &lt;a href=&quot;http://www.lexpress.fr/actualites/2/monde/le-president-tunisien-autorise-a-gouverner-par-decrets_960048.html&quot;&gt;
loi&lt;/a&gt; permettant au Président tunisien de gouverner par décrets-lois :
verrouillage et confiscation du pouvoir ou mesure visant « &lt;em&gt;à écarter des
dangers&lt;/em&gt; » - qui demeurent donc - pour la préservation des acquis du
mouvement né le 17 décembre ? En Égypte, les Frères musulmans sont invités
à la table de &lt;a href=&quot;http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/02/08/que-veulent-les-freres-musulmans_1476158_3218.html&quot;&gt;
négociation&lt;/a&gt;. Un accord est trouvé pour réformer les institutions, mais même
les experts les plus avisés sont bien en peine de fournir des éléments de
prédiction.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Là ne sera donc pas le propos de ce billet. Contentons-nous de quelques
remarques sur les effets attendus de cette nouvelle donne pour la coopération
euro-méditerranéenne.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;crises de gouvernance à l'UpM&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne l’Union pour la Méditerranée (UpM), la mise hors-jeu du
Président Hosni Moubarak est une catastrophe de plus pour le projet de Nicolas
Sarkozy. Certes, celui-ci n’a pas attendu les manifestations de la place Tahrir
pour agoniser. Les événements du Caire s’ajoutent à la longue liste des
« &lt;em&gt;difficultés politiques&lt;/em&gt; » qui ont bloqué le dialogue
diplomatique pourtant supposé être contourné par la mise en œuvre de
« projets concrets ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce plan, la &lt;a href=&quot;http://www.rfi.fr/europe/20110126-le-patron-upm-demissionne&quot;&gt;démission du
Secrétaire technique de l’UpM,&lt;/a&gt; dans l’indifférence générale, a porté un
nouveau coup à la dynamique projet. Ahmad Massa'deh explique son geste par
l’absence de visibilité diplomatique qui a empêché par deux fois la tenue du
Sommet. On pourrait ajouter la vacuité des solutions financières disponibles
qui a mis au chômage technique le Secrétariat dont les deux fonctions
résidaient justement dans l’organisation du Sommet et dans la sélection et la
labellisation de projets financés par les bailleurs publics et privés. Ce
double échec témoigne de l’erreur congénitale de l’UpM qui prétendait passer
outre les blocages politiques par une dynamique de projets financés par les
partenariats publics-privés.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicolas Sarkozy avait choisi Égypte de Moubarak pour partager avec lui la
co-Présidence de l’UpM. Ce choix avait témoigné d'une autre méconnaissance des
réalités méditerranéennes. Le montage institutionnel de l’UpM apparaît, ainsi,
moins de trois ans après comme une triple erreur :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;en excluant les États-membres de l’UE non-méditerranéens du projet, il
ignore le cadre politico-juridique de l’Union européenne (UE), braquant les
Allemands qui interprètent la première mouture comme une « &lt;em&gt;menace sur
le projet européen&lt;/em&gt; » ;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;en substituant l’adhésion de la Turquie dans l’UE par une participation
d’Ankara à l’UpM, il fragilise l’équilibre du processus du dialogue
euro-méditerranéen en l’enfermant dans une logique euro-arabe
anxiogène ;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;en choisissant Moubarrak comme co-Président, il empêche les pays de la rive
Sud de désigner eux-mêmes un supposé représentant et il construit
artificiellement un « &lt;em&gt;bloc sud-méditerranéen&lt;/em&gt; » imputant une
cohésion entre les pays des zones maghrébine et machrékine - sans évoquer la
question de la représentation israélienne.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Selon un haut-fonctionnaire européen rencontré en décembre
dernier :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« Nommer Moubarak co-Président, c’est une erreur constitutionnelle
majeure puisque l’Union pour la Méditerranée était censée être paritaire avec
une co-Présidence etc. Donc, la co-Présidence devait être le fruit d’un
consensus. Et pourtant en décembre 2007, à la suite d’un voyage à Hurghada puis
Charm el-Cheikh, il dit « &lt;em&gt;et bien, ce sera Moubarak&lt;/em&gt; ».
Mettez-vous à la place du Roi du Maroc qui doit s’incliner devant Moubarak,
surtout quand c’est Sarkozy qui le dit. Ce choix est aussi une erreur tactique
parce que Moubarak est un dictateur vieillissant d’un pays qui est en perte de
vitesse depuis 10 ans et dont le seul avantage est qu’il a signé un Traité de
paix avec Israël, mais qui entretient une politique extrêmement ambiguë avec
Israël. Et puis, il n’y a pas d’homogénéité dans la zone. Le Roi du Maroc est
commandeur des croyants, Moubarak se dit laïc, pour ne citer que ça »&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les investisseurs et le risque&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements qui secouent le monde arabe pourront également être
interprétés comme une catastrophe pour l’UpM dans la mesure où ils renforcent
la perceptions du risque que représente la zone pour les éventuels
investisseurs. Tout se passe comme si l’émancipation démocratique freinerait
les possibilités de croissance économique, révélant ainsi l’impensé des enjeux
des libertés et des droits. Échaudés par la crise argentine il y a une décennie
qui avait vu Suez Environnement, par exemple, perdre plus de 700 milliards de
dollars du fait de la désolvabilité qui avait frappé ses investissements et de
son expoliation du marché, les investisseurs considèrent la rive Sud de la
Méditerranée comme une zone de sous-traitance. Les &lt;a href=&quot;http://www.medmaps.eu/mapview/ANIMA/&quot;&gt;investissements directs étrangers&lt;/a&gt;
qui ont survécu à la crise de l’automne 2008 demeurent cantonnés à des secteurs
à faible valeur ajouté : nul transfert de technologie lorsque Hewlett
Packard fait emballer des cartons de cartouche d’encre en Égypte, guère plus
lorsque Renault fait assembler ses pièces à Tanger, préférant la Roumanie et la
Turquie pour les usines de fabrication. La raison ? L’absence de certitude
sur le cadre réglementaire, juridique, fiscal et technique dans lequel ces
entreprises vont opérer - par ailleurs renforcée par les &lt;a href=&quot;http://www.medea.be/&quot;&gt;dégradations&lt;/a&gt; des notes souveraines. Selon l’adage,
si une entreprise est prête à prendre certains risques technologiques et
économiques, elle est moins encline à en prendre sur le plan
politique.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Méditerranée, les espoirs démocratiques semblent rimer avec la fermeture
des marchés. Le plus désespérant, c’est qu’au regard de l’évolution de la
coopération euro-méditerranéenne et des choix politiques effectués depuis la
fin des années 1990, cette articulation n’apparaît même pas comme
paradoxale.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.marseilleinternationale.com/post/2011/02/07/Les-r%C3%A9volutions-arabes-et-la-coop%C3%A9ration-euro-m%C3%A9diterran%C3%A9enne-%3A-la-catastrophe-paradoxale#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>La Révolution tunisienne dans Marseille, appropriation citoyenne et silence politique</title>
    <link>http://www.marseilleinternationale.com/post/2011/01/19/La-R%C3%A9volution-tunisienne-dans-Marseille%2C-appropriation-citoyenne-et-silence-politique</link>
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    <pubDate>Wed, 19 Jan 2011 14:02:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Nicolas Maisetti</dc:creator>
        <category>Communautés</category><category>Diplomatie des Villes</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.marseilleinternationale.com/public/.martun2_s.jpg&quot; alt=&quot;A&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERA, janv. 2011&quot; /&gt; Difficile de ne pas revenir sur
la révolution tunisienne lorsqu’on prétend tenir un blog sur
l’internationalisation de Marseille. Sur les 600 000 Tunisiens résidant en
France, on estime à 8% la part de la diaspora ayant élu domicile à Marseille et
dans les Bouches-du-Rhône, soit près de 50 000 personnes. La ville occupe le
troisième rang national après Paris qui compte plus de 250 000 Tunisiens, et
Lyon, presque 75 000. Néanmoins, la structuration communautaire de l’échange
politique et social propre à la ville de Marseille rend leur présence plus
visible. En outre, ces chiffres fournis par l’Office des Tunisiens à l’étranger
ne peut prendre en compte la part des Français d’origine étrangère et la masse
des Franco-Tunisiens. En l’absence de statistiques ethniques, il est ainsi très
difficile de mesurer le phénomène. Néanmoins, le &lt;a href=&quot;http://ambassade-tunisie.fr/index.php?option=com_content&amp;amp;view=article&amp;amp;id=148&amp;amp;Itemid=109&quot;&gt;
Consulat général de Tunisie à Marseille&lt;/a&gt; recense exactement 82 580 personnes
dans sa circonscription qui comprend les départements des Bouches-du-Rhône, du
Var, du Vaucluse, du Gard, de l'Aude, des Pyrénées orientales, de l'Hérault et
de la Lozère.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le champ médiatique, les &lt;a href=&quot;http://ambassade-tunisie.fr/index.php?option=com_content&amp;amp;view=article&amp;amp;id=148&amp;amp;Itemid=109&quot;&gt;
projecteurs&lt;/a&gt; se sont soudain braqués sur les &lt;a href=&quot;http://www.la-croix.com/A-Marseille-la-communaute-tunisienne-veut-tourner-la-page-Be/article/2452270/55350&quot;&gt;
réactions de cette communauté&lt;/a&gt;. Dès l’annonce du départ de Zine El Abidine
Ben Ali, le vendredi 14 janvier, 2 000 Tunisiens (et/ou Franco-Tunisiens) ont
ainsi &lt;a href=&quot;http://actualutte.info/?p=195&quot;&gt;manifesté&lt;/a&gt; dans les rues
marseillaises pour célébrer la chute du dictateur (&lt;a href=&quot;http://www.euractiv.fr/tunisie-coup-sang-cohn-bendit-parlement-europeen-article&quot;&gt;à
défaut de la chute de la dictature)&lt;/a&gt;. Comme souvent dans le cas des
communautés marseillaises, la mobilisation fut permise par une association.
Ici, c’est le Collectif Maghreb Solidarité, récemment fondé et soutenu par le
Nouveau Parti Anticapitaliste et le Parti des Indigènes de la République, qui a
été en pointe organisant des rassemblements à Marseille dès le 10 janvier -
malgré l’absence d’autorisation préfectorale.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, la révolution tunisienne a pu mettre en évidence le rôle
diplomatique endossé par Marseille. La ville est, en effet, la seconde ville du
pays en nombre de consulats (70). C’est donc devant le Consulat de Tunisie à
Marseille, Boulevard d’Athènes, qu’a eu lieu une manifestation ce lundi 17
janvier, relatée ainsi par l’&lt;a href=&quot;http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20110117.FAP3815/des-tunisiens-demandent-des-garanties-au-consul-general-de-marseille.html&quot;&gt;AFP&lt;/a&gt; :&lt;br /&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« Une quinzaine de Tunisiens se sont présentés lundi matin au consulat
général de Tunisie à Marseille pour exiger des garanties, notamment la
continuité des services publics, après le départ du président tunisien. Se
présentant sous le nom &amp;quot;Comité tunisien pour la paix et la démocratie&amp;quot;, les
manifestants ont réclamé le départ des partisans du Rassemblement
constitutionnel démocratique (RCB) du président, affirmant que le consul
général Mokhtar Bartegi était un proche du régime. Une altercation a éclaté
dans les locaux du consulat, entre un des manifestants et un individu présenté
comme proche du pouvoir par le comité. Des coups sans gravité ont été échangés.
Les manifestants ont finalement pu rencontrer le consul général qui leur a
garanti une continuité des services publics et l'inscription de tous les
Tunisiens marseillais sur les listes électorales. »&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Marseille accomplit ici un rôle de caisse de résonance des enjeux et des
conflits qui se déroulent ailleurs. Loin du discours sur la ville-globale qui
prétend traduire l’exercice d’une influence transnationale, Marseille
s’apparente à une ville-monde dans laquelle sa composition sociale résume le
monde qui l’entoure.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.lepoint.fr/societe/des-tunisiens-se-reapproprient-le-consulat-de-tunisie-a-marseille-17-01-2011-129989_23.php&quot;&gt;
Le Point&lt;/a&gt; révèle que la manifestation des Tunisiens marseillais au Consulat
fut présentée par les protagonistes comme une volonté de se
« &lt;em&gt;réapproprier&lt;/em&gt; » l’institution. Aussi, la ville-monde permet
de déplacer la mise en scène de conflits extra-territorialisés. Elle est une
tribune où se rejouent les passions collectives dont l’épicentre géographique
est ailleurs. Les propriétés de la ville-monde rendent possible la reproduction
des luttes et des passions collectives en d’autres lieux.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marseille est également une interface physique entre la diaspora tunisienne
et le pays d’origine. Une fonction de passeurs des échanges transnationaux
s’ancre dans des pratiques et des dispositifs concrets. En l’&lt;a href=&quot;http://www.20minutes.fr/article/655108/marseille-tunisie-chasse-croise-dessus-mediterranee&quot;&gt;espèce&lt;/a&gt;,
le terminal 1 de l’aéroport de Marseille-Provence est investi de Tunisiens,
exilés parfois depuis des dizaines d’années, et soudain désireux de rentrer au
pays pour « &lt;em&gt;voir ça&lt;/em&gt; ». L’aéroport est la représentation physique de la
circulation des personnes entre territoires de migrations et rappelle, si
besoin était, que les dynamiques migratoires ne se résument pas à la présence
aux points d’arrivée, ni à la gestion policière des reconductions, mais
s’institutionnalisent à partir de modes de circulations complexes dont l’aller
est une composante essentielle du retour - et réciproquement.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le milieu politique local allait-il rester muet face à l’écho qu’a donc
représenté, à Marseille, le changement de régime à Tunis ? Les cérémonies
des vœux qui se multiplient auraient pu fournir une occasion d’exprimer une
solidarité locale à l’égard de mouvements d’émancipation d’un peuple, qui est
loin de constituer l’étranger pour Marseille, mais une partie intégrante de son
histoire, de sa grammaire et de son imaginaire. &lt;a href=&quot;http://www.marsactu.fr/2011/01/18/gaudin-na-pas-laisse-entrer-la-revolution-du-jasmin-au-memorial-de-la-marseillaise/&quot;&gt;
Marsactu&lt;/a&gt; a cherché en vain une trace de tels propos dans le discours du
maire intervenant pour inaugurer un Mémorial dédié à l’histoire de la
Marseillais, hymne national autant que chant de la liberté :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« Pas une phrase pour saluer le courage de la rue tunisienne, pas un
mot pour les dizaines de morts tombés sous les balles de la police et des
milices de Ben Ali. »&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pressé par les questions des journalistes, Jean-Claude Gaudin s’est aligné
sur la non-position de la diplomatie française, vantant les mérites d’une
non-ingérence et semblant presque &lt;a href=&quot;http://www.facebook.com/pages/Ben-Ali-Wall-of-Shame/185493794812423?v=wall&quot;&gt;regretter&lt;/a&gt;
la Chute :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« Il n’y a pas de révolution sans excès, la France n’est pas là pour
favoriser les excès. »&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Et sidérant :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« Si les intérêts des nombreux français qui sont là-bas ne sont pas
pulvérisés et l’atteinte à leur liberté aussi, alors il est clair qu’il vaut
mieux qu’un gouvernement nouveau s’installe en Tunisie. »&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En &amp;quot;clair&amp;quot;, donc, la liberté et la démocratie en Tunisie devraient dépendre
des « &lt;em&gt;intérêts français&lt;/em&gt; », condition de la bienveillance de la
France à la révolution en cours. En ces temps encore incertains pour le peuple
tunisien qui n’a pas encore tout à fait conquis la liberté pour laquelle elle
se bat, les paroles du maire d’une ville-monde ont surtout été celles du
Président de CIQ qu’il fut.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Marseille, canards boiteux</title>
    <link>http://www.marseilleinternationale.com/post/2011/01/12/Marseille%2C-canards-boiteux</link>
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    <pubDate>Wed, 12 Jan 2011 15:13:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Nicolas Maisetti</dc:creator>
        <category>Gaudin</category><category>Guérini</category><category>Politique</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.marseilleinternationale.com/public/.lame-duck_s.jpg&quot; alt=&quot;A&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;lame-duck.jpg, janv. 2011&quot; /&gt; L’année
2011- que je souhaite à chacune et chacun heureuse - s’ouvre dans un climat
politique particulièrement trouble pour le contexte marseillais. Situé dans un
intermède électoral, un an après les régionales, un an avant les
présidentielles et les législatives, ce début d’année place les protagonistes
dans une situation préparatoire inédite. Les municipales de 2014 s’annoncent
ainsi comme une - longue - bataille autant indécise que décisive pour la ville
et son territoire.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le monde anglo-saxon, on a coutume d’affubler les sortants du
qualificatif de &lt;em&gt;Lame Ducks&lt;/em&gt;, « canards boiteux » pour
signifier la perte de légitimité d’élus qui ne pourront remettre en jeu leur
mandat. Ce déficit de légitimité ne frappe pas seulement le statut - symbolique
- des futurs-ex représentants, mais également leurs décisions, si bien que la
fin des mandats est le plus souvent marquée par l’absence d'initiatives
politiques d’envergures. Précisément, l’expression désigne la période dans
laquelle un élu est toujours en fonction, alors que son successeur, déjà connu,
n'occupe pas encore le poste. Si les sortants pourraient se sentir libérés des
contraintes qui pèsent sur ceux qui doivent rendre des comptes aux électeurs
dont dépend la survie politique - c'est ainsi que la guerre de sécession trouve
l'origine de son éclatement par cette période, le fait d’être dégagé du
« siège de l’opinion » pour reprendre l’expression de Bernard Manin
qui désigne l’un de ses principes du Gouvernement représentatif peut produire
l’effet inverse et entraîner l’inertie, voire la paralysie du
pouvoir.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, l’expression revêt un autre sens et désigne ceux qui sont isolés,
à l’écart, honteux. Dans le monde économique, elle renvoie aux entreprises peu
rentables et mal adaptées au marché.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À Marseille, deux spécificités peuvent être dégagées au regard du problème
du canard boiteux. Tout d’abord, cette situation est extraordinairement longue.
Malgré un affichage politique attendu selon lequel, il ne « &lt;a href=&quot;http://www.france24.com/fr/20100717-municipales-a-marseille-jean-claude-gaudin-ump-sinterdit-rien-2014&quot;&gt;s’interdit
rien&lt;/a&gt; », personne n’envisage que Jean-Claude Gaudin, qui sera alors âgé de
75 ans en 2014, brigue un quatrième mandat.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À droite, donc, les ambitions - et les ambitieux - sortent du bois. &lt;a href=&quot;http://www.laprovence.com/article/politique/muselier-apres-trois-tickets-gaudin-muselier-je-me-positionne-pour-2014&quot;&gt;
Renaud Muselier&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://marseilleunautreregard.wordpress.com/2009/04/15/gaudin-preferera-t-il-guerini-a-muselier-ou-teissier-pour-les-prochaines-elections-municipales-de-marseille-a-moins-quil-ne-rempile-pour-un-ultime-mandat/&quot;&gt;
Guy Tessier&lt;/a&gt; devraient, en toute logique, s’affronter. Un temps envisagé à
l’Élysée, &lt;a href=&quot;http://www.bakchich.info/Guaino-fait-mumuse-sur-le-Vieux,07806.html&quot;&gt;l’hypothèse
Henri Guaino&lt;/a&gt; semble désormais abandonnée. Ce n’est pas parce que Gaston
Defferre était Cévénol, que les logiques claniques micro-locales s’effacent
pour offrir, ne serait-ce qu’à la « plume du Président » inspirateur
du projet méditerranéen de Nicolas Sarkozy, une piste d'atterrissage pour
parachute ensoleillé.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À gauche, comme en 2008, Jean-Noël Guérini mènera le combat pour reconquérir
la ville au nom du Parti socialiste pour la première fois depuis 1988 - cela
fera tout de même 26 ans en 2014. « Mènera » ? Sans doute. A moins
que ne se produisent les effets de la deuxième spécificité du contexte
politique marseillais, décidément claudiquant.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les affaires. Nul besoin ici de revenir sur le &lt;a href=&quot;http://www.marsactu.fr/2010/12/08/laffaire-guerini-de-a-a-z/&quot;&gt;climat politique
marseillais&lt;/a&gt; devenu irrespirable depuis l’arrestation de Monsieur Frère,
Alexandre Guérini, soupçonné de divers délits - corruption, détournements de
biens publics etc. - et surtout d’avoir joué un des tous premiers rôles dans le
casting de la Communauté urbaine depuis l’alternance de l’exécutif en 2008.
L’association « gestion des déchets », « Baresi, mafia » ont
permis de nourrir un feuilleton médiatico-judiciaire dans lequel aucun
ingrédient ne manque : de la figure du juge déterminé face au système
politique supposé corrompu aux lettres anonymes, la saga se déploie en
épisodes. Dernier en date, l’&lt;a href=&quot;http://wikileaks13.wordpress.com/&quot;&gt;initiative&lt;/a&gt; d’un fonctionnaire du
Conseil général qui endosse les habits de Julien Assange pour proposer de
divulguer les secrets les plus enfouis d’une institution qui n’en finit plus de
susciter le soupçon. Ce n’est pas sa tentative de suicide qui risque d’apaiser
les esprits.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre les résultats judiciaires, il importera de voir les conséquences
politiques d’une affaire qui est en train de devenir un scandale. En somme,
l’affaire Guérini Alexandre risque-t-elle de diminuer les chances, voire de les
anéantir, de Guérini Jean-Noël ? Quelle sera la réaction de la Rue de
Solférino si les développements impliquent le désormais Président de la
Fédération des Bouches-du-Rhône ? Le relatif affaiblissement du patron
peut-il profiter à des challengers qui ont pu se trouver en désaccord avec lui
par le passé - Patrick Mennucci en tête ? Enfin, et surtout, le juge
Duchaîne ira-t-il jusqu’au bout, y compris au delà des clivages politiques et
des temporaltés électorales, découvrant l’ampleur d’un «système »
politique, c’est-à-dire d’un milieu dans lequel chacun se tient et où une
découverte ici conduit à une révélation là ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l’attente de ces réponses - judiciaires et politiques - la marche
boiteuse des affaires marseillaises pourrait bien faire trébucher l’action
publique locale. Sur ce plan, on annonçait une année 2011 décisive avec
l’annonce de la programmation de 2013 - sans cesse différée - l’inauguration
des travaux sur Euroméditerranée I - sans cesse repoussée - et le lancement
d’autres sur Euroméditerranée II - déjà retardé. À moins que la gouvernance
territoriale ne soit à ce point déconnectée des gesticulations politiques et la
délégation au marché ne soit à ce point aboutie que les béquilles de la
démocratie ne servent même plus à soutenir la course de
l’expert-aménageur ?&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>De retour de la Semaine économique de la Méditerranée - Impressions</title>
    <link>http://www.marseilleinternationale.com/post/2010/12/06/De-retour-de-la-Semaine-%C3%A9conomique-de-la-M%C3%A9diterran%C3%A9e-Impressions</link>
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    <pubDate>Mon, 06 Dec 2010 17:11:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Nicolas Maisetti</dc:creator>
        <category>Economie</category><category>Méditerranée</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.marseilleinternationale.com/public/.P1050204_s.jpg&quot; alt=&quot;A&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;P1050204.jpg, déc. 2010&quot; /&gt; Les
&lt;a href=&quot;http://www.rendezvousdelamediterranee.org/&quot;&gt;6ème Rendez-vous de la
Méditerranée&lt;/a&gt; ont clôturé ce samedi la &lt;a href=&quot;http://www.semaine-eco-med.com/&quot;&gt;Quatrième Semaine économique de la
Méditerranée&lt;/a&gt; (SEM). Au total 14 événements furent organisés - certains
étalés sur plusieurs jours. Bref tour d’horizon de ces rencontres qui
recouvrent, comme on le verra, des enjeux et des champs très
hétérogènes.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rencontres Euroméditerranéennes de la Mode - Cité
Euroméditerranéenne de la Mode&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains des événements pré-existent à la SEM. Cette pérennité prouve leur
ancrage dans le paysage local des événements internationaux. &lt;a href=&quot;http://www.citemedmode.com/fr/newsletter/view-36.html&quot;&gt;Les Rencontres
Euroméditerranéennes de la Mode&lt;/a&gt; se sont ainsi tenues pour la 7ème fois
autour des thèmes de la formation et de la création industrielle. À l’occasion
de l’édition 2010, la Cité Euroméditerranéenne de la Mode - qui regroupe les
professionnels du textile et de l’habillement - s’est associée à l’Institut
Mode Méditerranée pour créer la « &lt;a href=&quot;http://www.lejmed.fr/Avec-sa-Maison-Mediterraneenne-des.html&quot;&gt;Maison
Méditerranéenne des Métiers de la mode&lt;/a&gt; » afin de poursuivre l’oeuvre
fédératrice de ces deux structures. Ce produit est à la base de l’ambition de
la SEM qui est de mutualiser les ressources afin de parvenir à l’émergence
d’une institutionnalisation de pratiques communes.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Atelier Transports Urbains Durables - CMIM&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La journée de lundi s’est poursuivie au Pharo avec l’organisation de deux
ateliers, l’un portant sur les &lt;a href=&quot;http://www.cmimarseille.org/FR/Urban-transport.php&quot;&gt;transports urbains
durables&lt;/a&gt; et organisés par le &lt;a href=&quot;http://www.cmimarseille.org/FR/index.php&quot;&gt;Centre de Marseille pour
l’intégration en Méditerranée&lt;/a&gt; (CMIM), et l’autre sur la situation
économique des pays méditerranéens organisées conjointement par le CMIM, le
réseau &lt;a href=&quot;http://www.femise.org/&quot;&gt;FEMISE&lt;/a&gt; et la &lt;a href=&quot;http://www.eib.org/?lang=fr&quot;&gt;Banque européenne d’investissement&lt;/a&gt; (BEI).
Au-delà des résultats de ces réflexions et du contenu des rapports exposés,
notons qu’ils illustrent des infléchissements importants de la SEM.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d’abord, le choix du &lt;a href=&quot;http://palaisdupharo.marseille.fr/&quot;&gt;Pharo&lt;/a&gt; comme lieu quasi-unique pour la
tenue des événements contraste avec l’éclatement géographique qui a caractérisé
la première édition et la polarisation au sein de la Chambre de commerce qui a
marqué la deuxième. Outre des considérations pratiques, la SEM gagne en
visibilité tandis que les organisateurs ont répondu aux principales critiques
faisant état de l’éclatement comme reflet de la fragmentation des initiatives,
des institutions et des acteurs de la promotion internationale des ressources
du territoire.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la SEM a montré la place prise par le CMIM et ses partenaires, en
particulier la BEI, dans les réflexions et l’expertise locale internationale un
an après sa création. L’omniprésence de son Directeur, Matts Karlson, a pris le
relais de la stratégie des grands témoins déjà présente dans les éditions
précédentes. L’externalisation de la figure du « champion » de la SEM
- si ce n’est de la politique locale internationale - fut visible par la langue
-anglaise- employée par ce pur produit Banque mondiale. Il s’inscrivait dans la
continuité des éditions 2008, dont le rôle fut tenu par un représentant de la
Commission européenne, et 2009, avec la présence multiple du Vice-président de
la BEI. L’importance du CMIM est le témoin ambivalent de l’ouverture du
territoire marseillais, longtemps absente des politiques locales, en même temps
que des dynamiques exogènes qui anime la production de son
internationalisation.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain mardi, le CMIM a eu l’occasion de présenter les premiers
résultats de son travail exploratoire sur les programmes qui structurent son
action - développement urbain, environnement, transports, formations, et
nouvelles technologie. Au menu, principalement, les transports urbains et la
mobilité (partenariat AFD et Plan Bleu, &lt;a href=&quot;http://www.cmimarseille.org/FR/Medinas-2030.php&quot;&gt;projet Medinas 2030&lt;/a&gt;) et
les technologies de l’information et de la communication (partenariat PNUD,
&lt;a href=&quot;http://www.econostrum.info/Isi-med-veut-jeter-des-ponts-numeriques-entre-les-rives-de-la-Mediterranee_a3961.html&quot;&gt;
projet ISI@Med&lt;/a&gt;). Ces ateliers avaient ainsi valeur de test pour la
méthodologie adoptée par le CMIM qui associe différents partenaires
institutionnelles aux réflexions, souhaitant ainsi capitaliser les compétences
et les approches de chacun. Une méthodologie qui articule en outre différents
programmes afin de désectorialiser les politiques de développement urbain en
Méditerranée.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Atelier Attractivité des Territoires - EPAEM / Région
PACA&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mercredi était consacré à l’enjeu de l’attractivité des territoires et
s’ouvrait par une visite &lt;em&gt;in situ&lt;/em&gt; du périmètre d’&lt;a href=&quot;http://www.euromediterranee.fr/&quot;&gt;Euroméditerranée&lt;/a&gt;, l’occasion de déployer
un discours d’institution composante essentielle des projets urbains. En
liaison avec le Conseil régional, l’Établissement public a ensuite organisé un
atelier relatif à la question des « &lt;a href=&quot;http://www.semaine-eco-med.com/images/PDF/7fr.pdf&quot;&gt;facteurs d’attractivité des
territoires&lt;/a&gt; » composé d’interventions très hétérogènes tentant de
faire dialoguer perspectives théoriques et semi-savantes relatives aux
stratégies de planification internationales très &lt;em&gt;soldatossienne&lt;/em&gt; avec
des témoignages de praticiens aussi divers qu’un architecte - le théâtral
Massimiliano Fuksas - un fonctionnaire territorial de la région, un responsable
du port de Tanger-Med etc. Le tout entrecoupé d’une prise de parole surprenante
d’un journaliste vedette de BFM engagé dans un énoncé - involontaire - de tous
les clichés sur Marseille et ne se rendant pas compte que son inventaire à la
Prévert constituait en soi un autre de ces stigmates qu’il était en train de
dénoncer.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au final, on apprend peu de choses sur les facteurs - bâti, image, culture,
logistique - et les enjeux - coopération et intégration territoriale - des
politiques d’attractivité, en l’espèce, réduite à des présentations successives
d’expériences séparées. Malgré la présence d’un animateur des
« &lt;em&gt;débats&lt;/em&gt; » emprunté à l’univers journalistique, le
dispositif était sans doute trop contraignant pour engager un véritable
dialogue et une discussion critique mettant en perspective les différents
niveaux de présentation des initiatives et des enjeux.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Développement Durable - EPAEM / Région PACA /
CMIM&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeudi mettait à l’honneur la thématique transversale de l’édition 2010 de
la SEM - le développement durable. En premier lieu, le Conseil régional et
l’Établissement public présentaient la dernière variation &lt;em&gt;éco-friendly&lt;/em&gt;
de l’opération Euroméditerranée. La mutualisation des opérations et des
présentations n’excluait pas la poursuite d’un agenda propre à chaque
institution. Aussi les aménageurs de l’EPAEM ont-il profité de l’événement pour
lancer le &lt;a href=&quot;http://www.econostrum.info/Un-reseau-d-amenageurs-s-engage-sur-un-modele-de-ville-mediterraneenne-durable_a3977.html&quot;&gt;
réseau des opérateurs d’aménageurs urbains durables en Méditerranée&lt;/a&gt;, en
partenariat avec l’incontournable CMIM tandis que le Conseil régional a pu
présenter ses Pôles régionaux d’innovation et de développement économique
solidaire (&lt;a href=&quot;http://www.regionpaca.fr/notre-region/emploi-developpement-economique/les-prides.html&quot;&gt;PRIDES&lt;/a&gt;).&lt;br /&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En second lieu, l’&lt;a href=&quot;http://www.unido.org/index.php?id=o56982&quot;&gt;ONUDI&lt;/a&gt; et le gouvernement
Jordanien ont poursuivi les interrogations sur le développement éco-durable des
villes méditerranéens et, sur un modèle désormais bien établi durant la SEM,
ont institutionnalisé les réflexions en lançant un &lt;a href=&quot;http://www.lejmed.fr/Penser-ensemble-les-Eco-cites.html&quot;&gt;Forum
Eco-Cité&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Forum Citoyen - Parlement Européen&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La journée s’est terminée par le traditionnel Forum Citoyen du Parlement
européen, déserté par les élus... et par moi-même, je ne me livrerai donc pas à
de plus amples commentaires. Un &lt;a href=&quot;http://sudest.europarl.fr/view/fr/Nos_activites/forums_citoyens/Marseille_2010.html;jsessionid=442CAF31DF54004EDA6AF1F4A267FD37&quot;&gt;
compte-rendu&lt;/a&gt; est par ailleurs fourni par le Bureau de représentation du
Parlement.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;MedVentures - ANIMA&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, Anima remettait les prix &lt;a href=&quot;http://www.medventures.biz/&quot;&gt;MedVentures&lt;/a&gt; - d’une valeur de 90 000 euros -
à la Chambre de commerce qui récompense chaque année les meilleures starts-up
du développement international en Méditerranée. Les trois lauréat furent une
entreprise israélienne, EyalGPS « &lt;em&gt;qui propose des solutions
technologiques text to speech pour les smart phones à destination des
conducteurs et déficients visuels&lt;/em&gt; » ; une entreprise
libanaise, Ounousa, qui se présente comme « &lt;em&gt;le premier réseau
social de la communauté féminine&lt;/em&gt; » méditerranéen en langue arabe et
une entreprise palestinienne, Addicts 123, qui intervient dans le secteur des
réseaux d'énergies. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Coopération Décentralisée et Développement Économique - CGLU /
MAE&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À l’instar du Forum Citoyen, je n’ai pas pu assister à la présentation de
cet événement puisqu’occupé par la rencontre organisée par la &lt;a href=&quot;http://www.commed-cglu.org/spip.php?rubrique3&quot;&gt;Commission Med de CGLU&lt;/a&gt; et
le Ministère des Affaires étrangères sur la coopération décentralisée et plus
particulièrement sur les &lt;a href=&quot;http://cncd.diplomatie.gouv.fr/frontoffice/article.asp?aid=556&amp;amp;menuid=561&amp;amp;lv=3&quot;&gt;
contributions économiques des autorités locales et régionales dans le cadre de
l’Union pour la Méditerranée&lt;/a&gt; (UpM). Ici encore, rien de neuf, les orateurs
ont présenté les points de vue de leurs institutions respectives. Le
représentant de la Mission interministérielle pour l’UpM a exhorté les villes
et les régions « &lt;em&gt;à se battre pour prendre toute leur place&lt;/em&gt; »
dans le processus ; celui du Secrétariat général a vanté les avancés
du/des projets en dépit du blocage politique ; ceux des collectivités
locales, leurs propres contributions au « &lt;em&gt;dialogue
euro-méditerranéen&lt;/em&gt; ». Nonobstant ces remarques attendues, l’atelier a
démontré, si besoin était, l'immixtion profonde entre l’expression d’une
solidarité internationale et les intérêts marchands de la coopération
décentralisée euro-méditerranéenne.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rendez-Vous de la Méditerranée - Cercle des
Économistes&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette semaine intense s’est donc achevée le samedi par la traditionnelle
conférence organisée par le &lt;a href=&quot;http://www.lecercledeseconomistes.asso.fr/&quot;&gt;Cercle des économistes&lt;/a&gt; et la
lecture de la &lt;a href=&quot;http://www.lecercledeseconomistes.asso.fr/spip.php?article348&quot;&gt;Déclaration
finale du Rendez-vous de la Méditerranée&lt;/a&gt;. Organisée autour de nombreux
ateliers et réunissant un nombre impressionnant d’orateurs, plus de 50 cette
année, la discussion s’est articulée autour de la &lt;a href=&quot;http://www.eib.org/about/press/2010/2010-214-la-bei-et-le-reseau-femise-publient-une-importante-etude.htm&quot;&gt;
dernière publication du FEMISE&lt;/a&gt; relative aux perspectives de «sortie» de
crise des économies sud-méditerranéennes. Si la matinée était davantage
consacrée à un tour d’horizon pays par pays et secteur par secteur de la
situation macro-économique, par ailleurs peu réjouissante, du Bassin, les
débats de l’après-midi ont porté sur les effets de l’UpM en matière de
réorientation des stratégies économiques au Sud, illustrant des propos tenus la
veille dans un autre contexte : « &lt;em&gt;les projets n’attendent pas la
paix&lt;/em&gt; ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À l’issue de ce rapide tour de monde, gageons que l’unité de cette semaine
n’est pas facile à dégager. Au-delà de l’hétérogénéité des flux de parole, des
contributions et des thématiques, il est cependant apparu clairement qu’un
équilibre incertain s’est installé entre le blocage politique de l’intégration
en Méditerranée et les promesses des projets économiques engagés. La question
reste néanmoins entière dans la mesure où l’échec du &lt;em&gt;top-down&lt;/em&gt; fait
peser une inquiétante hypothèque sur les timides avancées &lt;em&gt;bottom-up&lt;/em&gt;.
Trente mois après le lancement de l’UpM, l’agenda des projets concrets restent
d’autant plus ouvert alors que celui de la diplomatie parait fermé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;ins&gt;Plus d'informations&lt;/ins&gt; sur &lt;a href=&quot;http://www.semaine-eco-med.com/&quot;&gt;http://www.semaine-eco-med.com&lt;/a&gt; et les
dossiers spéciaux : &lt;a href=&quot;http://www.lejmed.fr/&quot;&gt;http://www.lejmed.fr/&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.econostrum.info/&quot;&gt;http://www.econostrum.info/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;ins&gt;Crédits photos&lt;/ins&gt; : &lt;a href=&quot;http://www.semaine-eco-med.com/fr/le-developpement-territorial-et-l-integration-economique-galerie/photos&quot;&gt;
Commission Med CGLU&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.marseilleinternationale.com/post/2010/12/06/De-retour-de-la-Semaine-%C3%A9conomique-de-la-M%C3%A9diterran%C3%A9e-Impressions#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.marseilleinternationale.com/post/2010/12/06/De-retour-de-la-Semaine-%C3%A9conomique-de-la-M%C3%A9diterran%C3%A9e-Impressions#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.marseilleinternationale.com/feed/atom/comments/567793</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>(Le Sommet de) l'Union pour la Méditerranée n'aura pas lieu – part 2</title>
    <link>http://www.marseilleinternationale.com/post/2010/11/21/%28Le-Sommet-de%29-l-Union-pour-la-M%C3%A9diterran%C3%A9e-n-aura-pas-lieu-%E2%80%93-part-2</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:109de2ccb6cbe0d9ded59ee9033912b3</guid>
    <pubDate>Sun, 21 Nov 2010 17:03:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Nicolas Maisetti</dc:creator>
        <category>UpM</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.marseilleinternationale.com/public/.collage3_s.jpg&quot; alt=&quot;A&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;collage3.jpg, nov. 2010&quot; /&gt; Le 22 mai
dernier, nous consacrions un &lt;a href=&quot;http://www.marseilleinternationale.com/post/2010/05/22/L-Union-pour-la-M%C3%A9diterran%C3%A9e%2C-priv%C3%A9e-de-Sommet-et-de-bien-plus-encore&quot;&gt;
billet&lt;/a&gt; au report du sommet de l'Union pour la Méditerranée (UpM) prévu le 7
juin à Barcelone. En cause, à l'époque, l'enlisement des pourparlers indirects
entre Israéliens et Palestiniens et l'annulation de plusieurs conférences
ministérielles et techniques en particulier sur les questions de l'eau et de
développement urbain. La crise ouverte quelques jours après l'annonce
officielle du report par l'assaut israélien sur une flottille composé de
militants pro-pamlestiniens et destinée à briser le blocus de la bande de Gaza
a assombri encore les perspectives. Enfin, au début du mois d'octobre, la
reprise des constructions israéliennes en Cisjordanie après la fin du moratoire
sur le gel des colonies a exclu toute possibilité de réunir autour de la table
du dialogue euro-méditerranéen les délégations israéliennes et
arabes.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Même cause, même effets&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours après l'annonce du premier report, j'ai rencontré un membre
de la Cellule de l'Elysée chargé du dossier qui exprimait sa confiance dans
l'organisation du Sommet lors de la troisième semaine de novembre :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; Il n’y a jamais rien de sûr et certain. Vous connaissez le processus de
Barcelone et l’UpM. À partir du moment, où on partage la responsabilité… Avant,
les gens étaient invités autour de la table. C’était Bruxelles qui invitait les
gens à s’asseoir autour de la table. Ils étaient invités, ils venaient.
Maintenant, les gens sont co-propriétaires du processus. C’est leur maison.
Donc, les gens utilisent le processus. Et quand il y a une question politique,
ils utilisent aussi le processus comme caisse de résonnance.&amp;quot;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En d'autres termes, le renforcement institutionnel consacré par la
transformation du Processus de Barcelone en Union pour la Méditerranée, s'il a
pu accroître la légitimité de l'initiative stratégique, a consolidé les
difficultés. C'est cette aporie qu'expriment les difficultés d'articulation
entre la logique projets de l'UpM et les contingences diplomatiques. C'est elle
qui traduit ce que &lt;a href=&quot;http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/mireille-duteil/une-union-pour-la-mediterranee-entre-la-vie-et-la-mort-16-11-2010-1263090_239.php&quot;&gt;
Mireille Duteil&lt;/a&gt; appelle le &amp;quot;&lt;em&gt;handicap n°1 de
l'UpM&lt;/em&gt;&amp;quot; :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot;Croire que le partenariat économique pourrait faire oublier aux pays arabes
- ou du moins les aiderait à faire passer au second plan - le conflit
israélo-palestinien.&amp;quot;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'extinction des projecteurs médiatiques&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second report – cette fois &lt;em&gt;sine die&lt;/em&gt; – du Sommet a rencontré un
faible écho dans la presse française. Les commentateurs s'accordent à y voir un
&lt;a href=&quot;http://www.rue89.com/2010/11/16/union-pour-la-mediterranee-le-naufrage-du-projet-de-sarkozy-176175?page=1#comment-1926780&quot;&gt;
échec personnel de Nicolas Sarkozy&lt;/a&gt; qui n'a pas su mettre en œuvre l'une de
ses promesses de campagne. L'UpM est rangée dans la &lt;a href=&quot;http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/sarkozy-observatoire-des-promesses-84572&quot;&gt;
galerie des renoncements&lt;/a&gt; du Président de la République. Un rapide détour
par les moteurs de recherche web des principaux sites d'information
généralistes montre la relative indifférence médiatiques dans laquelle est
tombé le projet. &lt;a href=&quot;http://abonnes.lemonde.fr/europe/article/2010/11/15/le-sommet-de-l-union-pour-la-mediterranee-a-nouveau-repousse_1440323_3214.html&quot;&gt;
Le Monde&lt;/a&gt; se contente ainsi de relayer l'article de l'AFP, &lt;a href=&quot;http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/11/15/97001-20101115FILWWW00526-le-sommet-de-l-upm-a-barcelone-reporte.php&quot;&gt;
Le Figaro&lt;/a&gt; la dépêche de l'AFP, sur le site de &lt;a href=&quot;http://www.liberation.fr/monde/0101630085-l-union-pour-la-mediterranee-prend-l-eau&quot;&gt;
Libération&lt;/a&gt;, idem.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ce rapide recensement peut paraître accessoire, il tend à montrer une
autre facette de l'échec de l'initiative de Sarkozy. Sous la plume d'Henri
Guaino, ce projet présentait en effet le mérite de &amp;quot;&lt;em&gt;braquer les projecteurs
médiatiques&lt;/em&gt;&amp;quot; sur une région qui n'avait plus les faveurs de l'agenda et
des financements communautaires depuis l'impasse dans laquelle était plongé le
Processus de Barcelone et le basculement du centre de gravité de l'UE à l'Est.
La Politique de Voisinage, à ce titre, présentait le risque d'un déclassement
de la coopération euro-méditerranéenne.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Même les adversaires politiques du Président Sarkozy ou les plus septiques à
l'égard du &lt;a href=&quot;http://sites.univ-provence.fr/veronis/Discours2007/transcript.php?n=Sarkozy&amp;amp;p=2007-02-07&quot;&gt;
discours de Toulon&lt;/a&gt; (février 2007) qui posait les bases du projet de l'UpM,
se félicitaient de la relance du partenariat euro-méditerranéen, comme le
suggère ce témoignage d'un conseiller régional (PS) PACA proche du Président
Vauzelle :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot;Après le constat d’échec de Barcelone, toute personne qui aimait la
Méditerranée ne pouvait qu’être intéressé par l’ambition politique portée par
Nicolas Sarkozy qu’il avait présenté d’ailleurs à Marseille. Il a essayé de
trouver les éléments de pacification et de réunification autour de la
Méditerranée. Pour le Président Vauzelle, la Méditerranée et l’Afrique du Nord
ne sont pas dans une logique de voisinage, mais dans une logique de centralité.
Donc, ils ne sont pas à la marge, ils ont au coeur. C’est un peu ça au départ
l’Union pour la Méditerranée, qui s’appelait au départ l’Union méditerranéenne
donc on est vraiment sur une centralité.&amp;quot;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Cette perception dominait les présentations médiatiques lors du Sommet
inaugural de 2008. Les difficultés politiques qui se sont amoncelées à partir
de la guerre de Gaza quelques mois plus tard ont éteint peu à peu l'intérêt
soulevé alors. La très lente organisation institutionnelle – le Secrétariat
général ne fut installé qu'en mars 2010 lorsqu'il fut chargé de préparer le
Sommet qui n'a donc toujours pas eu lieu -, l'absence de concrétisation des
projets et donc de financements ont fait sombré l'UpM dans un ronronnement qui
rappellent le défunt Processus de Barcelone.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et maintenant ? Les étages locaux et techniques du jeu
diplomatique&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si aucune date n'est pour le moment prévu pour le Sommet, les chancelleries
espagnoles, françaises et égyptiennes ont exprimé le souhait qu'il se déroule
&amp;quot;&lt;em&gt;dans les prochains mois&lt;/em&gt;&amp;quot;. On peut néanmoins en douter au regard de
l'agenda diplomatique chargé du Président français qui exercera la Présidence
du G8 et du G20. Surtout, son organisation dépend plus que jamais de progrès de
plus en plus hypothèques sur le front de la reprise des négociations – même
indirectes - israélo-palestiniennes.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En dépit de l'interdépendance manifeste entre la dynamique diplomatique et
la production des projets, l'UpM n'en demeure pas moins organisée et pensée
comme un incubateur de projets supposés déconnectés de la situation politique.
Sur ce plan, le Centre de Marseille pour l'intégration en Méditerranée a tenu
au cours d'une &lt;a href=&quot;http://www.econostrum.info/CMI-l-integration-mediterraneenne-passera-par-le-pragmatisme_a3865.html&quot;&gt;
conférence de presse&lt;/a&gt; célébrant son premier anniversaire à rappeler
l'importance du &amp;quot;&lt;em&gt;concret&lt;/em&gt;&amp;quot; de l'intégration euro-méditerranéenne du
&amp;quot;&lt;em&gt;pragmatisme&lt;/em&gt;&amp;quot; de sa construction, reposant sur &amp;quot;&lt;em&gt;les retours
d’expérience, la coopération et les partenariats&lt;/em&gt;&amp;quot;. Avec un budget revu à
la hausse et la création d'un fonds d'affectation multi-donneurs, la plateforme
d'ingénierie de projets marseillaise pourrait bien réussir le pari de
substituer aux blocages &lt;em&gt;top-down&lt;/em&gt;, une dynamique &lt;em&gt;bottom-up&lt;/em&gt; –
quitte à se passer de la scène politique dans l'attente de progrès.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre étage du jeu diplomatique, les autorités locales et régionales. Michel
Vauzelle a profité de la &lt;a href=&quot;http://www.econostrum.info/Les-regions-du-monde-veulent-jouer-leur-role-notamment-en-Mediterranee_a3825.html&quot;&gt;
réunion du bureau du Forum Global des Associations de Région&lt;/a&gt; (FOGAR), dont
il a pris la Présidence en juillet 2010, pour rappeler les objectifs de sa
diplomatie décentralisée :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot;Cette assemblée des régions du monde porte une très grande espérance.
Soixante ans après la création des Nations Unies, Israël n'a toujours pas de
frontières reconnues et la Palestine n'a toujours pas d'Etat. Si au niveau
méditerranéen les régions arrivent à travailler ensemble alors que les Etats
n'arrivent pas à trouver un accord, les régions peuvent jouer leur
rôle.&amp;quot;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La &lt;a href=&quot;http://www.semaine-eco-med.com/&quot;&gt;Semaine économique de la
Méditerranée&lt;/a&gt; qui s'ouvre à Marseille à partir du 29 novembre et la &lt;a href=&quot;http://www.medaeconomicweek.org/&quot;&gt;Semaine Méditerranéenne des leaders
économiques&lt;/a&gt; à Barcelone dès demain pourraient nous donner les premiers
signes d'une reprise par le bas du dialogue euro-méditerranéen repoussant plus
loin les anciennes frontières politiques incapables de nourrir &lt;em&gt;Mare
Nostrum&lt;/em&gt; d'espérances partagées.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.marseilleinternationale.com/post/2010/11/21/%28Le-Sommet-de%29-l-Union-pour-la-M%C3%A9diterran%C3%A9e-n-aura-pas-lieu-%E2%80%93-part-2#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Les tournants de 2013 : les leçons d’un débat</title>
    <link>http://www.marseilleinternationale.com/post/2010/11/16/Les-tournants-de-2013-%3A-les-le%C3%A7ons-d%E2%80%99un-d%C3%A9bat</link>
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    <pubDate>Tue, 16 Nov 2010 12:24:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Nicolas Maisetti</dc:creator>
        <category>Marseille 2013</category><category>Politique</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.marseilleinternationale.com/public/AAAindex.jpg&quot; alt=&quot;A&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;AAAindex.jpg, nov. 2010&quot; /&gt; Dans deux
jours, ce jeudi 18 novembre, l’association Marseille-Provence 2013 tiendra un
Conseil d’administration très attendu par les artistes, les élus et les
observateurs du projet Capitale européenne de la culture, en particulier dans
le domaine de la programmation artistique. Deux ans après avoir été désigné par
le jury et à deux ans de l’échéance, les acteurs et le territoire de
Marseille-Provence 2013 font face à de nombreux tournants qui pourraient
précipiter ambitions et ambitieux hors de la route.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au début du mois d’octobre, au théâtre L’Alhambra, le journal satirique Le
Ravi et Radio Grenouille ont organisé un débat - &lt;a href=&quot;http://www.leravi.org/spip.php?article1052&quot;&gt;La Grande Tchatche&lt;/a&gt; - sur ce
sujet. Le plateau était composé des élus délégués à la Culture des trois
collectivités principales : Renaud Muselier pour la ville, Michel Pezet
pour le Conseil général, Patrick Menucci pour la Région. L’occasion de prises
de positions spectaculaires et dissonantes.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Limites géographiques : retour à la ville&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons d’abord la conception curieuse du projet de 2013 de la part des
organisateurs du débat. Pourquoi en effet limiter le débat à l’espace
marseillais, d’une part, et au champ politique, d’autre part ? Tout au
long de la discussion, il ne sera en effet question que de Marseille, de
Marseille et de Marseille. Même les tentatives de Michel Pezet de louer les
mérites d’Aix et d’Arles ne poursuivront d’autres buts que de démontrer
l’absence de politiques culturelles de la ville-centre.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, il a été question du Grand Marseille, &lt;a href=&quot;http://www.renaudmuselier.fr/lesite/index.php/president-fondateur-de-l-association-pensons-le-grand-marseille/item/84-l%5C%5C%5C%27id%C3%A9e-m%C3%A9tropolitaine-fait-son-chemin&quot;&gt;
cher à Renaud Muselier&lt;/a&gt;. Mais une nouvelle fois pour réaffirmer que
Marseille « &lt;em&gt;qu’on le veuille ou non, est la ville-mère du
département&lt;/em&gt; ». On ne peut qu’être inquiet pour l’avenir de 2013 lorsque
l’on constate que le projet de territoire - développement territorial,
intégration métropolitaine, échelles de projets... - se referme sur des limites
administratives contre lesquelles il avait été pensé.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Frontières de champs : loghorrée du
politique&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait faire la même remarque s’agissant des champs. Pourquoi donner la
parole à ceux - les élus - qui ont finalement été les plus marginalisés et
bousculés par la construction de la candidature et du projet ? Le nom de
Bernard Latarjet a été prononcé 24 fois au cours des 2 heures du débats. Son
usage est commode pour les élus parce qu’il est polysémique : on peut s’en
servir pour se défausser de responsabilités quitte à aboutir à des propositions
absurdes - « &lt;em&gt;on est là ce soir, mais on n’est pas là pour représenter
Marseille 2013. Marseille 2013, c’est Bernard Latarjet et son
équipe&lt;/em&gt; » ; « &lt;em&gt;le patron c’est Bernard Latarjet&lt;/em&gt; » -
on peut donc s’extérioriser de certains aspects pour les critiquer -
« &lt;em&gt;c’est peut-être la responsabilité de l’équipe de Bernard Latarjet,
de ne pas être assez communicative&lt;/em&gt; » - ou en revendiquer d’autres,
comme le dialogue véritable et sincère avec les artistes qui ne sont pas
écoutés par l’association et qui se tournent vers les collectivités locales et
leurs élus.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus surprenant, peut-être, le nom de Jacques Pfister n’a été prononcé que
deux fois. Une fois par Renaud Muselier pour rappeler qu’il exerçait la
Présidence de l’association Marseille-Provence 2013 et qu’il avait donné son
accord à sa proposition de guichet unique - ce n’est pas vraiment, &lt;a href=&quot;http://www.marseille-provence2013.fr/espace_presse/CP_MP2013_JP_16_3_2009.pdf&quot;&gt;
on s’en souvient&lt;/a&gt;, la version donnée à l’époque. Et une fois par le
médiateur des débats pour évoquer l’ambition Top 20 de la Chambre de commerce,
« &lt;em&gt;Marseille-Provence 2013 ça va faire gagner 10 ans à Marseille, ça va
placer Marseille dans le Top 20 des grandes métropoles ». C’est ce qui se dit,
c’est ce que dit Jacques Pfister...&lt;/em&gt;», sèchement repris par Patrick Menucci
« &lt;em&gt;Ils disent la même chose pour le Conseil mondial de l’eau, la même
chose pour le Stade Vélodrome, la même chose pour la Coupe du monde de rugby
»&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien donc, sur l’impulsion managériale de la candidature, rien sur le rôle
de la Chambre de commerce dans l’initiative, rien sur Mécènes du Sud, non plus.
Pourtant, il a été question de mécénat dans le débat pour vanter ou nuancer les
apports de la loi de 2004, et surtout pour porter une violente charge contre
l’association et la Chambre qui peinent à trouver les 15 millions d’euros
promis par le privé.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au final, on a eu l’impression d’un milieu politique marseillo-marseillais
parlant sur lui-même et déployant ce « &lt;em&gt;flux de parole inutile&lt;/em&gt; »,
comme isolé du reste des parties, des territoires et des acteurs du projet. Il
fut ainsi remarquable de constater que les deux premières prises de parole du
« &lt;em&gt;public&lt;/em&gt; » de l’Alhambra invitées à poser des questions aux
élus présents furent le fait d’élus de la ville de Marseille ; en
l’espèce, Monsieur Herman, adjoint à la culture, et Madame Imbert, adjointe à
l’opéra, dont l’objet de leur intervention fut une mise au point politicienne,
sur les atouts de Marseille et le dynamisme des politiques culturelles de la
municipalité. Ils semblaient oublier un instant que le label de la Capitale
européenne de la culture avait justement été attribué pour pallier aux
insuffisances de dispositifs politiques et d’équipements dans le territoire et
particulièrement dans la ville-centre - comme l’avait pourtant rappelé au début
de la discussion Michel Pezet.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Crispations autour de la gouvernance : les temps du projet, les
moyens d’une ambition&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le débat organisé par le Ravi n’aura cependant pas été sans enseignement sur
la dynamique du projet 2013. Il a été l’occasion d’une sortie du bois de la
part des élus socialistes qui ont exprimé, chacun à leur manière, des
inquiétudes sur les délais, relayant en cela, et selon eux, l'incertitude qui
pèse sur les acteurs culturels locaux.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, à deux ans de l’échéance, ces derniers sont toujours en attente
des résultats de l’appel à propositions qui s’est arrêté en juin dernier. Comme
le résume Michel Pezet :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« Je comprends parfaitement le questionnement aujourd’hui de l’ensemble
des structures culturelles qui se disent ‘qu’est ce qu’il va se passer ; à
quelle sauce on va être mangé ; qu’est ce qu’on va faire ; comment
seront budgétisé nos propres demandes ?’ C’est une véritable interrogation et
c’est ce qu’on ressent partout lorsqu’on rencontre des structures culturelles,
c’est la question qui est posée en disant ‘nous sommes très court maintenant
sur la date et sur l’échéance, est-ce que je suis retenu, est-ce que je ne suis
pas retenu ? Qu’est ce que je vais avoir ? Qu’est ce que c’est que la
labellisation ?’ Il y a donc, là, une véritable interrogation.»&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;À ce titre, le Conseil d’administration de cette semaine devrait pouvoir
apporter les premières éléments de réponse et les premiers avis des comités de
pilotage chargés de sélectionner les projets. La programmation ne devrait
cependant être fixée puisque certains de ces projets sélectionnés devront
probablement revoir leur copie. Toutefois, comme l’a rappelé, un ancien
conservateur de musée présent dans la salle, certains projets se montent en
trois ans. Le temps de s’y mettre.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxième interrogation fut soulevée par Patrick Mennucci et semble
indiquer une rupture dans les positionnements politiques vis-à-vis de 2013.
Jusqu’alors, en effet, le « &lt;em&gt;splendide consensus&lt;/em&gt; » semblait
prévaloir, le « &lt;em&gt;jouer&lt;/em&gt; &lt;em&gt;collectif&lt;/em&gt; » marcher à plein -
malgré, il est vrai l'apparition de &lt;a href=&quot;http://www.marseilleinternationale.com/post/2009/04/01/Marseille-2013-%3A-les-premieres-fissures-du-jouer-collectif&quot;&gt;
premières fissures&lt;/a&gt; dès l'annonce de l'attribution. De droite comme de
gauche, les élus faisaient feu de tout bois pour présenter en interne et en
externe le projet 2013 comme une chance historique pour le territoire en termes
d’image et de développement économique.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le vice-Président de la Région chargé de la culture - et on peut le
penser, pour le Président Vauzelle - le moment semble être venu de nuancer les
ambitions de 2013. À partir d’une démonstration quantitative et financière,
Patrick Menucci s’est efforcé de ramener le projet à une augmentation très
limitée des ressources publiques allouées à la culture. En effet, en comparant
les 900 millions de subventions publiques investies sur la culture par la somme
de toutes les collectivités locales du territoire Marseille-Provence sur 3 ans
et les 80 millions d’argent public du budget total de la Capitale européenne de
la culture, la valeur ajoutée de 2013 ne s’élève qu’à moins de 10%.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est sur ce point que le tandem Pfister-Latarjet a &lt;a href=&quot;http://www.marsactu.fr/2010/11/04/marseille-provence-2013-la-reponse-de-pfisterlatarjet-a-mennuccipezet/&quot;&gt;
réagi&lt;/a&gt; face à cette nouvelle attaque du politique qu’on croyait mise en
sourdine à la suite de l’échec du guichet unique, qui était en fait, une
volonté de la part de Renaud Muselier et de la mairie de reprendre la main sur
le processus décisionnel. Cette fois, ce n’est pas par un communique que
l’exécutif de Marseille-Provence 2013 s’est exprimé, mais par quelques petites
réflexions lâchées à l’occasion de la campagne électorale des CCI.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La réponse du tandem à la timidité des moyens de 2013 a d’abord porté sur la
dimension symbolique du projet - « &lt;em&gt;2013, la symbolique d’une attente
de projets partagés&lt;/em&gt; ». En outre, Jacques Pfister a rappelé que l’opération
ne tient pas compte dans son budget des investissements consentis par les
partenaires publics, y compris l’État, et privés à la construction des
équipements (en particulier, le Mucem). Enfin, embrayant sur la sempiternelle
formule « &lt;em&gt;un euros investi, six euros de retombés&lt;/em&gt; », il a défendu
l’hypothèse de l’effet levier induit par la dynamique de l’opération.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Néanmoins, si la volonté du Conseil régional était de prendre position sur
le thème, « &lt;em&gt;la Capitale européenne de la culture n’apportera rien de
décisif au territoire&lt;/em&gt; », il ne s’y prendrait pas autrement. Est-ce un pari
sur l’échec et la première étape d’une stratégie d’&lt;em&gt;exit&lt;/em&gt; ? Est-ce
une posture politique visant à limiter les rétributions politiques que
pourraient s’attribuer les adversaires politiques en vue de l’élection
municipale de 2014 ? Une façon, en quelque sorte, de geler les retombées
politiques, positives ou négatives, de l’opération ? Assurément un autre
de ces virages qui pourraient finir par donner le tournis à 2013.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;ins&gt;Photo&lt;/ins&gt; : Nathalie Crubézy du &lt;a href=&quot;http://www.a-vifs.org/&quot;&gt;Collectif à-vif(s).&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.marseilleinternationale.com/post/2010/11/16/Les-tournants-de-2013-%3A-les-le%C3%A7ons-d%E2%80%99un-d%C3%A9bat#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Élections à la Chambre de commerce et d’industrie de Marseille-Provence : la trilogie métropole-région-Europe</title>
    <link>http://www.marseilleinternationale.com/post/2010/11/10/%C3%89lections-%C3%A0-la-Chambre-de-commerce-et-d%E2%80%99industrie-de-Marseille-Provence</link>
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    <pubDate>Wed, 10 Nov 2010 10:51:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Nicolas Maisetti</dc:creator>
        <category>Economie</category><category>Métropole</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.marseilleinternationale.com/public/.deux_elections_en_une_visuel_embed_article_s.jpg&quot; alt=&quot;A&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;deux_elections_en_une_visuel_embed_article.jpg, nov. 2010&quot; /&gt; Les dirigeants
des entreprises du territoire marseillais sont appelés à élire leurs nouveaux
représentants consulaires du &lt;a href=&quot;http://www.ccimp.com/ccimp/notre_actualite/toute_l_actualite/deux_elections_en_une&quot;&gt;
25 novembre au 8 décembre&lt;/a&gt;. Deux exécutifs sont en fait renouvelés :
celui de la Chambre de commerce et d’industrie de Marseille-Provence (&lt;a href=&quot;http://www.ccimp.com/&quot;&gt;CCIMP&lt;/a&gt;) et celui de la Chambre de commerce et de
l’industrire de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur(&lt;a href=&quot;http://www.pacac.cci.fr/&quot;&gt;CCIR&lt;/a&gt;).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune surprise attendue à Marseille : le Président sortant, Jacques
Pfister, conduira la &lt;a href=&quot;http://www.laprovence.com/actu/region-en-direct/chambre-de-commerce-pfister-seul-candidat-a-sa-succession&quot;&gt;
seule liste en lice&lt;/a&gt;. Elle est renouvelée à près de 70% par rapport à celle
qu’il avait conduit en 2004. Cette élection n’est cependant pas sans enjeu dans
la perspective des politiques locales internationales.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le contexte national de la réforme des Chambres consulaires :
la régionalisation&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est la première élection consulaire depuis l’adoption de la &lt;a href=&quot;http://www.cci.fr/web/organisation-du-reseau/en-quoi-consiste-la-reforme&quot;&gt;réforme
des CCI&lt;/a&gt; voté en juin dernier. Le point central de cette loi a consisté en
un renforcement de la dimension régionale du dispositif consulaire en
établissant un lien hiérarchique entre la Chambre régionale et la Chambre
territoriale. La réforme a ainsi suscité de &lt;a href=&quot;http://www.nouveleconomiste.fr/s1485/Une-C2.html&quot;&gt;violentes contestations&lt;/a&gt;
de la part des dirigeants des CCI saisissant l’enjeu de &lt;em&gt;leadership&lt;/em&gt;
posé par la loi. La CCI est en effet une organisation qui revendique la
représentation et la défense des intérêts des acteurs économiques de dimension
territoriale.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La définition des limites du territoire est ainsi un enjeu de pouvoir
essentiel dans la revendication de la représentation consulaire. &lt;em&gt;A
contrario&lt;/em&gt;, les &lt;a href=&quot;http://www.localtis.info/cs/ContentServer?c=artVeille&amp;amp;pagename=Localtis%2FartVeille%2FartVeille&amp;amp;cid=1250259986953&quot;&gt;
promoteurs de la réforme&lt;/a&gt; jugeaient indispensable la mutualisation régionale
et la mise en cohérence d’un outil institutionnel destiné aux entreprises avec
l’émergence de l’échelon régional dans la compétition économique
mondiale.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La place de la CCIMP dans le système local : un lieu de
pouvoir&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À Marseille, la Chambre, la plus vieille de France, crée en 1559 par Henri
IV, est présidée par Jacques Pfister depuis 2004. Elle est historiquement non
seulement un lieu d’intégration et de socialisation des élites économiques mais
aussi un espace privilégié du pouvoir local. La description établie par
&lt;a href=&quot;http://www.chapitre.com/CHAPITRE/fr/BOOK/zalio-pierre-paul/grandes-familles-de-marseille-au-xx-siecle,1156452.aspx&quot;&gt;
Pierre-Paul Zalio&lt;/a&gt; de l’industrie marseillaise à partir d’une série de
portraits de chefs d’entreprises et de familles qui dominent la scène
économique entre 1880 et 1950 a montré dans quelle mesure la Chambre de
commerce constitue le siège du pouvoir économique :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« Être présent à l’assemblée consulaire, directement ou par
l’intermédiaire d’un membre de sa famille, c’est appartenir à l’aristocratie
des affaires, avec tout ce que cela suppose de statut et de barrière
distinctive. C’est à la fois le signe d’une réussite économique et d’un
parcours sans faute dans le syndicalisme professionnel et un passeport d’entrée
dans l’espace relationnel de la bourgeoisie d’affaires. »&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Élection et ambitions de Jacques Pfister : du Club Top 20 à MP
2013&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En novembre 2004, une nouvelle équipe dirigeante, menée par Jacques Pfister,
accède à la direction de la CCIMP sur la base d’un programme volontariste
visant à enrayer un déclin diagnostiqué de Marseille et à prendre pied dans la
compétition mondiale des territoires.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment de son élection, Jacques Pfister dirige le groupe
Orangina-Schweppes, né de la fusion de ces deux filiales de Pernod-Ricard, dont
le siège est à Aix-en-Provence tandis que son ancrage à Marseille lui est
assuré par la présidence du conseil d’administration de l’école de commerce,
Euromed, lieu de formation de nombreux chefs d’entreprise de la
région.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S’appuyant sur une étude de la &lt;a href=&quot;http://www.datar.gouv.fr/fr_1/enseignants_20/ouvrages_thematiques_24/villes_europeennes_2003_1242.html&quot;&gt;
DATAR&lt;/a&gt; plaçant Marseille en 23ème position dans la hiérarchie des métropoles
européennes, le nouveau Président engage une réflexion sur les possibilités de
progresser dans le classement. Il fait reposer sa candidature sur un
programme : l’&lt;a href=&quot;http://www.ccimp.com/ccimp/ambition_top_20&quot;&gt;ambition Top 20&lt;/a&gt;, c'est-à-dire
gagner trois places dans « &lt;em&gt;le championnat d’Europe des
métropoles&lt;/em&gt; » et faire partie des vingt premières villes
européennes.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce discours fait écho aux revendication d’experts et d’universitaires qui
militent pour la constitution d’un espace politique ajusté aux déterminants
économiques. Le programme de Jacques Pfister cimente le consensus entre experts
et monde économique relatif à la faible intégration métropolitaine de la région
urbaine marseillaise. L’objectif partagé est alors de rompre avec
l’archipèlisation des dynamiques métropolitaines.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’un des premiers éléments de matérialisation de cette Ambition Top 20
consistera en la création d’un &lt;a href=&quot;http://www.ccimp.com/ccimp/espace_presse/communiques_et_dossiers/rayonnement_du_territoire/club_top_20&quot;&gt;
Club&lt;/a&gt; éponyme qui rassemble, à titre personnel, des chefs d’entreprise. Ce
Club, on a eu l’occasion de le rappeler dans ces pages, fut ainsi en première
ligne dans la candidature victorieuse de Marseille-Povence à la &lt;a href=&quot;http://www.marseille-provence2013.fr/&quot;&gt;Capitale européenne de la culture&lt;/a&gt;,
dont Jacques Pfister assure la Présidence de l’association qui la
pilote.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les enjeux territoriaux multi-niveaux de la représentation
consulaire&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours d’un entretien accordé à Christian Apothéloz dans le cadre de
l’émission &lt;a href=&quot;http://www.apotheloz.com/futur006.htm&quot;&gt;Futurs composés&lt;/a&gt;
diffusés sur Radio Dialogue en avril 2007, Jacques Pfister confiait sa
conception du rôle de la CCIMP. Celle-ci renvoie aux enjeux multi-scalaires
déterminés simultanément par la réforme législative, les conditions globales de
production de la richesse économique et la régulation des échanges
locaux.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon lui l’espace pertinent du développement économique local dans le
contexte de la mondialisation est l’échelle régionale. Les relations entre les
filières économiques et les collectivités locales sont davantage régulées par
le Conseil régional que par le département ou la commune. Or, la CCI présente
une structure territoriale plutôt faible si bien que se pose la question de la
justification économique de certaines CCI. La consécration de l’échelle
régionale dans la loi de juin 2010 pose la question de l’inadéquation des
échelles entre institutions locales et contextes mondiaux.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Président Pfister ne s’arrête cependant pas à l’échelon régional. Il se
présente à la fois comme partisan des relations de proximité - rappelant que
les TPE constituent l’essentiel des entreprises du territoire Marseille
Provence (60 000 sur 70 000 environ) et de l’échelon européen comme le suggère
les discours volontaristes sur la place du territoire dans le classement de la
DATAR.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure, citons-le au micro de Radio Dialogue :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« Je pense qu’il y a trois échelons pertinents sur lesquels il faut
travailler. L’échelon métropolitain, d’abord, c’est-à-dire qu’une grande région
doit pouvoir s’adosser sur une grande métropole, une sorte de capitale. Et la
métropole du territoire, c’est clairement Marseille et son environnement
immédiat. Ce n’est ni la commune intramuros, ni la Commune urbaine, mais une
aire métropolitaine plus large. Ensuite, nous avons la Région. Savoir si elle
est bien découpée est un autre débat, mais nous sommes pour le pouvoir
régional. Au regard des dossiers que s’emparent la CCI, on se rend compte que
le niveau régional revêt un sens beaucoup plus fort. L’internationalisation du
territoire s’inscrit au niveau régional et si l’organisation institutionnelle
était davantage en phase avec cette échelle, on aurait de fortes potentialités
de valeur ajoutée. Les interlocuteurs du développement économiques sont de plus
en plus de taille régionale : les collectivités locales, les entreprises,
les syndicats, les projets, les affaires... Enfin, c’est l’échelon européen. En
utilisant, en somme, la &lt;strong&gt;trilogie Europe - Région - Métropole,&lt;/strong&gt;
nous deviendrons beaucoup plus efficace et nous aurions beaucoup à
gagner.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’enjeu est d’articuler les trois échelles qui ne sont pas contradictoires.
Comme la proximité n’empêche pas la projection régionale, l’espace
métropolitain est essentiel dans cette perspective et doit être intégré à la
volonté collective. Ce territoire métropolitain ne se résume pas à Marseille.
Il va de Salon à Aubagne et peut même aller jusqu’à Toulon. C’est là où les
gens vivent, travaillent, que la famille s’éduque, se distrait. Et on voit très
vite qu’on est dans une dimension métropolitaine. La métropole a un pouvoir
d’attraction qui est plus fort qu’une ville comme Marseille ou qu’une région.
C’est Barcelone et la Catalogne, si vous voulez, Milan et la Toscane.»&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.marseilleinternationale.com/post/2010/11/10/%C3%89lections-%C3%A0-la-Chambre-de-commerce-et-d%E2%80%99industrie-de-Marseille-Provence#comment-form</comments>
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      <wfw:commentRss>http://www.marseilleinternationale.com/feed/atom/comments/560756</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Nuages juridiques sur la coopération décentralisée</title>
    <link>http://www.marseilleinternationale.com/post/2010/11/04/Nuages-juridiques-sur-la-coop%C3%A9ration-d%C3%A9centralis%C3%A9e</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:2d3849843e4cca8b8eaef6221dab171d</guid>
    <pubDate>Thu, 04 Nov 2010 10:24:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Nicolas Maisetti</dc:creator>
        <category>Collectivités locales</category><category>Diplomatie des Villes</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.marseilleinternationale.com/public/index.jpg&quot; alt=&quot;A&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;index.jpg, nov. 2010&quot; /&gt; En attendant
un mois de novembre chargé pour les politiques locales internationales
marseillaises - &lt;a href=&quot;http://www.semaine-eco-med.com/&quot;&gt;Semaine économique de
la Méditerranée&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://www.lepoint.fr/monde/paris-croit-encore-a-un-sommet-de-l-union-pour-la-mediterranee-28-10-2010-1255610_24.php&quot;&gt;
Sommet de l’Union pour la Méditerranée&lt;/a&gt; - l’occasion de sortir de ce terrain
nous est fourni par une série de décisions de justice relative à la coopération
décentralisée - Merci, à l'&lt;a href=&quot;http://www.coopdec.org/&quot;&gt;Agence Coop Dec
Conseil&lt;/a&gt; qui attiré notre attention sur ce point. Celles-ci informent de
l’évolution des actions extérieures des collectivités locales au regard du
droit, mais également du politique, en particulier en termes de
légitimation.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La double décision lyonnaise : l’enjeu de l’intérêt
local&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En avril dernier, la &lt;a href=&quot;http://www.legifrance.gouv.fr/affichJuriAdmin.do?oldAction=rechJuriAdmin&amp;amp;idTexte=CETATEXT000022154636&amp;amp;fastReqId=1083891121&amp;amp;fastPos=1&quot;&gt;
Cour administrative d’appel de Lyon&lt;/a&gt; a annulé une décision du Conseil
régional Rhône Alpes datant de 2005 et attribuant deux subvention à des
organismes de coopération internationale. Le &lt;a href=&quot;http://www.cfpf.org/&quot;&gt;centre de formation professionnelle forestière de
Chateauneuf du Rhône&lt;/a&gt; s’était ainsi vu attribué 70 000 euros pour apporter
son aide à la conservation de la forêt de Maamora au Maroc, tandis que
l’association &lt;a href=&quot;http://manaode.free.fr/&quot;&gt;ManaoDE&lt;/a&gt; s’était vue confiée
la même somme pour le développement de marchés solidaires et de commerce
équitables pour les petits producteurs de la province de Tamatave au
Madagascar.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saisie par l’association des Contribuables actifs du Lyonnais (&lt;a href=&quot;http://www.canol.fr/canolpresentatio/index.html&quot;&gt;Canol&lt;/a&gt;), la Cour d’appel
devait se prononcer sur la légalité des deux subventions qui avaient été frappé
de nullité par le Tribunal administratif de Lyon en novembre 2007 et qui
condamnait la Région Rhône-Alpes au motif que « &lt;em&gt;les deux subventions en
litige ne présentent pas un intérêt local&lt;/em&gt; ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant la première subvention, la Cour d’appel confirme le jugement de
première instance en estimant que le « &lt;em&gt;versement de la subvention ne
contribue pas au financement de la formation des stagiaires du centre de
formation forestière de la région lyonnaise&lt;/em&gt; ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant la seconde, la Cour d’appel reconnaît l’existence d’un
« &lt;em&gt;intérêt local&lt;/em&gt; » dans la mesure où les activités de ManoDE
subventionnées par la Région dans la cadre d’une coopération décentralisée
conduite avec la région malgache vise « &lt;em&gt;au développement des échanges
économiques entre les deux régions&lt;/em&gt; ». Aussi la coopération décentralisée
doit-elle encore justifier de sa validité juridique au regard de sa pertinence
pour le développement économique local.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’évolution du cadre juridique que nous allons examiner dans un instant a
finalement moins consisté en une « &lt;em&gt;sécurisation&lt;/em&gt; » de ce
champ, qu’en une promotion de la coopération décentralisée comme instrument du
développement local, c’est-à-dire supposée comporter des retombées matérielles
directement mesurables sur le terrain de la collectivité maître d’œuvre. La
trajectoire du sens politique de l’action extérieure des collectivités locales
observée à partir de ses soubassements juridiques semble indiquer la
substitution des valeurs (expression de la solidarité, promotion de la paix,
dialogue culturel) qui prévalaient au moment de la formation des premiers
jumelages par des intérêts bien compris. Toutefois, davantage que de
substitution, c’est à un combinaison des valeurs et des intérêts, du symbolique
et du matériel, auquel nous assistons avec la coopération décentralisée, comme
le suggère une toute autre décision de justice.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La décision marseillaise : la nature politique de l’engagement
humanitaire&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En février 2009, l’&lt;a href=&quot;http://www.observatoiredessubventions.com/2010/subventions-aux-associations-politiques-la-victoire-des-contribuables/&quot;&gt;Association
des contribuables de l’intercommunalité d’Aubagne&lt;/a&gt; - décidément les
associations de contribuables s’emploient à faire respecter l’adage
« &lt;em&gt;plutôt la Corrèze que le Zambèze&lt;/em&gt; » - attaque une
délibération du conseil municipal de La Penne-sur-Huveaune qui avait octroyé 1
500 euros au &lt;a href=&quot;http://www.cites-unies-france.org/spip.php?article660&quot;&gt;Fonds de solidarité&lt;/a&gt;
et d’urgence pour les collectivités locales et la population de la bande de
Gaza.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon l’association, le conseil municipal a exprimé une position politique
en privilégiant le sort d’une population parmi les belligérants. Le 27 avril
2010, le Tribunal administratif de Marseille a fait droit à cette demande au
motif que ce choix politique excluait la disposition prise par le conseil
municipal de l’engagement humanitaire permis par la loi.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, le juge administratif précise que les dispositions de la loi
révisée en 2007 ne visent pas seulement les victimes des catastrophes
naturelles mais peut s’adresser aux victimes civiles d’actes de
guerres.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Réflexions sur l’application de la Loi Thiollière&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux situations différentes permettent de revenir sur la &lt;a href=&quot;http://www.cites-unies-france.org/spip.php?rubrique20&quot;&gt;Loi Thiollière&lt;/a&gt; du
nom du sénateur qui avait défendu et fait voter à l’unanimité du Parlement en
2007 un texte présenté comme parachevant la sécurité juridique de la
coopération décentralisée.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au début des années 1980, les finalités et le contenu de l’action extérieure
des collectivités locales n’étaient pas codifiées, mais celle-ci n’en étaient
pas moins une pratique avant d’être un droit. Comme la montré &lt;a href=&quot;http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=RFSP_534_0559&quot;&gt;Antoine Vion&lt;/a&gt;,
l’inscription juridique de la coopération décentralisée est le produit de
mobilisations d’élus déjà engagés dans des formes d’intervention
internationale. Que l’on songe aux jumelages franco-allemands post-Seconde
guerre mondiale, à ceux noués avec les villes du bloc communiste dans les
années 1960 ou des coopérations avec les territoires du Sud tissant une vaste
toile locale de coopération franco-africaine dans les années 1970 : la
coopération décentralisée n’a pas attendu la loi pour se faire.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1982, toutefois, la loi de décentralisation fait référence, certes de
manière étroite, à la coopération transfrontalière qui peut être conclue par
des Régions, avec l’autorisation du gouvernement. Puis, une circulaire du
Premier ministre en mai 1985 écrit pour la première fois l’expression «
&lt;em&gt;coopération décentralisée&lt;/em&gt; ». Surtout, la loi du 6 février 1992 fournit
le « &lt;em&gt;cadre indiscutable&lt;/em&gt; » de la coopération décentralisée
pour reprendre l’expression de Marie-José Tulard. L’article 131 de la loi
relative à l’administration territoriale de la République bien que bref dispose
que :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« les collectivités territoriales et leurs groupements peuvent conclure
des conventions avec des collectivités territoriales étrangères et leurs
groupements dans les limites de leurs compétences et dans le respect des
engagements internationaux de la France ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La jurisprudence sera, quant à elle, très souple et ne cassera que rarement
des conventions de coopération décentralisée.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, un doute subsistait sur l’existence d’un intérêt local au nom
duquel le Front national était parvenu à annuler des accords de coopération.
L’exemple le plus souvent donné est celui de deux conventions de coopération
décentralisée conclues entre le département des Deux-Sèvres et des localités
malgache et burkinabé, annulées par le juge administratif de Poitiers en 2004
suite à un recours déposé par des élus frontistes. Cités Unies France (CUF), le
principal réseau accompagnant les collectivités locales dans la conception, la
mise en œuvre et le suivi de leur coopération décentralisée, relève que
:&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« dans les faits, et alors qu’on estime qu’il existe à ce jour plus de
3250 collectivités ou groupements français engagés dans des relations de
coopération décentralisée, le déféré préfectoral reste quasi-inexistant. Une
pratique s’est peu à peu établie. Les contrôles de légalité sont en général
favorables. Il faut y voir l’influence positive de la Délégation à l’Action
extérieure des collectivités territoriales qui a su faire partager aux
instances préfectorales, l’intérêt qu’il y a à favoriser l’action
internationale des collectivités territoriales».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En dépit de cette jurisprudence favorable et de la bienveillance
préfectorale et gouvernementale, le législateur a souhaité verrouillé davantage
cette pratique, signifiant par là, la légitimité accordée par l’État à une
politique locale étrangère très faiblement dissidente et très largement perçue
et pratiquée comme une politique étrangère officielle poursuivie par d’autres
moyens et d’autres acteurs. C’est dans ce cadre que la loi Thiollière est
adoptée en janvier 2007 suivant trois principes : le partage de volonté
entre les partenaires - la réciprocité -; le renforcement du contenu
opérationnel des coopérations - la logique projet - ; et la reconnaissance
de l’intérêt local &lt;em&gt;per se&lt;/em&gt; de la coopération décentralisée y compris
dans un théâtre humanitaire. Elle élargit ainsi considérablement l’assise
juridique de la coopération décentralisée en disposant désormais que
:&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« les collectivités territoriales et leurs regroupements peuvent, dans
le respect des engagements internationaux de la France, conclure des
conventions avec des autorités locales étrangères pour mener des actions de
coopération ou d’aide au développement. (...). En outre, si l’urgence le
justifie, les collectivités territoriales et leurs regroupements peuvent mettre
en œuvre ou financer des actions à caractère humanitaire ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;CUF a salué cette avancée législative en notant que la loi
consacre :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« la coopération décentralisée comme une nouvelle compétence et non
plus un mode d’exercice des compétences locales. Ceci met la collectivité à
l’abri des recours auprès du tribunal administratif, fondés sur
l’interprétation de la jurisprudence concernant « l’intérêt local »
d’une action internationale ; (...) enfin, en cas d’urgence, une aide
humanitaire peut être apportée, sans qu’il y ait de conventions signées avec
une autorité locale étrangère.»&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Or, que ce soit la réforme des collectivités territoriales qui semble
remettre en cause la clause de compétences de certaines d’entre elles ou les
décisions de la justice administrative évoquée plus haut, il semble que le
doute s’est justement installé sur la notion même d’intérêt local.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, la décision du Tribunal administratif de Marseille sanctionne
l’engagement politique de la coopération décentralisée qui semble coïncider, à
première vue, avec une technicisation de ces pratiques synonymes de
dépolitisation. Dans les faits, la mobilisation d’une expertise faussement
neutre n’a jamais contribué à l’éviction des présupposés politiques d’une
coopération emprunte de considérations partisanes comme le suggère l’usage
communautaire de l’action publique locale internationale. Ainsi, à Marseille,
la focale méditerranéenne de la coopération décentralisée est directement
connectée aux demandes exprimées ou imputées aux populations originaires des
rives Sud et Est du Bassin. Les élus locaux justifient ainsi toujours les
accords de coopération décentralisée sur cette base, que ce soit en vue d’un
usage clientélaire ou pour exprimer une reconnaissance locale des populations
issues de l’immigration.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la discussion de la décision du Tribunal administratif marseillais, le
professeur &lt;a href=&quot;http://avocats.fr/space/christian.baillon-passe/content/une-action-humanitaire-decidee-par-une-commune-peut-elle-etre-liee-a-un-engagement-de-nature-politique---tribunal-administratif_0C80D2CC-579E-4232-83D2-48C9E2130DE4&quot;&gt;
Christian Baillon&lt;/a&gt; rappelle que la question de la neutralité politique des
collectivités locales n’est pas neuve et qu’elle fut posée dès 1941 lors de
l’achat d’une ambulance et de médicaments pour l’Espagne républicaine. Un arrêt
du Conseil d’État de 1989 proscrit ainsi l’intervention des communes dans des
conflits politiques.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En l’espèce, le Tribunal administratif a sanctionné les justifications
politiques du maire de La Penne-sur-Huveaune. La question posée renvoie ainsi à
un débat qui dépasse de loin la sphère juridique : la coopération
décentralisée est-elle une activité politique ? Répondre par la négative
consacrerait une conception technique d’un engagement mêlant pourtant, on l’a
dit, considérations morales et économiques. Comme à l’origine de la coopération
décentralisée, le droit semble donc à la remorque des pratiques politiques. Si
les mobilisations des élus dans les années 1980 étaient dirigées pour la
reconnaissance juridique de leurs activités, on pourrait assister en rebours à
une mobilisation pour la déclassification juridique de la coopération
décentralisée dans la mesure où le juge et le législateur loin de sécuriser son
espace, le fragiliserait.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.marseilleinternationale.com/post/2010/11/04/Nuages-juridiques-sur-la-coop%C3%A9ration-d%C3%A9centralis%C3%A9e#comment-form</comments>
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  <item>
    <title>Marseille à la Une</title>
    <link>http://www.marseilleinternationale.com/post/2010/10/26/Marseille-%C3%A0-la-Une-%3A-pesanteur-de-l%E2%80%99image-du-pass%C3%A9-et-r%C3%A9invention-de-la-r%C3%A9alit%C3%A9</link>
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    <pubDate>Tue, 26 Oct 2010 19:43:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Nicolas Maisetti</dc:creator>
        <category>Identité</category><category>Mondialisation</category><category>Politique</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.marseilleinternationale.com/public/.69798_441943962103_701697103_5436955_3045484_n_s.jpg&quot; alt=&quot;A&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;69798_441943962103_701697103_5436955_3045484_n.jpg, oct. 2010&quot; /&gt; Ou plutôt en
page Trois. Pour la troisième fois depuis la rentrée, le «&lt;em&gt;quotidien de
référence&lt;/em&gt;», &lt;a href=&quot;http://abonnes.lemonde.fr/societe/article/2010/10/25/marseille-une-histoire-des-dechets_1430835_3224.html&quot;&gt;
Le Monde&lt;/a&gt;, a offert à la ville de Marseille l’honneur d’une pleine page dès
son ouverture. Mais après l’affaire Andrieux qui remet au goût du jour le
célèbre clientélisme et l’irruption des jeunes des quartiers Nord dans le
paysage du non moins célèbre grand banditisme, c’est un autre stigmate bien
connu des clichés sur la ville qui est mis à l’index : les grèves des
éboueurs qui provoquent une urgence politico-sanitaire.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce coup de projecteur médiatique n’est pas isolé - ni à la presse nationale
ni à la presse écrite. D'une part, il est relayé par la presse étrangère comme
le relève &lt;a href=&quot;http://www.laprovence.com/article/region/marseille-ville-poubelle-dans-la-presse-etrangere&quot;&gt;
La Provence&lt;/a&gt;. D'autre part, il prend une dimension nouvelle avec internet.
Ainsi, à l’issue d’une conversation de café probablement animée et portant sur
le thème de la «saleté dans la ville», un jeune informaticien marseillais
décide de créer un site participatif dans lequel les habitants sont appelés à
poster des photos montrant si possible « &lt;em&gt;des rats crevés, des
poubelles renversées, des merdes de chiens sur le trottoir, des tags moches,
des plages poubelles et d'une façon générale tout ce qui fait de Marseille une
ville sale&lt;/em&gt;.» Une google map permet même de situer les principales zones
touchées par ces phénomènes. Sobrement intitulé «&lt;a href=&quot;http://www.merdeinmarseille.org/&quot;&gt;Merde in Marseille&lt;/a&gt;», ce site recense
selon les auteurs, plus de 700 visiteurs jours - indication avant la
publication d’un billet sur le site de &lt;a href=&quot;http://www.marsactu.fr/2010/10/23/un-site-fait-linventaire-de-marseille-ville-sale/&quot;&gt;
Marsactu&lt;/a&gt;. Il est même appelé à devenir une plateforme de mobilisation,
voire d’organisation d’un collectif.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nonobstant les risques sanitaires qu’a engendré le conflit des agents
d’entretien - les syndicats ont d’ailleurs mis en avant cette raison pour
&lt;a href=&quot;http://www.laprovence.com/article/region/fo-vote-larret-de-la-greve-du-nettoiement-a-marseille&quot;&gt;
stopper le mouvement&lt;/a&gt; - l’épisode de vingt-quatre jours de grèves et les
reportages montrant les tas d’immondices dans les artères commerçantes de
Marseille fait peser une menace sur le travail de reconstruction symbolique de
son image entrepris par les élus locaux et les entreprises de la
métropole.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n’y a qu’à s’entretenir avec les élus locaux, les responsables
administratifs ou les chefs d’entreprise pour se rendre compte de l’importance
qu’à revêtu l’image véhiculée par un territoire. Elle est devenue un facteur
décisif de la réussite ou de l’échec imputé aux stratégies internationales. Si
l’attractivité d’un territoire ne se décrète pas par choix politique, elle
n’est pas non plus seulement le résultat de l’observation de variables
objectives établies par un investisseur étranger cherchant à localiser ses
activités et à minimiser ses coûts.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est aussi, et peut-être surtout, le fait d’une perception dans laquelle
la réalité produit des effets incertains. Cette perception est d’autant
difficile à mesurer que les discours des entreprises qui justifient leur
implantation dans un territoire donné puisent un riche «&lt;em&gt;vocabulaire de
motivations&lt;/em&gt;» pour reprendre l’expression d’Everett Hugues. Pour un Michael
O’Leary qui décide de quitter le terminal de Marseille-Provence parce qu’il est
mis en examen par la justice française, combien de Jacques Saadé qui décide de
s’implanter à Arenc pour des raisons sentimentales, parce que sa première
affaire, c’est ici qu’il l’a menée ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est désormais établi dans les politique urbaines que «&lt;em&gt;vendre la
ville&lt;/em&gt;» aux investisseurs étrangers, aux touristes et aux classes créatives
- définies moins selon des propriétés sociologiques ou professionnelles
(étudiants, travailleurs intellectuels) que par leur capacité à consommer et à
voter - implique de produire une politique de communication. La capacité de
positionnement de la ville dans les réseaux d’échanges économiques mondiaux,
ainsi que celle visant à s'inscrire avantageusement dans la compétition des
territoires est ainsi l’affaire d’une intégration économique et d’une
présentation de soi valorisante.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À Marseille, cette entreprise de construction d’une vitrine ou, pour
reprendre le terme goffmanien de «&lt;em&gt;façade&lt;/em&gt;», se heurte non seulement aux
clichés - violence, affairisme et corruption, saleté - qui n’est pas propre à
la ville, mais s’applique avec la même consistance à ses voisines de la
Côte-d’Azur et du littoral transalpin, mais également à des phénomènes de
réalité qui sont déformés et grossis par ces clichés et aboutissant à leur
affermissement.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prétendre qu’il existe un cercle vicieux de la construction de la
«&lt;em&gt;mauvaise réputation&lt;/em&gt;» n’est pas nier les difficultés qui se posent en
terme de régulation de la violence, de l’échange politique ou de la gestion des
déchets. Toutefois, il est curieux de constater que ce problème est toujours
posé par les acteurs locaux comme une contrainte politique extérieure sans
qu’il soit articulé avec les possibilités d’une action publique.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas de la «&lt;em&gt;saleté&lt;/em&gt;» de la ville, l’illustration de ce
paradoxe réside dans le maintien historique de la pratique du &lt;a href=&quot;http://remileroux.wordpress.com/2010/03/09/conflits-des-poubelles-marseille-une-ville-grossierement-nettoyee/&quot;&gt;
fini-parti&lt;/a&gt;. Se retranchant derrière des explications allant du «&lt;em&gt;ça a
toujours été comme ça, vous ne pouvez pas comprendre, vous n’êtes pas
d’ici&lt;/em&gt;», au regret d’une «&lt;em&gt;culture latine&lt;/em&gt;» de l’incivisme ou à
l’absence de responsabilité des syndicats - il n’y a qu’à &lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/watch?v=ufDLZgVthWM&amp;amp;feature=related&quot;&gt;voir&lt;/a&gt; sur
ce point les interventions des élus UMP à l’occasion de la corvée de ramassage
qu’ils se sont médiatiquement imposés - les élus locaux se montrent incapables
de considérer la situation sous l’angle de l’échec de la politique publique de
ramassage des déchets. Une analyse proche pourrait être menée relative au débat
sur la «&lt;em&gt;mort&lt;/em&gt;» annoncée des activités portuaires imputé tantôt à la CGT
par les édiles, tantôt à la politique croisiériste menée par la ville pour le
syndicat.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en revenir à notre objet, «&lt;em&gt;vendre la ville&lt;/em&gt;», c’est dans le cas
de Marseille, «&lt;em&gt;changer d’image&lt;/em&gt;», c’est-à-dire parvenir à établir une
signature marketing du territoire dans laquelle non seulement l’ensemble des
acteurs locaux puissent s’y reconnaître, y adhérer et participer à sa
diffusion, mais également qui correspondent aux attentes des investisseurs
potentiels. La difficulté réside dans l’ajustement nécessaire entre cette
entreprise de &lt;em&gt;branding&lt;/em&gt; et les labellisations dont la ville et son
territoire font l’objet : ni trop éloignée du sens commun, ni trop proche
des stigmates, la «&lt;em&gt;marque&lt;/em&gt;» territoriale est supposée articulée deux
réalités et deux temporalités contrastantes - celle qui pèse dans le présent et
celle qui doit se réaliser dans l’avenir.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est dans cette perspective que l’on peut comprendre dans quelle mesure la
stratégie internationale d’un territoire est intrinsèquement liée à la
réinvention de ce territoire et aux luttes pour la définition d’une réalité
politique et sociale. Ces processus de réinvention sont supposés se départir
d’une réalité perçue pour en façonner une autre. C’est là tout le défi des
acteurs politiques et économiques qui, en lien avec la société civile, sont
appelés à renégocier les termes d’un échange territorial pouvant conduire à la
redéfinition d’une réalité sociale dans laquelle violence, affaires et saleté
n’auront plus leur place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;ins&gt;Image&lt;/ins&gt; tirée de la galerie de &lt;a href=&quot;http://merdeinmarseille.org/galerie&quot;&gt;www.merdeinmarseille.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.marseilleinternationale.com/post/2010/10/26/Marseille-%C3%A0-la-Une-%3A-pesanteur-de-l%E2%80%99image-du-pass%C3%A9-et-r%C3%A9invention-de-la-r%C3%A9alit%C3%A9#comment-form</comments>
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  <item>
    <title>Le CMIM à mi-chemin</title>
    <link>http://www.marseilleinternationale.com/post/2010/10/21/Le-CMIM-a-mi-chemin</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:86d784777607b0dc961d1079ecbc9091</guid>
    <pubDate>Thu, 21 Oct 2010 19:33:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Nicolas Maisetti</dc:creator>
        <category>Expertise</category><category>Méditerranée</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.marseilleinternationale.com/public/Logo_CMI_Rond_EN2-a77c8.gif&quot; alt=&quot;A&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;Logo_CMI_Rond_EN2-a77c8.gif, oct. 2010&quot; /&gt; Le 9 octobre 2009 la Banque
mondiale et la Banque européenne d’investissement concluaient un protocole
d’accord avec la France et cinq pays de la rive Sud de la Méditerranée -
Egypte, Jordanie, Liban, Maroc et Tunisie - qui créent le &lt;a href=&quot;http://www.cmimarseille.com/FR/index.php&quot;&gt;Centre de Marseille pour
l’intégration en Méditerranée&lt;/a&gt; (CMIM). Un an après sa création et un an
avant l’audit de la Banque mondiale qui devra décider de sa pérennisation,
l’occasion nous est donnée de revenir sur les activités de cette structure et
sa place dans le dispositif international marseillais.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le CMIM ne sort pas de nulle part. Entre 2004 et 2008, Marseille a accueilli
une antenne de la Banque mondiale appelée KNA-MENA. Acronyme barbare qui
désigne en fait son objet (&lt;em&gt;Knowledge networks Agency&lt;/em&gt; - Agence pour le
savoir et la mise en réseau de la connaissance) et sa cible géographique
(&lt;em&gt;Middle East and North Africa&lt;/em&gt; - Moyen-orient et Afrique du Nord). Il
s’agit du bureau méditerranéen du &lt;a href=&quot;http://wbi.worldbank.org/wbi/&quot;&gt;''World Bank Institut''&lt;/a&gt;' (WBI - Institut de
la Banque mondiale), c’est-à-dire du volet expertise de la Banque - et non du
volet prêt. L’objectif de l’Agence est d’identifier les besoins des pays du Sud
de la Méditerranée et d’organiser des formations dans le secteur du
renforcement institutionnel (&lt;em&gt;capacity building&lt;/em&gt; dans le langage de la
Banque).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette perspective, la ville se porte candidate pour offrir des locaux -
la somptueuse bâtisse de la &lt;a href=&quot;http://www.google.fr/images?hl=fr&amp;amp;q=Villa+Valmer&amp;amp;um=1&amp;amp;ie=UTF-8&amp;amp;source=univ&amp;amp;ei=HHjATJPbHtDf4gbFj6GmDA&amp;amp;sa=X&amp;amp;oi=image_result_group&amp;amp;ct=title&amp;amp;resnum=2&amp;amp;ved=0CCwQsAQwAQ&quot;&gt;
Villa Valmer&lt;/a&gt; -et accueille l’Agence de WBI qui y produit une expertise dans
les domaines classiques de l’institution : la «&lt;em&gt;bonne
gouvernance&lt;/em&gt;», la formation des élites administratives et le développement
urbain.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est ce dernier programme qui va prendre une importance décisive dans
l’histoire de la présence de la Banque mondiale à Marseille dans la mesure où
les enjeux urbains concentrent une attention croissante de la part des
bailleurs de fond internationaux.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Très rapidement cependant l’Antenne est remise en question. Non pas tant par
les acteurs locaux qui l’utilisent peu en dehors de l’habituel affichage - Il
est certes chic de faire valoir auprès d’investisseurs étrangers la présence
d’une organisation internationale, il l’est moins auprès du grand public pour
qui la Banque mondiale est encore synonyme de grand méchant de la finance
globale. Si la présence de l’Agence KNA-MENA est menacée en 2006-2007, ce n’est
pas non plus en raison de la faiblesse de ses retombées en terme de projets -
on a vu que ce n’était pas son objet-, mais parce que la Banque faisait face
comme de nombreuses organisations internationales - et de nombreux États - à un
souci d’économie. La spécificité marseillaise de la Banque mondiale - a pu
passer pour une certaine incongruité.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’échec d’une &lt;a href=&quot;http://www2.equipement.gouv.fr/bulletinofficiel/fiches/Bo20065/A0050045.htm&quot;&gt;mission
de préfiguration&lt;/a&gt; d’un outil plus opérationnel d’intervention sur les enjeux
urbains a semblé sonner le glas de cette structure et il a fallu la convergence
entre les programmes des Présidents Zoellick (le volet arabe de ses axes
stratégiques) Sarkozy (la relance du partenariat euroméditerranéen et la
création de l’Union pour la Méditerranée) pour rendre encore plus incongrue la
disparition d’un centre de diffusion de l’expertise et de la connaissance dans
un espace que l’on disait prioritaire et qui par ailleurs ne coûtait rien à la
Banque - locaux mis à disposition, fonctionnaires nationaux détachés.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’engagement de la &lt;a href=&quot;http://www.eib.org/about/&quot;&gt;Banque européenne
d’investissement&lt;/a&gt; et de son vice-Président, de plus en plus Marseillais,
Philippe de Fontaine-Vive aura fait le reste : le CMIM est créé. Détail
mineur, mais révélateur de l’appropriation locale d’un projet
international : la ville de Marseille, toujours propriétaire des locaux
par ailleurs rénovés, a poussé jusqu’au bout pour que l’appellation conserve la
présence de «Marseille». Problème insoluble de la traduction anglaise :
essayez donc de dire &lt;em&gt;Center for Mediterranean Integration&lt;/em&gt; en casant
Marseille dedans. Un compromis est trouvé qui jongle entre les deux
appellations.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.cmimarseille.com/FR/Urban-Spatial-Development.php&quot;&gt;14
programmes&lt;/a&gt; sont définis par le protocole qui portent sur cinq
secteurs : développement urbain ; environnement et eau ;
transport ; emploi et formation ; et innovation. Au-delà, des
&lt;em&gt;policy papers&lt;/em&gt; qui seront produits par la structure - 5 sont
disponibles sur le &lt;a href=&quot;http://www.cmimarseille.com/FR/Resources.php&quot;&gt;site&lt;/a&gt; - celle-ci visera à
construire une «&lt;em&gt;culture institutionnelle commune&lt;/em&gt;», c’est-à-dire
qu’elle sera également jugée à la capacité d’organiser le dialogue entre les
institutions et les initiatives qui proviennent des acteurs locaux, nationaux
ou mondiaux à destination de l’espace méditerranéen.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, les 14 programmes sont portés chacun par une institution
partenaire : l'Agence Française de Développement (AFD); la Banque
Européenne d'Investissement (BEI), la Banque Mondiale, la Caisse des Dépôts et
Consignations (CDC), le Forum Euroméditerranéen des Institutions de Science
Economiques (FEMISE), le Plan Bleu, le Programme des Nations Unies pour le
Développement (PNUD)... Reconnaissant à la fois la fragmentation, la redondance
et la compétition entre les instituions et les initiatives, l’ambition du CMIM
est d’introduire des &lt;em&gt;process&lt;/em&gt; d’apprentissage mutuel entre les
elles.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce plan-là, quelques incertitudes demeurent. La nomination d’un
fonctionnaire de la Banque mondiale, &lt;a href=&quot;http://www.econostrum.info/Matts-Karlsson-Le-developpement-de-la-Mediterranee-passe-par-l-integration_a2609.html?preaction=nl&amp;amp;id=12982861&amp;amp;idnl=66890&amp;amp;&quot;&gt;
Hans Karlson&lt;/a&gt;, à la tête du Centre a pu surprendre certains partenaires qui
envisageaient une gouvernance plus ouverte. De même le projet de la Région
PACA, en partenariat avec la DATAR, d’ouvrir sa propre plateforme de diffusion
de l’expertise et de la mise en oeuvre de projets en Méditerranée dans le
domaine de l’urbain pose la question de la possibilité d’émergence d’une
mutualisation territorialisée des ressources expertes&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.marseilleinternationale.com/post/2010/10/21/Le-CMIM-a-mi-chemin#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Les appropriations marseillaises du conflit social</title>
    <link>http://www.marseilleinternationale.com/post/2010/10/16/Les-appropriations-marseillaises-du-conflit-social</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:d6b0d8d848b37f8918dac1179181410c</guid>
    <pubDate>Sat, 16 Oct 2010 16:52:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Nicolas Maisetti</dc:creator>
        <category>Gaudin</category><category>Grèves</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.marseilleinternationale.com/public/.greve-marseille1_m.jpg&quot; alt=&quot;A&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;greve-marseille1.jpg, oct. 2010&quot; /&gt;
Le maire de Marseille s’est exprimé ce matin dans les &lt;a href=&quot;http://www.laprovence.com/article/politique/gaudin-je-ne-veux-pas-du-retour-du-declin-a-marseille&quot;&gt;
colonnes de La Provence&lt;/a&gt; sur la traduction locale du mouvement social actuel
qui s’oppose à la réforme des retraites.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interrogé sur le blocage de la raffinerie pétrolière de Fos, le grève qui
touche la collecte des déchets, celle dans les cantines scolaires et évoquant
le départ de la compagnie Ryanair du terminal MP2 de Marignane, le premier
magistrat a livré une interprétation très marseillaise du conflit sur les
retraites répondant aux registres tout aussi locaux employés par les
organisations syndicales de la fédération des Bouches-du-Rhône. Tout se passe
comme si le conflit social qui a lieu à Marseille était déconnecté des enjeux
nationaux.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les registres locaux du mouvement social : découplage et
agglomération des revendications&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains des éléments évoqués dans l’interview, que ce soit par le maire ou
par le journaliste, sont des mobilisations qui n’ont, au moins dans leur
origine, que peu à voir avec la réforme des retraites.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi en est-il du &lt;a href=&quot;http://www.leparisien.fr/marseille-13000/ryanair-gaudin-ecrit-a-sarkozy-pour-l-abrogation-d-un-decret-sur-le-droit-du-travail-15-10-2010-1110665.php&quot;&gt;
départ de Ryanair&lt;/a&gt;, strictement lié à une décision de justice datant du
printemps dernier et condamnant la compagnie pour travail dissimulé, en vertu
d’un décret pris en 2006 qui soumet au droit français les personnels navigants
des compagnies étrangères installées en France.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi en est-il également des grèves affectant les activités portuaires.
Comme nous le &lt;a href=&quot;http://www.marseilleinternationale.com/post/2010/10/01/Crises-des-transports-locaux-internationaux-%C3%A0-Marseille&quot;&gt;
rappelions&lt;/a&gt;, les organisations syndicales ont appelé dès le lundi 27
septembre à la grève afin de &lt;a href=&quot;http://www.linternaute.com/actualite/depeche/afp/29/712424/retraites_et_penibilite_nouvelle_demonstration_de_force_dans_les_ports.shtml&quot;&gt;
contester les effets de la réforme portuaire de 2009&lt;/a&gt;. Certes, ce mouvement
se greffait à des arrêts de travail quotidien de 6h sur les terminaux de
marchandise qui relève directement de la protestation contre la non-prise en
compte de la pénibilité des activités portuaires dans la loi portant réforme
des retraites.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un éditorialiste du Figaro s'étonnait la semaine dernière sur les ondes de
France inter de la grève sur le port de Marseille. Mettant en avant un
précédent accord entre le gouvernement et les organisations syndicales
portuaires, il expliquait que la réforme ne concernerait ces personnels qu'en
2018. Si on peut s'étonner de ces discours qui visent à discréditer la parole
de ceux qui contestent au motif qu'ils ne sont pas concernés (sur ce plan, il
est vrai, les lycéens ont remplacé les dockers), ils ignorent le fait que ces
grèves, au moins dans un premier temps, n'ont eu pour objet que la réforme
portuaire. En outre, ils occultent les capacités agglomérantes des mouvements
sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La déclinaison marseillaise de la mobilisation sociale nationale semble
ainsi évoluer dans une sphère autonome si bien qu’elle laisse à penser qu’elle
est moins une traduction locale d’enjeux nationaux, qu'une appropriation
spécifique.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les enjeux internationaux de la grève : image et
déclassement&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Claude Gaudin a annulé le voyage qu’il avait prévu en Chine dans le
cadre de la &lt;a href=&quot;http://www.marseilleinternationale.com/post/2010/10/06/La-coop%C3%A9ration-sino-marseillaise-%C3%A0-la-relance&quot;&gt;relance
de la coopération sino-marseillaise&lt;/a&gt;. En cause ? L’intérêt général de
Marseille qui commande sa présence. En jeu ? Le « retour du déclin de
la ville» qui menace.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce discours du déclin est un classique de la justification des politiques
urbaines engagées à Marseille depuis le début des années 1990 et qui ont pris
une tonalité internationale lorsque s’est intensifiée la compétition
inter-territoriale lors de l’ouverture du marché commun. Ce déclin est
objectivé par des chiffres qui sont brandis par les élites locales quand il
s’agit d’évoquer les bilans passés ou les impératifs de l’action présente et à
venir : une perte de 150 000 habitants entre 1975 et 1990 et de
50 000 emplois industriels et la précarisation d’un quart de la
population. Progresser dans le classement de la DATAR de 2003 - plaçant
Marseille au 23ème rang - est devenu pour les élites politiques et économique
de la ville, un programme et un mandat inscrit au coeur de toutes les
initiatives - attirer des entreprises et des institutions internationales,
organiser des évènements et des projets urbains de dimension internationale aux
premiers rangs desquels figurent la désignation de Marseille-Provence Capitale
européenne de la culture en 2013 et l’opération d’aménagement urbain
Euroméditerranée.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours du déclin obéit cependant à des fonctions tellement plurielles
qu’on ne sait plus bien s’il envisage la ville déjà en déclin, s’il s’agit de
l’en sortir ou d’éviter son retour : «&lt;em&gt;le blocage a de réelles et
lourdes conséquences économiques qui accentue le déclin de Marseille&lt;/em&gt;
(...)» et quelques lignes plus bas « &lt;em&gt;Je ne veux pas du retour du
déclin à Marseille&lt;/em&gt;».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.canalplus.fr/c-divertissement/pid3351-c-le-petit-journal.html&quot;&gt;Le
Petit Journal de Canal +&lt;/a&gt; illustrait dans un reportage hilarant de quoi
Marseille portait encore le nom et dans lequel se confondait projection de
clichés et d'effets de réalité (si bien que les fausses mises en scènes du
début semblent presque plus crédibles que le vrai comptage du syndicaliste).
Au-delà de l’anecdote, le déroulement marseillais du conflit social national
porte des traces spécifiquement locales, c’est-à-dire qui trouvent leur origine
dans des enjeux et des espaces locaux. Il tend à illustrer le fait que la
mobilisation locale n’est pas un avatar d’un mouvement national, mais puise, en
contexte, des registres d’expression et une dynamique propre, et emprunte, dans
les univers nationaux et internationaux, des ressources de justification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Image : &lt;a href=&quot;http://mllefrancoallemande.wordpress.com/2010/05/27/greve-greve/&quot;&gt;@Mllefrancoallemande's
Blog&lt;/a&gt; (mai 2010)&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>La semi-piétonnisation du Vieux-Port : les conditions sociales et politiques de la mise en spectacle de la ville</title>
    <link>http://www.marseilleinternationale.com/post/2010/10/11/La-semi-pi%C3%A9tonisation-du-Vieux-Port-%3A-les-conditions-sociales-et-politiques-de-la-mise-en-spectacle-de-la-ville</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:f663a594a10b7be40f484364c2c35e00</guid>
    <pubDate>Mon, 11 Oct 2010 12:28:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Nicolas Maisetti</dc:creator>
        <category>Métropole</category><category>Équipements</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.marseilleinternationale.com/public/.26ef85ceff_s.jpg&quot; alt=&quot;A&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;26ef85ceff.gif, oct. 2010&quot; /&gt; Le 6
octobre dernier, un jury composé autour de la ville de Marseille et de la
Communauté urbaine Marseille-Provence Métropole (MPM) devait rendre sa décision
concernant le concours de la semi-piétonnisation du Vieux-Port. Quatre équipes
d’urbanistes-architectes étaient appelés à proposer un plan-guide de 400
hectares sur le centre-ville, comprenant une première tranche de travaux de 45
hectares supposés recomposer le Vieux-Port autour d’un aire piétonne.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les résultats du concours international : l’absence de
décision&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concours international lancé en novembre 2009 devait ainsi connaître
l’épilogue de la phase de concertation, prélude à la mise en oeuvre d’une
profonde transformation sur le terrain. Ces travaux doivent aboutir, au plus
tard en décembre 2012, afin que tout soit prêt pour 2013. À cette date, les
festivités de Capitale européenne de la culture seront lancées, pour lesquelles
sont attendus plusieurs millions de touristes et des centaines de journalistes
prompts à diffuser une image enfin valorisée de Marseille.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.econostrum.info/Corinne-Vezzoni-est-favorite-du-jury-pour-le-projet-de-semi-pietonnisation-du-Vieux-Port-de-Marseille_a3567.html?preaction=nl&amp;amp;id=16173885&amp;amp;idnl=76058&amp;amp;&quot;&gt;
Econostrum&lt;/a&gt; nous apprend pourtant ce matin que le jury a décidé de ne rien
décider. Si la ville et la Communauté urbaine seraient tombés d’accord sur le
projet de l'association entre le cabinet du paysagiste français Desvigne et
celui du britannique &lt;a href=&quot;http://www.fosterandpartners.com/Practice/Default.aspx&quot;&gt;Foster&lt;/a&gt;, dont le
dernier est l’auteur du Viaduc de Milau, du Carré d’art à Nîmes et du Bundestag
de Berlin, celui-ci n’a, semble-t-il, pas convaincu le reste du jury qui lui
aurait préféré celui de l’architecte marseillaise, Corinne Vezzoni qui a
notamment réalisé le bâtiment abritant les Archives départementales. Semblent
hors course, les cabinets &lt;a href=&quot;http://www.wilmotte.fr/pge/homepage/&quot;&gt;Jean-Michel Wilmotte&lt;/a&gt; (réalisation de
la modernisation des Champs Élysées), &lt;a href=&quot;http://www.reichen-robert.fr/&quot;&gt;Bernard Reichen&lt;/a&gt; (Grande Halle de la
Villette), pourtant tous deux lauréats du grand prix national
d’architecture.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cause du désaccord n’est pas certaine. Selon &lt;a href=&quot;http://www.econostrum.info/Corinne-Vezzoni-est-favorite-du-jury-pour-le-projet-de-semi-pietonnisation-du-Vieux-Port-de-Marseille_a3567.html?preaction=nl&amp;amp;id=16173885&amp;amp;idnl=76058&amp;amp;&quot;&gt;
Econostrum&lt;/a&gt;, il s’agirait d’une différence d’appréciation concernant
l’audace, mettant aux prises les maîtres d’ouvrage, c’est-à-dire les
partenaires institutionnels Ville-Communauté urbaine, et les techniciens -
urbanistes, architectes - du jury qui n’auront pas à supporter les coûts de
l’opération.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous reviennent à l’esprit les débats qui ont présidé aux choix des
équipements patrimoniaux sur la façade maritime : les déceptions des uns
au regard du manque d’amplitude du « &lt;em&gt;geste architectural&lt;/em&gt; »
du projet retenu pour le &lt;a href=&quot;http://www.musee-europemediterranee.org/fr/Musee-Le-projet/Le-MuCEM-en-projet/Le-projet-architectural&quot;&gt;
MUCEM&lt;/a&gt;, celui de Ruddy Ruccioti ; les louanges adressés à l’obsession
de Luc Besson pour que le cahier des charges de l’Euromed Center, &lt;a href=&quot;http://www.euromediterranee.fr/index.php?operation=107&quot;&gt;futur siège de son
EuropaCorp,&lt;/a&gt; contienne l’image du dauphin à reproduire.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Signe architectural fort, visibilité symbolique et physique immédiatement
identifiable et emblématique, gage d’une identité forte au nouvel ensemble
urbain en gestation sont désormais les critères assignés à la ville
internationale sur le modèle de l’&lt;a href=&quot;http://www.google.fr/images?hl=fr&amp;amp;q=op%C3%A9ra+de+Sydney&amp;amp;um=1&amp;amp;ie=UTF-8&amp;amp;source=univ&amp;amp;ei=WeWyTPieB5nS4wbkteWlBg&amp;amp;sa=X&amp;amp;oi=image_result_group&amp;amp;ct=title&amp;amp;resnum=4&amp;amp;ved=0CD4QsAQwAw&quot;&gt;opéra
de Sydney&lt;/a&gt; ou du &lt;a href=&quot;http://www.google.fr/images?hl=fr&amp;amp;q=guggenheim%20bilbao&amp;amp;um=1&amp;amp;ie=UTF-8&amp;amp;source=og&amp;amp;sa=N&amp;amp;tab=wi&quot;&gt;
musée Guggenheim de Bilbao&lt;/a&gt;. À Marseille, la question de la
manhattannisation de la ville prend un tour particulier en raison de la
situation financière délicate des collectivités locales.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’Agence d’urbanisme de l’agglomération marseillaise (AGAM), membre du jury,
ne s’y est pas trompée en posant la question suivante dans le dossier qu’elle
consacre à la requalification du Vieux-Port : « &lt;a href=&quot;http://www.agam.org/fr/dossiers-agam/amenagement-urbain.html&quot;&gt;coeur de ville,
reflet des ambitions de la métropole&lt;/a&gt; » :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« &lt;em&gt;Quel autre site emblématique peut-il mieux caractériser Marseille
et son centre-ville que le Vieux-Port ?&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le projet est supposé articuler les enjeux liés à l’amélioration de l’espace
public et de ses usages privés - protection du patrimoine urbain,
réhabilitation des logements, dynamisation commerciale, promotion des
déplacements collectifs - avec ceux de la valorisation d’une
« &lt;em&gt;signature&lt;/em&gt; » architecturale identifiable.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les traductions politiques consensuelles du projet
urbain&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan politique, le consensus côtoie les polémiques. L’enjeu de la
semi-piétonnisation du Vieux-Port est inscrit dans les programmes de Jean-Noël
Guérini et de Jean-Claude Gaudin. Il est endossé par Eugène Caselli dès son
accession surprise à la tête de la Communauté urbaine, compétente en matière de
voirie. La Chambre de commerce s’engouffre dans le débat en déclarant, par
l’intermédiaire de son Président, Jacques Pfister, par ailleurs Président du
Conseil d’administration de l’association Marseille-Provence 2013 :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« &lt;em&gt;le Vieux-Port doit devenir l’agora de Marseille Capitale
européenne de la culture en 2013&lt;/em&gt; ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Il parle également au nom des commerçants du centre-ville inquiet des
conséquences de la multiplication des mega-zones commerciales dans l’espace
urbain - après le Grand Littoral au Nord, les Terrasses du Port à la Joliette
et la zone de la Capelette à l’Est vont bientôt poser leurs premières pierres.
La Provence réalise son propre « &lt;a href=&quot;http://www.laprovence.com/article/region/les-internautes-disent-oui-a-la-pietonnisation-du-vieux-port&quot;&gt;sondage&lt;/a&gt;
», qui, s’il n’a aucune valeur scientifique, indique que 75% des
Provençaunautes sont favorables à la fermeture de la circulation automobile en
centre-ville - chiffre peu surprenant lorsque l’on sait que deux axes
autoroutiers débouchent dans l’hyper-centre.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.laprovence.com/article/region/marseille-la-semi-pietonnisation-du-vieux-port-est-en-marche&quot;&gt;
En février 2009&lt;/a&gt;, le conseil municipal vote à la quasi-unanimité le projet
alors évalué à près de 100 millions d’euros (35 millions d’euros pour la
tranche 2010-2013 et 60 millions d’euros pour la tranche 2013-2015). Une
mission « &lt;a href=&quot;http://www.marseille.fr/sitevdm/jsp/site/Portal.jsp?document_id=1585&amp;amp;portlet_id=8&quot;&gt;centre-vile
pour la piétonnisation du Vieux-Port&lt;/a&gt; » est alors confiée à Yves
Moraine, président du groupe UMP au conseil municipal, et à Patrick Menuccci,
celui du groupe PS.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’unanimité se prolonge en décembre dernier lors des votes en conseil
municipal et en conseil de communauté, des objectifs de l’opération de
requalification piétonne du Vieux-Port qui valident les travaux de la mission
mixte Moraine-Mennuci. Seul, le parti communiste s’abstient.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les conflits sociaux périphériques&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux mois, plus tard, toutefois, un imprévu perturbe ce splendide consensus.
Les agents du nettoiement de l’entreprise ISS environnement se mettent en
&lt;a href=&quot;http://www.laprovence.com/article/marseille-2053&quot;&gt;grève&lt;/a&gt; afin de
contester la décision de la Communauté urbaine de dé-privatiser 20% de la
collecte du 2ème arrondissement. Cette décision vise à unifier le ramassage des
déchets dans le centre-ville dans la perspective de la semi-piétonnisation du
centre-ville - le 1er arrondissement fait déjà l’objet d’une gestion publique
de la collecte. Trois mois, après l’&lt;a href=&quot;http://www.laprovence.com/article/region/marseille-les-ordures-sentassent-la-greve-se-poursuit&quot;&gt;épisode
Bronzo&lt;/a&gt; - du nom de l’entreprise qui avait bloqué pendant une semaine
l’accès aux déchetteries et avait fini par avoir gain de cause en obtenant
l’annulation d’un appel d’offre auquel elle avait été écartée - la menace de la
grève posait en creux la question de la capacité des pouvoirs publics à mener à
bien des projets urbains d’envergure. Trois jours, une accumulation des déchets
dans la rue et une intervention des forces de l’ordre plus tard, le conflit
s’arrête - opportunément une semaine avant les élections régionales - à la
suite d’un rendez-vous avec le préfet et, selon les syndicats d’ISS, des
assurances apportées par Renaud Muselier. Le conflit latent maintient cependant
l’hypothèque de futurs blocages pouvant remettre en cause les arbitrages issus
de la rénovation urbaine engagée.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les brèches dans le consensus politique : le débat sur la
L2&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, ce conflit a ouvert une brèche dans le consensus politique autour
de l’opération. &lt;a href=&quot;http://www.laprovence.com/article/politique/jean-viard-ici-en-politique-il-ny-a-pas-de-patron&quot;&gt;
En juin dernier&lt;/a&gt;, Jean Viard, sociologue et engagé en politique au côté de
Jean-Noël Guérini lors des municipales de 2008, s’inquiète des retards pris par
le projet Vieux-Port et dénonce les « &lt;em&gt;attitudes
politiciennes&lt;/em&gt; » de Patrick Mennucci relatives à la L2.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La L2, ou deuxième rocade de Marseille, est un ensemble autoroutier et
routier en construction qui vise à contourner Marseille depuis l’A55 jusqu’au
Sud et la Pointe Rouge. Les premières ébauches du projet remontent au plan
d’urbanisme directeur de 1959. Depuis lors, il est devenu symptomatique des
difficultés à produire un schéma d’aménagement routier contournant la
ville.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus généralement, Jean Viard dénonce l’absence d’un leaderhip politique
capable d’incarner les projets urbains et qui freine l’efficacité de la
gouvernance métropolitaine.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;a href=&quot;http://www.laprovence.com/article/region/a-marseille-lamenagement-du-vieux-port-fait-des-remous&quot;&gt;
réponse&lt;/a&gt; de Patrick Menucci ne se fait pas attendre :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« &lt;em&gt;Il dit que mes inquiétudes sur la circulation liées au retard de la L2
sont politiciennes. Il devrait être plus attentif à la réalité vécue par les
Marseillais. En vivant dans le Lubéron, il ne subit pas les mêmes contraintes
qu'en habitant la ville dont il est l'élu. Ma position reste la même. Il ne
peut y avoir de semi-piétonnisation du quai des Belges, du bas de la Canebière
et de Rive-Neuve tant qu'au moins 25% de la circulation n'est pas délestée par
la L2 et par le tunnel Prado-sud.&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La mission centre-ville dissoute, il entend conserver la main mise à gauche
sur ce dossier en plaidant pour « &lt;em&gt;l’adaptation du processus (L2 et
piétonnisation) en créant un espace entre Canebière et mer&lt;/em&gt; ». Yves Moraine
fait entendre sa différence en estimant urgent de ne pas attendre la L2 pour
faire avancer le projet Vieux-Port.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dernier épisode en date, donc, la non-décision du jury. Toujours selon
&lt;a href=&quot;http://www.econostrum.info/Corinne-Vezzoni-est-favorite-du-jury-pour-le-projet-de-semi-pietonnisation-du-Vieux-Port-de-Marseille_a3567.html?preaction=nl&amp;amp;id=16173885&amp;amp;idnl=76058&amp;amp;&quot;&gt;
Econostrum&lt;/a&gt; :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« &lt;em&gt;Ce micmac politico-urbanistique est propice aux rumeurs.
L’hypothèse d’une annulation pure et simple du concours est avancée.&lt;/em&gt;
»&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Vous avez dit consensus ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;ins&gt;Image&lt;/ins&gt; : Proposition d'aménagement de l'espace public - Plan
Guide. © Agam - Tous droits réservés&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.marseilleinternationale.com/post/2010/10/11/La-semi-pi%C3%A9tonisation-du-Vieux-Port-%3A-les-conditions-sociales-et-politiques-de-la-mise-en-spectacle-de-la-ville#comment-form</comments>
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  <item>
    <title>La coopération sino-marseillaise à la relance</title>
    <link>http://www.marseilleinternationale.com/post/2010/10/06/La-coop%C3%A9ration-sino-marseillaise-%C3%A0-la-relance</link>
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    <pubDate>Wed, 06 Oct 2010 11:37:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Nicolas Maisetti</dc:creator>
        <category>Collectivités locales</category><category>Mondialisation</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.marseilleinternationale.com/public/.1111document_s.jpg&quot; alt=&quot;A&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;1111document.jpg, oct. 2010&quot; /&gt; Un
simple entrefilet dans La Provence de ce jour, mais un événement important pour
l’évolution de la politique internationale de Marseille :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« Une délégation composée de représentants de la Ville, de la Chambre
de commerce et de la région, se rend du 15 au 20 octobre dans la ville jumelle
chinoise de Shanghai. Le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, est accompagné
de plusieurs élus et d’une délégation économique. À la Ville, on attend
beaucoup des retombées de ce déplacement. La dernière visite en Chine remonte à
cinq ans. On n’a pas oublié qu’à l’époque, entre 2005 et 2007, les échanges
commerciaux avaient été multipliés par 15 entre les deux villes
jumelées. »&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Signé en octobre 1987 par Jean-Claude Vigouroux, maire de Marseille, et les
autorités locales de Shanghai, la &lt;a href=&quot;http://cncd.diplomatie.gouv.fr/frontoffice/bdd-projet.asp?projet_id=48869&quot;&gt;convention
de coopération&lt;/a&gt; entre les deux villes fut en effet relancée en juin 2005
sous l’effet conjugué de pressions incitatives exercée par le gouvernement, et
d’une volonté exprimée par le monde économique local.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'orientation nationale de la coopération
décentralisée&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la fin des années 1990, les autorités politiques nationales ont tenté
d’agir sur les orientations stratégiques et géographiques de la coopération
décentralisée. Certes, le cadre légal régissant les activités internationales
des collectivités locales ne suppose qu’une contrainte : le respect par
les villes, les régions et les départements, des engagements internationaux de
la France. Dans les faits, très peu de conventions de coopération décentralisée
ont été annulées par le Préfet. Pratique avant d’être un droit, appuyée par la
reconnaissance constitutionnelle de leur libre administration, la projection
internationale des collectivités territoriales s’est longtemps déployée en
dépit d’un vide juridique au moins jusqu’aux &lt;a href=&quot;http://www.cites-unies-france.org/spip.php?rubrique20&quot;&gt;lois de 1992 et de
2007&lt;/a&gt;. Davantage que le cadre légalo-institutionnel, les limites imposées à
la coopération décentralisée sont construites par les mécanismes de
co-financement et les critères assignés à leurs attributions. Témoignant
unanimement d’un travail collaboratif avec le Ministère des Affaires
étrangères, les professionnels - élus et techniciens - de la coopération
décentralisée accréditent l’hypothèse d’une politique consensuelle. Dans cette
perspective, la coopération décentralisée apparaît comme la poursuite de la
politique étrangère de l’État par d’autres moyens.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette description a priori harmonieuse des relations entre l’Etat et les
collectivités locales dans la mise en œuvre de la coopération décentralisée
serait incomplète si elle ne faisait pas état des enjeux conflictuels. L’un de
ceux là nous est fourni par la volonté de l’administration centrale de voir se
développer les projets de coopération avec les pays émergents (les fameux BRIC
- Brésil, Inde, Chine). En octobre 2006, l’intervention de Brice Hortefeux,
alors Ministre des collectivités territoriales, devant la &lt;a href=&quot;http://cncd.diplomatie.gouv.fr/frontoffice/&quot;&gt;Commission nationale de la
coopération décentralisée&lt;/a&gt; a ainsi fait date dans l’histoire feutrée de la
coopération décentralisée :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son &lt;a href=&quot;http://cncd.diplomatie.gouv.fr/frontoffice/article.asp?menuid=77&amp;amp;lv=3&amp;amp;pid=69&amp;amp;aid=154&quot;&gt;
discours&lt;/a&gt;, il regrette « &lt;em&gt;une trop forte concentration&lt;/em&gt; »
des projets et constate « &lt;em&gt;une forte présence de nos collectivités en
Afrique subsaharienne et dans l’océan indien&lt;/em&gt; (…). &lt;em&gt;Or cette
concentration illustre assez bien l'un de nos points faibles en termes de
coordination&lt;/em&gt; (…). &lt;em&gt;Et je n'évoque pas la complexité byzantine des liens
de nos collectivités avec la ville de Marrakech et sa région&lt;/em&gt; ». L’objectif
est de réorienter au nom de l’État, la coopération décentralisée vers les
économies émergentes : « &lt;em&gt;la présence du monde local français est
discrète, voire inexistante dans des pays qui s'affirment progressivement sur
la scène internationale&lt;/em&gt;. (…) &lt;em&gt;L'État a décidé, dans ce contexte,
d'afficher sa propre vision des enjeux de la coopération décentralisée,
respectueuse bien sûr de la liberté des collectivités&lt;/em&gt; (…). &lt;em&gt;C’est sur
ces pays&lt;/em&gt; &lt;em&gt;qu’il me paraît pertinent de diversifier notre offre. Les
dispositifs classiques pourraient alors s'accompagner d'un rééquilibrage en
direction de pays majeurs, ayant un niveau de développement en forte
croissance, et constituant des partenaires importants pour la France. Je pense
ici à la Chine, où des liens s'établissent progressivement, mais aussi à
l'Inde, au Brésil (…). Dans le respect de la liberté des collectivités locales,
je ne verrai que des avantages à ce que les acteurs locaux français
s’intéressent un peu plus à ces pays, en favorisant les synergies&lt;/em&gt; ».
L’État entend faire prévaloir ses intérêts lorsque ses périphéries
interviennent sur la scène internationale et laisse entrevoir ses intentions en
la matière : utiliser la fonction internationale des autorités locales à
son service.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce titre, la ville de Marseille peut se prévaloir d’une antériorité dans
la mise en œuvre de la coopération avec des autorités locales des pays
émergents matérialisée par les travaux du Conseil international de la ville de
Marseille.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À l’issue d’un an de négociations entre les élus de l’agglomération initiés
par la Direction des Relations internationales de la municipalité, le &lt;a href=&quot;http://www.civm.fr/&quot;&gt;Conseil international de la ville de Marseille&lt;/a&gt; (CIVM)
est institué en décembre 2002 sous le patronage du Ministre des affaires
étrangères de l’époque, Dominique de Villepin.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le CIVM est conçu pour être le nœud d’interactions des acteurs locaux et
régionaux de la coopération décentralisée. Il fonctionne à la fois comme une
institution qui produit de la décision et comme un réseau d’acteurs. Le CIVM
ouvre un espace d’échanges d’informations et de mise en relations de
professionnels de la coopération décentralisée.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Comité d’orientation du CIVM compte ainsi dans ses membres, outre les
élus des différentes échelons de collectivité locale, des représentants de
l’Assistance publique et des Hôpitaux de Marseille, de l’Établissement public
Euroméditerranée, de la Chambre de commerce et d’industrie Marseille-Provence,
du Grand Port Maritime de Marseille, des Universités, des organismes de
recherche, des centres de formation, et de l’association Marseille-Provence
2013.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le CIVM est parfois présenté comme une modalité de participation de la
société civile à la coopération décentralisée. En l’espèce la société civile
regroupe des institutions privées et publiques qui n’appartiennent pas à
l’espace politico-administratif occupé par les collectivités locales.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gouvernance de la politique internationale du territoire consisterait
dans l’organisation de la projection internationale à partir de la mobilisation
d’acteurs privés et publics, d’experts et d’associations, à différentes
échelles du territoire. La création du CIVM s’inscrit dans le cadre d’une
ouverture de la production de la coopération décentralisée à la supposée
société civile composée des forces vives économiques du territoire et appuyé
sur les ressources de l’association Medcoop.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Comité d’orientation du CIVM a défini une organisation géographique
conformément au schéma par ailleurs adopté par la Direction des Relations
internationales de la ville : une Commission Europe, une Commission
Méditerranée et une Commission Asie et reste du monde, successivement présidée
par l’Établissement public Euroméditerranée, la Chambre de commerce et la ville
de Marseille. La quatrième Commission, nommée « Stratégie », est chargée
de la réflexion sur les sigles et le contenu. Elle serait l’un des dispositifs
censé produire le support cognitif et stratégique aux politiques d’image de la
ville. Cette Commission est présidée par l’Institut de la Méditerranée,
organisme d’analyse et de prospective économique.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est à son initiative que s’est mise en place, à partir de 2004, la
coopération avec Shanghai. Profitant de l’année de la Chine en France et du
contexte national promouvant la conclusion de partenariats avec les pays
émergents, les experts de l’Institut de la Méditerranée sont parvenus à mettre
sur l’agenda la coopération culturelle et économique avec Shanghai.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2005, une délégation de 350 personnalités conduite par le maire s’est
rendue en Chine au cours d’un voyage officiel d’une dizaine de jours. Cette
visite, bien que prenant place dans un territoire extra-méditerranéen,
s’inscrit dans la continuité de l’évolution d’une coopération décentralisée qui
vise à dynamiser des partenariats techniques et non plus seulement à affirmer
des liens d’amitié. Outre le Ballet de Marseille et une compagnie de théâtre,
l’École Supérieur de Commerce de Marseille, par exemple, a conclu un accord
avec la Jiaotong University Management School ouvrant un programme de MBA
commun. La Chambre de commerce, enfin, fut sollicitée pour mobiliser les
entreprises locales. Le voyage officiel du maire de Marseille en Chine a non
seulement contribué à dynamiser les partenariats existants et à en conclure
d’autre, il a également été l’occasion de promouvoir les intérêts et l’image
international de la ville. L’objectif était de de montrer à la société locale
et aux investisseurs potentiels étrangers, l’affichage d’un volontarisme
politique visant à promouvoir les atouts du territoire. La visite a ainsi été
l’occasion d’une mission de relations publiques associant la Chambre des
notaires chargée de travailler avec leurs collègues de Chine pour comprendre le
droit chinois et surtout pour faciliter l’implantation des entreprises. Faire
connaître le droit français pour faciliter l’implantation d’entreprises ou de
sièges d’entreprises chinoises sur le territoire marseillais, c’est cela aussi
l’enjeu.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le CIVM a pu être un espace de travail en commun associant les Directions
des Relations internationales de collectivités locales pourtant rivales sur le
plan politique. L’objectif de la coordination paraît même supplanter celui des
résultats concrets, la méthodologie de l’action collective devenant le but
principal recherché.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis lors, on pensait le CIVM en sommeil, la relance de la coopération
sino-marseillaise pourrait lui donner un second souffle. L'Hebdo Marseille
écrivait au début de l’année qu’un « &lt;em&gt;nouvel accord de coopération va
être signé en octobre entre Marseille et Shanghai lors des journées consacrées
à la France à l'Exposition universelle de Shanghai qui se tiendra du 1er mai au
31 octobre&lt;/em&gt; ». Alors qu’on regrettait la discrétion de Marseille dans cet
événement – surtout dans la perspective de 2013 – la culture, encore davantage
que l’économie, semble au cœur du renouveau de la coopération avec Shanghai. Au
cours du mois de septembre, l’Espace Villeneuve Bargemon a exposé le travail
d’artistes de l’Institut de Peinture et de Sculpture de Shanghai. Du 10 au 14
octobre, enfin, en prélude au voyage du maire, l’Ecole supérieure des Beaux
Arts de Marseille présentera des œuvres en Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : MM. Song Binglin, Consul général de Chine et Jean-Claude Gaudin
(source : &lt;a href=&quot;http://www.marseille.fr/sitevdm/jsp/site/Portal.jsp?document_id=4582&amp;amp;portlet_id=963&amp;amp;validate_document=0&quot;&gt;
marseille.fr)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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